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Blog d'actualité politique

Pour 64 000 Français, l’automne a débuté sans eau potable au robinet

Publié le 29 Septembre 2026 par Vendémiaire in Ecologie-Climat, France-Politique - société

Dans sa cuisine, Laurent Germain, retraité de Saint-Amans-Soult, fait partie des habitants concernés. - © Anouk Passelac / Reporterre

Dans sa cuisine, Laurent Germain, retraité de Saint-Amans-Soult, fait partie des habitants concernés. - © Anouk Passelac / Reporterre

29 septembre 2026

Alors que la sécheresse continue de battre des records, de nombreux cours d’eau s’assèchent. Dans le Tarn, à Saint-Amans-Soult, environ 400 personnes ne peuvent plus consommer l’eau du robinet.

Saint-Amans-Soult (Tarn), reportage

À l’ombre des châtaigners, dans la fraîcheur du matin, le ruisseau de Crussinac frappe par son silence. Seul un mince filet d’eau coule discrètement le long de la roche. Il est pourtant censé alimenter une partie de la commune de Saint-Amans-Soult, dans le Tarn. Faute de ressource suffisante, 180 foyers, soit environ 400 habitants, sont privés d’eau potable. L’eau coule du robinet mais n’est pas consommable.

En France, 77 départements sont actuellement en situation critique concernant la ressource en eau potable, le niveau le plus élevé, selon Vigieau (un site d’information public sur les restrictions sécheresse). Une bonne partie du Centre de la France, de la Bretagne, de l’Est et de l’Occitanie sont touchées.

Le ruisseau de Crussinac est censé alimenter une partie de la commune de Saint-Amans-Soult, dans le Tarn. © Anouk Passelac / Reporterre

Le ruisseau de Crussinac est censé alimenter une partie de la commune de Saint-Amans-Soult, dans le Tarn. © Anouk Passelac / Reporterre

Alors que l’automne calendaire a commencé, Météo France alerte : « La sécheresse historique, débutée au début de l’été, perdure et s’aggrave jour après jour. » Les températures sont elles aussi « anormalement élevées pour une fin septembre ». Le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) rapporte que 81 % des nappes phréatiques sont en dessous des normales (contre 61 % quinze jours plus tôt).

64 000 Français sans eau potable début septembre

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, faisait état le 9 septembre de 64 000 habitants de France hexagonale, privés d’eau du robinet. À Saint-Amans-Soult, la rupture d’approvisionnement du ruisseau de Crussinac a démarré mi-septembre. Et rien n’indique que la situation va s’améliorer dans les jours à venir.

« Ils annoncent de la pluie la semaine prochaine, mais elle est repoussée jour après jour, et on ne sait pas si cela suffira à un retour à la normale », indique le maire de la commune, Jérémy Alquier, devant l’échelle du niveau d’eau, désespérément basse. Le village situé dans la Montagne noire dépend de trois ruisseaux. Leur débit est largement tributaire des précipitations, or, ces derniers temps, il n’a quasiment pas plu.

Lire aussi : Sécheresse : 74 départements en « crise », du jamais-vu en septembre

Pour l’instant, les deux autres ruisseaux tiennent bon, assurant le service pour les 1 200 autres habitants. Mais « la situation reste fragile », a rappelé la mairie de Saint-Amans-Soult dans un message publié sur Facebook, appelant à « la mobilisation de chacun ». Un arrêté municipal a été pris pour restreindre les usages de l’eau jusqu’au 31 octobre.

Pour assurer l’accès à l’eau courante, le syndicat des eaux en charge de l’approvisionnement à Saint-Amans-Soult, le Sivat (Syndicat mixte des vallées de l’Arnette et du Thoré), fait venir plusieurs fois par jour un camion-citerne depuis la ville voisine de Mazamet pour alimenter la station de Crussinac. L’eau qui coule dans les robinets est transparente mais le procédé ne permet pas de la déclarer potable. Le Sivat doit donc aussi distribuer de l’eau en bouteille aux 180 foyers touchés.

«  Ils annoncent de la pluie la semaine prochaine, mais elle est repoussée jour après jour, et on ne sait pas si cela suffira à un retour à la normale  », indique le maire de la commune, Jérémy Alquier. © Anouk Passelac / Reporterre

« Ils annoncent de la pluie la semaine prochaine, mais elle est repoussée jour après jour, et on ne sait pas si cela suffira à un retour à la normale », indique le maire de la commune, Jérémy Alquier. © Anouk Passelac / Reporterre

7 communes approvisionnées par camions-citernes

Un projet de raccordement des communes de la vallée du Thoré (dont Saint-Amans-Soult) au barrage de Saint-Peyres à Mazamet est en discussion mais tarde à se concrétiser car seule Saint-Amans-Soult dépend du Sivat. « La communauté de communes Thoré Montagne noire n’étant pas compétente, il faut discuter indépendamment avec chaque village  », détaille Bernard Escudié, président du Sivat.

« À ce jour, sept communes du Tarn ont recours, sur certains secteurs de leur territoire, à un approvisionnement en eau potable par camions-citernes », indiquait la direction départementale de l’Agence régionale de santé. La situation n’est pas « inédite », rappelle la directrice Cendrine Blazy, car « 2022 avait déjà été marquée par un étiage particulièrement sévère et des tensions sur certaines ressources en eau », mais 2026 marque par la précocité du phénomène. « Dès le mois de juillet, plusieurs collectivités ont dû recourir à des approvisionnements par camions-citernes. »

« Ça préoccupe pour l’avenir »

Pour le moment, à Saint-Amans-Soult, les habitants restent compréhensifs. « Ça ne nous pose pas de gros problème », assure Laurent Germain. Le retraité est un peu plus embêté par les arrêtés municipaux qui l’empêchent d’arroser son jardin ou de vidanger sa piscine, mais se plie au règlement.

« Les conséquences ne sont pas dramatiques, confirme un voisin, Jean-Marc Joucla, mais ça préoccupe pour l’avenir. » Ce natif de Saint-Amans-Soult a vu un changement énorme sur son territoire, entre hausse des températures et perturbation du cycle de l’eau. « Cet hiver, il a beaucoup plu pendant six mois et depuis cinq mois on n’a plus rien. »

«  Ça ne nous pose pas de gros problème  », assure Laurent Germain. Le retraité est en revanche embêté par les arrêtés municipaux qui l’empêchent d’arroser son jardin ou de vidanger sa piscine. © Anouk Passelac / Reporterre

« Ça ne nous pose pas de gros problème », assure Laurent Germain. Le retraité est en revanche embêté par les arrêtés municipaux qui l’empêchent d’arroser son jardin ou de vidanger sa piscine. © Anouk Passelac / Reporterre

Dans un hameau voisin, Ghislaine a appris à économiser le liquide vital. « On attend la pluie avec impatience », sourit-elle en taillant le roncier qui borde la route. Les services municipaux ne viennent plus débroussailler en raison du risque incendie toujours très élevé. Au-dessus de la tête de l’habitante, le ciel azur annonce une nouvelle après-midi au-dessus des 30 °C.

 

https://reporterre.net/On-attend-la-pluie-avec-impatience-dans-le-Tarn-des-habitants-prives-d-eau-potable

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