Casimir Vodjo Kpenou
Publié le 31 juillet 2026
Confrontée à une crise migratoire d’une ampleur inédite à Ceuta, l’Espagne a engagé une vaste opération de retour des migrants vers le Maroc. Alors que plusieurs dirigeants européens remettent en cause la gestion de Madrid et réclament des mesures contre l’Espagne au sein de l’espace Schengen, les autorités espagnoles affirment avoir déjà renvoyé de 37 500 personnes en quelques heures.
Quelques heures seulement après l’afflux massif de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, le gouvernement de Pedro Sánchez a lancé une opération de désengorgement. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, 37 500migrants avaient déjà quitté l’enclave pour rejoindre le Maroc ce vendredi 31 juillet.
Aucune information n’a été donné sur le sort des migrants renvoyés côté marocain. Sur quelle base juridique peuve,t-ils être renvoyé et dans quelles conditions, avec quel traitement des mineurs ?
Les autorités espagnoles précisent que les départs depuis Ceuta se font à un rythme très rapide. Cette opération est menée en coordination avec les autorités marocaines afin de rétablir le contrôle de cette frontière, devenue l’un des principaux points d’entrée vers l’Union européenne.
Cette vague de retours intervient après une journée exceptionnelle durant laquelle des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière qui sépare le Maroc de Ceuta. Au moins 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta à la nage.
Les migrants sont majoritairement des jeunes Marocains de Fnideq et de la région de Tétouan, partis sur une rumeur virale d’ouverture de frontière. Le désespoir socio-économique du nord marocain
La gestion de Pedro Sánchez contestée en Europe
Au sein de l’UE, plusieurs responsables estiment que la situation met en évidence les failles du contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a ainsi demandé de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Une position soutenue par le ministère de l’Intéieur finlandais. De son côté, la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, a estimé que l’Union européenne devrait envisager la suspension de l’Espagne au sein de l’espace Schengen. Enfin, en France, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, a annoncé un renforcement des contrôles à la frontière.
Ces prises de position placent le gouvernement de Pedro Sánchez sous une forte pression diplomatique, alors que celui-ci défend depuis plusieurs années une approche plus ouverte de l’immigration que plusieurs de ses partenaires européens.
Même si la menace est brandie politiquement par certains gouvernements, aucune procédure d’exclusion territoriale n’existe à ce jour. L’Espagne ne peut donc pas être mise à la porte de l’espace de libre-circulation.
Mais de l’autre côté, se pose aussi la question du rôle de Rabat. Laisser-faire, instrumentalisation, ou débordement réel ? Ce ne serait pas la prmeière fois que le Maroc « ouvrirait les vannes » des migrants pour faire pression sur l’Espagne ans les discussion sur le Sahara occidental notamment.
L’arme du contrôle frontalier temporaire
À défaut d’une exclusion définitive, les partenaires européens disposent d’un autre levier. Il s’agit du rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures. Le Code Schengen autorise en effet chaque État à suspendre la libre-circulation en cas de « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure ».
Cette mesure de rétorsion, bien que restrictive, n’a rien d’inédit. Plusieurs pays membres y ont déjà eu recours ces dernières années pour faire face au terrorisme, encadrer la gestion des flux migratoires ou sécuriser des sommets internationaux. Actuellement, plusieurs frontières de l’Union européenne font déjà l’objet de contrôles renforcés.
Une coopération renforcée entre Rabat et Madrid
Face à l’urgence, les autorités espagnoles et marocaines ont intensifié leurs échanges afin de contenir la crise. Selon Madrid, les deux pays sont convenus de renforcer leur coopération et de mettre en œuvre des mesures destinées à accélérer le retour des personnes entrées illégalement à Ceuta.
Sur le terrain, les centres d’accueil restent fortement sollicités tandis que les forces de sécurité poursuivent les opérations de contrôle et d’assistance. Le Premier ministre Pedro Sánchez est arrivé à Ceuta pour évaluer la situation et coordonner la réponse de l’État.
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte
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