La cérémonie de remise officielle de l'édifice s'est déroulée le 23 juin 2009, dans l'enceinte de l'ex-ambassade de Cuba, en présence du conseiller spécial du Premier ministre. "La réception ce jour de ce modeste bâtiment met fin à l'errance de la Commission. La salle de conférence permettra à la Commission d'abriter ses assemblées plénières. Elle donnera assurément l'opportunité à tous ses membres de disposer d'un espace de travail dans l'espoir en ce qui les concerne de disposer plus tard de locaux plus fonctionnels", avait déclaré Alphonse NZOUNGOU, président de la Commission.
Les travaux ont été réalisés grâce à l'appui technique et financier de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, de l'Union européenne, du ministère des Affaires étrangères et de la Francophonie.
"La corruption est un mal devenu presque nécessaire dans le monde des affaires pour dit-on "fluidifier" les relations. Demander l’éradication de la corruption est donc une utopie ; c’est comme demander la fin de la misère dans le monde". Voilà ce qu’on peut entendre dans les rues de Brazzaville ; et le parrain local de renchérir "les corrupteurs sont là-bas, les corrompus sont ici…"
Il s’agit plutôt d’essayer de faire en sorte que la corruption ne devienne pas un facteur paralysant de la vie économique et des relations sociales.
Dans les pays les plus vertueux, ceux du nord de l’Europe, la corruption a atteint un niveau tellement résiduel qu’elle ne se fait même plus remarquer ; ces pays sont la preuve que rien n’est impossible.
Au Congo Brazzaville, la corruption a atteint un niveau de sophistication tellement élevé que le pays détiendrait aujourd’hui la palme d’or toutes catégories en Afrique. Formés par les meilleurs experts financiers du monde et par les virtuoses des meilleures banques les corrupteurs et les corrompus congolais (c’est souvent les mêmes personnes) n’ont plus rien à envier à leurs maîtres. 100% de Congolais ont déjà été confrontés de près ou de loin à ce cancer. Très loin devant tous les maux qui minent le Congo Brazzaville, la corruption est devenue le cancer du Congo. Elle freine toutes les initiatives, tous les projets et toutes les bonnes volontés
"Bakchich", "pot-de-vin", "dessous de table"... les noms ne manquent pas pour désigner des pratiques qui dépassent le cadre des affaires. En dépit des tentatives de moralisation de la vie publique, ces maux restent d'actualité quels que soient les efforts de transparence voulus par les uns et les autres.
Peut-être moins institutionnalisée car plus personnelle, la "motivation" est devenue tout aussi répandue et contestable. Elle a gagné toutes les activités de notre cité, y compris celles du loisir et du sport au point de s'ériger en véritable culture. Ne pouvons-nous donc plus travailler ou nous amuser sans devoir "motiver" ?
Il existe pourtant des services, et notamment des services publics, où "motiver" ne devrait pas avoir sa place : la santé est de ceux-là. Au CHU de Brazzaville où vétusté et délabrement riment avec insalubrité, tout au moins à la maternité, le personnel hospitalier doit à son tour être "motivé".
On sait que les hôpitaux au Congo manquent cruellement de moyens, mais de là à devoir "motiver" les infirmières pour être soigné, il y a un fossé que les patients ne devraient pas avoir à combler.
Dans un pays comme le Congo Brazzaville où les valeurs de solidarité et de partage sont censées exister et même si la "motivation" peut parfois pallier certains dysfonctionnements, elle ne devrait en aucune manière devenir la règle.
En effet, c'est avec de telles pratiques que tout un système de valeurs s'effondre alors qu'un minimum de conscience professionnelle et de bon sens devrait en faire partie.
La lutte contre la corruption fait partie des exigences des institutions de Bretton Woods. Elle est en effet au centre des programmes soutenus par les bailleurs de fonds internationaux dont elle constitue un des "déclencheurs". Signataire des Conventions des Nations Unies et de l’Union Africaine sur la lutte contre la corruption, le Congo ne pouvait qu’adhérer à cette démarche.
Un premier pas a été franchi, avec la mise en place, fin 2005, d’une Commission interministérielle de lutte contre la corruption. Celle-ci doit en partie sa création aux recommandations d’une étude-diagnostic menée par le Haut Commissariat à l’éducation civique et morale et le Ministère chargé du contrôle d’État, créé en 1999 et supprimé en 2005, avec l’appui du PNUD, qui avait préconisé la mise en œuvre d’un plan national de lutte contre le phénomène.
En 2009, une nouvelle étape a été franchie dans ce processus. La Commission nationale de lutte contre la corruption se dote d'un nouveau siège social. Installé dans un nouveau bâtiment, le siège de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, a été financé à hauteur de 36 millions de francs CFA.
Le fait seulement de placer son argent dans une banque étrangère ou encore de garder son argent sous son matelas coûte des fortunes aux Congolais et peut être assimilé à un acte de gangstérisme.
Quand on place l'argent dans une banque, l'argent cesse d'être à celui qui le dépose, l'argent devient la propriété de la banque et du pays où on le dépose.
Celui qui le place n'a droit qu'a une partie des intérêts de son argent. On lui indiquera un montant maximum bien déterminé s'il veut retirer du "cash" de la banque.
Si l'individu veut retirer l'argent pour acheter quelque chose d’onéreux, on lui dira de laisser ses coordonnées bancaire de son compte pour que la banque paie et sûrement la banque utilisera les intérêts pour payer la dette. La dite banque prêtera l'argent aux business men de son pays ou d’ailleurs qui l'utiliseront pour construire leur pays.
Monsieur Alphonse NZOUNGOU qui ne devrait pourtant pas manquer de travail, a-t-il seulement conscience de sa tâche ou bien est-ce un simple pion juste bon pour servir de décorum aux institutions internationales….
Patrick Eric Mampouya