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L’HISTOIRE DE LA RÉSISTANCE LIBANAISE À L’AGRESSION AMÉRICANO/ISRAÉLIENNE. LE FRONT DE RÉSISTANCE NATIONALE LIBANAIS -JAMOUL- (1982-2026)

Publié le 19 Septembre 2026 par Vendémiaire in Entretiens, Histoire - textes fondamentaux - débats - biograph..., Moyen Orient-Asie Mineure

L’HISTOIRE DE LA RÉSISTANCE LIBANAISE À L’AGRESSION AMÉRICANO/ISRAÉLIENNE. LE FRONT DE RÉSISTANCE NATIONALE LIBANAIS -JAMOUL- (1982-2026)

18 septembre 2026

Entretien avec la Dr Marie Nassif – Debs, ancienne secrétaire générale adjointe du Parti communiste libanais et ancienne coordinatrice du Forum de la Gauche arabe

L’annonce du 16 septembre a été une réponse à L’ennemi sionistes et ses agents également. Aujourd’hui, affronter l’ennemi au LIBAN demande une nation unifiée et la résistance arabe.

Quarante-quatre ans se sont écoulés depuis le lancement du Front de Résistance Nationale Libanais « Jamoul » au cœur de la résistance de Beyrouth le 16 septembre 1982… une date à laquelle nous revenons, attirés par les chansons d’une époque toujours en progression, toujours jeune… une époque de réponse révolutionnaire à l’occupation sioniste.

16 septembre 1982 : 44 ans depuis la déclaration du Front de Résistance Nationale Libanais « Jamoul » du cœur d’un Beyrouth résistant. Nous revenons maintenant à cette date pour nous inspirer des chants d’une époque avant-gardiste et éternellement jeune — l’ère de la réponse révolutionnaire à l’occupation sioniste.

« Au peuple libanais, qui est engagé envers le Liban en tant que nation arabe souveraine, libre et indépendante. Aux armes, à poursuivre la fermeté héroïque dans la défense de Beyrouth et des montagnes, du Sud, de la Bekaa et du Nord. Aux armes, à organiser la résistance nationale libanaise contre l’occupation et à libérer la terre du Liban de son abomination à travers cette terre, d’un bout à l’autre de la patrie.

Le devoir de défendre la patrie est le devoir le plus sacré. L’honneur de combattre l’occupant est le véritable honneur dont tout patriote devrait être fier. » C’était l’appel marquant le lancement du Front de résistance nationale libanais, signé par le Parti communiste libanais, l’Organisation d’action communiste et le Parti socialiste ouvrier. Ainsi, les héros du Front de résistance nationale libanais se levèrent pour répondre à l’appel et transformèrent chaque grain de sable à Beyrouth et chaque centimètre de la patrie occupée en l’incendie sacré qui consuma l’armée de l’ennemi sioniste et ses collaborateurs, battant l’armée qu’on disait « invincible ».

Ils sont le limon de la terre… les racines du chêne rouge… « traversant le pont doucement à l’aube »… vers la libération et l’émancipation nationale, avec la cause centrale au cœur : la Palestine.

À l’occasion du 44e anniversaire du lancement de « Jamoul », cette interview politique complète a eu lieu avec la Dr Marie Nassif – Debs, ancienne secrétaire générale adjointe du Parti communiste libanais et ancienne coordinatrice du Forum de la Gauche arabe, une discussion sur le siège de Beyrouth et sa résilience face à la barbarie sioniste, l’annonce du lancement du Front de résistance nationale libanais et la libération de Beyrouth ainsi que de la plupart des territoires libanais occupés. Dans l’interview, la Dr Marie Nassif-Debs a expliqué comment l’œil a l’emporté sur l’aiguille de l’occupation… Dans cette interview, elle a exposé son analyse politique des fondements de la confrontation au projet impérialiste sioniste américain dans notre région.


Intervieweur : Rabih Deiraki

Secrétaire éditorial de la plateforme Taqadoom

L’ennemi sioniste a lancé son invasion du Liban en juin 1982, le Dr Marie Nassif – Debs. Quelle était la situation politique générale au Liban avant l’invasion sioniste, et le Parti communiste libanais avait-il anticipé que l’ennemi mènerait une opération militaire à grande échelle contre le Liban ?

Dr Marie Debs : La première moitié de 1981 a vu deux développements importants sur la scène internationale qui ont eu un impact marqué sur la guerre civile en cours au Liban, ainsi que sur la décision de lancer l’invasion israélienne du Liban. Le premier développement a été le retour au pouvoir du Parti républicain aux États-Unis avec le début du premier mandat de Ronald Reagan, tandis que le second a été l’élection de la coalition de gauche, représentée par François Mitterrand, à la présidence française. Tous deux ont adopté des positions similaires sur les événements au Moyen-Orient, notamment concernant la présence soviétique dans la région et l’entité sioniste. Il convient de noter à cet égard que l’administration Reagan, par le biais de «l’Accord de coopération stratégique», considérait cette entité comme une pierre angulaire de sa stratégie de guerre froide au Moyen-Orient… De plus, la décision de Mitterrand de normaliser les relations avec Tel-Aviv (et sa visite en tant que premier président français à le faire) a marqué un changement clair dans la politique française envers le monde arabe, même si, lors de cette visite, Mitterrand a soulevé la question de l’État palestinien et du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Ces deux événements ont donc placé le Moyen-Orient – et le Liban en particulier (notamment grâce à la présence de l’Organisation de libération de la Palestine) – au premier plan des priorités, ce qui a encouragé la direction de l’entité à étendre la portée de ses raids jusqu’à la capitale, Beyrouth, en particulier le quartier Fakhanani dans le district de Tariq el-Jdideh, et à s’accorder avec ses alliés libanais – qui recevaient des armes et s’entraînaient de son armée – sur un plan qui conduirait, d’une part, à l’élimination de l’OLP et, d’autre part, à nommer un président du Liban qui travaillerait à normaliser les relations avec l’entité sioniste…

Cela explique la succession rapide d’incidents sanglants de sécurité et d’attentats à la bombe, dont les plus significatifs furent les raids brutaux dans la zone d’Al-Fakhanani (juillet 1981) et les deux attentats à la bombe au cinéma Salwa lors de la « Corniche El Mazraa » (septembre 1981) et, en particulier, sur la rue Afif al-Tibi (le 1er octobre 1981), qui firent la mort de dizaines de communistes et  membres du Front démocratique pour la libération de la Palestine, en plus d’un certain nombre d’attentats à la bombe survenus en décembre de la même année. Nous comprenons également pourquoi les pressions économiques et financières ont augmenté dans les zones où le mouvement national et la résistance palestinienne étaient actifs.

Durant cette période, explosive à tous les niveaux, la direction du Parti communiste libanais obtint des informations importantes (qui confirmèrent les prédictions avancées lors du quatrième congrès du parti) selon lesquelles des réunions militaires et politiques avaient eu lieu aux États-Unis, où un plan à deux volets avait été proposé : soit une occupation sioniste s’étendant à la zone « Al-Awali », au nord de la ville de Sidon, soit l’expansion de l’occupation jusqu’à la Bekaa occidentale et les montagnes, jusqu’à Beyrouth, la seconde possibilité étant considérée comme le scénario le plus probable (1). Sur cette base, nous avons commencé à poser les bases politiques et à préparer militairement la résistance à l’occupation…

Sur la base de ces évaluations, comment le Parti communiste libanais s’est-il préparé à affronter et résister à l’ennemi sioniste ?

Dr Marie Debs : Premièrement, dans un cadre limité, entre 1979 et 1981. Cependant, le champ de ces préparatifs s’est progressivement élargi suite au rapport publié en mars 1982(2), et en particulier lors de la mobilisation générale appelée par le parti au début de 1982, qui a impliqué des centaines de cadres et de militants au sein du parti ainsi que des partisans, et qui a duré jusqu’à quelques jours seulement avant le début de l’agression. La direction du Parti à cette époque reconnaissait l’ampleur de l’enthousiasme des communistes et leur volonté de poursuivre sur la voie dont les premiers signes étaient apparus avec la création de la « Garde populaire » pour protéger les villages frontaliers (1969) et par la suite avec la fondation de « l’Organisation Ansar » (1970) à la suite de la position politique adoptée lors du deuxième congrès du Parti, que ce soit concernant la cause palestinienne ou le conflit arabo-sioniste. Je me souviens que l’approche proposée par le Bureau politique à l’époque — en particulier par le camarade responsable des médias, que nous avons mise en place dans la presse du parti — a commencé à cette époque, notamment par la publication d’une série de récits de mouvements de résistance mondiaux, en particulier les mouvements de résistance soviétiques et français, qui ont eu l’honneur de faire face à la vague nazie dès ses débuts… Cela s’ajoute à une collection de biographies de héros dont les noms ont été préservés par l’histoire (3).

Je voudrais ici faire référence spécifiquement au récit fourni par le camarade Fouad Kazan, publié en plusieurs épisodes dans le journal «Al-Nidaa» comme une histoire d’un aspect de la résistance française dans lequel le camarade Fouad a joué un rôle clé.

Donc, l’annonce du lancement du Front de résistance nationale libanais n’était pas une décision prise sur un coup de tête ?

Dr Marie Debs : Je vais profiter de cette occasion pour attirer l’attention sur les tentatives menées par certains, ces dernières années, pour nier le rôle des femmes et hommes communistes dans le lancement du Front de résistance nationale libanais, qui a eu l’honneur de libérer une grande partie des territoires libanais occupés, en commençant par la Bekaa occidentale, en passant par Beyrouth et s’étendant jusqu’à Sidon, Tyr, une partie importante de Nabatieh et la région la plus méridionale. Cependant, ils ont échoué dans leurs tentatives méprisables et répétées, car la majorité de notre peuple sait qui a contribué efficacement et inlassablement à leur libération du fléau de l’occupation, que ce soit à Beyrouth, dans les montagnes, dans la Bekaa occidentale ou dans le Sud. Je sais aussi que notre peuple se souvient des noms de ces héros venus de tout le pays, du grand nord au sud — les martyrs parmi eux, ou les détenus féminins et masculins dont les noms ne peuvent tous être listés ici ; sans parler des noms des milliers de personnes ayant participé aux opérations, que ce soit par la planification, la surveillance, le transport d’armes ou la réalisation des opérations elles-mêmes. Il y a aussi ceux qui, aujourd’hui, essaient aussi de se placer au-dessus des autres en revendiquant un héroïsme individuel et des actions sur le coup de tête, comme s’ils avaient pris la décision et affronté la situation sans le parti auquel ils appartenaient.

Cependant, les documents auxquels nous faisons référence sont clairs comme l’eau de jour et datent d’avant l’invasion de 1978 ; Je tiens à souligner ici que la question des fermes de Shebaa a été soulevée immédiatement après 1978 à travers un certain nombre d’opérations menées par les communistes à cette époque contre l’ennemi occupant dans ces fermes. Tout aussi clairs sont les documents émis par le Comité central depuis Beyrouth lors du siège de 1982, dans lesquels il a annoncé son approbation du lancement du « Front de résistance nationale libanais » aux côtés de tous les partis, forces et individus qui rejettent l’occupation sioniste et cherchent à mettre en œuvre notre slogan appelant à « la libération de chaque centimètre du sol de la patrie ». Comme nous n’avons jamais été sectaires, nous avons documenté toutes nos opérations sous le nom de « Jamoul », et nous avons également publié deux livres importants via les « Soutiens du Front de Résistance Nationale Libanais » afin de faire connaître les luttes des patriotes (4).

The Zionist enemy, together with its collaborators, besieged Beirut—the city of resistance—for three consecutive months… How did Beirut hold out, and what were the daily realities of the siege and the aerial, land and naval bombardments? And what about the role of the Lebanese Communist Party in securing the daily necessities for those holding out in Beirut and resisting the Zionist enemy on all fronts?

Dr Marie Debs : Répondre à cette question nécessite beaucoup d’explications, d’autant plus que le rôle des femmes et des hommes communistes dans la résilience des habitants restants de Beyrouth était fondamental. Dès le premier jour du siège – c’est-à-dire après le 6 juin – la cellule de résilience était prête et opérait « sur le terrain » depuis le centre principal que nous avions installé au siège de l’Association d’amitié libano-bulgare dans le district de Sanayeh.

Quant à nos responsabilités, elles étaient nombreuses et variées, allant de la garantie d’une communication continue avec l’extérieur via les centraux téléphoniques, à la sécurisation et la distribution du pain, en passant par le prélèvement d’eau du puits artésien situé sur le terrain du centre du Parti à Al-Watawat, à l’hôpital de campagne du Club Antranik, jusqu’à la gestion de la ville nettoyer et ramasser les déchets… … jusqu’aux tracts politiques quotidiens distribués le long des lignes de front de Khaldeh et de la Faculté des sciences, en passant par les banlieues sud et toute la « ligne de contact » entre les deux parties de Beyrouth — séparées de force — jusqu’aux rives de la mer Méditerranée.

La lutte du jour commençait tôt le matin par une réunion pour répartir les tâches et ne se terminait que tard dans la nuit, lorsque la circulaire politique quotidienne était rédigée puis diffusée par radio à toutes les régions du Liban et même à certains pays étrangers… Cela s’ajoutait aux rondes quotidiennes des zones clés, à la rotation des groupes, à l’organisation des questions logistiques dans certains centres et foyers, et à la tenue de réunions pour certains groupes opérationnels… Sans oublier les réunions avec les habitants locaux fidèles, ainsi qu’avec des représentants des forces politiques libanaises et palestiniennes.

Un de mes souvenirs les plus chers, des premiers jours du siège – c’est-à-dire dans ses premières semaines – est que le monde entier, nous y compris, était collé à la « Coupe du Monde ». Nous saisissions donc chaque occasion pour regarder certains matchs. Comme l’électricité et l’eau avaient été coupées de l’ouest de Beyrouth par décision directe des États-Unis (5), nous nous rassemblions autour de quelques téléviseurs alimentés par des batteries de voiture pour regarder les matchs de la Coupe du Monde… À l’époque, nous soutenions l’équipe italienne, car plusieurs de ses joueurs appartenaient au Parti communiste italien ; et lorsqu’ils ont remporté la Coupe du Monde, il y avait un chaos dans les ruelles et sur les barricades. Nous ne devons pas non plus oublier les persécutions et les assassinats que nous avons subis, ni les combats menés pour nous empêcher d’accomplir notre mission de libération – en particulier la bataille de Mashghara.

Oui, l’ennui ou la lassitude ne se sont jamais infiltrés dans notre vie quotidienne… même si la lutte est sans fin, et que nos camarades ne se reposent jamais, ni en première ligne ni en arrière. Je ne sais pas comment les communistes, hommes et femmes, ont réussi à poursuivre ce travail sans relâche et sans relâche, ni sans aucune plainte ou complaisance ; en effet, comment ils se sont jetés directement dans l’autre tâche qui leur avait été confiée, qui était d’empêcher l’occupation de prendre racine dans « la Mère des Capitales », l’indomptable Beyrouth, pendant plus de quelques jours avant de fuir, traînant la queue de la défaite derrière eux et criant par haut-parleurs : « Ô peuple de Beyrouth, ne tirez pas ; nous nous retirons.»

Beyrouth patriotique a résisté au siège sioniste… elle est restée ferme… et lorsque l’armée ennemie a occupé Beyrouth, sa réponse révolutionnaire a été d’annoncer le lancement du Front de résistance nationale libanais « Jamoul » le 16 septembre 1982 au cœur de Beyrouth. Dr Mary, pourriez-vous nous parler des origines de la déclaration « Jamoul » sous occupation et de son impact politique ?

Dr Marie Debs : Le 23 août 1982, deux jours après le début du retrait des forces de l’Organisation de libération de la Palestine de Beyrouth, le président de la Chambre des représentants de l’époque, Kamel al-Asaad, annonça « l’élection de Bachir Gemayel à la présidence de la République libanaise » au milieu de l’assaut sioniste qui nous entourait par mer, terre et air – une condamnation à mort pour ceux qui restaient pour défendre Beyrouth, tout en détruisant des bâtiments

et les arbres continuaient… En d’autres termes, deux des trois objectifs fixés pour l’agression avaient été atteints, ce qui signifie que ce que nous avions répété dans nos rapports politiques et circulaires quotidiens — que l’entité sioniste entrerait à Beyrouth — est devenu imminent, et que nous devons commencer à mettre en œuvre la seconde phase du plan de confrontation en déclarant le Front de Résistance Nationale Libanais par une réunion du Comité central (ou de ses membres présents à Beyrouth) puis en diffusant la déclaration fondatrice.

Cette réunion s’est tenue au cinéma Marinian, entre la rue Al-Hamra et l’Université américaine, où le camarade George Hawi, secrétaire général de notre parti, a présenté un rapport politique complet décrivant les tâches générales requises lors des premières étapes de la lutte (6). La réunion s’est ajournée sur cette base, et dans les jours qui ont suivi, des réunions ont eu lieu pour organiser les arrangements nécessaires. Je me souviens que nous étions à une réunion de la direction des enseignants et des conférenciers l’après-midi du mardi 14 septembre lorsque le siège du parti Kataeb à Ashrafieh a été bombardé et que la mort du président élu, Bashir Gemayel, ainsi que de plusieurs citoyens ont été annoncées, suivies des arrangements pour les funérailles… etc.

Le soir de la veille de la profanation des rues de Beyrouth par les chars sionistes, une réunion a eu lieu chez nous à laquelle ont assisté plusieurs dirigeants du Parti communiste et de l’Organisation d’Action Communiste, ainsi que quelques députés nationalistes et des personnalités impliquées dans le mouvement national. Les discussions se sont concentrées sur les mesures politiques et constitutionnelles à prendre à la lumière du compte à rebours avant l’invasion de l’ouest de Beyrouth par les forces sionistes. Après la fin de la réunion, les sons de fusées éclairantes ont commencé à se faire entendre dans les quartiers de la capitale, accompagnés du bruit de coups de feu venant de la direction d’Al-Tariq Al-Jadida… Pendant des heures, la nuit à Beyrouth s’est transformée en quelque chose qui ressemblait au jour. L’attaque organisée par Ariel Sharon et menée par des milices libanaises contre les camps de Sabra et Shatila avait commencé, entraînant, comme nous l’avons appris plus tard, l’un des massacres les plus horribles de l’histoire sanglante du sionisme : plus de trois mille martyrs, dont la majorité étaient des femmes et des enfants (7). … Même le quartier libanais voisin de Farhat n’a pas été épargné par l’atrocité, où les fascistes ont tué des dizaines de personnes.

Beyrouth a été libérée, et la résistance a continué à poursuivre l’armée de l’ennemi sioniste jusqu’à ce que la plupart des territoires libanais occupés aient été libérés, piégeant l’ennemi et ses collaborateurs dans ce qu’on appelait la « bande frontalière », libérée le 25 mai 2000. Dr Mrie, selon vous, quelles ont été les principales difficultés de cette phase, et quels sont les piliers du projet politique de la résistance nationale ?

Dr Marie Debs : Au départ, les opérations de la résistance se concentraient sur des frappes concentrées contre les forces envahissantes sur plusieurs fronts, à commencer par les montagnes, en particulier la route côtière reliant Beyrouth à Sidon, où les opérations étaient implacables et où les pertes parmi les soldats sionistes étaient si lourdes qu’on l’appela la «piste de Ho Chi Minh», en référence à ce qui était arrivé aux envahisseurs américains au Vietnam. Les opérations s’étendirent également à la Bekaa occidentale, à Sidon, à Tyr et ailleurs. « Jumoul » était partout, mais elle n’était pas seule ; en plus des factions composant le Front, il y avait des opérations menée par le Mouvement Amal et d’autres, ainsi que par l’initiative de quelques jeunes indépendants qui prirent l’initiative et portèrent des coups à l’ennemi. Des centaines d’opérations eurent lieu dans les premiers stades, suivies de centaines d’autres (peut-être même quelques milliers), tandis que les soulèvements se multipliaient et que la résistance grandissait… Ici, je dois rendre hommage au rôle des héroïques femmes libanaises, de la ville de Ma’arakeh et de toutes les zones de Tyr et Nabatieh, jusqu’à la Bekaa occidentale ; car ce rôle — que ce soit en confrontation directe, ou dans le transport d’armes, la collecte de renseignements ou l’abri de groupes de résistance — eut un impact significatif sur la rapidité avec laquelle l’ennemi fut mis en déroute et contraint de se replier vers la bande frontalière.

Au fur et à mesure que les opérations avançaient, l’attention s’est déplacée de la résistance aux forces ennemies vers la cible des collaborateurs qui agissaient comme protecteurs et yeux vigilants de l’ennemi, en particulier dans les centres de détention, notamment le centre de détention Ansar (8).

Tout au long de cette période, « Jamoul » ne s’est jamais écarté des principes politiques des partis qu’il a fondés — dont le principal parti — qui peuvent se résumer ainsi : expulser l’ennemi occupant de notre terre et supprimer la soi-disant bande frontalière, ainsi que les forces du fantoche Antoine Lahad, et éliminer les conséquences politiques de l’agression – c’est-à-dire empêcher l’ennemi d’atteindre ses autres objectifs, parmi lesquels le plus important est la normalisation des relations entre lui et l’État libanais… Et n’oublions pas, bien sûr, la préservation de la présence palestinienne.

 

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