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« L’Humanité du 20/01/2010, Cynthia Fleury revient sur les thèmes du communisme et du capitalisme dans un article empreint du même confusionnisme que celui qu’elle avait commis dans le même journal le 7/10/2009 et relatif à l’ « effondrement » du « socialisme ». [voir l'article précédent] Sous le titre « La fin de l’hypothèse capitalistique », (titre ambigu car on peut se demander s’il s’agit du capitalisme, bien réel à l’échelle planétaire, ou du projet de développement capitaliste), elle met en parallèle les chances comparées de développement des modes d’organisation sociale et économique du capitalisme et du communisme.
Tout d’abord, l’auteur me semble gravement sous-estimer la capacité du capitalisme à se développer, se renforcer, à perpétrer sa domination planétaire, quitte à provoquer les plus graves crises financières, sociales ou économiques, même si elle conclut son article en reconnaissant la capacité du capitalisme à « re-normaliser la situation ». Elle prétend que « nul n’a vraiment su quoi faire lors de la dernière crise ».Ah oui, vraiment ? Les incommensurables crédits publics accordés pratiquement à fonds perdus aux plus puissants groupes financiers et industriels, à côté desquels les fabuleux revenus personnels des responsables de ces groupes (et justement épinglés par C.F) sont peu de choses, et qui ont pour l’instant abouti au renforcement de l’emprise du grand capital sur tous les échelons de la vie des peuples, sont-ils le résultat d’une improvisation, d’une incapacité à savoir que faire? En fait tout fut fait selon une stratégie délibérée: tout pour les profits (voir l’ascension des Bourses) et tant pis pour les peuples et la paix. Et ça marche…et ça continuera de marcher longtemps faute d oppositions résolues, coordonnées et révolutionnaires à l’échelle des mouvements populaires et des états. Dans ces conditions, peut-on alors prétendre que c’est la fin de « l’hypothèse capitalistique », même si, depuis Marx, on sait que le capitalisme n’est que la préhistoire de l’humanité ?
Mais il y a plus grave, à mon sens, dans l’article de C.F. C’est la mise en parallèle des deux hypothèses : communiste et capitalistique. Son introduction mérite d’être intégralement citée tant elle est significative: « La guerre froide semble toujours présente, le bipolarisme idéologique ne cessant d’être notre paradigme culturel qui nous piège autant qu’il nous illusionne. Les deux hypothèses, capitalistique et communiste, paraissant désormais toutes deux invalidées, l’une par l’histoire, l’autre par le présent. ». La preuve ? Une déclaration du Président vénézuelien Chavez qui a l’audace de se déclarer marxiste et d’affirmer que l’humanité ne trouvera le salut qu’après « en avoir fini avec le capitalisme ». Ainsi, selon C.F., la politique sociale et culturelle sans précédent conduite dans ce pays, les mesures économiques audacieuses telles que les nationalisations, les prises de position anti-impérialistes du pouvoir vénézuelien ne sont que l’illustration d’un « bipolarisme idéologique » ! On croit rêver… L’auteur estime que l’hypothèse communiste a été « invalidée » par l’histoire. Elle se garde bien de définir le concept de « communisme », de manière à plus facilement assimiler mensongèrement celui-ci à l’expérience finalement désastreuse du point de vue de l’impact destructeur de cet échec sur la conscience des peuples. L’honnêteté intellectuelle commande de ne pas confondre ce qui fut tenté à l’Est avec un quelconque communisme réel. Aucun des pays dits socialistes n’avait commencé à réaliser ne serait-ce que les prémisses du communisme. Tout au plus s’est-il agi de tentatives de transitions socialistes vers celui-ci, compromises très vite par le dogmatisme mécaniste, l’autoritarisme, et l’avènement contradictoire d’une classe de privilégiés au sein de laquelle ont en fait grandi les ennemis de la révolution elle-même. Attribuer indûment au communisme l’échec des pays « socialistes » est une mystification destinée à décourager de l’idée même du communisme. Au fond, C.F. procède de la même manière que pour son précédent article du 7/10/09 dans lequel, pour les besoins de la cause, elle avait abusivement assimilé le concept scientifique du socialisme à la social-démocratie pour mieux le discréditer. Au fond la véritable question peut ainsi se résumer: la lutte des classes antagonistes à l’échelle nationale et internationale relève -t’elle d’un « bipolarisme idéologique » ou de la réalité objective ? Ne pas répondre clairement à cette question prépare les plus néfastes compromissions politiques et leur cortège de défaites.
Vincent Ferrier
20/01/2010