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Blog d'actualité politique

Bélarus : le régime serre plus encore la vis

Publié le 16 Novembre 2011 par Vendémiaire in Europe Est & Centrale

Par Anaïs Marin (Sources: pravo.by, naviny.by, belarusdigest.com, spring96.org, osw.waw.pl, newtimes.ru)


La rentrée parlementaire au Bélarus a été marquée par l’adoption d’une série d’amendements à la législation, déjà très répressive, qui musèle toute forme d’opposition. Quatre domaines sont concernés: le fonctionnement des ONG indépendantes, l’activité des partis d’opposition, la liberté de rassemblement et les prérogatives des services d’ordre et de sécurité.


Alors que s’est ouvert le procès d’Ales Bialatski, le directeur de Viasna, pour «fraude fiscale» -il n’a pas déclaré les fonds que reçoit son ONG à l’étranger, et qui servent essentiellement à la défense des prisonniers politiques et à la subsistance de leurs familles- la loi interdit désormais le financement extérieur des ONG bélarusses. Aux amendes s’ajoutent donc des peines de prison pour quiconque encaisserait des dons ou bourses sur des comptes en banque à l’étranger. La mesure tue dans l’œuf toute velléité d’autonomisation des associations de défense des droits de l’homme, qui ne vivotaient dans un environnement déjà hostile que grâce à des soutiens extérieurs. Elle s’applique aussi aux partis politiques, dont les activités ne pourront plus être financées de l’étranger. Autrement dit seuls les ONG et partis qui collaborent avec le régime pourront continuer à opérer dans le pays. Les donateurs étrangers en sont quant à eux menacés d’expulsion s’ils bravent l’interdiction.


La loi «sur les manifestations publiques» a elle aussi été amendée, limitant plus encore la liberté d’assemblée. Le régime se prémunit ainsi contre de futures poussées de protestation populaire, à l’instar de l’éphémère «Révolution par les réseaux sociaux» qui a réuni des milliers de personnes dans les rues chaque mercredi soir en juin et juillet. Dans sa nouvelle rédaction, la loi proscrit l’utilisation d’Internet pour promouvoir des manifestations «illégales»- dont l’organisation n’aurait pas reçu l’aval préalable des autorités. Entrent dans cette catégorie les rassemblements publics de type «flashmob», les marches silencieuses et autres «promenades populaires» instiguées via Vkontakte et qui réuniraient plus de trois individus. La loi étend aussi la notion d’atteinte à la sûreté de l’État en rendant passible de 3 ans de prison le «crime de haute trahison» commis par quiconque participerait à un rassemblement interdit.


Enfin, dans l’éventualité où les Bélarusses se risqueraient quand même à protester, les moyens de répression à disposition de la police et du KGB ont été étendus: sur la base d’un simple «soupçon», ils sont désormais autorisés à pénétrer de leur propre chef dans tout lieu privé et y saisir des biens; en cas de «troubles à l’ordre public», ils pourront même tirer sur les meneurs. Ces amendements sont vus comme une faveur accordée par le régime à ses milices, desquelles il a récemment exigé de mater les contestataires par des procédés illégaux- on se souvient de ces policiers en civil battant et arrêtant arbitrairement de simples passants qui applaudissaient dans la rue. Faute de pouvoir augmenter leurs traites vu que les finances de l’État sont dans le rouge, le régime accorde ainsi à ses chiens de garde la garantie de pouvoir conduire leurs basses besognes en toute légalité.


L’avenir dira si ces mesures suffiront à dissuader la population de se révolter- ce qui semble être leur principale finalité- ou si A. Loukachenka, poussé dans ses derniers retranchements par la peur d’être renversé, les fera appliquer contre son propre peuple.

 

 

Dépêche publiée le 15/11/2011

RSE http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1492

 

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