Histoire et societe a dans le fond des objectifs assez proches : à l'intérieur d'un politique qui parait revenu au temps des seules chroniques des "puissants", des "élites politico-médiatiques" occidentales qui construisent un récit fictif de leurs exploits retrouver le quotidien des petites gens. Ce que nous désignons comme cet échange circulaire des "mentalités" entre culture populaire et culture savante, la vision des grands historiens dans le sillage de Marx et du matérialisme historique mais à la rencontre de Teilhard du Chardin cette histoire de longue durée de l'humanité. C'est ce qui nous permet une rencontre avec cette diplomatie des "petits pas" qui crée des espaces d'humanité et nous fait irrésistiblement penser au caractère révolutionnaire de "la paix de Dieu", le passage sur la terre de France de l'esclavagisme à la féodalité... Tout cela peut paraître de l'ordre du rêve mais pour nous c'est le contraire dans le cauchemar dans lequel on nous enferme, celui de l'escalade de guerre qui nous ruine il y a la réalité déjà là, un nouvel ordre mondial pour les hommes et les femmes de bonne volonté dans lequel ceux qui croient au ciel et ceux qui croient à leurs luttes concrètes se rencontrent et dialoguent sur ceux qui font réellement l'histoire, contre ceux pour qui elle n'est que cauchemar.
Publié par Danielle Bleitrach
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Source : www.farodiroma.it
La mission s'est achevée le 30 septembre après trois jours de rencontres. Fait marquant, Zuppi a pu entrer dans un centre de détention et s'entretenir directement avec des prisonniers ukrainiens, tandis que, sur le plan diplomatique, les questions d'échanges, de civils, de personnes disparues et de regroupement familial restaient en suspens. Ce succès doit donc être perçu avant tout comme une réalisation concrète de la diplomatie humanitaire.
La mission de trois jours à Moscou du cardinal Matteo Zuppi, envoyé spécial du pape Léon XIV pour les questions humanitaires et président de la Conférence épiscopale italienne, s'est conclue sur une note positive et des résultats concrets. Cette mission n'avait pas pour but de se substituer aux négociations politiques entre la Russie et l'Ukraine, mais plutôt de mettre en lumière ce que la guerre tend trop souvent à effacer : les visages des populations, les familles brisées, les prisonniers, les enfants séparés de leurs parents, les civils pris au piège des zones de combat.
C’est précisément dans ce domaine que la diplomatie du Saint-Siège continue de démontrer son utilité. Zuppi est retourné à Moscou pour la troisième fois depuis le début de la mission qui lui a été confiée en 2023 par le pape François et confirmée par la suite par Léon XIV. Et cette fois, il a pu franchir une étape particulièrement significative : entrer dans un camp de détention et rencontrer personnellement des prisonniers de guerre ukrainiens.
« J’ai pu m’entretenir personnellement avec certains prisonniers, afin de vérifier leurs conditions de détention et de leur offrir le soutien, la proximité et les conseils du pape Léon, dans l’espoir qu’ils puissent bientôt rentrer chez eux », a rapporté le cardinal.
L'action de Zuppi ne prétend pas résoudre la guerre par des déclarations solennelles, mais cherche à construire patiemment de petits espaces d'humanité au sein d'un conflit qui, depuis plus de quatre ans, continue de produire mort, destruction et séparation.
Le président de la Conférence épiscopale italienne, accompagné du nonce apostolique en Russie, l'archevêque Giovanni d'Aniello, a rencontré des personnalités importantes des institutions russes. Parmi elles figuraient Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du président Vladimir Poutine, Yana Lantratova, commissaire russe aux droits de l'homme, et Maria Lvova-Belova, commissaire aux droits de l'enfant.
Plusieurs dossiers ont été examinés, tous unis par un seul mot : humanité. Le premier concerne l’échange de prisonniers de guerre. M. Zuppi a directement abordé les préoccupations et les espoirs des détenus qu’il a rencontrés dans le camp russe, après avoir visité un centre de détention de soldats russes en juillet dernier, lors de sa mission en Ukraine. Cette décision concrétise la volonté du Saint-Siège d’évaluer les conditions de détention des prisonniers des deux camps et de faciliter leur retour chez eux.
« Nous avons constaté un fort désir de retrouver leurs proches », a déclaré Zuppi, espérant que la visite pourrait « encourager l’échange de prisonniers ».
C'est un langage simple, presque désarmant, surtout comparé au langage habituel de la guerre. Il ne parle pas de territoires conquis ou perdus, de rapports de force, de dissuasion, de victoires et de défaites. Il parle de gens qui veulent rentrer chez eux.
Et c’est précisément là que réside la force de la mission. Outre les soldats capturés, Zuppi s’est penché sur le problème des civils détenus ou disparus et sur la question encore plus délicate des enfants séparés de leurs familles par la guerre.
Le thème des enfants
La rencontre avec Maria Lvova-Belova a porté spécifiquement sur la question du regroupement familial. Le commissaire russe a évoqué la collaboration avec le cardinal et la nonciature apostolique sur les questions humanitaires relatives aux enfants et aux familles, citant le regroupement familial comme l'un des principaux sujets abordés.
Il s'agit d'un chapitre particulièrement douloureux de la guerre. Des milliers d'enfants ont été touchés par les déplacements de population causés par le conflit et la conquête de territoires. Kiev et Moscou présentent naturellement des versions différentes quant aux modalités et aux responsabilités de ces transferts. C'est précisément pour cette raison que le Saint-Siège s'efforce de privilégier l'objectif humanitaire immédiat : permettre, lorsque cela est possible et vérifié, le retour de l'enfant auprès de sa famille.
Il n’est pas nécessaire de résoudre toutes les controverses politiques et juridiques dès maintenant pour comprendre qu’un enfant séparé de ses parents représente une blessure qui doit être guérie.
La diplomatie humanitaire du Vatican opère précisément dans ce domaine.
L'action inlassable du Saint-Siège pour aider les gens
En trois ans d'activité, des milliers de noms de prisonniers, d'enfants et de personnes disparues ont transité par le Secrétariat d'État et le réseau des nonciatures. Ce réseau a été patiemment construit grâce au dialogue avec les deux parties.
Le maintien du dialogue constitue l'un des plus grands succès de la mission. Alors que les relations entre la Russie et de nombreux gouvernements occidentaux sont marquées par de profonds conflits, le Saint-Siège continue de maintenir le dialogue ouvert avec Moscou et Kiev. Il ne s'agit pas de prendre parti pour l'une ou l'autre des parties, mais de rechercher des solutions là où l'humanité des peuples peut encore créer un terrain d'entente, comme l'a expliqué Zuppi lui-même avant son départ : sa mission est d'appuyer les efforts des parties sur les questions relatives aux enfants, aux échanges de prisonniers et aux problèmes civils engendrés par le conflit, en répondant aux demandes émanant de la Russie et de l'Ukraine.
Cette approche a également été confirmée par les interlocuteurs russes. La commissaire Lantratova, à la fin de la réunion, a souligné la volonté de M. Zuppi de poursuivre la collaboration sur les questions humanitaires et a qualifié son approche de constructive, faisant remarquer que derrière chaque dossier se cachent des personnes réelles ayant besoin d'aide.
Drames dans la région de Kherson
Il y a ensuite la situation à Oleshky, dans la région de Kherson, où la population civile est prise au piège des combats. Zuppi a abordé la question et a souligné la nécessité d'explorer toutes les solutions possibles pour soulager les souffrances des habitants et assurer la sécurité des enfants en particulier. Les parties en conflit décrivent la situation différemment, et c'est précisément pour cette raison que la priorité indiquée par le Saint-Siège est d'empêcher que l'affrontement militaire n'entraîne l'abandon de la population civile.
Continuité avec François
Le pape Léon XIV a confirmé la mission de Mgr Zuppi, héritée de François, maintenant ainsi le Saint-Siège dans cet espace délicat où la communication avec tous est essentielle, surtout lorsque les interlocuteurs cessent de dialoguer entre eux. La récente mission de Mgr Paul Richard Gallagher à Moscou a par ailleurs préparé le terrain diplomatique.
Des résultats concrets
Zuppi a repris le flambeau et l'a ramené sur le terrain le plus concret qui soit : celui des gens.
Le succès de cette mission ne saurait se mesurer à la signature d'un traité de paix, qui n'était pas l'objectif du voyage, ni à l'annonce d'une avancée majeure dans les négociations politiques. Il doit se mesurer aux portes qui se sont ouvertes : accès aux prisonniers, dialogue avec les autorités, discussions sur les échanges de services, attention portée aux civils, travail sur les personnes disparues et, surtout, facilitation des retrouvailles entre les enfants et leurs familles.
Ces résultats sont peut-être moins spectaculaires que ceux d'une conférence internationale, mais infiniment plus proches des souffrances concrètes engendrées par la guerre.
Et il est une image qui, plus que toute autre, capture le sens de ces trois jours à Moscou : celle d'un cardinal entrant dans un lieu de détention pour rencontrer des hommes privés de liberté et leur dire que quelqu'un, hors de ces murs, ne les a pas oubliés.
Voici la diplomatie que l’Église peut exercer en temps de guerre : non pas une diplomatie des armes, mais une diplomatie des hommes ; non pas une quête de la victoire d’un camp sur l’autre, mais une recherche acharnée de ce qui peut être sauvé.
Le cardinal Zuppi rentre donc de Moscou, laissant ouverte une voie qu'il serait dangereux de refermer. La guerre peut sembler encore loin d'être terminée sur les plans politique et militaire, mais chaque prisonnier qui rentre chez lui, chaque enfant qui retrouve ses parents, chaque civil sauvé de la mort représente déjà un pas vers la paix.
Et la paix, comme nous le rappelle sans cesse la diplomatie du pape Léon XIV, ne naît pas seulement de la signature d'un accord entre les puissants. Elle commence lorsqu'on parvient à donner un visage et un nom aux victimes et à affirmer, même au cœur du conflit, que nul ne doit être considéré comme perdu.
Chiara Lonardo
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