La communication des patrons du CAC 40 est une histoire pleine de rebondissements et de désillusions. Revenons sur le déroulé de l'histoire Proglio :
- Phase 1 / L'ACCORD : M. Proglio négocie avec le gouvernement sa double casquette Veolia-EDF - il s'engage à ne percevoir qu'un seul salaire et le gouvernement l'annonce
- Phase 2 / LE REVIREMENT : une fois nommé, M. Proglio revient sur son engagement et se fait attribuer un second salaire par Véolia, au mépris de l'accord passé
- Phase 3 / LE SCANDALE : l'attitude de M. Proglio provoque des vagues de réprobation dans l'opinion publique et met le gouvernement dans un grand embarras
- Phase 4 / LE RALLIEMENT : le gouvernement fait front avec sa majorité, M. Copé en tête, et décide de soutenir M. Proglio et de justifier son revirement plutôt que d'avouer avoir été trahi par lui. Toute la journée on nous explique donc que le double salaire est parfaitement normal et qu'il se justifie par la recherche de synergies entre Veolia et EDF
- Phase 5 / LA TRAHISON : ce soir 21 janvier, M. Proglio renonce finalement à son double salaire et anéantit de fait toute la plaidoirie du gouvernement qui était venu à son secours
Dans cette affaire le gouvernement français a donc été trahi deux fois par M. Proglio, ce qui en dit long sur la considération qu'ont certains patrons pour le ministre des finances, le gouvernement et l'Etat en général. Au moment où il s'agit de rebâtir une politique industrielle et énergétique fortement compromise par les désaccords franco-allemands sur Areva (l'attitude de Sarkozy ayant fait fuir Siemens ce qui a destabillisé l'actionnariat Areva), les errements de l'EPR et l'inconséquence d'EDF qui se diversifie à l'international au lieu de se concentrer sur ses mission de service public (au risque de provoquer une pénurie de courant cet hiver), tout ceci n'augure rien de bon pour la France.
Xavier Théry