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Argentine : Milei remet les Malouines sur la table

Publié le 12 Septembre 2026 par Vendémiaire in Amérique du Sud et Centrale, Europe

Argentine : Milei remet les Malouines sur la table

par Serge Savigny

L’Argentine veut une nouvelle fois reprendre les Malouines au Royaume-Uni. 

Le président argentin Javier Milei a mis de côté tous les problèmes intérieurs pour tourner son regard vers l’archipel situé à 500 km des côtes de son pays. Il s’agit des îles Malouines (Falkland) dans l’océan Atlantique, objet de vifs différends entre l’Argentine et le Royaume-Uni, qui avaient conduit à une guerre entre les deux États il y a plus de 40 ans. Les îles appartiennent actuellement à Londres, mais dans son discours Milei a déclaré : «Les Malouines sont argentines, par l’histoire et par le droit. Il n’y a pas de discussion à ce sujet. Les îles faisaient partie du territoire argentin depuis les origines de notre nation»

Le dirigeant d’extrême droite de la République argentine, considéré comme un ami de Donald Trump, a été visiblement inspiré par la position du locataire de la Maison Blanche concernant les îles Malouines. Ce dernier a laissé entendre qu’il ne viendrait pas en aide à Londres en cas de différend territorial potentiel avec Buenos Aires. C’est un «écho» de la rancune de Trump envers le Royaume-Uni, qui n’avait pas soutenu les États-Unis dans la guerre contre l’Iran. Le premier ministre britannique de l’époque, Keir Starmer, avait refusé d’envoyer la flotte pour lever le blocus du détroit d’Ormuz. 

En avril 1982, les troupes argentines ont débarqué sur les îles et ont contraint à la capitulation un petit détachement de fantassins britanniques. Ainsi a commencé une guerre de 74 jours, déclenchée par le chef de la junte Leopoldo Galtieri. On ne peut pas dire qu’il avait besoin des Malouines. Le général avait simplement estimé que la guerre relèverait sa popularité en chute libre et détournerait l’attention de la population des problèmes économiques. De plus, il espérait que le président américain Ronald Reagan resterait en marge du conflit. Mais il s’est trompé. 

Les espoirs de Galtieri concernant l’armée et la marine ont été également déçus. La «Dame de fer» Margaret Thatcher a envoyé une véritable escadre au large de l’archipel. Ses missiles et ses canons ont infligé plusieurs coups sévères à l’adversaire. Après de brefs combats sur terre et en mer, en juin 1982, l’Union Jack flottait de nouveau sur Stanley, le chef-lieu des îles Malouines. 

Le temps n’a pas affaibli le désir de l’Argentine de récupérer les Malouines. Milei a appelé les Argentins à l’«unité nationale». Dans son discours pompeux, le président a déclaré que «les vents du changement soufflent» et que «les Malouines sont à nous et on nous les a arrachées». Il a rappelé qu’en 1833, le Royaume-Uni avait occupé les îles Malouines, expulsé les autorités argentines et instauré une situation coloniale qui perdure jusqu’à ce jour. 

Il a salué Trump pour sa position, espérant de toute évidence que celui-ci aille au-delà des paroles et soutienne l’Argentine par des actes. Milei a également annoncé que l’Argentine renforcerait ses forces armées et construirait une base navale en Terre de Feu. Selon le président, un projet de loi sur la défense de la souveraineté nationale a été préparé, prévoyant la création d’un Conseil de sécurité nationale chargé de superviser les actions des services de l’État en matière de défense. 

Que va faire Milei, lancer un débarquement ? Bien sûr que non. Il ne dispose pas, tout comme Galtieri il y a 44 ans, de forces suffisantes pour un conflit avec Londres. De plus, un contingent britannique significatif est stationné aux Malouines. Si l’Argentine s’y aventure, le différend territorial connaîtra une suite grave. 

Pour l’instant, tout reste au stade des réflexions, des excursions dans l’histoire et des slogans, principalement du côté argentin. Le Royaume-Uni dit que la question est réglée depuis longtemps, que la souveraineté sur les Malouines appartient au Royaume-Uni et qu’il n’y a aucune raison d’y revenir. D’ailleurs, Londres a toujours rejeté les appels de Buenos Aires à la négociation. 

En outre, le Royaume-Uni se réfère au référendum 2013, de lors duquel 98,8% des habitants des îles, au nombre de moins de 4000, ont voté en faveur du maintien du statut de territoire d’outre-mer britannique. Mais l’Argentine ne prête aucune attention à ce fait. 

Sur quoi compte donc Milei ? Espérer que le Royaume-Uni se sépare volontairement de cet «héritage du passé colonial» est naïf. Miser sur l’aide de Trump ? C’est aussi une hypothèse précaire, car le caractère du président américain est capricieux, changeant et il revient souvent sur ses décisions. 

Les plans de Milei pour le second semestre de cette année incluent un voyage à Londres. Il pourrait à nouveau y soulever la question des Malouines. Mais il y a de grands doutes qu’après sa rhétorique belliqueuse à l’encontre du Royaume-Uni, il soit reçu au palais de Westminster.

 

source : Observateur Continental

https://reseauinternational.net/argentine-milei-remet-les-malouines-sur-la-table/

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