Depuis Françoise Claustre, otage au Tchad en 1974, jusqu'à Ingrid Bétancourt, en passant par les otages du Liban, et Florence Aubenas, on nous a toujours répété que médiatiser le nom des otages était utile à leur libération, à leur moral. Concernant le moral cela a été confirmé par les otages libérés.
Concernant l'utilité, soit elle est réelle, et alors, le mutisme actuel sur l'identité des deux reporters de France 3 enlevé le 30 décembre en Afghanistan annonçait bien l'abandon de nos compatriotes dans la ligne des dernières déclarations Elyséennes,
soit elle est fausse, il faut immédiatement une commission d'enquête parlementaire pour déterminer comment cette rumeur a pu entraîner une telle débauche des moyens d'information depuis plus de 30 ans.
La journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak, a jugé "très blessant", lors du 18h de Public Sénat, les déclarations de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, qui a estimé à propos des journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan, que le "scoop ne devait pas être recherché à tout prix".
"Je trouve cela très blessant, et pour eux et pour les familles. J'espère très profondément qu'on ne leur fera pas entendre cela, parce que c'est pour eux un motif de désespoir terrible", a-t-elle indiqué.
"Je suis très surprise parce jusqu'à présent il avait été recommandé à toute la profession d'être très discrète sur ce dossier, et ne même pas donner le nom des journalistes enlevés", a-t-elle ajouté "Tout le monde s'y est tenu. Je suis très étonnée que cette discrétion soit rompue par ceux qui la demandent, par le gouvernement lui-même, et profitent que deux personnes soient en détention pour instruire un procès contre eux, un procès que je trouve malvenu en ce moment", a-t-elle dit.
Transmis par Journalistes-otages