Un site industriel de TotalEnergies, à Grandpuits-Bailly-Carrois (Seine-et-Marne). - @ Guillaume Baptiste / AFP
2 septembre 2026
C’est un tournant symbolique fort. Pour la première fois, une agence de l’Organisation des nations unies (ONU), acte de l’échec du monde à maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 1,5 °C depuis l’ère préindustrielle. Dans un rapport publié mercredi 2 septembre, le Programme des nations unies pour l’environnement (Pnue) appelle, non pas à éviter mais à « limiter » et « gérer le dépassement de 1,5 °C ».
Ce dépassement était déjà acté par de nombreux scientifiques : notre trajectoire d’émissions et l’absence d’efforts politiques à la hauteur rend presque inéluctable le dépassement des 1,5 °C d’ici 2030, sachant que la Terre s’est déjà réchauffée d’environ 1,4 °C par rapport à la période 1850-1900. Le 22 octobre 2025, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, estimait également que cet échec était « inévitable ». C’est désormais entériné dans les rapports de l’institution.
Le Pnue insiste malgré tout sur l’importance de poursuivre et intensifier les efforts pour arrêter le réchauffement global dès que possible en baissant nos émissions de gaz à effet de serre. L’objectif, dit le rapport, doit être d’atteindre un pic de réchauffement aussi bas que possible, puis de revenir sous la barre de 1,5 °C, grâce au déploiement de techniques d’élimination du carbone de l’atmosphère.
Inquiétant appel au technosolutionnisme
Le rapport insiste sur le fait que « renverser le changement climatique sera un processus lent et difficile ». Malgré cela, cet appel officiel à avoir recours à des technologiques d’élimination du carbone a été très mal reçu par plusieurs chercheurs et associations écologistes.
La crainte est que cette promesse technosolutionniste ne serve de prétexte à l’inaction et à retarder les efforts, au motif que l’on pourrait retirer plus tard ce qu’on émet aujourd’hui. Toutes ces technologies d’élimination du carbone sont pour l’heure expérimentales et ont un potentiel très limité.
Dans un autre rapport, publié en 2025, l’Académie des sciences française appeler à résister à ces « leurres climatiques ». Dans leur ouvrage, Overshoot — Résister à l’idéologie du dépassement (éditions La Fabrique, 2026), Andreas Malm et Wim Carton expliquent comment le capitalisme fossile n’a cessé de faire pression pour que le « dépassement » devienne le scénario climatique privilégié. Avec une logique aussi simple que mortifère : mieux vaut changer le climat que le capitalisme.
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