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Blog d'actualité politique

Retraites, finance... et Bolivie

Publié le 13 Juillet 2010 in Amérique du Sud et Centrale

8 juillet 2010

A l’heure où chez nous, en France, le gouvernement s’apprête à repousser
l’âge de départ à la retraite à plus de 60 ans et à augmenter le nombre
d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et cela sans
toucher sérieusement aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement
socialiste anti-libéral de Evo Morales s’apprête à faire voter une
nouvelle Loi sur les retraites, discutée avec la principale centrale
ouvrière du pays (la COB), qui abaisse l’âge de départ à la retraite de
65 à 58 ans, avec les mêmes avantages. Cet âge sera même rabaissée à 56
ans pour les ouvriers du secteur minier, avec possibilité de baisser
encore cet âge selon certains travailleurs, dans ce cas un an travaillé
à l’intérieur de la mine comptera pour deux années.

Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système
Bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décénnies de
libéralisme économique...

Début février 2008, le président Morales avait déja instauré une pension
"dignité" destinée aux retraités vivants sous le seuil de pauvreté, dans
un pays où deux habitants sur cinq vivent avec moins de 2 dollars par
jour. ..Pour financer cette allocation, le gouvernement de Morales avait
instauré une redistribution des richesses liée aux hydrocarbures (Gaz et
pétrole), mettant ainsi à contribution les riches régions de l’est
Bolivien qui s’étaient arrangées jusque là pour bénéficier de la
quasi-totalité de ces revenus.

Refusant de partager le gâteau, l’oligarchie Bolivienne avait, avec à la
complicité de l’ambassade américaine, tenté de déclencher une guerre
civile destinée à renverser le président Morales.

La France n’est évidemment pas la Bolivie, ses niveaux de revenus, de
pensions de retraites et de vie sont très éloignés certes, mais n’y a
t-il pas là encore, matière à s’inspirer d’un gouvernement progressiste
qui élabore et vote des lois qui ne séparent pas l’aspect humain de
l’aspect économique.

N’y a t-il pas intérêt à s’inspirer une fois de plus de ces
gouvernements progressistes latino-américains qui ont choisis leur camps
entre les requins de la finance, les affameurs du FMI et de la Banque
Mondiale d’un côté, et le bien-être du peuple de l’autre.

La Bolivie, comme le Venezuela et l’Equateur, ainsi que les pays membres
de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) ont décidé depuis
quelques années déja de renvoyer les technocrates du FMI dans leurs
bureaux New-yorkais, et de gérer eux-mêmes leurs pays, leur économie, et
leurs systèmes de retraites.

Contrairement à nos gouvernements Européens, celui de Evo Morales,
estime que l’humain passe avant les considérations économiques, il
estime aussi que ce sont ceux qui ont le plus et qui provoquent les
crises financières qui doivent mettre la main à la poche..

Il estime que les ressources de son pays ne doivent plus servir à garnir
les comptes des multinationales étrangères et des oligarques locaux,
mais au contraire à développer économiquement et socialement une nation
désormais libre du diktat des marchés financiers et de ses alliés.

Une belle source d’inspiration que cette Amérique Latine rebelle et
progressiste n’est-ce pas ? Ne devrait-on pas avoir les yeux rivés sur
ces nations et ses peuples qui remettent en cause ce que l’on a commencé
à nous faire subir ici : à savoir la dégradation de nos conditions de
vies et la destruction de nos acquis sociaux, résultants d’années de
luttes, tout cela au nom de la course au profit des plus riches et du
libre-marché "sacré"..

Sarkozy n’est pas Morales, et nous le regrettons bien.

Frédéric André

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