Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
blog Vendémiaire

Blog d'actualité politique

"Indignez-vous !" : Stéphane Hessel, un « humaniste » au service du libéralisme

Publié le 6 Janvier 2011 par Vendémiaire in France-Politique - société

aaa Vendemiaire drapeau 2011Nous publions ci-dessous un extrait d’un entretien de Stéphane Hessel, l’auteur très médiatisé du livre « Indignez-vous ! », entretien publié par Rue 89.
L’auteur y dévoile ses positions idéologiques : pour le « capitalisme social » du PS et d' Europe Ecologie, contre le néo-libéralisme mais pour le libéralisme, etc.
Il reprend le discours idéaliste qui voudrait nous faire accroire que les « idéologies » sont propres aux extrêmes – comme si par exemple la social-démocratie, Europe Ecologie ou Stéphane Hessel étaient exempts d’idéologie ! – ce qui lui permet de mettre sur le même plan le capitalisme sauvage et le communisme… Il va même jusqu’à affirmer que Mélenchon est d’extrême gauche !
On appréciera donc la vision politique d’Hessel, archaïque mais non naïve, et on comprend mieux le titre de son ouvrage : « Indignez-vous ! » est du même ordre que le « N’ayez pas peur ! » de Jean-Paul II, le mot d’ordre d’une homélie prononcée dans la grand-messe du capitalisme, sous couvert d’un humanisme dévoyé masquant en réalité une attaque en règle contre les forces progressistes.
Michel Strausseisen

Vous parlez d'organisations, vous citez même dans le livre Attac, Amnesty international, la FIDH, mais vous n'appelez pas à militer dans des partis politiques…

S'inscrire dans un parti, voter pour un parti, c'est très bien. Mais mon petit livre incite ses lecteurs à aller au-delà, à devenir des citoyens dynamiques, à investir leur énergie dans l'environnement, la lutte contre l'injustice, la défense des immigrés… Toutes choses dont les partis devraient certes s'occuper, mais le font-ils assez ? S'ils ne le font pas, il faut les y pousser !

Je ne sous-estime pas le rôle des partis politiques. Un Etat démocratique ne peut pas fonctionner sans eux. J'ai même une affection personnelle pour deux d'entre eux :

·         le Parti socialiste d'une part (et je défends de tout mon cœur Martine Aubry, qui fait un remarquable travail) ;

·         Europe Ecologie d'autre part, sur une liste duquel je me suis laissé inscrire, aux dernières élections régionales.

Je souhaite qu'aux législatives qui vont suivre l'élection présidentielle de 2012, plusieurs partis de gauche travaillent ensemble : communistes, verts, socialistes, et même des candidats du centre républicain. Mais attention : il ne faut pas qu'ils présentent quatre candidats différents à l'élection présidentielle. Je ne vois que deux candidats possibles en l'état actuel : Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.

Mais Dominique Strauss-Kahn dirige le FMI, qui fait partie des institutions que vous dénoncez…

DSK a pris le FMI à un moment où il fallait le dénoncer, mais il est en train de le transformer assez utilement. On ne sait pas encore bien tout ce que DSK a fait. Par exemple, le FMI ne fait plus d'ajustements structurels, c'est un progrès.

Personnellement, je préfèrerais Martine Aubry : je la considère comme plus énergiquement de gauche ; mais je sais, pour le connaître, que Strauss-Kahn est aussi un homme de gauche. S'il devient Président, il réformera l'économie française selon les même lignes que celles qu'il a soutenues du temps de Jospin ou de Rocard.

Il y a eu en France une gauche qui a fait des choses, je pense au RMI, à la couverture médicale universelle… Et elle peut en faire demain davantage.

Avec ce petit ouvrage, vous devenez une icône pour une gauche infiniment plus radicale que ceux qui soutiennent DSK ou Martine Aubry. Comment le vivez-vous ?

Je n'ai jamais été sensible à l'extrême gauche. Quand je défendais les sans-papiers, des gens me disaient : « Il faut les légaliser tous ! » Moi je leur répondais : « Non, il faut avoir une politique intelligente. Si on décide de régulariser tout le monde, on débouche sur des catastrophes. »

Le discours d'extrême gauche, même dans la bouche d'un homme comme Mélenchon, qui a des côtés très sympathiques, ne me paraît pas la réponse. La réponse, c'est la social-démocratie.

Ça a l'air d'être un vieux mot, mais il est très moderne. Ce n'est pas en se donnant à une idéologie qu'on fera progresser la société : on le fera par une réforme équilibrée et démocratique. Les idéologies ont fait beaucoup de mal, l'idéologie communiste comme l'idéologie néolibérale. Il faut écouter les gens, savoir ce qui les indigne, comprendre sur quoi on peut travailler avec eux, et non pas leur dire, comme le font les idéologues : voilà ce que tu dois faire.

 


(Entretien complet : http://www.rue89.com/entretien/2010/12/30/stephane-hessel-12-aubry-serait-ma-candidate-preferee-182841)

 

Commenter cet article
V
<br /> <br /> Je suis bien d'accord avec le texte proposé. L'important succès en librairie du livre de S.Hessel reflète certes pour une part l'esprit d'indignation d'une proportion importante de l'opinion,<br /> mais en même temps il doit questionner sur le pourquoi du support médiatique dont auraient bien voulu bénéficier maints auteurs progressistes: ne serait-ce pas précisément parce que le système<br /> idéologique dominant a compris l'intéret qu'il pouvait tirer de ce livre comme détournant l'authentique mouvement de résistance (qui s'est notamment manifesté avec ampleur contre la réforme des<br /> retraites) vers l'impasse social-démocrate. Ce qui est intéressant et révélateur, c'est d'analyser la manière dont le journal L'Humanité (qui fut jadis communiste) a récemment rendu-compte du<br /> livre de Hessel (livraison du 31 décembre)) par une longue interwiev de l'auteur: aussi bien  au niveau des questions posées qu'à celui des répnses. D'une part, les passages du livre<br /> explicitement socio-démocrates ont été systématiquement ignorés par la rédaction du journal (celà s'appelle du mensonge par omission). D'autre part, en ce qui concerne les questions posées, Lina<br /> Sankari se garde bien de solliciter l'auteur sur les questions fondamentales, au-delà d'un discours formellement généreux: la lutte des classes, la propriété privée non seulement du capital<br /> financier, mais plus fondamentalement des grands moyens de production de richesses; et si le capitalisme est évoqué (non pas vraiment explicitement, car le mot est tabou, mais par le biais de son<br /> cache-sexe: le néo libéralisme financier), ce n'est pas pour le rendre responsable des horreurs contemporaines: en serait responsable en fait le "non-équipement" de nos sociétés<br /> actuelles.Horreurs qui sont en fait, dans la bouche de l'auteur , réduites au rang de "dysfonctionnements"... Et quand on lit, dans cet entretien, que le programme du CNR fut "vraiment la<br /> base de la social-démocratie", on croit rêver. Quant à la charge de S.Hessel contre " toutes les idéologies", on retrouve là un discours hélas commun aux accents sarkozystes, n'en déplaise à son<br /> auteur.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre