13 octobre 2026
par Alfredo Jalife-Rahme
Une fois de plus, le président Donald Trump renverse la table. Il a conclu un accord sur le diesel avec la Russie, au mépris des mesures coercitives unilatérales que son prédécesseur avait prises contre elle. C’est un rebondissement de la crise pétrolière ouverte par sa guerre stupide contre l’Iran. Simultanément, Kiev s’est attaqué à Washington en soutenant les cartels latinos, ennemis jurés de Donald Trump. Ce faisant, il s’est entendu dire que Volodymyr Zelensky n’était plus légitime. L’esprit d’Anchorage nous réserve d’autres surprises encore.
Le 28 février 2025, Donald Trump avait déjà prévenu l’usurpateur Volodymyr Zelensky. Cependant, celui-ci s’est maintenu au pouvoir en continuant à empêcher des élections, par décret, chaque trois mois. Il a aussi baissé la tête tout en poursuivant ses détournements de fond. Mais il a commis l’irréparable en s’alliant aux cartels latino-américains que Donald Trump combat.
La «propagande de guerre» multimédia, où l’hégémonie israélo-anglo-saxonne prévaut encore, se heurte à la brutale réalité du pétrole brut, et là, c’est autre chose. L’Energy Information Administration (EIA) elle-même admet que «les États-Unis produisent plus de pétrole brut que jamais […] et pourtant, les prix du diesel ont récemment grimpé à des sommets records, tandis que les stocks de produits distillés restent exceptionnellement bas».1
L’«effet détroit d’Ormuz» a conduit à une grave crise du diesel, avec des effets délétères à l’échelle mondiale et, plus précisément aux États-Unis, 23 jours avant les élections cruciales de mi-mandat, alors que, simultanément, la crise alimentaire est déjà en place, comme l’un des nombreux effets en cascade des blocages du détroit. L’accord spectaculaire entre Poutine et Trump, qui a été bouclé en 90 minutes au téléphone, constitue-t-il la «surprise d’octobre» que le président états-unien malmené attendait pour que son Parti républicain ne subisse pas les conséquences métastatiques de la hausse du prix du diesel ?
RT énonce les principaux détails de la conversation téléphonique «réussie» entre Poutine et Trump : «Les dirigeants ont discuté d’un important accord sur le diesel, de négociations de paix en Ukraine, de diplomatie avec l’Iran (sic) et de contacts bilatéraux plus étroits».
L’«accord diesel» avait déjà été tissé par l’envoyé spécial russe Kirill Dmitriev et les négociateurs de Trump : Steve Witkoff et Jared Kushner. Serait-ce le cadeau de Trump à Poutine pour son 74e anniversaire2 ? Poutine a expliqué que «la Russie est prête à fournir du pétrole aux États-Unis et aux marchés mondiaux».3
Dans son style de propagandiste très classique, Trump a publié la «discussion très réussie» avec Poutine dans laquelle ils ont convenu de la fourniture immédiate de plus de 300 000 tonnes de diesel pour les États-Unis et pour le marché mondial, de 500 000 tonnes supplémentaires au mois de novembre et d’un million de tonnes par la suite. De plus, «selon l’état de ses raffineries diesel, la Russie livrera bientôt 3 millions de tonnes de gazole».
Le toujours hyperbolique Trump a prédit l’effondrement «rapide» des prix du pétrole et du diesel, ce qui profitera, non seulement aux Républicains lors du prochain vote, mais aussi aux «grands agriculteurs, éleveurs et chauffeurs routiers». Il a conclu que «l’Iran n’aura pas sa bombe nucléaire4. Y aurait-il un troc de l’Ukraine contre la «bombe nucléaire» iranienne, jusqu’alors officiellement inexistant ? Le vice-premier ministre russe Alexander Novak, après avoir noté que la Russie est l’un des principaux fournisseurs de diesel sur le marché mondial, a annoncé que «la Russie a commencé à lever les restrictions sur les exportations de diesel avec effet immédiat».5
Dans une série de trocs qui rappellent «l’esprit d’Anchorage», le département du Trésor US «a annoncé une levée temporaire des sanctions sur le commerce russe de carburants dans un contexte de flambée des prix à l’échelle mondiale. Cette mesure autorise la vente, la livraison, le déchargement et l’importation de diesel russe, y compris vers les États-Unis, et ce, au moins jusqu’au 7 avril 2027».
L’«accord diesel» entre les anti-mondialistes Trump et Poutine débouche sur l’enterrement très attendu du «président illégal» illégitime et frauduleux, le Khazar Zelensky6. Les grands perdants sont les globalistes d’Europe occidentale, promoteurs de la guerre de Zelensky contre la Russie en Ukraine.7
Ricardo Bosi, ancien commandant des forces spéciales australiennes (sic), a commenté : «L’Ukraine est le centre de l’État profond. C’est la tête du serpent, et Vladimir Poutine est en train de lui couper la tête. Depuis des décennies, l’Ukraine est le centre des globalistes».8
Quel sera l’effet de l’«accord sur le diesel» sur l’électorat états-unien sceptique ? Les écueils sont-ils désormais levés pour un prochain sommet tripolaire à Shenzhen, le 18 novembre, entre Xi/Poutine/Trump ?
source : La Jornada via Réseau Voltaire
traduction Maria Poumier
- «Why Record Crude Output Can’t Solve America’s Diesel Crisis», Robert Rapier, Oil Price, October 09, 2026.
- «La cuestión nuclear entre Irán y EEUU NO se va a resolver antes de las elecciones», Alfredo Jalife-Rahme, YouTube, 8 de octubre de 2026.
- «Russia ready to supply oil to US, global markets – Putin after call with Trump», Tass, October 9, 2026.
- «@realDonaldTrump», Donald J. Trump, Truth Social, October 9, 2026.
- «Russia begins lifting diesel exports restrictions immediately – deputy PM», Tass, October 9, 2026.
- «Rebuking Ukraine Over Oil Strikes, Trump Says It Should “Get a New President”», Marc Santora & Andrew E. Kramer, The New York Times, October 10, 2026.
- Nacionalismo contra globalismo. Dicotomía del siglo XXI antes de la inteligencia artificial, Alfredo Jalife-Rahme, Orfila (2019).
- «@STANISKRAPIVNIK», Stanislav Krapivnik, X, October 10, 2026.
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