Un hélicoptère et plusieurs avions ont été mobilisés sur les deux feux qui se sont déclarés dans les Landes. - © Chloé Rébillard / Reporterre
18 septembre 2026
En moins de 24 heures, deux incendies se sont déclarés dans la forêt des Landes. Des feux qui continuent tard dans une saison estivale déjà marquée par des incendies dantesques qui ont traumatisé pompiers et habitants.
Mimizan (Landes), reportage
Debout sur le goudron de l’aérodrome de Mimizan, Nathalie Fabre, talkie-walkie à la main, guide les demandes d’atterrissage sur le site. En cet après-midi de septembre, les petits avions de tourisme habituels ont été remplacés par de plus lourds aéronefs pilotés par les pompiers. Car à quelques centaines de mètres, un feu s’est déclaré dans la pinède un peu plus tôt dans la journée et ravage des hectares de forêts sur la commune de Saint-Paul-en-Born. Les pompiers de plusieurs départements n’étaient pas loin puisque, la veille, ils avaient été appelés en renfort à 10 km, à Labouheyre, pour un autre incendie qui a brûlé plus de 190 hectares.
« Des départs de feu, il y en a toujours un peu. Les gens qui volent ici nous les signalent, constate la gestionnaire de l’aérodrome tandis qu’elle surveille des yeux un hélicoptère des pompiers qui a demandé l’autorisation d’atterrir. Normalement ils sont assez vite contenus. Là, avec la sécheresse, la vitesse de propagation est inédite. Ça part tout de suite. » Entre les pistes de l’aérodrome, l’herbe a complètement grillé et craque sous les pieds.
« Il n’y a pas eu de vraie pluie depuis avril »
Avec la sécheresse, la saison des feux s’étire et déborde sur le mois de septembre. Le maire de Saint-Paul-en-Born, Pascal Mayer, a été appelé et suit le travail de terrain auprès du poste de commandement (PC) de sécurité avec deux de ses adjoints. Pour lui, il s’agit « d’un feu tardif pour la saison » et prévient, après avoir observé les prévisions de Météo-France : « On sait que le risque va perdurer jusqu’au 15 octobre. » Aucune pluie majeure n’est prévue d’ici là. Son adjoint, Jean-Yves Perez, ancien pompier professionnel aujourd’hui retraité, abonde : « Il n’y a pas eu de vraie pluie depuis avril. La forêt est hyper vulnérable à l’heure actuelle. »
Seule bonne nouvelle : les nuits sont désormais suffisamment fraîches pour permettre à la lutte contre les incendies d’être efficace. La perspective d’un mégafeu comme celui qui a touché la Gironde en juillet n’est donc pas à l’ordre du jour. Dès la tombée de la nuit, les pompiers bénéficient de conditions favorables. Le feu de Labouheyre a tout de même parcouru 190 hectares en une journée avant d’être fixé vers 23 heures le 16 septembre. Celui de Saint-Paul-en-Borne en était à 80 hectares en début de soirée le 17 septembre.
L’été 2026 comme signal d’alarme
Avec la multiplication des feux, les pompiers sont « extrêmement fatigués », s’inquiète Pascal Mayer. Un mouvement social a d’ailleurs démarré le 8 septembre pour demander davantage de moyens et certains camions qui interviennent sur les incendies dans les Landes sont barrés d’un « en grève » explicite.
Un mouvement social a démarré chez les pompiers après un été où ils ont payé un lourd tribut aux incendies. © Chloé Rébillard / Reporterre
Quant aux habitants, le traumatisme des incendies géants de l’été est encore présent. Ils sont plusieurs à scruter la forêt depuis la route, commentant le panache de fumée qui s’élève en champignon au-dessus de la cime des arbres. Marc Uzan est venu à l’aérodrome pour observer. Il vit en région parisienne mais souhaite venir passer sa retraite près de Mimizan. « Je veux du terrain pour installer des animaux. Quand j’ai vu la vidéo des chevaux s’échappant des flammes lors de l’incendie de Biscarrosse, j’ai douté de mon projet. » Cette vidéo, qui avait fait le tour des réseaux sociaux, a sonné pour lui comme un coup de semonce : et si les Landes n’étaient pas le coin de France si préservé qu’il avait envisagé pour venir couler une retraite paisible ?
Dans les Landes, la pinède est omniprésente, avec une sylviculture intensive et des hectares de pins densément plantés, parfois à proximité immédiate d’habitations. Un modèle que le changement climatique met à rude épreuve. Après le mégafeu de cet été en Gironde, Emmanuel Macron, qui avait fait le déplacement, avait appelé à « rebâtir une forêt différente ». Sans préciser laquelle.
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