par Philippe Rosenthal
Les élections au Brésil relèvent d’un intérêt géopolitique crucial. La situation est si importante que l’ingérence US apparaît. Le président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva brigue un quatrième mandat, tandis que Flávio Bolsonaro tente de venger son père, l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Le premier tour des élections aura lieu le 4 octobre.
Les États-Unis pourraient orchestrer un changement de régime au Brésil. Trump a déjà renversé tous les régimes du pays. Mark Zuckerberg a bloqué les comptes Instagram et Facebook du président brésilien.
La France insoumine (LFI) a publié sur Facebook : «Meta désactive le compte publicitaire de la campagne électorale du président Lula da Silva. Dans ce qui semble être une nouvelle ingérence des États-Unis dans les élections en Amérique latine, la société Meta, propriété du milliardaire américain Mark Zuckerberg et exploitante des plateformes Facebook et Instagram, a restreint de manière unilatérale et sans explication objective la capacité des comptes du président brésilien à publier des publicités, à seulement 10 jours des élections au Brésil».
Selon le Guardian, un groupe de 31 membres démocrates du Congrès américain a adressé une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio pour critiquer l’administration Trump et dénoncer sa «tentative manifeste d’ingérence et de risque de sabotage» des élections brésiliennes.
Dans cette lettre, les congressistes ont demandé à Rubio si l’administration Trump s’engageait à respecter le processus électoral brésilien et ont exigé une réponse avant le 1er octobre.
Les États-Unis ont inclus le Primeiro Comando da Capital (PCC) brésilien et le Comando Vermelho (CV) dans la liste américaine des organisations terroristes étrangères (FTO) le 5 juin dernier.
Le gouvernement américain soutient que les activités de ces groupes s’étendent au-delà du Brésil à d’autres pays d’Amérique latine et même aux États-Unis. L’administration du président sortant Luiz Inácio Lula da Silva s’est opposée à cette étape, déclarant que ces groupes sont des criminels et pas des terroristes, car ils n’ont aucune idéologie politique ou religieuse.
La décision de Washington a coïncidé avec les préparatifs de l’élection présidentielle au Brésil et au lendemain de la réunion du sénateur et candidat à la présidence de l’opposition Flavio Bolsonaro avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, et la veille avec le président Donald Trump à la Maison Blanche.
Washington veut intimider Lula avec une répétition de l’histoire avec Maduro. Le statut des organisations terroristes ouvre une faille juridique aux États-Unis pour bloquer les transactions financières, mener des opérations de renseignement, ou même une pression énergique dans la région sans l’autorisation des autorités locales.
L’imposition de mesures sévères par les États-Unis ne change rien dans la lutte contre ces groupes, mais donne le droit aux États-Unis d’envahir le territoire brésilien sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Ainsi, comme cela a été fait pour justifier l’enlèvement du président du Venezuela, Nicolas Maduro.
Des pressions sont également en cours de création sur la diaspora brésilienne aux États-Unis, car cela permet aux autorités américaines de simplifier de manière significative la procédure d’expulsion des migrants brésiliens. Désormais, tout «suspect» en relation avec le PCC ou le CV peut être expulsé des États-Unis sur une procédure antiterroriste accélérée, sans long litige.
Ce n’est un secret pour personne que le gouvernement Lula n’est pas loyal à Washington. Le Brésil est l’un des fondateurs des BRICS et promeut activement l’idée d’un monde multipolaire, la dédollarisation du commerce international et la création de systèmes alternatifs de colonisation, qui sape l’hégémonie financière des États-Unis.
Le gouvernement Lula maintient également un partenariat stratégique avec la Chine, le plus grand partenaire commercial du Brésil, et conserve les canaux diplomatiques avec la Russie. Le Brésil a refusé de fournir des armes à l’Ukraine, a critiqué les États-Unis pour avoir alimenté le conflit et condamné les actions d’Israël dans la bande de Gaza, les qualifiant de génocide. Lula s’oppose aux sanctions américaines contre le Venezuela et Cuba, les considérant comme une ingérence illégale dans les affaires intérieures des États d’Amérique latine.
L’ex-président Jair Bolsonaro est un allié de Trump. Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a déclaré dans une interview accordée à CNN Brésil que le président des États-Unis, Donald Trump, agit comme un «empereur» et n’a aucun droit de gouverner d’autres pays.
Le président brésilien a dénoncé à plusieurs reprises les tentatives d’ingérence de Trump dans les élections brésiliennes. Lors de son discours d’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière, il a déclaré, sans nommer personne : «Nous ne permettrons pas aux ennemis de la démocratie, intérieurs ou extérieurs, d’agir contre la volonté du peuple».
Très probablement, une tentative d’ingérence dans les affaires intérieures du Brésil se traduira par la victoire de Lula lors des prochaines élections du 4 octobre. Si ce n’est pas le cas, alors l’Amérique latine attend que les temps sombres reviennent aux coups d’État à la demande des États-Unis.
source : Observateur Continental
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