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blog Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Affirmons nos valeurs !

Publié le 6 Décembre 2010 par Bernard Giusti/CGT/Vendémiaire in France-Politique - société

aaa Vendemiaire 2010 drapeaupar Bernard Giusti

 

Après l’ampleur du mouvement populaire de ces derniers mois, après la mobilisation initiée autour du refus de la réforme des retraites, mobilisation qui s’est rapidement muée en contestation du modèle de société libéral et néo-libéral, c’est-à-dire capitaliste, un certain nombre de nos camarades se prennent à douter et se demandent s’il est encore possible de renverser le cours des choses, s’il est encore possible d’imposer la volonté populaire à une classe dirigeante qui ne répond jamais que par le mépris à la colère qui gronde.

Les doutes et interrogations de ces camarades sont malheureusement légitimes : rarement un pouvoir en place n’a été aussi méprisant face aux aspirations du peuple. Ils sont légitimes aussi parce qu’au fil de la mobilisation l’écart s’est encore creusé entre la base, ceux qui sont sur le terrain et qui triment, et leurs représentants élus. Nombre de nos camarades estiment aujourd’hui que les décisions prises dans les principaux états-majors politiques et syndicaux ont empêché ce vaste mouvement populaire d’aboutir. Et de fait, si la tactique consistant à organiser des grèves et manifestations par intermittence a permis de démontrer la force des organisations syndicales et des partis politiques, cette même tactique poursuivie obstinément à un moment où la mobilisation des citoyens, qui clamaient leur exaspération mais aussi leurs espoirs dans la rue et sur leurs lieux de travail, cette même tactique, parce qu’elle a été poursuivie alors qu’il aurait fallu en changer en décrétant le blocage du pays, s’est révélée contre-productive et a conduit la plupart des militants, et des citoyens en général, au découragement et à l’incertitude.

Certains dirigeants syndicaux ont choisi, ouvertement ou tacitement, la voie de la collaboration avec le capitalisme. Ils nous présentent certaines réformes, dont celle des retraites ou celle de la Santé, comme inéluctables. Il conviendrait donc en quelque sorte de négocier afin d’en limiter les dégâts. Pour notre part, nous nous souvenons de ces paroles d’Henri Krasucki : « Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement»

Nous ne devons pas baisser les bras, nous ne devons pas nous laisser bercer par les sirènes de la collaboration avec le capitalisme. Oui, la lutte est dure. Elle est aujourd’hui d’autant plus dure qu’après l’imposition des réformes libérales malgré l’opposition massive des citoyens, les tenants du pouvoir et leurs sbires sont plus que jamais agressifs et méprisants - nous le voyons tous les jours en tant que délégués syndicaux. Elle est d’autant plus dure que l’idéologie capitaliste est diffusée à longueur de médias, dont la très grande majorité sont aux ordres. Mais particulièrement en cette période si difficile, nous avons le devoir d’affirmer et de réaffirmer nos idéaux, de défendre et d’imposer nos valeurs, qui reposent sur la justice sociale, le partage et la solidarité, sur l’égalité et la fraternité, et donc sur la liberté.

Alors, camarades : affirmons nos valeurs !

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général CGT de l’hôpital Saint-Vincent de Paul

 

article publié sur

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1007

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V
<br /> <br /> Tout à fait d'accord sur l'analyse des raisons de ce qu'il faut quand même qualifier d'échec, c'est-àdire l'impossibilité du mouvement social à faire reculer le pouvoir sur la réforme des<br /> retraites, aussi puissant fut-il. Mais malheureusement pas assez: une chose est de manifester de la sympathie pour une lutte revendicative, autre chose est d'y tenir sa place. Si trois millions<br /> de manifestants à plusieurs reprises n'ont pas suffi, c'est qu'il en aurait fallu deux ou trois fois plus. Et pourquoi donc cela ne fut pas? Bien sûr, les difficultés économiques pour tant de<br /> foyers de travailleurs; bien sûr les hésitations des directions confédérales syndicales refusant l'affrontement direct avec le pouvoir (combien de temps a-t'il fallu attendre pour la CGT soit<br /> claire sur la question du taux plein dès 60 ans, et ce n'est qu'un exemple) et continuant d'user et d'abuser des termes" partenaires sociaux" ou "dialogue social"...Plus profondément, je vois<br /> comme cause essentielle de cet échec l'absence de perspectives politiques précises, révolutionnaires dans leur contenu, de la part d'états majors politiques, et principalement de celui du PCF<br /> (dont ce devrait pourtant étre la spécificité): appelons un chat un chat! la conséquense en est qu' en l'absence de cette lutte, la conviction de la nécessité d'une rupture radicale avec le<br /> système capitaliste - et non de son simple "dépassement"- a reculé dans la conscience de la majorité du peuple. Je le répète: là se situe le noeud gordien de la situation.Affirmons nos valeurs,<br /> camarades: oui, mais lesquelles? Je partage complètement les convictions politiques et syndicales de l'auteur; mais peut-être faudrait-il être plus incisif lorsque nous parlons de nos valeurs.<br /> Qui n'est pas de nos jours dans notre pays pour la justice sociale ou pour la solidarité, au moins dans les termes?Et quid de la notion de partage, le cheval de bataille de la CFDT? Faut-il<br /> "partager" les richesses matérielles et intellectuelles, fruit du seul travail pour l'essentiel salarié, avec ceux qui se sont approprié ce travail, à savoir les détenteurs du capital? Au fait,<br /> le concept de socialisme fait-il partie de nos valeurs?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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