par Paolo Hamidouche
Xi met en garde les membres du Parti et prépare le terrain pour 2027, entre purges, lutte contre la corruption et nomination de nouveaux cadres.
Renforcer la gouvernance, accroître la discipline, éliminer les fonctionnaires corrompus et inefficaces. Tels sont les principaux objectifs du cinquième plénum du XXe Comité central du Parti communiste chinois (PCC), cette réunion annuelle à huis clos qui rassemble l’élite des systèmes politique, administratif et militaire de la Chine.
Environ 300 des 370 membres du Comité central du PCC — l’organe décisionnel suprême du Parti — ont pris part à cette réunion hautement sécurisée, qui s’est tenue à l’hôtel Jingxi, à Pékin. L’événement, d’une durée de quatre jours, a été ouvert par Xi Jinping. Le dirigeant suprême a inauguré la rencontre en présentant un rapport au contenu emblématique : promouvoir «une autogouvernance du Parti complète et rigoureuse».
En d’autres termes, et en prévision du nouveau cycle quinquennal de la politique chinoise, Xi a exhorté les participants à faire preuve de plus de discipline et d’efficacité, mais surtout à se montrer moins corrompus. Dans un article publié il y a quelques semaines dans Qiushi, la revue idéologique du Comité central du PCC, Xi lui-même avait mis en garde contre les «individus à double visage» qui, tout en affichant une loyauté politique, désobéissent aux ordres en privé.
«Lors des transitions de pouvoir, nous devons rester vigilants, promouvoir des cadres compétents qui soient réellement loyaux et fiables, cohérents dans leurs paroles comme dans leurs actes, et prêts à assumer leurs responsabilités ; il ne faut jamais permettre à des individus hypocrites ou mus par des intérêts personnels de s’infiltrer», a martelé Xi dans ce même article. Voilà : c’est précisément là le thème central du plénum, qui servira à élaguer les branches mortes du Parti et à promouvoir de nouveaux cadres, en vue du très important Congrès du PCC prévu l’an prochain — un événement qui devrait assurer à Xi un quatrième mandat (inédit) à la tête de la Chine.
Il serait réducteur d’affirmer que Xi Jinping a procédé, et continue de procéder, à des purges parmi les cadres politiques ou les généraux, uniquement parce qu’ils sont ses rivaux ou impliqués dans des affaires de corruption. Les intentions de Xi sont bien plus vastes : elles visent, en réalité, à bâtir un appareil politique discipliné, capable de s’autoréguler et de le soutenir, y compris lors des futures transitions à la tête du pouvoir.
Ce n’est pas un hasard si le couperet présidentiel s’est abattu sur de nombreux responsables n’ayant pas atteint les résultats escomptés. Le PCC a donc relevé le niveau d’exigence vis-à-vis de tous ses membres, attendant d’eux loyauté, discipline et efficacité.
Ce plénum permettra à Xi de jeter les bases d’un nouveau quinquennat au pouvoir, tout en ouvrant la voie à un remaniement au sein de la direction. D’ores et déjà, certains développements méritent d’être soulignés.
Dans six provinces chinoises, des changements ont été annoncés au sein des instances politiques et administratives, avec la nomination de deux nouveaux secrétaires provinciaux du Parti communiste et la désignation de plusieurs responsables appelés à devenir gouverneurs. Parmi les nominations les plus notables, on peut citer celle de Wang Zhijun — secrétaire général adjoint du Conseil des affaires d’État et membre titulaire du Comité central — au poste de secrétaire du Parti dans la province méridionale du Hunan, en remplacement de Shen Xiaoming.
Dans le Yunnan, cette fonction a été confiée à Mo Gaoyi, vice-ministre du Département central de la propagande et directeur du Bureau de l’information du Conseil des affaires d’État, qui succède à Wang Ning. Dans la même province, Liu Qifan, précédemment secrétaire adjoint du Parti dans le Qinghai, a été transféré à un poste équivalent et nommé secrétaire du groupe dirigeant du gouvernement local, se préparant ainsi à succéder au gouverneur Wang Yubo.
Dans le Hunan, Xie Weijiang a été nommé secrétaire du groupe dirigeant du gouvernement provincial, une étape qui le désigne comme le successeur probable du gouverneur Mao Weiming. Dans le Fujian, ce même poste a été attribué à Guo Ningning, ancienne secrétaire adjointe du Parti pour la province et secrétaire du Parti à Fuzhou ; elle pourrait ainsi devenir la nouvelle gouverneure. Lin Tao a été nommé secrétaire adjoint du Parti au niveau provincial, tandis que Qin Haixiang a pris la succession de Guo à la tête du Parti dans la capitale provinciale.
Zhuge Yujie, précédemment secrétaire adjoint du Parti dans le Hubei, a été transféré dans le Qinghai, où il a également pris la direction du groupe dirigeant du gouvernement provincial, une fonction qui ouvre la voie à sa possible nomination au poste de gouverneur. Dans le Jiangxi, Chen Yongqi a été choisi pour diriger le groupe dirigeant du gouvernement provincial. Enfin, dans le Hebei, Zhao Chenxin a été nommé secrétaire adjoint du Parti pour la province et secrétaire du groupe dirigeant du gouvernement, une position qui fait de lui un candidat à la succession du gouverneur Wang Zhengpu.
source : Paolo Hamidouche
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