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Blog d'actualité politique

«L’Europe doit commencer à traiter la deuxième économie mondiale pour ce qu’elle est : un partenaire vital»

Publié le 29 Juillet 2026 par Vendémiaire in Asie - Chine, Europe

«L’Europe doit commencer à traiter la deuxième économie mondiale pour ce qu’elle est : un partenaire vital»

29 juillet 2026

par Li Yang

La décision prise vendredi par le ministère chinois du Commerce d’imposer des restrictions à l’exportation à 14 entités de l’Union européenne constitue une mesure de réciprocité mesurée et légitime. Elle représente une réponse directe au 21e train de sanctions de l’UE contre la Russie, qui visait 14 entreprises de Chine continentale et de Hong Kong sous le prétexte fallacieux de «soutenir Moscou».

Les 14 entités européennes — de l’allemand Rheinmetall au français III-V LAB en passant par le polonais Vigo Photonics — ne sont pas de simples spectateurs. Elles sont profondément ancrées dans le complexe militaro-industriel européen ou fournissent des technologies de pointe à double usage. L’exportation de biens réglementés vers ces entités sans autorisation est désormais illégale.

Cette mesure est précise, conforme à la réglementation chinoise sur le contrôle des exportations et conçue pour minimiser les dommages collatéraux. Elle ne présage pas d’une guerre commerciale, mais constitue un avertissement ciblé. Le principe sous-jacent est simple : toute sanction unilatérale de l’UE portant atteinte aux droits et intérêts légitimes des entités chinoises entraînera une riposte immédiate et proportionnée.

Lorsque Bruxelles a sanctionné 27 entreprises chinoises en avril, Pékin a riposté dans les 24 heures en plaçant sur liste noire sept fournisseurs de défense de l’UE.

Le plus tragique, c’est que l’UE persiste à confondre la crise ukrainienne avec ses relations économiques plus larges avec la Chine. La première constitue une urgence de sécurité européenne ; la seconde demeure un puissant moteur de prospérité mutuelle. L’an dernier, les échanges commerciaux de marchandises entre la Chine et l’UE ont atteint environ 860 milliards de dollars, et les entreprises européennes, de Volkswagen à Airbus, continuent de considérer le marché chinois comme une source de croissance et de profit. Que Bruxelles fasse de Pékin le bouc émissaire de ses propres difficultés internes — qu’il s’agisse d’inflation, de compétitivité industrielle ou de sécurité — relève à la fois d’une paresse intellectuelle et d’un danger politique.

Les problèmes de l’Europe ne sont pas imputables à la Chine. Sa faible productivité, la fragmentation de ses marchés financiers, le vieillissement de sa population active et le conflit en Ukraine sont des crises qu’elle a elle-même engendrées. Accuser Pékin de ces maux ne relancera ni l’industrie européenne, ni ne renforcera la sécurité ou la crédibilité de l’UE en tant que puissance mondiale. Pire encore, cela risque de transformer une relation commerciale gérable en une spirale infernale de dommages mutuels, dont aucune des deux parties ne sortirait indemne.

La première réunion du mécanisme de consultation Chine-UE sur le commerce et l’investissement, qui s’est tenue à Bruxelles fin juin, a été constructive. Les deux parties ont convenu que le renforcement des mesures et initiatives d’accès aux marchés pouvait contribuer à l’équilibre des relations commerciales. Elles ont également examiné d’éventuelles initiatives tarifaires ou non tarifaires à cet effet, échangé des listes de problèmes d’accès aux marchés et convenu de gérer les différends au sein de quatre groupes de travail dédiés, afin de progresser sur les points précis à traiter.

Ces mécanismes demeurent la voie rationnelle pour apaiser les tensions. Mais ils ne fonctionneront que si Bruxelles fait preuve d’un engagement en faveur de la désescalade. Elle ne peut, d’une part, promettre de dialoguer et, d’autre part, instrumentaliser ses instruments commerciaux pour obtenir des concessions politiques.

La Chine, pour sa part, a fait preuve de retenue. Ses contre-mesures ont été ciblées, et non généralisées. Elle n’a pas riposté contre les biens de consommation ou les produits agricoles européens, alors qu’elle aurait aisément pu le faire. Elle a maintenu le dialogue ouvert. Mais la retenue n’est pas un signe de faiblesse, et l’UE aurait tort de la confondre avec une faiblesse.

En définitive, la relation économique Chine-UE est trop importante pour échouer et trop complexe pour être simplifiée. Les deux parties doivent respecter leurs intérêts fondamentaux respectifs et œuvrer ensemble au renforcement de leur coopération.

Pour que cela se produise, l’Europe doit cesser de traiter sans fondement la Chine comme un «facilitateur» de la crise ukrainienne ou une «menace» pour son économie et son industrie, et commencer à traiter la deuxième économie mondiale pour ce qu’elle est : un partenaire vital.

La balle est désormais dans le camp de Bruxelles.

 

 

source : China Daily via China Beyond the Wall

https://reseauinternational.net/leurope-doit-commencer-a-traiter-la-deuxieme-economie-mondiale-pour-ce-quelle-est-un-partenaire-vital/

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