Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompiers (au centre), à l'issue de la réunion au ministère de l'Intérieur. - © Kenzo Tribouillard / AFP
8 septembre 2026
Après un été marqué par les incendies, l’intersyndicale des sapeurs-pompiers était réunie au ministère de l’Intérieur pour la présentation du projet de loi « de modernisation de la Sécurité civile ». Celle-ci n’a pas convaincu les syndicalistes.
« Blabla institutionnel », « rien de concret », « saupoudrage »… À la sortie de leur rendez-vous, les sapeurs-pompiers avaient les mines déconfites. Mardi 8 septembre, l’intersyndicale était réunie au ministère de l’Intérieur où la direction générale de la Sécurité civile leur a présenté les grandes lignes du projet de loi dit « de modernisation de la Sécurité civile ».
« On nous avait annoncé une rénovation de fond. Nous découvrons aujourd’hui un catalogue de mesures qui relève davantage du choix du papier peint que de la réparation des fondations », souffle Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompiers. Mardi 8 septembre marque également le début de la mobilisation chez les sapeurs-pompiers pour réclamer davantage de moyens et d’embauches après les incendies dévastateurs de cet été.
Au total, seuls 21 articles leur ont été présentés reposant sur la redéfinition des missions de la Sécurité civile, ainsi que de sa gouvernance, comme en atteste un document que Reporterre s’est procuré. Rien sur le financement de postes supplémentaires, sur l’équipement, ni sur la santé au travail. « Dès que l’on pose la question des moyens, on nous dit d’attendre le projet de loi de finances », indique Xavier Boy.
Le volet dédié au « renforcement de la lutte contre l’incendie et les feux de forêts » n’a lui pas été abordé lors de la réunion, mais remis à plus tard. « Ce sont les incendies de cet été qui ont permis une prise de conscience sur la situation catastrophique en termes de moyens dans laquelle nous sommes, et le ministère décide de ne pas en parler tout de suite », fustige Rémy Chabbouh, secrétaire national Sud-SDMIS.
Faire entendre « la colère qui gronde dans les casernes »
Réunis à quelques mètres du ministère de l’Intérieur, les sapeurs-pompiers de l’intersyndicale s’étonnent de certains articles présentés tels que l’article 2 consacré à « la protection des biens culturels », ou encore l’article 15 prévoyant la création de plusieurs directeurs départementaux adjoints au sein des services départementaux et territoriaux d’incendie et de secours.
« Depuis des années, les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques évoluent et les attentes de la population grandissent. Dans le même temps, les effectifs, les moyens matériels et les financements ne suivent plus », dénonce encore l’intersyndicale. Et de rappeler ces chiffres : au total, 30 % des centres de secours ont fermé depuis 2000, et 61 % d’entre eux reposent uniquement sur des sapeurs-pompiers volontaires. Le nombre d’engins dédiés à la lutte contre les feux de forêt a lui diminué d’environ 1 000 unités.
D’autant que ces moyens ne sont pas répartis équitablement sur tout le territoire. « Cette situation ne relève plus du simple dysfonctionnement. Elle résulte de choix politiques, financiers et organisationnels accumulés depuis plusieurs années », martèle Xavier Boy.
Mobilisés jusqu’au 20 octobre, date du vote du budget, les sapeurs-pompiers entendent bien instaurer un rapport de force et faire entendre « la colère qui gronde dans les casernes », conclut Xavier Boy. Le 27 septembre, ils s’installeront sur le Champ de Mars, à Paris, avant de défiler dans les rues le lendemain. L’objectif ? « Obtenir des décisions à la hauteur de l’affaiblissement progressif de notre système de secours et des risques auxquels notre pays est désormais confronté. »
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