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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Les limites de la puissance aérienne américano-israélienne

Publié le 6 Mars 2026 par Vendémiaire in Etats-Unis, Moyen Orient-Asie Mineure

Les limites de la puissance aérienne américano-israélienne

par Larry Johnson

L’Occident, Israël inclus, refuse de tirer les enseignements de l’histoire en matière de recours à la puissance aérienne pour provoquer un changement de régime. La décision prise par Israël et les États-Unis d’attaquer l’Iran le 28 février puis de forcer un changement de régime s’est révélée être un échec colossal. L’assassinat de l’ayatollah Khamenei, du ministre de la Défense et du chef du Corps des gardiens de la révolution islamique, ainsi que le meurtre de plus de 160 écolières âgées de 6 à 12 ans, ont au contraire galvanisé le peuple iranien, qui s’est rallié à la République islamique. Toute chance de parvenir à un règlement négocié de la guerre à des conditions acceptables pour l’Occident a ainsi été balayée. L’Iran refuse de plier devant les États-Unis et Israël, et est déterminé à chasser les Américains de la région du golfe Persique et à détruire Israël.

Sous la pression de ses disciples sionistes, Donald Trump a rompu sa promesse à l’égard de sa base électorale de ne pas déclencher une guerre inutile, et a choisi de déclencher une guerre qui va épuiser les capacités militaires des États-Unis. Par ignorance ou par arrogance, Trump a misé sa présidence sur la conviction qu’une combinaison de puissance aérienne et navale suffirait à provoquer un changement de régime. Or, l’histoire montre que la puissance aérienne seule n’a jamais fait tomber un régime combatif. Observons sept exemples d’échecs militaires des États-Unis ou d’Israël ayant tenté de vaincre grâce aux frappes aériennes.

Irak, 2003

En mars 2003, les États-Unis ont lancé l’une des campagnes aériennes les plus massives de l’histoire. Au cours des trois premières semaines, les avions de la coalition ont effectué plus de 20 000 sorties et largué plus de 29 000 engins explosifs. L’opération «Choc et effroi» devait paralyser le régime de Saddam Hussein depuis les airs, briser sa volonté de se battre et provoquer un effondrement interne. Cependant, la puissance aérienne seule n’a pas suffi à renverser Saddam. Le changement de régime a nécessité une invasion terrestre éclair des forces américaines et britanniques, qui ont atteint Bagdad en seulement 21 jours. Le discours «Mission accomplie» prononcé par George W. Bush le 1er mai 2003 depuis le pont du porte-avions USS Abraham Lincoln a marqué la fin des «opérations de combat majeures» en Irak, six semaines seulement après le début de l’invasion menée par les États-Unis, le 20 mars 2003. Malgré cette déclaration optimiste, le conflit au sens large – englobant l’insurrection, les violences confessionnelles, l’occupation et les opérations de contre-insurrection – s’est poursuivi pendant plus de huit ans.

Israël, de 2023 à aujourd’hui

Israël possède l’une des armées les plus performantes au monde, avec une supériorité aérienne inégalée, des munitions à guidage de précision, des renseignements en temps réel provenant de drones et de satellites, des défenses antimissiles à plusieurs niveaux, des forces spéciales d’élite et le soutien inconditionnel des États-Unis. Le Hamas, en revanche, est un groupe insurgé qui ne dispose ni d’armée de l’air, ni de marine, ni de chars, et dont le PIB par habitant représente environ 1/50e de celui d’Israël. En théorie, l’issue d’une guerre conventionnelle aurait dû être rapide et totale. Pourtant, plus de deux ans après le 7 octobre 2023, le Hamas demeure une force militaire et politique opérationnelle à Gaza.

Afghanistan, 2001-2021

En octobre 2001, les États-Unis ont envahi l’Afghanistan avec une domination aérienne totale, les forces spéciales les plus performantes au monde, des armes à guidage de précision, les alliés de l’OTAN et une mission claire : détruire Al-Qaïda et renverser le régime taliban le soutenant. En décembre 2001, les talibans étaient déjà chassés du pouvoir.

Vingt ans plus tard, en août 2021, ces mêmes talibans sont revenus à Kaboul à bord de camionnettes, alors que le gouvernement soutenu par les États-Unis s’effondrait en quelques jours.

Yémen, mars 2025 – Opération Rough Rider

L’opération Rough Rider, campagne aérienne et navale américaine contre des cibles Houthis au Yémen, a débuté le 15 mars 2025 et s’est officiellement terminée le 6 mai 2025. En 53 jours, les États-Unis ont effectué plus de 1000 frappes, dépensé plus d’un milliard de dollars en munitions, déployé deux groupes aéronavals et perdu plusieurs drones MQ-9 ainsi que d’autres équipements. L’objectif était clair : rétablir le libre transit en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, et mettre fin aux attaques houthistes contre les navires commerciaux.

Pourtant, plus de dix mois plus tard, en mars 2026, la mer Rouge reste une zone à haut risque. Les grandes compagnies maritimes continuent de contourner l’Afrique, les primes d’assurance restent élevées et les attaques occasionnelles des Houthis ou les menaces potentielles perdurent. Les États-Unis, qui disposent d’une puissance navale et d’une capacité de frappe de précision exceptionnelles, n’ont pas atteint leur objectif principal.

Cette liste d’échecs inclut également les éléments suivants :

  • Au Kosovo, en 1999, 78 jours de bombardements de l’OTAN ont contraint la Serbie à cesser ses opérations, mais n’ont pas renversé Slobodan Milošević, qui a fini par tomber pour des raisons internes.
  • En Libye en 2011, sept mois de frappes aériennes de l’OTAN ont aidé les rebelles à renverser Kadhafi uniquement parce que les forces rebelles terrestres ont marché sur Tripoli.
  • Le Nord-Vietnam a subi des années de bombardements Rolling Thunder et Linebacker sans changement de régime.

À l’exception du Nord-Vietnam, l’Iran possède une capacité militaire supérieure à celle de tous les autres pays cités. Une fois la guerre terminée, l’Iran sera toujours intact, tandis que les États-Unis auront épuisé des stocks militaires vitaux qui ne seront pas remplacés avant des années, et l’infrastructure économique et militaire d’Israël sera décimée. Pourquoi ?

Tout d’abord, les États-Unis ont déclenché une guerre sans disposer d’une capacité industrielle suffisante pour augmenter la production de missiles de défense aérienne et d’attaque, lesquels s’épuisent très rapidement. Le déficit de production est aggravé par le manque de métaux rares nécessaires à la fabrication d’armes et d’avions de combat. La Chine contrôle ces minéraux et a refusé de les exporter vers les États-Unis.

Ensuite, les États-Unis et Israël ont sous-estimé la capacité de l’Iran à déployer et à lancer des milliers de drones et de missiles balistiques et de croisière. Voici la dernière vidéo montrant les dégâts causés par l’Iran à Tel-Aviv. Bien que les censeurs israéliens s’efforcent désespérément de dissimuler les dégâts causés, et je vous confirme que des frappes similaires s’abattent sur Haïfa et les installations militaires et du renseignement israéliennes à travers tout le pays, la vérité finit toujours par s’imposer.

 

 

source : A Son of the New American Revolution via Spirit of Free Speech

https://reseauinternational.net/les-limites-de-la-puissance-aerienne-americano-israelienne/

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