Vendredi, 31 août 2012
Confronté à une sévère baisse de popularité dans un contexte de crise qui s’aggrave, François Hollande devrait dire vendredi qu’il veut "démultiplier" son action, à l’occasion d’un discours prononcé depuis la foire de Châlons-en-Champagne.
A son arrivée sous un ciel gris, accompagné du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, l’accueil a été aussi froid que la température (13 degrés), avec quelques dizaines de militants CGT venus lui signifier leur impatience.
Sur un panneau brandi par les manifestants, on pouvait lire : "Le changement c’est pour quand ?". Et lorsque le président est sorti de sa voiture, les militants ont entonné : "On veut du changement !". L’un d’eux lui a aussi lancé : "Ne nous faites pas regretter le 6 mai".
Sur un stand, François Hollande a ensuite été interpellé par des salariés de Sodimédical, entreprise de fabrication de matériel médical, qui ne sont plus rémunérés depuis fin 2011 malgré une décision de justice enjoignant à leur maison-mère de les payer. Il s’est entretenu quelques minutes avec eux.
Interrogé par la presse sur l’accueil qui lui a été réservé, le chef de l’Etat a rétorqué : "c’est à vous d’en juger. Le but d’une visite est d’entendre l’exaspération des salariés qui ne sont pas payés depuis longtemps, d’autres qui attendent des solutions depuis des semaines".
"Ils espèrent beaucoup dans le changement, c’est à moi de leur dire les étapes qui permettront d’y parvenir", a ajouté M. Hollande.
Le chef de l’Etat devait prononcer vers 11H30 un discours qualifié d’important par son entourage, au moment où les nuages s’accumulent sur la nouvelle majorité.
"Ce sera un discours politique, une mise au point, dans un contexte économique international difficile", commente-t-on à l’Elysée, en évoquant "les attentes fortes du moment" et "l’urgence sociale". "Il dira qu’il a un cap et s’y tient et qu’il passe à la puissance supérieure", selon un proche.
Une explication de texte que certains dans la majorité appellent de leurs voeux, comme le maire PS de Paris Bertrand Delanoë.
"Les Français sont malheureux", a déclaré ce dernier sur RTL et "il y a peut-être à rajouter de l’explication sur le cap qui est donné, sur la direction qui est prise, les initiatives qui sont prises".
"Le redressement ne peut se faire en trois mois et demi, en revanche peut-être peut-on faire mieux sur l’explication du chemin du redressement", a insisté le maire de la capitale.
Une série d’enquêtes d’opinion publiées ces derniers jours témoignent toutes de la même chute de popularité de l’exécutif. La plus sévère, le baromètre Ipsos pour Le Point paru lundi, l’a chiffrée à onze points perdus entre la fin juillet et la fin août avec 44% de satisfaits contre 47% d’insatisfaits.
(31 août 2012 - Avec les agences de presse)