Dans un article intitulé « Vive le service public ! » paru dans Le Monde du 20-21 mars, l’écrivain Tahar Ben Jelloun fait l’éloge de l’hôpital public. Hospitalisé dans « un grand hôpital à Paris », il relève notamment que « … tout le monde est traité sur le même pied d’égalité. » « Il n’y avait là que des patients, des personnes âgées, des jeunes, des bourgeois, des ouvriers, des chômeurs. Aucune différence n’est faite entre les uns et les autres. Les Français ont cette chance que beaucoup de peuples nous envient. La civilisation d’une société se mesure par l’importance qu’on accorde à la santé de ses citoyens quels que soient leur âge, leur religion, leur couleur de peau. »
Tahar Ben Jelloun fait ensuite l’éloge du personnel soignant, toutes catégories confondues, qui est « humain », « ni blasé, ni cynique » et qui donne à chacun « le temps qu’il faut pour s’enquérir de son état, de ses inquiétudes, de son moral. »
L’écrivain déclare ensuite : « Si je témoigne aujourd’hui sur le service public, c’est parce qu’il est menacé. » « On veut casser ce système qui fait l’honneur de ce pays, qui est donné en exemple dans le monde, on veut petit à petit privilégier le secteur privé, celui de la médecine payante et rentable. La consigne qui a été donnée est simple : il faut considérer le patient comme un client, donc il faut qu’il soit rentable ».
Puis il s’en prend directement à la politique mise en place par la droite et appliquée à l’AP-HP par sa Directrice Générale, Mme Faugère dont le rôle est « de rentabiliser un service inestimable. C’est aberrant. Un patient n’est pas un client, c’est une personne fragilisée, là parce qu’il est en danger, qui se livre à la médecine parce qu’il s’agit de son corps et de son âme. Ce n’est pas une marchandise ni un dossier anonyme. »
La CGT de l’hôpital Saint-Vincent de Paul remercie Tahar Ben Jelloun de son témoignage et de sa prise de position. Souhaitons que d’autres suivent enfin son exemple afin de nous soutenir dans les luttes quotidiennes que nous menons aux côtés du personnel en souffrance et des patients en danger. Les dégâts engendrés par tous ceux qui soutiennent la politique libérale de destruction du service public hospitalier sont déjà énormes…
Bernard Giusti, SG CGT de Saint-Vincent de Paul