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Blog d'actualité politique

L’avenir de l’économie européenne s’annonce plutôt sombre (interview)

Publié le 5 Août 2026 par Vendémiaire in Europe, Entretiens

L’avenir de l’économie européenne s’annonce plutôt sombre (interview)

5 août 2026

par TEORI

Pierre Duval d’Observateur Continental a donné un entretien au magazine turc TEORI qui traite de géopolitique et de relations internationales. L’édition du magazine TEORI du mois d’août dresse un bilan de l’OTAN après son 36e sommet qui a réuni les chefs d’État et de gouvernement les 7 et 8 juillet 2026 dans la capitale turque à Ankara. 

«La déclaration finale contenait essentiellement une réponse militaire à la crise de l’hégémonie impérialiste, tout en nous confrontant à la réalité du déclin économique et politique du système occidental au profit de l’Eurasie. L’OTAN tente de compenser ce déclin et cette désintégration non par des moyens diplomatiques ou économiques, mais directement par une escalade militaire et une politique d’armement», avertit TEORI. Duval apporte son analyse d’Européen dans cet entretien. 

TEORI : En quoi la dernière guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a-t-elle modifié les équilibres régionaux et mondiaux ? 

Pierre Duval : Depuis le 27 février 2026, Trump a donné l’ordre de lancer l’opération Epic Fury pour encore attaquer l’Iran. Le 28 février des bombardements israélo-américains ont débuté alors que l’Iran et les États-Unis menaient des pourparlers diplomatiques ce qui est une action extrêmement grave, montrant le non-respect du droit international. Cette attaque apporte la preuve que les pays, qui n’acceptent pas les ordres des Occidentaux, ne seront pas respectés même s’ils veulent régler les désaccords diplomatiquement.

Les États-Unis ont utilisé leurs moyens militaires les plus puissants. Les navires de guerre américains ont lancé des missiles Tomahawk, tandis que l’armée américaine a utilisé des lanceurs HIMARS. Des armes de frappe à longue portée non divulguées ont également été utilisées. L’armée américaine a déclaré avoir utilisé des bombardiers furtifs B-2, ainsi que des B-1 Lancer et des B-52 Stratofortress, pour frapper des installations de missiles balistiques fortifiées en Iran. Juste après le début de l’attaque US, l’armée de l’air israélienne a lancé une vague sans précédent de frappes de décapitation. Le 13 juillet dernier le Pentagone a utilisé pour la première fois des drones de mer contre Téhéran. 

Le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables (qui assistaient à trois réunions dans sa résidence) ont été tués, ainsi que des membres de sa famille, alors que l’Iran misait sur la diplomatie pour résoudre le conflit, rappelant l’assassinat ordonné par Trump de Qassem Soleimani le 3 janvier 2020 à Bagdad.

L’Iran a immédiatement riposté dévoilant des moyens puissants qui ont surpris les Occidentaux en bombardant Israël et plusieurs États du Golfe. Cette guerre montre clairement aux habitants du globe l’alliance israélo-américaine mais la puissance de l’Iran. Après au moins 26 bombardements US de haute intensité sur l’Iran, les États-Unis n’ont pas eu de succès. Les menaces US envers l’Iran pour ouvrir le détroit d’Ormuz n’ont pas marché. Téhéran ne reste pas non plus les bras croisés et répond par des coups aux bases américaines sur l’ensemble du golfe Persique. Le protocole d’accord pour mettre fin au conflit signé en juin dernier était censé donner aux parties 60 jours pour les négociations. Mais l’accord n’a pas duré un mois.

Israël, malgré le protocole d’accord a continué à bombarder le Liban et le Hezbollah, l’allié clé de l’Iran dans la région. L’influence d’Israël sur le processus de négociation est également exprimée aux États-Unis. J.D. Vance, le vice-président des États-Unis, a vivement critiqué la partie de la direction israélienne. Selon lui, il y a des forces influentes aux États-Unis qui sont intéressées à perturber les accords et à poursuivre le conflit. «Il y a des gens qui manipulent et tentent de modifier l’opinion publique américaine pour prolonger indéfiniment la guerre», a-t-il déclaré. Cette guerre est en particulier utile à la direction actuelle d’Israël. Le 27 octobre, des élections législatives auront lieu dans le pays à la Knesset. La situation de l’actuel Premier ministre, Benjamin Netanyahou laisse beaucoup à désirer. 60% des Israéliens ne lui font pas confiance. Dans ce contexte, la crise et la guerre au Moyen-Orient lui sont utiles. 

L’Iran garde le pouvoir sur la gestion d’Ormuz pour le pétrole. Le détroit d’Ormuz est crucial car il constitue le principal point de passage maritime mondial pour les hydrocarbures. Environ 20% à 25% du pétrole mondial et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) y transitent chaque jour en provenance des pays du Golfe, ce qui en fait un maillon indispensable à l’économie internationale. Sur le terrain, Téhéran exerce une forte pression militaire et géopolitique sur ce passage et tient en échec les USA, Israël et les leurs alliés. 

L’Iran est membre à part entière des BRICS depuis le 1er janvier 2024 et montre la puissance de ce nouveau bloc, révélant au monde que les BRICS sont l’avenir des pays du monde qui souhaite se libérer de la soumission au bloc israélo-américain pour une meilleure politique mondiale contre le bloc occidental. Les peuples européens comprennent aussi qu’ils sont sous le contrôle israélo-américain et qu’ils vivent dans des prisons avec des gouvernements qui ne représentent pas les intérêts de leur nation. 

Cette dernière guerre contre l’Iran scelle la date de l’effondrement de l’Occident avec les États-Unis et du rôle du dollars dans le monde. L’Iran est le poste avancé stratégique de la zone du Moyen-Orient pour les BRICS. Les menaces de Trump allant jusqu’à dire «toute une civilisation mourra ce soir, pour ne jamais renaître» ou nous allons «détruire complètement toutes les régions d’Iran» si la République islamique tentait de le tuer ont heurté de nombreux habitants européens et apportent la preuve que le monde doit se débarrasser de cette puissance dévastatrice occidentale et de cet axe israélo-américain surtout que Benjamin Netanyahou a affirmé dans un entretien à CNN que la Turquie n’est pas un «pays ami» des États-Unis, annonçant la nouvelle cible d’Israël. La nouvelle donne au Moyen-Orient grâce à l’Iran pourrait pousser la Turquie à revoir sa position envers l’OTAN qui agit comme une organisation criminelle. Pour exemple, tous les pays européens sont poussés à la guerre contre la Russie par cette organisation. 

Une chose est certaine, la morale de l’Occident basé sur la Shoah — ce que les enfants européens doivent apprendre à l’école- est définitivement ébranlée. Israël et les États-Unis agissent comme les nazis et ces criminels de guerre. Cette guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a donc modifié les équilibres sur plusieurs niveaux : géopolitique, financier, militaire, social, idéologique amenant une nouvelle géopolitique et un vent d’espoir aussi pour ceux qui en Occident souffrent de cet axe israélo-américain. L’Iran est devenu une puissance au Moyen-Orient qui devrait permettre de rééquilibrer les forces et amener la paix dans cette région en ordonnant — il faut l’espérer — à l’Israël de réparer ses crimes de guerre, notamment contre le peuple Palestinien. Le rôle néfaste des États-Unis dans la région devrait s’affaiblir. L’Iran montre aux peuples qu’il ne faut pas se soumettre à la puissance israélo-américaine qui est le centre des problèmes mondiaux. 

TEORI : Comment la contradiction entre les États-Unis et l’Europe se manifeste-t-elle au sein du «système atlantique» ? 

Pierre Duval : Trump menace de surtaxer les produits européens et de quitter militairement l’Europe, mais il garde une pression militaire, politique et économique sur l’Europe. La contradiction au sein du «système atlantique» oppose unilatéralisme américain et souveraineté européenne. Elle se manifeste par une fracture militaire (réduction du parapluie américain et quête d’autonomie européenne), des conflits commerciaux (guerres douanières), et des divergences géopolitiques (priorité à l’Indo-Pacifique et crises au Moyen-Orient).

Cependant, l’UE n’a pas de souveraineté actuellement, ni de cohérence politique, économique et militaire. L’UE a toujours besoin de la puissance des États-Unis pour assurer sa défense. Nous avons deux blocs qui dansent le tango, une danse d’improvisation, au sens où les pas ne sont pas fixés à l’avance pour être répétés séquentiellement, mais les deux partenaires marchent ensemble vers une direction impromptue à chaque instant : l’abîme. Nous avons deux mondes, qui représentent l’Occident, mais qui sont incapables de vivre en harmonie. Les contradictions entre les États-Unis et l’Europe définissent la fin de l’hégémonie occidentale également dans leurs pays respectifs. 

TEORI : L’Europe dispose-t-elle des moyens économiques et militaires nécessaires pour constituer un pôle alternatif face aux États-Unis et à l’Asie ? 

Pierre Duval : L’UE est considérée comme la première puissance commerciale au monde, mais sa part diminue lentement depuis une vingtaine d’années. Toute la zone UE, en particulier celle des pays fondateurs de l’UE traverse une crise historique : une crise sociétale, une crise économique, une crise financière, une crise politique et une crise géopolitique avec la volonté absurde et dangereuse de toujours soutenir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. L’Europe possède les bases économiques et militaires pour former un pôle mondial, mais sa capacité se trouve briser par la réalité financière et économique du bloc et à cause des responsables politiques incultes, arrogants qui prennent des décisions pour faire la guerre à la Russie et pour soutenir Israël. Si ses capacités en font la troisième puissance mondiale, son autonomie géopolitique réelle demeure incomplète face aux blocs américain et asiatique.

L’UE est devenue un lieu qui n’est pas synonyme de paix et de bien être pour sa population. Les peuples du monde veulent un pôle alternatif fort mais non agressif et non arrogant et synonyme de faiseur de paix car la composante humaine est aussi importante. Et les BRICS avec la Russie représentent ce pôle attractif à dimension humaine avec un pays qui possède une souveraineté politique, économique, militaire avec une morale civilisationnelle. L’UE n’a pas de souveraineté et ni de cohérences politiques. Les pays de l’Union européenne totalisent environ 1,33 million de militaires d’active. Il n’existe pas d’armée européenne unique, mais plutôt une coalition d’armées nationales qui se disputent le pouvoir militaire et politique. 

L’armée chinoise (l’Armée populaire de libération — APL) compte environ 2 millions de soldats d’active. Les forces armées russes comptent environ 2,4 millions de membres, dont près de 1,5 million de militaires actifs. L’Union européenne dispose du potentiel économique pour financer sa défense, mais cela nécessite une réallocation massive de capitaux et des choix politiques audacieux. Alors que les dépenses militaires totales en Europe devraient atteindre 381 milliards d’euros (dépassant les 2% du PIB), les fonds propres de l’UE pour l’industrie restent limités, s’appuyant sur des outils spécifiques comme le Fonds européen de la Défense. En outre, les armées de l’UE sont incapables de mener des combats de haute intensité sur plusieurs années comme la Russie. 

TEORI : Que signifie la nouvelle architecture de sécurité européenne ; comment l’Europe va-t-elle financer cet armement ? 

Pierre Duval : La nouvelle architecture de sécurité européenne désigne la transition vers une défense continentale autonome et intégrée. Elle vise à réduire la dépendance envers l’OTAN et les États-Unis. Ce réarmement est financé par une augmentation des budgets nationaux, adossé à un programme de prêts massifs (SAFE) de 150 milliards d’euros et des investissements via la Banque européenne d’investissement. Actuellement, Bruxelles réalise des accords avec l’Ukraine pour fabriquer des drones et des armes utilisées dans la guerre moderne. Utilisant l’Ukraine comme un proxy financier et d’expériences de guerre sur le terrain, l’UE tente de produire à la chaîne ces armes. Le risque est de voir Kiev obtenir trop de pouvoir dans les décisions stratégiques concernant la nouvelle architecture de sécurité européenne, risquant de menacer la stabilité et la sécurité du bloc dont des pays comme la France qui possède la bombe atomique. Actuellement, le président français, Emmanuel Macron, est en train de livrer la force de dissuasion de la France à l’Allemagne ce qui est une catastrophe pour la paix et la diplomatie. Berlin soutient à 100% Israël. 

TEORI : Quelles sont vos opinions sur l’avenir de l’économie européenne ? 

Pierre Duval : L’avenir de l’économie européenne s’annonce actuellement sous le signe d’une croissance modérée et d’une forte incertitude, freiné par une inflation persistante, des chocs énergétiques, des instabilités politiques et sociales. L’Europe amorce un virage stratégique axé sur sa compétitivité, l’innovation technologique et la décarbonation, tout en faisant face à d’importants défis démographiques et géopolitiques. Ces challenges rencontreront des difficultés à être atteints en raison de la crise économique historique qui traverse le continent. La folie de continuer de soutenir Kiev va faire exploser le bloc. Le risque est de voir disparaître les nations européennes, surtout que l’invasion migratoire autorisée par Merkel en 2015, apportant en masse d’autres populations non européennes, menace de déboucher sur une guerre civile ou simplement sur un effondrement des pays fondateurs historiques de l’UE : France, Allemagne. 

La banque centrale de la zone euro (BCE) a lancé un avertissement sur la situation dégradée de la zone euro : «Les perspectives économiques de la zone euro restent très incertaines dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la forte volatilité des prix du pétrole» ; «La hausse des prix des produits alimentaires devrait s’accélérer à court terme sous l’effet du choc sur les prix de l’énergie» ; «La progression des salaires nominaux devrait encore se ralentir tout au long de 2026» ; «La hausse des prix à l’importation devrait s’accélérer fortement à court terme» ; «Le déficit budgétaire et les ratios de dette de la zone euro devraient augmenter». 

Bref, l’avenir de l’économie européenne est très sombre. Déjà aujourd’hui, la France ne ressemble plus du tout à un pays européen sur le plan civilisationnel. L’introduction de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché de l’emploi rend l’économie européenne dépendante de sa capacité à rivaliser avec les États-Unis, la Chine ou, par exemple, l’Inde. La position des BRICS dans l’intelligence artificielle est hétérogène, dominée par la Chine qui rivalise avec les États-Unis. Il faut noter que cette décarbonation qui désigne l’ensemble des politiques et des mesures visant à réduire ou éliminer complètement les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) dans toutes les activités économiques, est une absurdité puisque l’UE continue de soutenir la guerre en Ukraine. La politique de décarbonation est un exemple des mesures mises en place pour contrôler et limiter les libertés individuelles. Si la décarbonation aurait été un réel plan écologique, l’UE n’alimenterait pas la guerre ne Ukraine ce qui détruit l’environnement. 

TEORI : Nous savons que des pressions politiques s’exercent en Europe contre les idées prônant un partenariat entre l’Europe et les pays phares de l’Asie. Pourriez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet ? 

Pierre Duval : Les pressions politiques en Europe contre un partenariat eurasien sont principalement motivées par la volonté de réduire la dépendance stratégique, notamment vis-à-vis de Pékin, et par l’alignement sur les doctrines de sécurité transatlantiques. Bruxelles et plusieurs États membres favorisent des politiques de «dérisquage» (derisking) plutôt qu’un découplage total, ce qui freine les ambitions de grands accords. Les partis politiques traditionnels dans la zone euro, dont le parti de Macron, mettent en place de nouvelles lois pour censurer l’information sur le Net et pour donner plus de pouvoir pour les services secrets du bloc pour poursuivre et désactiver les opposants qui font la promotion d’une collaboration avec les BRICS dont la Chine et la Russie. 

Ceux qui prônent le travail avec la Russie ou la Chine ou l’Iran (porte sur l’Asie) sont mis sur une liste noire et sont persécutés, voire assassinés. Il existe déjà une longue liste de journalistes, de politiques et d’anciens militaires qui sont morts rapidement. Les pressions politiques sont fortes et très dangereuses contre ceux qui prônent un partenariat entre l’Europe et les pays phares de l’Asie ou une collaboration avec les pays qui permettent une ouverture. La Turquie — un pays merveilleux — est aussi une plateforme qui permet un passage sur l’Asie et de nombreuses pressions politiques sont réalisées en UE pour empêcher la Turquie de rentrer dans l’UE. 

Les pressions politiques proviennent d’une élite vieillissante physiquement et mentalement. Mais ces pressions ne vont pas durer longtemps car les forces dynamiques qui gravitent dans les pays phares de l’Asie vont logiquement briser ce blocage d’autant plus que — comme nous l’avons vu — l’UE est une zone en pleine métamorphose sociétale. Actuellement, le dynamisme se trouve en Turquie ou dans les pays phares de l’Asie. L’UE avec Ursula von der Leyen s’est elle-même mise dans une prison en déclarant des paquets de sanctions contre la Russie qui forme une unité de pays stratégiques proches de la sphère des pays phares de l’Asie. Actuellement, l’UE tente de détourner cinq pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) en voulant les éloigner de la sphère russe. La Landesbank Baden-Württemberg est une banque allemande (LBB) qui, en coopération avec la Fondation des caisses d’épargne, participe au financement du développement des exportations et au soutien du secteur bancaire kirghize. L’UE développe dans ces zones des accords commerciaux. Mais, ces cinq pays utilisent l’UE pour aider l’économie russe. 

source : Observateur Continental

https://reseauinternational.net/lavenir-de-leconomie-europeenne-sannonce-plutot-sombre-interview/

 

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