La Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a lieu le dernier dimanche d’avril. Cette date a été retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps.
C’est aussi, pour l’UNESCO et l’ONU, l’anniversaire de la libération du camp allemand nazi de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques le 27 janvier 1945. Enfin, on considère que c’est la libération du camp de Mauthausen, le 5 mai 1945, qui marque la fin de l’univers concentrationnaire nazi, principal instrument de terreur de la domination nationale-socialiste. On estime de 10 à 11 millions le nombre de déportés tués dans les camps, dont 6 millions de Juifs.
Il faudra attendre avril 1954 pour que soit instituée la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Par ailleurs, l’ONU a institué en 2005 une Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste (Shoah), fixée au 27 janvier.
S’il est important pour nombre de populations (politiques, ethniques, religieuses, de genre, personnes en situation de handicap...), victimes des crimes nazis, de se voir reconnaître, cette journée de fin avril revêt, en France, un caractère universel.
Le nombre de déportés de France dans les camps de concentration ou d’extermination nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale est estimé à plus de 150 000 personnes, dont des victimes de mesures de répression (principalement des politiques et des résistants) et des mesures de persécution ; près de 75 000 Juifs et Tziganes, auxquels il faut ajouter des « asociaux » comme les homosexuels... 115 500 seront assassinés dans les camps.
Une démarche globale tout à l’honneur des organisations françaises (1) de déportés comme la FNDIRP, la FMD et l’UNADIF-FNDIR, ou de résistants comme l’ARAC et l’ANACR, tant il est important de comprendre la philosophie nazie, xénophobe, pour mieux en combattre ses relents actuels.
Aujourd’hui, on trouvera peu de discours d’éradication des « Untermenschen » (sous-hommes) qu’étaient supposément les Juifs, les Slaves, Tziganes, Noirs et des « asociaux » (communistes, opposants divers, personnes en situation de handicap, malades mentaux...). L’extrême droite leur substitue aujourd’hui les « musulmans » (pour ne pas dire Arabes) et autres mal-blanchis, unis dans un plan mondial de grand remplacement. Une théorie raciste développée dans les années 1920 par Hans Günther, professeur de « science raciale » à l’Université d’Iéna, qui prônait la « renordification » du peuple allemand.
Un discours qui renvoie à l’actualité et aux récentes déclarations de Zemmour, Bardella, de Villiers et autres Retailleau sur l’invasion musulmane.
La responsabilité des organisations progressistes est donc grande pour empêcher que ne prospèrent ces théories, en France mais aussi à l’étranger, où sont engagées des politiques de nettoyage ethnique, comme en Israël.
Un engagement à combattre la bête immonde qui conclut le discours prononcé le 26 avril dans toutes les communes de France : « En rendant hommage à tous les Déportés en ce dernier dimanche d’avril, jour de commémoration nationale voulu par tous les survivants à leur retour, et à une période d’une singulière gravité où tout l’acquis du passé semble vaciller, nos générations qui n’ont pas connu l’horreur des camps doivent poursuivre le combat pour bâtir un monde de paix, de justice et de tolérance ».