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Russie – «L’opposition» prépare des provocations lors des élections à la Douma d’État sur ordre de l’Occident

Publié le 6 Septembre 2026 par Vendémiaire in Europe Est & Centrale, Actualité

Russie – «L’opposition» prépare des provocations lors des élections à la Douma d’État sur ordre de l’Occident

6 septembre 2026

par Christelle Néant

À l’approche des élections à la Douma d’État, la question de l’ingérence étrangère et du rôle de l’opposition non systémique russe (nommée ci-après «l’opposition») refait surface. Les autorités russes dénoncent les manœuvres des chefs de «l’opposition» qui, agissant sur les instructions de leurs sponsors occidentaux, doivent inciter les citoyens russes vivant à l’étranger à boycotter les élections et à falsifier les bulletins de vote, afin d’invalider le processus électoral.

L’opposition russe : un paysage fragmenté aux stratégies variées

Il me faut d’abord expliciter l’utilisation du mot opposition entre guillemets pour désigner l’opposition non-systémique russe. Si je mets ce mot entre guillemets la concernant c’est parce qu’elle est présentée par les médias et les politiciens occidentaux comme si elle était la seule opposition politique au parti de Vladimir Poutine, ou la principale. Or pour ceux qui ne le savent pas, face au parti de Vladimir Poutine, «Russie Unie» il y a trois partis d’opposition majeurs que sont le parti communiste, «Russie Juste» et le LDPR (parti nationaliste). Il faut y rajouter depuis quelques années le parti «Nouvelles personnes», qui a obtenu 15 sièges à la Douma lors des dernières élections. Ces quatre partis sont dans l’opposition dite systémique. Ils s’opposent à la politique du gouvernement actuellement en place, mais le font en respectant les règles démocratiques et en participant aux élections.

Mais il y a en Russie une autre opposition, l’opposition non-systémique, celle des partis et groupuscules qui violent les règles et appellent ni plus ni moins qu’à renverser le pouvoir en place sans aucun égard pour les processus électoraux et le choix fait par la majorité. C’est cette «opposition» que les médias occidentaux vous présentent comme «les principaux opposants à Vladimir Poutine», effaçant au passage toute l’opposition classique du tableau. Cette opposition non-systémique est d’ailleurs financée et pilotée depuis l’Occident, qui a ainsi un levier pour s’ingérer dans la politique intérieure russe. C’est cette opposition que je mets entre guillemets pour le reste de cet article. On y retrouve des mouvements comme celui de feu Alexeï Navalny, «Russie Ouverte», ou encore le parti «écologique» Iabloko.

Sur la question de la participation électorale, les stratégies des différents groupes constituant cette «opposition» divergent. Certains, comme Iabloko ou le mouvement de Navalny, ont longtemps prôné une participation stratégique, voyant dans les élections locales un «terrain d’entraînement» pour former des cadres en vue d’un avenir post-Poutine. D’autres, comme l’ex-champion d’échecs Garry Kasparov, prônent un boycott total du système, considérant que toute participation le légitime.

L’ingérence occidentale : le cas du parti Iabloko

Le parti Iabloko a vu sa liste fédérale invalidée par la cour suprême russe, suite à une plainte du parti «Rodina». Iabloko était accusé d’avoir obtenu des financements venant d’autres pays par l’intermédiaire d’agents étrangers, d’avoir dépassé la limite du fonds électoral fixée à 35 millions de roubles, et d’avoir mené une campagne publicitaire illégale via les réseaux sociaux d’une entreprise extrémiste ainsi que sur YouTube. La cour suprême russe a examiné les éléments et jugé que Iabloko était coupable de ces violations des règles du processus électoral. Cela n’est pas une interdiction du parti en tant que tel, juste le retrait du parti de la liste fédérale pour les élections à la Douma d’État.

Iabloko et l’Occident ont beau hurler que ces accusations sont fausses, la visite discrète du président du parti, Nikolaï Rybakov, à l’ambassade de France à Moscou, avec sa voiture photographiée, garée près de l’entrée de service au moment du point culminant de la campagne électorale et du scandale lié à la possible exclusion du parti des élections, vient confirmer l’ingérence occidentale dans les élections russes.

Car contrairement à ce que racontent les médias occidentaux, l’accusation d’ingérence de l’Occident dans la politique russe par Moscou n’a rien d’une paranoïa ou d’une accusation sans fondement. Il est établi que des gouvernements occidentaux, notamment les États-Unis, ont alloué des fonds importants à des ONG et à des organisations de la société civile en Russie, avec l’objectif affiché de «promouvoir la démocratie» (l’objectif réel étant tout autre). Le magazine Monocle souligne ainsi dans un article que le milliardaire en exil Mikhaïl Khodorkovski, figure de «l’opposition», finance des organisations comme «Russie Ouverte».

Or, il n’est pas normal, dans un système démocratique sain, que des partis politiques soient financés depuis l’étranger. Car comme le dit le proverbe russe : «c’est celui qui paye l’orchestre qui choisit la musique». Or si un parti comme Iabloko est financé par l’Occident, alors cela veut dire que c’est ce dernier qui décide des actions du parti, et qu’il y a donc une ingérence étrangère claire dans la politique interne de la Russie.

Les provocations lors des élections : à l’Est rien de nouveau

Plusieurs personnalités importantes ont accusé «l’opposition» russe installée à l’étranger de préparer des provocations pour perturber les élections à la Douma d’État.

Le sénateur Vladimir Djabarov, président de la Commission du Conseil de la Fédération sur la protection de la souveraineté, affirme que les «pays non-amis et l’opposition extra-parlementaire, dite “non systémique”, qui agit sous leur influence, chercheront à utiliser la campagne électorale comme une opportunité pour déstabiliser la situation sociopolitique». Il souligne que les agents étrangers discutent ouvertement de stratégies d’ingérence dans les élections et de discrédit de leurs résultats.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré qu’«il existe une forte probabilité» que les ennemis de la Russie à l’étranger mènent «des actions extrémistes et des protestations visant à discréditer les élections». Elle appelle les citoyens russes à «être vigilants et à ne pas céder aux provocations».

Enfin, Ella Pamfilova, présidente de la Commission électorale centrale (CEC), a déclaré que la commission est déjà au courant et s’attend à «un nombre considérable de provocations de la part de certains des évadés, des diasporas actives anti-russes, ukrainiennes et d’autres éléments qui haïssent la Russie».

Des accusations confirmées par le Service de Renseignement Extérieur russe (SVR), qui a publié un communiqué de presse indiquant que «la bande des russophobes les plus acharnés, appelée “Plateforme de l’APCE pour le dialogue avec les forces démocratiques russes”, a reçu lors d’une réunion en juin dernier de ses superviseurs européens une mission, appuyée financièrement, d’appeler plus activement les Russes au boycott des élections, et la communauté internationale à refuser par avance de reconnaître leurs résultats».

Bien sûr l’Occident et «l’opposition» russe nient ces accusations en bloc, prétendant qu’il n’y a aucune preuve de tout cela. Sauf que ce n’est pas vrai. Car il y a des précédents d’organisation de provocations par «l’opposition» russe lors des élections. En 2021, lors des précédents élections à la Douma d’État, une ancienne collaboratrice de Navalny organisait des conférences où elle enseignait à de futurs «observateurs» des élections comment se faire expulser des bureaux de vote pour faire gonfler artificiellement le nombre de violations enregistrées.

Lors des élections présidentielles de 2024, les Centres d’Opérations d’Information et Psychologiques ukrainiens s’étaient aussi massivement ingérés dans le processus électoral russe, sans pour autant réussir à changer le résultat final. Et dès le premier jour de vote, des personnes ont tenté de détruire des urnes ou des bulletins pour invalider l’élection.

Tout cela montre que la Russie a raison de prendre ses distances avec un certain nombre d’organisations occidentales chargées de surveiller les élections et de créer, avec des experts de 60 pays, une association internationale indépendante pour le suivi des élections qui constituera une alternative aux approches occidentales et un contrepoids aux observateurs internationaux profondément partiaux.

Christelle Néant

 

https://reseauinternational.net/russie-lopposition-prepare-des-provocations-lors-des-elections-a-la-douma-detat-sur-ordre-de-loccident/

 

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