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Blog d'actualité politique

Des vagues de chaleur en septembre : l’avenir étouffant qui attend la France

Publié le 2 Septembre 2026 par Vendémiaire in Ecologie-Climat, France

Lors des fortes chaleurs à Paris, le 14 juillet 2026. - © Martin Lelievre / AFP

Lors des fortes chaleurs à Paris, le 14 juillet 2026. - © Martin Lelievre / AFP

2 septembre 2026

 

Les vagues de chaleur seront à l’avenir de plus en plus fréquentes et intenses en septembre, sous l’effet du changement climatique.

Le cauchemar des chaleurs caniculaires semble ne jamais prendre fin. Après un été de tous les records, Météo-France prévoit le retour de très fortes chaleurs à partir de jeudi 3 septembre dans une partie du pays.

Le service météorologique national annonce des températures « dépassant localement 35 °C dans le Languedoc dès jeudi, puis plus largement dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône vendredi où les températures pourraient atteindre un niveau inédit pour un début septembre ». On pourrait même dépasser localement 39 °C dans le Sud-Ouest.

L’ampleur et l’intensité de cet épisode chaud sont encore incertaines — il faudrait qu’il dépasse une certaine intensité pendant au moins trois jours consécutifs pour être catégorisé par Météo-France comme « vague de chaleur » ou « canicule ». Cet épisode météorologique extrême est toutefois l’occasion de rappeler un fait beaucoup plus certain : les vagues de chaleur toucheront de plus en plus souvent le pays en septembre, à l’avenir, sous l’effet du changement climatique. Elles seront de plus en plus intenses, et s’étaleront de plus en plus tardivement en automne.

Des canicules jusqu’en novembre ?

Dans une France à 4 °C de réchauffement en 2100 — ce vers quoi nous nous dirigeons actuellement —, « le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par dix. Et ce, sur une saison qui s’élargira plus tôt au printemps et plus tard en automne », résumait en juin à Reporterre la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Ces vagues de chaleur pourraient alors apparaître dès la mi-mai et s’étendre jusqu’à fin septembre, estime Météo-France.

Sur ces dates d’étendue à venir des canicules, tous les chercheurs ne sont pas d’accord. « Le fait que les canicules deviennent beaucoup plus fréquentes, longues et intenses dans un climat à +4 °C est un résultat extrêmement robuste. En revanche, donner une date précise de début et de fin de la saison des canicules l’est beaucoup moins. On pourrait avoir des canicules aussi au mois d’avril et de novembre », dit le climatologue Davide Faranda, directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon Laplace.

« On pourrait avoir des canicules aussi au mois d’avril et de novembre »

Si la durée des saisons torrides qui nous attendent est difficile à cerner avec précision, c’est parce que les mécanismes sous-jacents sont extrêmement complexes. La météo est largement dépendante du combat que se livrent les masses d’air au-dessus de notre tête. Lorsqu’une masse d’air de basse pression, qu’on appelle une dépression, s’impose, cela favorise la formation de nuages et de mauvais temps. Mais lorsqu’une masse de haute pression, un anticyclone, pousse et remplace la dépression, cela favorise un temps clair et sec.

Lorsqu’un anticyclone s’impose durablement et empêche le retour d’une dépression, on parle d’une situation de blocage. Un dôme de chaleur peut alors s’installer : c’est la canicule. Le changement climatique accentue ce phénomène. Problème : on ne sait pas bien comment ni pourquoi.

Une étude publiée en 2023 dans Nature Communications, à laquelle a participé Davide Faranda, montrait que les chaleurs extrêmes en Europe occidentale avaient augmenté beaucoup plus rapidement que ne le prévoyaient les modélisations climatiques. « Les modèles pourraient être trop conservateurs, parce qu’ils sous-estiment certaines évolutions de la circulation atmosphérique », dit le chercheur.

Sortir du déni politique

Les hypothèses pour expliquer comment le changement climatique perturbe ces circulations atmosphériques au-dessus de l’Europe font intervenir de nombreux processus. Des changements dans le courant-jet (un vaste courant d’air très puissant et permanent qui fait le tour de la Terre à une dizaine de kilomètres d’altitude, passant notamment au-dessus de l’Europe) pourraient, par exemple, être induits par le réchauffement plus rapide de l’Arctique, et favoriser l’apparition de dômes de chaleur, selon une étude publiée en 2025 et relayée par le journal Le Monde.

Les perturbations climatiques en cours de l’océan, dans l’Atlantique ou en Méditerranée, sont aussi susceptibles de modifier les circulations des masses d’air. Sans parler de boucles de rétroaction à l’œuvre : la sécheresse, par exemple, alimente et accentue les vagues de chaleur puisqu’un sol sec ne permet plus de refroidir l’air environnant par évaporation, aggravant à son tour la sécheresse dans un cercle vicieux délétère.

« On explore plusieurs hypothèses. Celle que je préfère pour l’instant s’intéresse au contraste de température entre l’océan et l’atmosphère, illustre Davide Faranda. En été, les continents se réchauffent beaucoup plus fortement que l’océan, et le changement climatique accentue ce contraste thermique. Cela pourrait favoriser des ondulations du courant-jet et induire des situations de blocage, et donc augmenter la probabilité de vagues de chaleur. »

Lire aussi : La canicule est une violence politique

Il reste, bien sûr, à vérifier cette hypothèse parmi d’autres. Et à faire la part entre ce qui relève de la variabilité naturelle du climat et l’action du changement climatique dans l’enchaînement de chaleurs extrêmes de ces dernières années.

La quête pour mieux comprendre les phénomènes à l’œuvre ne devrait, en revanche, pas oblitérer la conscience de ce qui vient. On sait que les chaleurs extrêmes ne se contenteront plus, à l’avenir, de paralyser les mois d’été. Il serait urgent de s’y adapter et de sortir du « déni collectif », politique et médiatique, contre lequel alerte Valérie Masson-Delmotte à la suite de nombreux scientifiques.

 

https://reporterre.net/Et-maintenant-des-canicules-en-septembre-l-ete-de-fournaise-qui-n-en-finit-plus

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