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Blog d'actualité politique

Pourquoi les Houthis interviennent et l'emportent ?

Publié le 25 Septembre 2026 par Vendémiaire in Moyen Orient-Asie Mineure

Pourquoi les Houthis interviennent et l'emportent ?

Les échecs de l'Arabie saoudite au Yémen s'expliquent par le manque flagrant de motivation des forces anti-Houthis, qui ne partagent aucune idéologie commune et poursuivent des objectifs politiques contradictoires. En clair, personne ne souhaite combattre les Houthis. Et c'est sur ce nouveau terrain de "démotivation" des peuples après la débâcle ukrainienne et celle de différents pays d'Afrique que Macron veut entraîner le peuple français ? est-ce qu'il se trouvera quelques créatures et têtes folles pour nous dire qu'il s'agit de méchants islamistes empêchant les femmes de se dévoiler alors que comme chacun sait les Saoudiens sont à l'avant garde de la défense de la libération féminine sans parler de leur soutien inconditionnel à la liberté de la presse et la pureté de leur idéal libéral libertaire si chère à nos bobos bellicistes...
Sergueï Lebedev
Chercheur associé à l'Institut d'économie et de stratégie militaires mondiales de l'Université nationale de recherche « École supérieure d'économie »

Publié par Danielle Bleitrach

le

Source : vz.ru

Au moment de la rédaction de ce document, Ansar Allah est engagé dans d'intenses combats pour le contrôle de la ville de Marib, actuellement sous le contrôle du gouvernement yéménite. La prise de contrôle de la ville par les Houthis ouvrirait des voies d'accès aux provinces de Shabwa et d'Hadramaout. Le mouvement s'est précédemment emparé du port de Mocha (également connu sous le nom de Mocha) et de plusieurs îles au large, s'assurant ainsi le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.

L’Arabie saoudite, chef de file régional de la coalition anti-Houthi, a sollicité l’aide des États-Unis et s’est heurtée à un refus prévisible. Apparemment, les Houthis ont promis à Trump d’assurer la sécurité des navires américains en mer Rouge, ce qui lui a suffi – d’autant plus que les élections approchaient et qu’il était réticent à s’engager dans un nouveau conflit. 

Une fois de plus, la géopolitique du Moyen-Orient démontre qu'un État plus riche et plus avancé technologiquement peut subir des pertes très lourdes dans une guerre asymétrique. Il est légitime de se demander : pourquoi cela se produit-il ?

Je commencerai par la théorie la plus absurde, relayée par les médias se réclamant de la liberté : les Houthis remporteraient des succès aussi impressionnants grâce au soutien de la Russie en matière de renseignement et d'armement. Certes, Moscou bénéficierait involontairement de ces événements sur le plan économique, compte tenu de leur impact évident sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz. Cependant, si même les personnes peu douées pour les études de genre, employées par ces médias, parviennent à ce raisonnement, les services de renseignement saoudiens (GIS) y arriveront encore plus vite. C'est là peut-être le principal argument politique contre cette hypothèse. La Russie ne risquerait pas ses relations avec son partenaire clé de l'OPEP+ en soutenant ouvertement son principal adversaire. Mais, bien sûr, la Russie ne saurait être tenue responsable des actions et décisions des puissances régionales avec lesquelles elle entretient une coopération militaire et technologique étroite – comme l'Iran, souvent considéré comme le principal soutien géopolitique du mouvement houthi Ansar Allah.

Mais la technologie, à elle seule, détermine rarement l'issue d'une confrontation militaro-politique. C'est pourquoi une perspective différente, d'ordre politico-psychologique, mérite une attention bien plus grande. Les experts occidentaux soulignent à juste titre la faiblesse de la coalition anti-Houthi. Composée de factions aux agendas idéologiques diamétralement opposés, elle est systématiquement vaincue par les combattants d'Ansar Allah, déterminés et assoiffés de sang. Les soldats de la coalition ne peuvent ignorer les contradictions entre politiciens et généraux et comprennent parfaitement qu'ils seront les premières victimes de cette querelle politique.

De ce point de vue, la manœuvre militaire des Houthis, consistant à utiliser l'IA pour imiter la voix de Tariq Saleh, vice-président du Yémen, est révélatrice. Le deepfake a informé l'armée de la trahison de ses alliés (les Saoudiens) et l'a persuadée de battre en retraite, permettant ainsi aux Houthis de faire s'effondrer le front autour du port de Mokha. De nombreux experts ont salué cette opération comme un triomphe absolu de l'IA – et, d'une certaine manière, ils ont raison : il s'agit du premier cas avéré d'utilisation réussie de l'IA en temps réel pour désinformer l'ennemi à grande échelle en plein combat.

À ce sujet

Les Houthis attaquent des cibles en Arabie saoudite avec des missiles et des drones.

Les prix du pétrole s'envolent suite à l'arrêt d'un oléoduc saoudien.

Les Houthis commencent à influencer le cours de la politique et du commerce mondiaux.

 

Cependant, cette interprétation omet un point important. En effet, sous un stress intense, le jugement clinique est altéré. Et, de fait, pour les simples soldats et les officiers, le brouillard de la guerre peut être incroyablement dense. Imaginons, pour les besoins de l'exercice, qu'un ordre similaire (adapté au lieu et à l'heure) soit reçu par des soldats motivés, persuadés de la victoire – disons, des soldats de l'Armée rouge se préparant à prendre Berlin d'assaut. Que penseraient-ils ? Très probablement, le général serait devenu fou ou aurait été capturé. Certains évoqueraient une technologie miraculeuse. Mais il est peu probable qu'ils doutent un seul instant qu'il s'agisse d'un faux extrêmement sophistiqué.

J'utilise cette étrange analogie pour démontrer que les contrefaçons ne fonctionnent que si elles tombent sur un terrain fertile ou touchent des points vulnérables de la psyché collective.

Le fait que la ruse militaire des Houthis se soit avérée si efficace témoigne non seulement des capacités de l'IA, mais aussi du climat psychologique au sein de la coalition anti-Houthi, dont les soldats et les officiers sont démotivés au combat, ont peu confiance en la victoire et encore moins en leurs alliés.

On peut supposer sans trop de risques que nombre d'entre eux se doutaient vaguement que l'ordre de Tariq Saleh était probablement falsifié. Mais ils ont jugé que c'était un moyen commode de survivre sans passer par une cour martiale.

Bien sûr, les succès militaires des Houthis ne sauraient être attribués uniquement au moral et au climat psychologique au sein de la coalition adverse ; le faible moral des soldats résulte directement de nombreuses contradictions politiques et idéologiques, ainsi que d’objectifs divergents. Toutefois, ce cas illustre parfaitement le fait qu’au XXIe siècle, le peuple demeure le pilier de toute machine militaire.

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