Le contexte est particulièrement sensible en raison de la guerre en Iran et au Liban. Dès les premiers jours, le gouvernement avait mobilisé 110 000 réservistes. Un chiffre qui devrait augmenter assez vite si la guerre se prolonge et avec l’invasion en cours du Liban sud. L’armée israélienne a annoncé, jeudi, qu’une troisième division, la 162e, allait rejoindre les deux autres divisions, la 91e et la 36e, déjà engagées dans les affrontements avec le Hezbollah.

 

L'armée américaine s'inquiète aussi...

Les munitions stratégiques des États-Unis fondent à une vitesse sidérante. Ces coûts en viennent à inquiéter Washington. D'un côté, le Pentagone requiert une nouvelle enveloppe pour poursuivre l'opération. De l'autre, le Congrès réclame des explications.

Après quatorze jours de guerre contre l'Iran, il est toujours impossible de prédire la durée de ce conflit, mais la note est déjà salée pour l'armée américaine. Pour freiner le programme nucléaire de la République islamique, les États-Unis consomment des quantités d'armes bien plus importantes que prévu. Trois sources proches du dossier confient au Financial Time, que Washington a épuisé en moins de deux semaines l'équivalent de plusieurs années de réserves de certaines munitions clés, comme les missiles de croisière Tomahawk, déployés "massivement" contre le régime des mollahs.

"La marine subira les conséquences de ces dépenses pendant plusieurs années", affirme une de ses sources anonymes. La situation commence à inquiéter la Maison-Blanche, qui réfléchirait à l'arrêt des combats mais sans perdre la face.

 

La Maison-Blanche sous pression

Pour l'administration Trump, l'opération au Moyen-Orient est coûteuse à bien des égards. La hausse des prix de l'énergie accentue la pression sur le président républicain, après la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz par les Gardiens de la Révolution et la flambée des marchés financiers. Alors qu'approchent à grands pas les élections de mi-mandat, le camp Trump appelle à la prudence, d'autant plus que la guerre est de plus en plus impopulaire auprès des électeurs américains, qui se demandent si leur chef d'État n'a pas embourbé leurs soldats dans un nouveau conflit prolongé.

En outre, le Pentagone devrait rajouter de l'huile sur le feu en soumettant dans les prochains jours une demande de financement supplémentaire de 50 milliards de dollars à la Maison-Blanche et au Congrès. La requête risque de déclencher une âpre bataille budgétaire au Capitole, certains parlementaires exigeant déjà des explications.

La sénatrice républicaine Lisa Murkowski, membre de la commission chargée d'approuver le budget fédéral, a prévenu que le Congrès ne signerait pas un chèque sans éclaircissement de la part de l'administration : "Vous devez nous fournir des informations et des justifications."