30.07.2026
Par Yann
C'est donc maintenant officiel, la France veut expulser la journaliste russe Xenia Fedorova. J'ai appris la nouvelle comme tout le monde avec cette annonce. À titre personnel je ne regarde jamais la télévision et encore moins Cnews. Je considère de toute manière la télévision avant tout comme du divertissement, un média qui est incapable de réellement informer les spectateurs. Mais je suis sidéré que la France en soit tombée à ce niveau d'imbécillité clanique que la puissance publique cherche à violer tous nos principes de base pour faire taire quelqu'un qui ne pense pas comme il faut. Et le pire ce sont sans doute les réactions enthousiastes des imbéciles de la macronie qui jubilent sur les réseaux sociaux. Les mêmes pensant que les opposants à cette décision sont des traîtres à la nation littéralement. On ne voit pourtant guère ces gens s'insurger contre les ingérences américaines pourtant bien plus profondes et dangereuses pour notre pays.
Il y a pourtant une évidence ici qui devrait tout de même sauter aux yeux, même du plus gros des imbéciles. Federova n'a aucun pouvoir, elle est juste journaliste. Qui plus est contrairement à beaucoup d'agents étrangers camouflés, particulièrement américains, elle est ouvertement russe et ne s'en cache pas. Elle donne donc son opinion qui nécessairement est orientée en partie par ses origines et c'est bien normal. Elle donne l'avis d'une partie des Russes et de la Russie sur ce qui se passe en Ukraine et en Europe. Doit-on comprendre ici que le simple fait d'exprimer une opinion divergente de l'opinion de l'état français et de ses représentants fait de vous un ennemi de la France et de l'état ? Car c'est bien ce que laissent entendre tous les petits collabos du web dans leurs orgies écrites de haine puante qu'on peut trouver un peu partout. Car ça se lâche, la bleusaille macroniste, la nature profonde de ce régime, et de ses défenseurs, se camoufle de plus en plus mal et ressort dans cette affaire avec une clarté étonnante.
On peut parler véritablement de russophobie délirante, quasi clinique. Une évolution pathologique qui nous éloigne complètement des questions géopolitiques ou de l'Ukraine en réalité. L'Ukraine, en réalité, ils s'en foutent, d'ailleurs ils n'ont pas du tout envie de savoir ce qu'il s'y passe, non il faut taper sur Poutine, il faut taper sur les Russes. Cette affaire révèle la véritable xénophobie qui s'est emparée d'une partie de ce qui nous sert d'élite. Alors que les tambours de guerre font leur bruit à nouveau dans l'Allemagne de Merz comme aux bons vieux temps de la Wehrmacht, on voit nos élites s'acharner contre la Russie et cette journaliste qui donne simplement son opinion. C'est que les macronistes aimeraient bien nous entraîner dans leur délire à eux et à tout le gang de l'européisme. Pensant le français idiot au point de ne pas voir le traquenard dans lequel, ils veulent nous enfermer. Leur Europe ne marche pas, elle ne marchera jamais, mais sait-on jamais, avec une bonne guerre contre la Russie, on la fera peut-être. C'est gros, c'est stupide, c'est surtout irréaliste, mais c'est bien à l'image de nos élites décadentes et incapables de s'occuper des problèmes réels du pays. Quand Emmanuel Todd avait dit en 2014, il me semble, que l'Europe est allée à sa mort dans les plaines d'Ukraine, il avait encore sans doute eu l'un de ses moments de grande clairvoyance, car c'est probablement ce qui va se passer.
L'ingérence imaginaire
Mais revenons à notre sujet. Comme je le disais en aucun cas l'on ne peut parler d'ingérence ici. Il s'agit de liberté d'expression. Même à la grande époque de l'ORTF, les journalistes français recevaient des dirigeants de tout bord y compris des représentants soviétiques pour qu'ils expriment leur point de vue. Dans une démocratie normale, on pense que le citoyen est assez intelligent pour faire la part des choses, et se faire une opinion par lui-même. C'est ça le principe démocratique. Mais plus aujourd'hui. Dans la France de 2026, il faut penser conforme que ce soit sur l'Ukraine, l'euthanasie, l'Europe, les politiques économiques, etc. Cette dérive n'est pas nouvelle comme je l'ai déjà expliquée dans d'autres textes. La dérive date des années 80-90, le traité de Maastricht a été en quelque sorte le point de départ de la pensée raisonnante enfermé dans ses dogmes à Paris. Il est devenu petit à petit impossible d'émettre des idées en dehors des clous.
Les lois mémorielles ont participé à cette dérive, tout comme la concentration des médias dans les mains de quelques oligarques et de l'état qui subventionne la presse à tour de bras. Heureusement, il y a eu internet qui pendant un temps permit aux opinions divergentes d'exister un peu. Le rejet du TE en 2005 a été en partie le produit des blogs et des débats sur le web à l'époque. Il a même permis à quelques nouvelles têtes d'émerger comme Etienne Chouard à l'époque. Les jeunes ne le savent sans doute pas, mais on pouvait même commenter les articles de journaux, chose qui est devenue beaucoup plus difficile aujourd'hui tant la police de la pensée veille, car tout est censuré préventivement. De cette époque il reste quelques blogs comme le mien, mais qui ne pèsent pas grand-chose par rapport aux réseaux sociaux, et aux chaînes YouTube.
L'état, la télévision et les journaux qui veulent impérativement garder la main sur l'information pour que la population ne puisse voir la réalité s'attaquent donc agressivement à ces nouveaux médias pour l'instant encore hors de contrôle. L'affaire Federova fait partie d'un ensemble d'action visant à remettre le couvercle sur la marmite même si je doute que cela empêche à terme la population de renverser le pouvoir. En effet même en supposant que l'état et les puissances d'argent contrôlent 100% de l'information cela n'empêchera nullement la population de voir sa réalité quotidienne faite de chômage en croissance, d'inflation, de crises à répétition ou d'incendie. À un moment donné quand le réel vous fracasse la figure même, la meilleure des propagandes ne peut empêcher le réveil populaire. Federaova avait le malheur de ne pas décrire la Russie et la guerre en Ukraine comme il fallait, l'énervement de nos dirigeants contre elle ne fait que confirmer que son discours est certainement beaucoup plus proche du réel que le discours macroniste.
En un sens, c'est un aveu de faiblesse et de panique. Ne pouvant inverser la réalité, les gouvernements européens cherchent à enterrer la réalité sous un monticule de propagande grossière. Nos pays et la France en particulier ont perdu définitivement toute crédibilité démocratique. Nous ne pouvons plus défendre les idées démocratiques alors que nous en bafouons nous même tous les principes. C'est les régimes autoritaires qui doivent se frotter les mains, plus personne chez eux ne voudra maintenant de la démocratie et de la liberté d'expression. Et c'est sans doute bien là que le crime de nos dirigeants irresponsables est le plus dramatique, ils ont terni peut-être pour très longtemps l'image de la démocratie et de ses principes.
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