Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
blog Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Récidive (à propos d’un nouvel article de Cynthia Fleury paru dans «L’Humanité»)

Publié le 21 Janvier 2010 par Vincent Ferrier in France-Politique - société

Dansaaa logo Drapeau V « L’Humanité du 20/01/2010, Cynthia Fleury revient sur les thèmes du communisme et du capitalisme  dans un article empreint du même confusionnisme que celui qu’elle avait commis  dans le même journal le 7/10/2009 et relatif à l’ « effondrement » du « socialisme ». [voir l'article précédent] Sous le titre «  La fin de l’hypothèse capitalistique », (titre ambigu car on peut se demander s’il s’agit du capitalisme, bien réel à l’échelle planétaire, ou du projet de développement capitaliste), elle met en parallèle les chances comparées de développement des modes d’organisation sociale et économique du capitalisme et du communisme.

 

Tout d’abord, l’auteur me semble gravement sous-estimer la capacité du capitalisme à se développer, se renforcer, à perpétrer sa domination planétaire, quitte à provoquer les plus graves crises financières, sociales ou économiques, même si elle conclut son article en reconnaissant la capacité du capitalisme à « re-normaliser la situation ». Elle prétend que « nul n’a vraiment su quoi faire lors de la dernière crise ».Ah oui, vraiment ? Les incommensurables crédits publics accordés pratiquement à fonds perdus aux plus puissants groupes financiers et industriels, à côté desquels les fabuleux revenus personnels des responsables de ces groupes (et justement épinglés par C.F) sont peu de choses, et qui ont pour l’instant abouti au renforcement de l’emprise du grand capital sur tous les échelons de la vie des peuples, sont-ils le résultat d’une improvisation, d’une incapacité à savoir que faire? En fait tout fut fait selon une stratégie délibérée: tout pour les profits (voir l’ascension des Bourses) et tant pis pour les peuples et la paix. Et ça marche…et ça continuera de marcher longtemps faute d oppositions résolues, coordonnées et révolutionnaires à l’échelle des mouvements populaires et des états. Dans ces conditions, peut-on alors prétendre que c’est la fin de « l’hypothèse capitalistique », même si, depuis Marx, on sait que le capitalisme n’est que la préhistoire de l’humanité ?

 

Mais il y a plus grave, à mon sens, dans l’article de C.F. C’est la mise en parallèle des deux hypothèses : communiste et capitalistique. Son introduction mérite d’être intégralement citée tant elle est significative: « La guerre froide semble toujours présente, le bipolarisme idéologique ne cessant d’être notre paradigme culturel qui nous piège autant qu’il nous illusionne. Les deux hypothèses, capitalistique et communiste, paraissant désormais toutes deux invalidées, l’une par l’histoire, l’autre par le présent. ». La preuve ? Une déclaration du Président vénézuelien Chavez qui a l’audace de se déclarer marxiste et d’affirmer que l’humanité ne trouvera le salut qu’après « en avoir fini avec le capitalisme ». Ainsi, selon C.F., la politique sociale et culturelle sans précédent conduite dans ce pays, les mesures économiques audacieuses telles que les nationalisations, les prises de position anti-impérialistes du pouvoir vénézuelien ne sont que l’illustration d’un « bipolarisme idéologique » ! On croit rêver… L’auteur estime que l’hypothèse communiste a été « invalidée » par l’histoire. Elle se garde bien de définir le concept de « communisme », de manière à plus facilement assimiler mensongèrement celui-ci à l’expérience finalement désastreuse du point de vue de l’impact destructeur de cet échec sur la conscience des peuples. L’honnêteté intellectuelle commande de ne pas confondre ce qui fut tenté à l’Est avec un quelconque communisme réel. Aucun des pays dits socialistes n’avait  commencé à réaliser ne serait-ce que les prémisses du communisme. Tout au plus s’est-il agi de tentatives de transitions socialistes vers celui-ci, compromises très vite par le dogmatisme mécaniste, l’autoritarisme, et l’avènement contradictoire d’une classe de privilégiés au sein de laquelle ont en fait grandi les ennemis de la révolution elle-même. Attribuer indûment au communisme l’échec des pays « socialistes » est une mystification destinée à décourager de l’idée même du communisme. Au fond, C.F. procède de la même manière que pour son précédent article du 7/10/09 dans lequel, pour les besoins de la cause, elle avait abusivement assimilé le concept scientifique du socialisme à la social-démocratie pour mieux le discréditer. Au fond la véritable question peut ainsi se résumer: la lutte des classes antagonistes à l’échelle nationale et internationale relève -t’elle d’un « bipolarisme idéologique » ou de la réalité objective ? Ne pas répondre clairement à cette question prépare les plus néfastes compromissions politiques et leur cortège de défaites.

 

Vincent Ferrier

20/01/2010

Commenter cet article
R
<br /> <br /> C’est avec intérêt que je viens de lire dans Vendémiaire l’article écrit par V. Ferrier et intitulé<br /> « Récidive (à propos d’un nouvel article de Cynthia Fleury paru dans «L’Humanité») ».<br /> <br /> <br /> Tout en m’associant à cet auteur quant à son refus de suivre Cynthia Fleury dans l’entreprise en phase<br /> terminale de liquidation totale du PCF en tant que Parti Communiste, et avec lui, mais ce ne sera pas possible, de toute aspiration au communisme lui-même, je veux dire ici mon désaccord sévère<br /> avec ce qu’il dit de l’expérience des peuples et des Etats qui, après la Révolution d’Octobre se sont engagés dans « des tentatives de transition<br /> vers le communisme ».<br /> <br /> <br /> En effet, V. Ferrier reproche à C. Fleury de se garder de « définir le concept de « communisme », de manière à plus facilement assimiler mensongèrement celui-ci à l’expérience finalement désastreuse du point de vue<br /> de l’impact destructeur de cet échec sur la conscience des peuples. » et il ajoute : « Aucun des pays dits socialistes n’avait <br /> commencé à réaliser ne serait-ce que les prémisses du communisme. Tout au plus s’est-il agi de tentatives de transitions socialistes vers celui-ci, compromises très vite par le dogmatisme<br /> mécaniste, l’autoritarisme, et l’avènement contradictoire d’une classe de privilégiés au sein de laquelle ont en fait grandi les ennemis de la révolution elle-même. »<br /> <br /> <br /> Et si l’impérialisme US aidé de ses gendarmes vassaux de la prétendue Communauté Internationale arrive un<br /> jour à liquider la révolution bolivarienne, V. Ferrier parlera-t-il alors « d’une expérience finalement désastreuse du point de vue de l’impact<br /> destructeur de cet échec sur la conscience des peuples ? »<br /> <br /> <br /> Il est certain que la défaite des révolutionnaires en Urss et dans la plupart des pays de la planète a eu<br /> un effet désastreux, et pas seulement sur la conscience des peuples. La défaite, et non pas l’expérience !<br /> <br /> <br /> Mais est-il vraiment certain que : «aucun des pays dits<br /> socialistes n’avait  commencé à réaliser ne serait-ce que les prémisses du communisme ». V. F. pense-t-il réellement que . « l’honnêteté intellectuelle commande de ne pas confondre ce qui fut tenté à l’Est avec un quelconque communisme réel. ». Et je lis bien : ce qui fut tenté, et pas seulement « ce qui fut réalisé ».<br /> <br /> <br /> Mais même en s’en tenant à ce qui fut réalisé, l’affirmation péremptoire de V. Ferrier, toute question<br /> d’honnêteté intellectuelle mise à part, ne me semble pas fondée. Je ne me vois pas l’appliquer  par<br /> exemple à Lénine à la tête d’une révolution qui a proclamé, et pas seulement proclamé, la libération des anciennes colonies  de l’Empire Russe, prison<br /> des peuples. Et la libération de la femme ! Et la citoyenneté des Juifs ! Et l’alphabétisation ? Et la nationalisation des grands moyens de production et d’échange si rapidement<br /> traduite en un essor sans précédent dans l’Histoire des forces productives humaines et matérielles !<br /> <br /> <br /> Ils n’ont rien à voir avec le communisme, peut-être, les sacrifices internationalistes innombrables<br /> consentis par les peuples de l’Union Soviétique pour soutenir les luttes de libération nationale. Les armes pour le peuple Vietnamien ! Le sucre de Cuba acheté combien de fois au-dessus du<br /> cours mondial ? Et les fusées militaires intercontinentales qu’on se payait en se privant de tout, seulement pour tenir en respect l’agressivité mondiale programmée de<br /> l’impérialisme !<br /> <br /> <br /> Expérience désastreuse peut-être, la contribution de la révolution communiste soviétique à la victoire sur<br /> le nazisme à l’Ouest et à l’Est sur le militarisme nippon ?<br /> <br /> <br /> Que Vincent Ferrier regarde ce que dit Fidel Castro dans « la biographie à deux voix » que lui a<br /> consacré Ignacio Ramonet de la contribution de l’expérience soviétique à la survie de la révolution cubaine !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et j’irai même plus loin en affirmant que c’est à la révolution soviétique et à l’essor des luttes<br /> révolutionnaires qu’elle a favorisées jusqu’à sa fin, (jusqu’aux années 80, et pas seulement comme on voudrait le faire croire pendant un bref moment d’essor révolutionnaire autour de 1917), que<br /> nous devons bon nombre de ces conquêtes sociales conquises dans les pays capitalistes les plus développés et que l’oligarchie financière, malgré son triomphe quasi planétaire, a tant de mal<br /> aujourd’hui à nous arracher.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mieux encore, peut-on dire que la gratuité de l’hôpital public obtenue à la Libération en France n’avait<br /> rien à voir avec le communisme ? Et la gratuité de l’école publique conquise après la Commune de Paris ?<br /> <br /> <br /> Le spectre qui hantait le monde, le risque révolutionnaire n’étaient-ils pour rien dans ces concessions<br /> faites par le capital au travail ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et, com<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre