Au Musée de l'Histoire, à Hanoï, j'ai vu une guillotine. Une vraie, en bois et acier, pas une maquette ou une reproduction. Au temps de la colonisation française elle avait rempli son rôle, je ne dirai pas honnêtement, mais assidûment. Pour le compte des autorités politiques, militaires et économiques de la grande puissance tutélaire.
Elle – ou sa jumelle de Saigon – coupa, entre autres, la tête d'une jeune femme en 1941. Cette militante anticolonialiste était la belle-sœur de Vo Nguyen Giap, ancien professeur d'histoire et résistant communiste, dont la femme mourait en prison, sous les bons traitements de l'administration pétainiste de l'Amiral Decoux.
Giap, devenu chef de l'armée vietnamienne pendant la guerre d'Indochine (1946-1954), gagna cette guerre contre la France avec la bataille de Dien Bien Phu.
Vingt et un ans plus tard il gagna une autre guerre, contre les USA.
L'évocation de cette guillotine n'ajouta certes rien au talent du Général Vo Nguyen Giap. Mais elle renforça probablement sa détermination et sa volonté d'un Viet Nam indépendant.
Jacques Franck 7 octobre 2013