Des électeurs font la queue pour voter lors du second tour de l'élection présidentielle à Rio de Janeiro, dimanche 25 octobre 2026. AP Photo/Lucas Landau - Lucas Landau
Au Brésil, le second tour de la présidentielle oppose deux candidats, celui de la gauche, Lula, et celui d'extrême droite, Flavio Bolsonaro, qui ont tous les deux leurs chances à en croire les derniers sondages. Quelque 160 millions d’électeurs sont appelés à les départager.
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Les Brésiliens ont commencé à voter ce dimanche 25 octobre pour le second tour de l'élection présidentielle, pour faire un choix crucial : accorder quatre années supplémentaires au vétéran de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, ou rappeler au pouvoir l'extrême droite avec le sénateur Flávio Bolsonaro.
Plusieurs dizaines de personnes se sont levées visiblement très tôt ce matin et attendaient devant un bureau de vote dans le centre de São Paulo, la capitale économique du pays, rapporte notre envoyé spécial, Achim Lippold. La police militaire patrouille devant ce bureau pour assurer la sécurité. La sécurité est un sujet central de ce second tour qui s'annonce comme l'un des plus serrés depuis le retour de la démocratie au Brésil.
C'est aussi un duel entre deux candidats que tout oppose, qui portent deux visions extrêmement différentes du pays. Lors de sa campagne, Lula a défendu notamment ses politiques sociales, tandis que Flávio Bolsonaro a fait de la lutte contre l'insécurité l'une de ses principales priorités.
Un homme porte une casquette en soutien à Donald Trump, alors que des personnes font la queue pour voter au second tour de l’élection présidentielle, à São Paulo, le 25 octobre 2026. REUTERS - Alexandre Meneghini
Dernière bataille pour Lula
Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans la semaine prochaine, mène sa dernière bataille : il espère arracher un retournement après son revers du premier tour, le 4 octobre. Avec 45 % des voix contre 47 % pour son rival, il avait été devancé par Flávio Bolsanoro, le fils aîné de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui a dirigé le pays entre 2019 et 2022.
Après avoir voté dans son fief de São Bernardo do Campo, près de São Paulo, Lula s'est adressé aux médias, résumant le scrutin à un choix entre le drapeau national ou celui des États-Unis : Les électeurs doivent « choisir un pays où le drapeau est respecté », a-t-il dit d'une voix fatiguée. Il a accusé son rival conservateur Flávio Bolsonaro de vouloir « gouverner avec le drapeau américain ».
Flávio Bolsonaro a voté à Rio de Janeiro, dans le quartier de Tijuca. « L'heure de la joie et du changement a sonné », a-t-il déclaré devant la presse, en sortant de l'école où il votait. Plutôt souriant, très tranquille, il a répété qu'il avait fait une belle campagne et que le Brésil allait gagner ce soir. Ce soir, le sénateur Flávio Bolsonaro assiste au décompte des résultats depuis la capitale à Brasilia.
Devant le bureau de vote, sous la pluie battante, il y avait des électeurs des deux camps : tous très tendus pour ce qui a été qualifié du scrutin le plus serré de l'histoire du Brésil, rapporte notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.
L'abstention, enjeu majeur du scrutin
Elizabeth, une femme noire, vote pour la famille Bolsonaro depuis 2018, principalement pour le combat contre le crime organisé. Elle ne fait pas vraiment confiance aux urnes électroniques, mais elle croyait dur comme fer en la victoire de son candidat. Samedi soir, des électeurs de Lula s'étaient également réunis dans un café en face d’un bureau de vote. Igor, le gérant du café, s'est dit très inquiet pour l'issue du scrutin.
L'enjeu majeur du scrutin est donc l'abstention, qui atteint un niveau record au premier tour, dans un pays où le vote est pourtant obligatoire. Cela a pénalisé surtout Lula : reste à voir si son effort déployé cette semaine pour mobiliser ses électeurs se traduira aussi dans les urnes.
Aucun incident majeur n'a été signalé lors du premier tour, à l'exception d'un problème signalé dans des régions reculées : certains membres de populations autochtones n'avaient pas pu se rendre aux urnes, faute de moyens de transport. Les autorités assurent avoir pris des mesures pour que cela ne se reproduise pas au second tour.
Les quelque 160 millions d'électeurs décideront si le Brésil doit rester l'un des derniers bastions de gauche en Amérique latine ou rejoindre la vague de droite dans la région, encouragée par Donald Trump. Le président américain n'a toutefois pas apporté de soutien explicite au fils de son allié Jair Bolsonaro, l'ex-chef de l'État qui purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022.
Un chien porte un autocollant en faveur du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, candidat du Parti des travailleurs (PT) à sa réélection, le jour du second tour de l'élection présidentielle, à Salvador, au Brésil, le 25 octobre 2026. REUTERS - Rafael Martins
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