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Blog d'actualité politique

Victoire de l’AFD, en France ou en Allemagne, l’antifascisme en carton ne sert à rien

Publié le 8 Septembre 2026 par Vendémiaire in Europe, France-Politique - société, Actualité

Victoire de l’AFD, en France ou en Allemagne, l’antifascisme en carton ne sert à rien

Après un week-end passé sur le flanc (et déconnecté) pour cause de petit embarras de santé, retour au réel lundi matin. Alors, on est allé jeter un coup d’œil sur les réseaux, et là patatras la catastrophe. C’est le retour de sœurs zombres. Voilà t’y pas qu’en Allemagne les nazis sont revenus au pouvoir, et s’apprêtent à recommencer leurs conneries. Aïe aïe aïe, avec les Teutons faut faire gaffe. Ils ont un goût particulier pour mettre l’Europe à feu et à sang. Alors on se penche sur les détails de cette nouvelle « catastrophe allemande ». Et l’on apprend que pour les élections du plus petit État de l’Allemagne fédérale (2 millions d’habitants) un parti populiste de droite vient de rater d’un cheveu la majorité absolue. Alerte générale ! Adolf Hitler est de retour, les SA sont dans les rues, et ce soir retraite aux flambeaux devant la porte de Brandebourg. Les commentaires de la presse système française et ceux des partis politiques sur les réseaux donnent le spectacle d’un véritable florilège d’ignorance et de bêtise.

S’il est normal qu’à quelques mois d’une échéance électorale décisive pour notre pays, chacun s’empare de cet événement et le commente au profit de sa paroisse. C’est le jeu. Et ce d’autant qu’il y a également France un parti populiste de droite, que l’on accuse d’être « d’extrême-droite », voire lui aussi nazi. Avec quand même cette particularité, c’est que sa candidate caracole en tête dans toutes les études d’opinion. Mais cela n’excuse pas toutes les âneries que l’on a pu lire ou entendre. Avec comme d’habitude, le point aveugle, celui qui oblige à faire un peu de sociologie électorale pour savoir qui s’est mobilisé massivement pour voter pour l’AFD. Malgré un barrage de propagande hallucinant, assorti de menaces liberticides explicites. On ne discutera pas ici du programme de l’AFD, non parce que ce serait sans intérêt, mais que manifestement ce vote apparaît beaucoup plus comme un vote de rejet du système de gouvernance allemand, qu’un vote d’adhésion à ce programme.

Et ce d’autant, que s’il y a un risque d’autoritarisme liberticide et belliciste actuellement, que l’on est quand même un peu contraint de qualifier de nazi contenu de l’histoire germanique, c’est bien celui qui est porté par le gouvernement de Monsieur Friedrich Merz, soutenu par 15 % de l’électorat (coucou Macron). Merz est, probablement le pire chancelier depuis Adolf Hitler. Tout comme son prédécesseur, alors que son pays est normalement enserré dans une série de traités qui lui interdisent le réarmement militaire, il passe son temps à violer les obligations internationales qui lui sont faites. Et en dernier lieu, celles que son pays avait souscrits au moment de la réunification. Tout comme son prédécesseur il développe un tropisme obsessionnel de guerre contre la Russie, et cette passion pour un Barbarossa 2.0 transparaît dans chacune de ses interventions. Un jour il appelle à un réarmement massif de son pays pour la doter « de l’armée la plus puissante du continent » (!). Un autre jour, toujours en violation des traités, il réclame le partage de l’arme nucléaire avec la France (!) que son domestique Macron est prêt à lui offrir. Il voudrait également une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, le droit de veto lui donnant alors carte blanche pour toutes ses aventures guerrières. Probablement inspiré par son prédécesseur, et paniqué par la montée de l’AFD, il s’est dit que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes, et s’est offert à la veille des élections un « incendie du Reichstag » low coast avec la grotesque affaire de l’aéroport de Leipzig. « Faux drapeau » ridicule qui n’a eu strictement aucune influence sur les votes.

Alors toujours les vieilles méthodes, il menace maintenant de faire comme son prédécesseur avec sa fameuse Loi du 14 juillet 1933, en interdisant tout simplement l’AFD. Dans cette dérive néonazie, Friedrich Merz est flanqué de la tout aussi néonazie Ursula von der Leyen. Entre deux rapines, la très corrompue président de la Commission européenne déploie une activité furieuse et quotidienne pour appeler à la guerre contre la Russie.

Aussi, il faut être sérieux. Essayer de comprendre pourquoi une partie du peuple allemand se détourne résolument de ceux que nous venons de décrire. En se disant d’abord que son opposition à cet aventurisme guerrier est quand même une bonne nouvelle. Et réfléchir aux raisons qui font de l’immigration soit une question politique aussi centrale. En se rappelant enfin, que les plus importants succès électoraux de l’AFD ont lieu dans l’ancienne Allemagne de l’Est, celle qui fut victime d’une véritable opération de brigandage avec l’annexion coloniale lors de la réunification précipitée de 1991.

Mais évidemment, cette montée des populismes de droite est générale dans les pays de l’Union Européenne, à commencer par la France. Où le bloc central, confronté à une double impasse institutionnelle et politique, voit avec horreur se profiler l’hypothèse de plus en plus probable d’une victoire de la candidate du rassemblement national à la prochaine élection présidentielle. Sans solution il est contraint de s’en rapporter à nouveau à la vieille stratégie quarantenaire du « barrage » antifasciste accompagné sur ce terrain, par la fausse gauche. Ou du moins celle qui qui passe son temps à faire des allers-retours entre ce bloc central auquel elle appartient de fait, et des postures de gauche qui ne trompent personne. Il suffit de voir l’équipe de campagnes du candidat « de gauche » (défense de rire) Raphaël Glucksmann truffée de macronistes de la première heure.

Désormais il est probable que les incantations antifascistes contre le RN, qualifiées en leur temps par Lionel Jospin « de théâtre », ne fonctionneront pas cette fois-ci. La magouille sordide de 2024 qui vit la « gauche » se précipiter pour sauver Emmanuel Macron et son système au deuxième tour des législatives, n’a produit qu’une seule chose pour les couches populaires : prolonger de trois ans le cauchemar macronien.

Alors, la lutte des classes prend parfois des chemins tortueux. Actuellement en France, même si ça peut paraître désagréable, c’est le prolétariat qui forme les gros bataillons de l’électorat du RN. La classe ouvrière, les salariés d’exécution des services, et la France périphérique qui se défient de la petite bourgeoisie urbaine dont ils n’attendent absolument rien. Car ils considèrent, à tort ou à raison, que c’est l’élection de Marine Le Pen qui permettra de casser enfin le système néolibéral autoritaire et liberticide mis en place par les socialistes français depuis 40 ans. Même s’ils ne se font pas beaucoup d’illusions sur la suite, ils pensent que c’est un préalable.

Face à cette réalité, que ce soit en France ou en Allemagne, l’antifascisme en carton, ne sert à rien.

 

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