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Blog d'actualité politique

France : travailler ne suffit plus pour manger à sa faim

Publié le 14 Octobre 2026 par Vendémiaire in France-Politique - société

France : travailler ne suffit plus pour manger à sa faim

par Mizane Info

Près de 7 millions d’adultes en France hexagonale déclarent manquer de nourriture, selon une enquête OpinionWay réalisée pour Action contre la Faim, dévoilée ce lundi. Une situation alarmante qui frappe particulièrement la jeunesse : un jeune de 18 à 24 ans sur quatre affirme ne pas toujours manger à sa faim.

Alors que la précarité alimentaire s’étend jusque dans les foyers de travailleurs pauvres, l’ONG dénonce les insuffisances des politiques publiques et réclame une loi garantissant le droit à l’alimentation. Dans l’une des premières puissances économiques européennes, des millions de personnes restent contraintes de sacrifier leurs besoins alimentaires les plus élémentaires.

Sept millions d’adultes touchés par la faim en France

Les chiffres révèlent une réalité sociale alarmante. Selon le sondage OpinionWay réalisé du 26 au 28 août 2026 pour Action contre la Faim, 13% des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, soit près de sept millions d’adultes en France hexagonale. Une proportion qui atteint 25% chez les 18-24 ans, particulièrement exposés à la précarité. Les difficultés ne concernent pas uniquement les quantités consommées : 39% des personnes interrogées déclarent manger suffisamment, mais devoir renoncer à certains aliments qu’elles souhaiteraient consommer.

Chez les jeunes adultes, ce taux grimpe à 47%. Derrière ces privations, la question financière apparaît déterminante : 80% des personnes concernées invoquent le manque de moyens. Ces résultats témoignent d’une fracture sociale profonde, dans laquelle l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée demeure inaccessible à une part importante de la population.

L’enquête, publiée à l’approche de la Journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre, met également en évidence une défiance envers les pouvoirs publics. 73% des personnes interrogées considèrent que le droit à l’alimentation n’est pas réellement garanti en France, tandis que 86% se déclarent favorables à l’adoption d’une loi garantissant une alimentation suffisante, saine, durable et choisie.

Les travailleurs précaires ne mangent plus à leur faim

Cette nouvelle enquête rejoint les conclusions particulièrement inquiétantes du baromètre Ipsos-BVA publié en juin dernier pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès). Parmi les 1000 travailleurs pauvres ou précaires interrogés, 54% déclaraient réduire leurs portions alimentaires, tandis que 40% sautaient plusieurs repas par semaine pour permettre à d’autres membres de leur foyer de manger.

Les enfants sont directement touchés : 28% des parents reconnaissaient ne pas parvenir à les nourrir à leur faim. Dans les familles monoparentales, 54% des parents se privaient de repas pour nourrir leurs enfants. Plus révélateur encore, 85% des travailleurs interrogés déclaraient se sentir abandonnés par les pouvoirs publics. Ces chiffres illustrent une transformation profonde de la pauvreté française : désormais, travailler ne suffit plus toujours à se nourrir dignement.

La situation dépasse ainsi les publics traditionnellement associés à l’aide alimentaire. Salariés précaires, familles monoparentales, étudiants et jeunes actifs sont confrontés à des arbitrages permanents entre l’alimentation, le logement, l’énergie et les dépenses de santé.

Demande d’une loi pour garantir le droit à l’alimentation

Face à cette situation, Action contre la Faim réclame l’adoption d’une loi-cadre consacrant le droit à l’alimentation en France. Si ce droit est reconnu dans plusieurs textes internationaux ratifiés par la France, il ne bénéficie toujours pas d’une consécration autonome dans la législation nationale. En mars 2026, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) avait déjà recommandé sa reconnaissance constitutionnelle.

Pour Hélène Quéau, directrice de la Mission France d’Action contre la Faim, une réforme législative permettrait de transformer les initiatives dispersées en une véritable politique publique, dotée d’objectifs, de financements et de responsabilités identifiables. L’association défend notamment un meilleur accès aux cantines scolaires, des tarifs adaptés aux revenus des familles, un soutien aux commerces alimentaires de proximité et un encadrement renforcé des pratiques de la grande distribution.

 

source : Mizane Info

https://reseauinternational.net/france-travailler-ne-suffit-plus-pour-manger-a-sa-faim/

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