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Les relations sino-américaines en 2026 : le calme avant la tempête

Publié le 13 Août 2026 par Vendémiaire in Asie - Chine, Etats-Unis

Les relations sino-américaines en 2026 : le calme avant la tempête

 

13 août 2026

par Vassili Kachine

Au cours du second semestre 2025, les relations sino-américaines sont entrées dans une période de stabilisation limitée. Lors du sommet sino-américain tenu à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025, Donald Trump et Xi Jinping sont convenus de mettre fin à la guerre tarifaire et ont accepté de constituer une série de groupes de travail bilatéraux chargés de traiter les questions les plus sensibles des relations bilatérales. 

D’importantes négociations sur la coopération économique entre les deux pays se sont également poursuivies.

Lors de la visite de Donald Trump à Pékin les 14 et 15 mai, les deux dirigeants ont finalisé les accords relatifs à la suspension de la guerre économique, mettant fin tant à l’introduction de nouvelles restrictions tarifaires qu’aux mesures de contrôle des exportations dirigées l’une contre l’autre. Du point de vue chinois, un nouveau modèle de relations a été établi, que Xi Jinping a défini comme des relations constructives de stabilité stratégique. La partie américaine, sans partager formellement cette formulation, ne l’a pas contestée. 

Aucune des contradictions fondamentales entre les États-Unis et la Chine n’a été résolue. Le commerce bilatéral sino-américain ainsi que les exportations chinoises vers les États-Unis et les importations en provenance de ce pays ont continué de diminuer en 2025 et en 2026, bien que le rythme de cette baisse se soit ralenti en 2026. En 2025, le commerce bilatéral a chuté de 29%, dont une baisse de 26% des importations chinoises en provenance des États-Unis et de 29,9% des exportations vers les États-Unis. Au premier semestre 2026, le commerce bilatéral a reculé de 21%, dont une baisse de 29,9% des exportations chinoises vers les États-Unis et de 1,1% des importations en provenance des États-Unis. Le processus de «découplage» économique se poursuit, bien qu’il ait pris un caractère plus maîtrisé. 

Les deux parties ont continué d’accroître leurs potentiels militaires dirigés l’une contre l’autre. 

Tous les programmes chinois connus de renforcement des forces nucléaires stratégiques, et en particulier le développement de la flotte sous-marine nucléaire, se sont poursuivis. 

De leur côté, les États-Unis ont poursuivi le développement de la Pacific Deterrence Initiative (Initiative de dissuasion dans le Pacifique). Son financement est passé de 8,6 milliards de dollars en 2024 à environ 10 milliards de dollars en 2026. 

La réduction actuelle du niveau de la confrontation sino-américaine suit globalement la logique de la détente soviéto-américaine des années 1970. La version sino-américaine de la détente est plus limitée et sera probablement plus brève que la détente soviéto-américaine. Du côté américain, le calendrier sera déterminé avant tout par le cycle électoral aux États-Unis, au maximum il s’agit du mandat présidentiel de Donald Trump, qui s’achève en janvier 2029, mais au minimum des élections de mi-mandat de novembre 2026. 

Du point de vue de la politique étrangère, la durée de la détente est dictée par celle des conflits en Ukraine et surtout en Iran, ainsi que par le rythme de reconstitution des stocks d’armements américains critiques. 

La Chine est probablement intéressée par une détente considérablement plus longue. Elle a besoin d’achever une nouvelle étape de purge à grande échelle de l’armée et de l’appareil d’État et de stabiliser le fonctionnement de ces structures. En outre, elle a besoin d’un environnement extérieur relativement stable pour mener des réformes économiques structurelles. 

Dans les années à venir, la Chine prévoit très probablement de restructurer son économie, compensant ses difficultés intérieures par une relance des exportations soutenue par l’État, malgré les conséquences négatives d’une telle approche sur les relations avec ses partenaires. Selon toute vraisemblance, dans le meilleur des cas, la Chine souhaiterait maintenir cette situation jusqu’à la fin du plan quinquennal en cours en 2030, et si possible jusqu’au prochain plan quinquennal, en 2035. Cela explique la posture extrêmement passive et prudente de la Chine en politique étrangère, sa disposition non seulement à faire des concessions, mais aussi parfois à tolérer un préjudice manifeste à son prestige international de la part des États-Unis. 

Mais quels que soient les efforts de Pékin pour éviter le conflit, prolonger la période de détente n’est pas dans l’intérêt des États-Unis, quel que soit le président en exercice. La course aux armements sino-américaine continue de s’intensifier et évolue dans une direction défavorable pour Washington. On observe notamment une croissance considérable de la flotte sous-marine nucléaire chinoise, un renouvellement rapide de l’arsenal de missiles balistiques intercontinentaux et un renforcement des forces aériennes. 

Si la Chine parvient à résoudre les déséquilibres structurels de son économie et de sa société, accumulés au fil de décennies de politique de réforme et d’ouverture, et s’engage sur une trajectoire de développement durable fondée sur des sources de croissance internes, il sera difficile de l’arrêter. Par ailleurs, les alliés des États-Unis en Asie (Japon, Corée du Sud, Taïwan, Philippines) ont leur propre agenda et peuvent, par leurs actions, entraîner Washington dans une confrontation avec Pékin. 

Enfin, cette nouvelle période de passivité en politique étrangère suscite, selon toute vraisemblance, des tensions considérables au sein même de Pékin, où une demande sociale en faveur d’une ligne diplomatique ferme et offensive s’est formée depuis de nombreuses années. La nouvelle détente sera probablement démantelée avant la fin du mandat présidentiel actuel de Donald Trump, principalement à l’initiative américaine. La crise politico-militaire différée en Asie pourrait s’avérer particulièrement aiguë.

 

 

source : Observateur Continental

https://reseauinternational.net/les-relations-sino-americaines-en-2026-le-calme-avant-la-tempete/

 

 

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