Buenos Aires, 19 mai (Prensa Latina) – Après la manifestation étudiante massive qui a secoué l'Argentine mardi dernier, les professionnels de santé finalisent les détails d'une nouvelle mobilisation d'envergure sur la Plaza de Mayo pour protester contre les coupes budgétaires dans les programmes de santé.
19 mai 2026 | 00:36
La marche pour la santé publique est prévue mercredi 20 mai, avec des manifestations organisées dans tout le pays. Le principal rassemblement aura lieu à Buenos Aires, à partir de 13h00 heure locale, du ministère de la Santé jusqu'à la Plaza de Mayo.
Dans une déclaration à Radio Trinchera, le Dr Leonel Tesler, président de la Fondation pour la souveraineté sanitaire, a indiqué s'attendre à une très forte mobilisation et a averti que le système de santé publique est gravement fragilisé et manque cruellement de financements pour fonctionner correctement.
« Aujourd'hui, le système de santé, et notamment le secteur public, est en crise, même sans pandémie et même en dehors de la période de pointe des maladies respiratoires hivernales, qui atteint déjà des niveaux comparables à ceux que nous avons connus pendant la pandémie. »
Tesler a mis en garde contre les conséquences concrètes pour le système et la population si le gouvernement libéral persiste dans ses coupes budgétaires dans les programmes de santé et les médicaments.
La marche sera accompagnée d'une grève nationale pour protester contre le sous-financement du système de santé publique, suite à la décision du pouvoir exécutif de réduire le budget du secteur de 63 milliards de pesos (45 652 000 dollars américains), diminuant notamment la couverture des médicaments.
Sur ce montant, environ 20 milliards de pesos (14 493 000 dollars américains) ont été retirés du programme Remediar, qui garantit l'accès gratuit aux médicaments essentiels.
Parmi les nombreux problèmes engendrés par la réduction des financements, on observe déjà des difficultés dans la distribution des vaccins du calendrier vaccinal national, avec des retards et des pénuries dans plusieurs régions, ainsi qu'une négligence des politiques de santé mentale alors que la demande est croissante.
La Banque de médicaments oncologiques, l'Aide aux patients transplantés et la fourniture de médicaments sur ordonnance judiciaire, entre autres, dépendent de ce programme.
Ce lundi, il a été révélé qu'en raison des coupes budgétaires mises en œuvre par la Casa Rosada (le palais présidentiel), le Régime d'assistance médicale complet, plus connu sous son acronyme PAMI, a cessé de fournir des soins dentaires à ses membres, dont la grande majorité sont des retraités.
La réduction drastique des dépenses de santé annoncée mardi dernier n'est pas la première, a souligné Soberanía Sanitaria (Souveraineté sanitaire). Le ministère de la Santé, rétrogradé au rang de secrétariat par Milei, a déjà subi une réduction de 741,556 milliards de pesos (537 359 420 dollars américains) par rapport à son budget initial pour 2026.
Parallèlement, Soberanía Sanitaria a mis en garde contre une nette augmentation des troubles psychologiques chez les Argentins, tels que l'anxiété et la dépression, causés par le stress lié à la crise que traverse le pays.
lam/mh