« Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. (...) Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause. »
Voici le discours prononcé lors de la campagne électorale de 2007 par le candidat Sarkozy.
Cinq ans plus tard, non seulement les pauvres et les SDF sont toujours plus nombreux, mais sous ce mandat présidentiel, le nombre des morts de la rue s’est encore accru dans des proportions effarantes: 265 sans-abri sont morts en 2008, 358 en 2009, 414 en 2010...
Le constat est accablant.
Cela n'empêche pas Henri Guaino, le "conseiller spécial" du président de parapher sans sourciller le "rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre", sous quelques huées et sifflets, il est vrai... Mais, dans le monde médiatique du zapping, cet acte patent de tartufferie politique semble vite chassé par l'image de François Hollande enfariné.
Oui, mais, attention, M. Guaino et Sarkozy, le peuple ne se laissera pas rouler dans la farine !
Loin de cet enfumage que constitue la proposition par le chef de l’État d'une augmentation de 30% des coefficients d'occupation des sols, tous les candidats de gauche s'engagent, eux, en faveur de la construction annuelle massive de logements afin de faire reculer la spéculation immobilière.
Le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, signataire du rapport de la Fondation Abbé-Pierre, avance une série cohérente de mesures : empêcher les expulsions des personnes en difficulté, faire cesser le scandale des logements vides par la réquisition, déclarer l'inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi SRU et, enfin, mettre en place un service public du logement.
Alors en 2012, place au peuple !
Pierre Chaillan, le 2/02/2011.