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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 15:45
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 15:20
 

Les images de Syriens victimes de bombardements, à Alep, suscitent l’indignation sincère des peuples du monde entier. Dans les grands médias, par contre, elles font surtout couler des larmes de crocodiles. Les journalistes et politiciens qui se succèdent sur les plateaux de télévision, ces derniers jours, pour condamner solennellement le bombardement d’Alep-Est, ne disent pas un mot des victimes innocentes de l’offensive en cours à Mossoul – ou encore de la guerre ignoble que le régime saoudien mène au Yémen.

Du fait du siège et du bombardement intensif du Yémen par l’aviation saoudienne, la moitié de ses 24 millions d’habitants se trouve aujourd’hui exposée au risque de famine. Selon l’UNICEF, au moins un enfant meurt toutes les dix minutes des conséquences de diarrhées, de malnutrition et d’infections respiratoires. 370 000 enfants souffrent déjà de malnutrition sévère. Plus de 70 % de la population manque d’eau potable et d’infrastructures sanitaires. Selon Jamie McGoldrick, coordinateur des Nations Unies au Yémen, ce pays est victime « de l’une des plus graves crises au monde. Mais c’est comme une crise silencieuse (…), une guerre oubliée ». Cet « oubli » n’est pas fortuit, en France, dont les marchands d’armes réalisent d’énormes profits grâce aux commandes du régime saoudien, cet allié ô combien lucratif de l’impérialisme français.

Le silence des hypocrites « amis d’Alep-Est » est aussi total – et complice – en ce qui concerne les crimes commis, à Alep-Ouest et dans le quartier kurde de Sheikh Maqsood, par les milices prétendument « modérées », qu’on nous présente comme formées de « rebelles » épris de justice et de liberté, mais qui en réalité sont essentiellement formées de fractions fondamentalistes et archi-réactionnaires. Or celles-ci ont été directement ou indirectement financées et armées par les impérialistes occidentaux, y compris l’impérialisme français. En 2012, déjà, un rapport d’une agence de renseignement du Pentagone expliquait à propos de la Syrie : « Les événements y prennent clairement une orientation sectaire (…) Les Salafistes, les Frères Musulmans et Al Qaïda en Irak (AQI) sont les principales forces impliquées dans la rébellion en Syrie. L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent cette rébellion ; la Chine, la Russie et l’Iran soutiennent le régime. (…) Il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste officieuse dans l’Est de la Syrie (Hasaka et Deir Ezzor), et c’est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, dans le but d’isoler le régime syrien ».

Cette stratégie des impérialistes occidentaux et de leurs alliés a fait complètement faillite. L’intervention de la Russie, en septembre 2015, a bouleversé le rapport de force militaire et placé tout le monde devant le fait accompli d’une écrasante domination russe en Syrie. La chute d’Alep est une humiliation infligée par la Russie aux impérialistes américains et à leurs alliés, France comprise. Telle est la véritable raison des lamentations « humanitaires » des médias occidentaux. A défaut d’actes concrets, sur le terrain, pour contrer la domination russe en Syrie, ils se livrent à l’exercice des « condamnations » et des « résolutions » dans le but de mobiliser les opinions publiques contre le régime de Poutine – lequel, d’ailleurs, s’en soucie comme de sa première chemise.

Dans le même temps, un certain nombre de politiciens réactionnaires – comme Fillon, en France – prennent acte de la domination russe en Syrie et proposent de « renforcer le dialogue » avec Moscou. Bien sûr, le « pragmatisme » de François Fillon a pour unique objectif de défendre les intérêts de l’impérialisme français.

Il est clair que Moscou et Damas poursuivent des objectifs réactionnaires. Mais nous devons rejeter fermement les « condamnations » hypocrites qui viennent des impérialistes américains, français, britanniques et de leurs alliés saoudiens et autres. Les impérialistes – à commencer par les plus puissants, les impérialistes américains – sont les premiers responsables du chaos sanglant qui règne au Moyen-Orient. Les interventions directes ou indirectes en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie ont infligé des souffrances inouïes aux peuples de la région et favorisé le développement des organisations fondamentalistes. Les impérialistes occidentaux n’ont aucune espèce d’autorité morale pour condamner les « crimes de guerre », qui sont leur spécialité.

En dernière analyse, toutes ces guerres sont l’expression de la crise organique du système capitaliste. D’autres guerres sont inévitables, au Moyen-Orient et ailleurs. L’idée d’y mettre un terme en réunissant les différents acteurs autour d’une grande « table des négociations » est au minimum naïve. C’est précisément lorsque leurs divergences d’intérêts ne peuvent plus être réglées par des négociations que les classes dirigeantes jettent les peuples dans l’enfer de la guerre. Une lutte sérieuse et efficace contre les guerres impérialistes ne peut être qu’une lutte de classe. Et seul le renversement du capitalisme permettra d’en finir avec les guerres.

 

http://www.marxiste.org/international/moyen-orient/syrie/2095-la-chute-d-alep-et-la-propagande-imperialiste

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 12:46

Le 1er juillet 2016.

Macron doit déclencher un contrôle fiscal du groupe Lafarge

C’est le 22 juin 2016 que le journal Le Monde a révélé que « les ciments Lafarge ont travaillé avec l’État islamique » et qu’il a lui « versé des taxes sur le pétrole et les matières premières ».

Le 23 juin 2016, dans un communiqué de presse, Jacques Nikonoff, candidat à l'élection présidentielle au nom du Rassemblement pour la démondialisation, demandait aux pouvoirs publics de réagir.

À ce jour, aucun actionnaire de Lafarge n’a vendu ses actions, aucun cadre dirigeant, aucun membre du Conseil d’administration n’a démissionné pour dénoncer cette collaboration. Tous, par leur inertie, cautionnent la collaboration de l’entreprise avec l’organisation criminelle Daech.

Monsieur Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, doit sortir de son silence

Jacques Nikonoff, ce jour, vient de lui adresser un courrier pour lui demander :

  • de déclencher un contrôle fiscal du groupe Lafarge afin de vérifier les affirmations du journal Le Monde concernant des paiements illégaux à l’organisation criminelle Daech
  • de faire vérifier par ses services si le groupe Lafarge ne tombe pas sous le coup des mesures de gel prises par l’Union européenne dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme ;
  • si le groupe Lafarge ne contrevient pas aux mesures nationales de gel prises dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme sur le fondement de l’article L. 562-1 du Code monétaire et financier ;
  • si le groupe Lafarge respecte la loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme.


Citoyens, signez l’appel ci-dessous à la ntionalisation-sanction du groupe Lafarge :
http://www.nikonoff2017.fr/qui-est-jacques-nikonoff/communiques/258-appel-pour-une-nationalisation-sanction-de-lafarge

Citoyens, participez à la campagne de Jacques Nikonoff pour l’élection présidentielle !
http://www.nikonoff2017.fr/

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:27

17 avril 2014 – Lors de sa première mission à Gaza, le nouveau Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Pierre Krähenbühl, a souligné la nécessité de lever le blocus israélien et de mettre fin à la « punition collective illégale » de la population de cette région de la Palestine.

 

« Rien ne peut vous préparer à voir la réalité à Gaza, ni rapports humanitaires, ni articles de presse, ni enquêtes des droits de l’homme. Rien n’arrive à expliquer ce que vit la population, le sentiment d’isolation et l’ampleur de la souffrance », a expliqué M. Krähenbühl dans un communiqué de presse, en affirmant qu’il s’engage à travailler pour mettre fin au blocus en place depuis 2007.

 

Lors d’une visite d’une clinique à Khan Younis, dans le sud de Gaza, le Commissaire général de l’UNRWA a indiqué que l’objectif de sa mission était d’exprimer sa solidarité et son soutien au réfugiés palestiniens et de trouver le meilleur moyen d’améliorer les services de l’agence onusienne.

 

« La première chose que l’on remarque en allant à Gaza est la clôture, qui est un rappel du blocus. Comme l’a rappelé récemment mon prédécesseur, ce blocus a duré au moins aussi longtemps que les pires sièges de villes de l’histoire, comme celui de Leningrad pendant la seconde guerre mondiale. Le blocus est une punition collective illégale et je me joins au dirigeants du monde en appelant à sa fin », a indiqué M. Krähenbühl.

 

Le chef de l’UNRWA a souligné que les conditions humanitaires à Gaza continuent de se détériorer. Actuellement l’agence onusienne apporte une aide humanitaire à près de 800.000 personnes dans la région, comparé à juste 80.000 en 2000.

 

Source : ONU

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2014/04/22/palestine-le-nouveau-chef-de-lunrwa-appelle-israel-a-lever-le-blocus-illegal-de-gaza/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=Palestine_:_le_nouveau_chef_de_l%E2%80%99UNRWA_appelle_Isra%C3%ABl_%C3%A0_lever_le_blocus_ill%C3%A9gal_de_Gaza

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:03

Dix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.  


Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.


Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.


Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu'elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l'enlèvement n'entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-irak-depuis-l-intervention-etasunienne-une-decennie-mortifere-120933602.html

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:40

Nazanin Armanian

17 octobre 2013


Lorsque le 4 août John Kerry proposa Robert Ford en tant que nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Egypte, les réseaux sociaux arabes furent inondés par le hashtag : « NoToRobertFord », en anglais et en arabe. Pour avoir créé avec John Negroponte les Escadrons de la mort irakiens en 2004, on lui attribua comme surnom le plus gentil : « macabre », « Shayatin » (démon) ou « le nouveau sponsor du terrorisme ». Après avoir réduit le pays en un tas de décombres, il partit en Syrie pour reproduire la même chose : en janvier 2011, juste au moment où il prit ses fonctions, débutèrent les attentats et les protestations violentes contre le gouvernement d’Assad. Les Egyptiens craignent que les Etats-Unis veuillent appliquer la même recette : l’usage de la terreur en se cachant sous de faux drapeaux afin de provoquer une guerre civile. 

Ford a remplacé Anne Paterson, le bouc émissaire des Egyptiens anti-Frères Musulmans, en raison de son soutien aux islamistes. C’est ainsi que la « stratégie des ciseaux » (« Scissors Strategy  ») de Barack Obama a été mise en échec, tout comme la machinerie bien huilée de la cohabitation entre les Frères et l’armée. Depuis la chute de Moubarak, certains demandaient que le pouvoir soit remis à l’armée en écartant les Frères Musulmans. Cette option l’a emporté. Le sénateur McCain s’est rendu au Caire à deux reprises – avant et après le coup d’Etat -, afin de rencontrer les généraux, tandis que le président Obama a envoyé le vice-secrétaire d’Etat, William Burns, qui rendit visite aux dirigeants emprisonnés de la Confrérie. Washington ne fait pas confiance à l’armée, bien que sa direction demeure sous le contrôle du Pentagone. Car une bonne partie du million et trois-cents mille dollars qu’il destine à l’armée vont dans les poches des usines d’armement des États-Unis. Un montant ridicule face aux 12 milliards de dollars que l’armée recevra de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes pour sa lutte contre les Frères. Maintenir les militaires dans une guerre (civile ou contre un quelconque pays), les empêchera de devenir autonomes.


http://www.michelcollon.info/Geopolitique-de-la-crise.html

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:29

Alain Chouet

14 octobre 2013

 

Dans un contexte où « ces journalistes qui prétendent tout savoir après trois jours en Syrie » ont carte blanche pour diffuser leur propagande de guerre, le texte suivant, qui reflète les opinions de l'auteur, apporte des éléments de connaissance que l'on n'entend pas ailleurs. Son auteur, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE, s'interroge sur cette étrange alliance existant entre les gouvernements occidentaux et les pétromonarchies, dont les conséquences dramatiques, en Syrie et dans la région, sont présentées par nos médias comme les « printemps arabes ». Tandis que, de l'autre côté de la Méditerranée, la théorie de l'« instabilité constructive » ou la « stratégie du chaos créateur » promue par Obama, est de plus en plus évidente...

 

Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd’hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues[1] à contre courant d’une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d’opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés.

 

Une fois passé le bouillonnement libertaire et l’agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l’évidence. Le pouvoir est tombé dans les mains des seules forces politiques structurées qui avaient survécu aux dictatures nationalistes parce que soutenues financièrement par les pétromonarchies théocratiques dont elles partagent les valeurs et politiquement par les Occidentaux parce qu’elles constituaient un bouclier contre l’influence du bloc de l’Est : les forces religieuses fondamentalistes. Et le « printemps arabe » n’a mis que six mois à se transformer en « hiver islamiste ».

 

En Tunisie et en Égypte, les partis islamistes, Frères Musulmans et extrémistes salafistes se partagent de confortables majorités dans les Parlements issus des révoltes populaires. Ils cogèrent la situation avec les commandements militaires dont ils sont bien contraints de respecter le rôle d’acteurs économiques dominants mais s’éloignent insidieusement des revendications populaires qui les ont amenés au pouvoir. Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu’ils proclament. En, Égypte, après avoir affirmé sur la Place Tahrir au printemps 2011 qu’ils n’aspiraient nullement au pouvoir, ils revendiquent aujourd’hui la Présidence de la République, la majorité parlementaire et l’intégralité du pouvoir politique.

 

 En Tunisie, et après avoir officiellement renoncé à inclure la chari’a dans la constitution, ils organisent dans les provinces et les villes de moyenne importance, loin de l’attention des médias occidentaux, des comités de vigilance religieux pour faire appliquer des règlements inspirés de la chari’a. Ce mouvement gagne progressivement les villes de plus grande importance et même les capitales où se multiplient les mesures d’interdiction en tous genres, la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales et, bien sûr, des droits des femmes et des minorités non sunnites.

 

Et ces forces politiques réactionnaires n’ont rien à craindre des prochaines échéances électorales. Largement financées par l’Arabie et le Qatar pour lesquels elles constituent un gage de soumission dans le monde arabe, elles ont tous les moyens d’acheter les consciences et de se constituer la clientèle qui perpétuera leur domination face à un paysage politique démocratique morcelé, sans moyens, dont il sera facile de dénoncer l’inspiration étrangère et donc impie.

 La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l’OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l’ONU, ont détruit le régime du peu recommandable Colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales bien décidées à défendre par les armes leur pré carré local et leur accès à la rente. L’éphémère « Conseil National de transition » porté aux nues par l’ineffable Bernard Henri Lévy est en train de se dissoudre sous les coups de boutoir de chefs de gangs islamistes, dont plusieurs anciens adeptes d’Al-Qaïda, soutenus et financés par le Qatar qui entend bien avoir son mot à dire dans tout règlement de la question et prendre sa part dans l’exploitation des ressources du pays en hydrocarbures.

 

Au Yémen, le départ sans gloire du Président Ali Abdallah Saleh rouvre la porte aux forces centrifuges qui n’ont pas cessé d’agiter ce pays dont l’unité proclamée en 1990 entre le nord et le sud n’a jamais été bien digérée, surtout par l’Arabie Séoudite qui s’inquiétait des foucades de ce turbulent voisin et n’a eu de cesse d’y alimenter la subversion fondamentaliste. Aujourd’hui, les chefs de tribus sunnites du sud et de l’est du pays, dont certains se réclament d’Al-Qaïda et tous du salafisme, entretiennent un désordre sans fin aux portes de la capitale, Sana’a, fief d’une classe politique traditionnelle zaydite – branche dissidente du chi’isme – insupportable pour la légitimité de la famille séoudienne.

 

Seul le régime syrien résiste à ce mouvement généralisé d’islamisation au prix d’une incompréhension généralisée et de l’opprobre internationales.

 

Avant de développer ce sujet, je crois devoir faire une mise au point puisque d’aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d’extrême droite et de complaisance pour les dictatures.

 

Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours.

 

Mes activités m’ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J’ai pu constater qu’ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n’est pas qu’ils ont une conception différente des droits de l’homme de la nôtre. C’est qu’ils n’ont aucune conception des droits de l’homme….

 

Leur histoire explique en grande partie cette absence. D’abord, ils puisent leur manière d’être dans quatre siècle d’occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l’écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l’indépendance du pays, conseillés techniquement par d’anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu’au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu’en 1990. Tout ceci n’a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain.

 

Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c’est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d’un homme seul, ni même d’une famille, comme l’étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l’Occident semble encourager et promouvoir dans la région.

 

Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles.

 

Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif.

 

Issus au Xè siècle, aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin, d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans de Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie.

 

Et cela ne leur a pas porté bonheur…. Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n’y a pas pire crime que l’apostasie. Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères Musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leur tortionnaires.

 

Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupation militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est à dire les minorités : chrétiens, ismaéliens, druzes, chiites et surtout alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux. C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années 60.

 

 Dans les années 70, Hafez el-Assad, issus d’une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l’armée de l’air puis ministre de la défense, s’est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – chrétiens et druzes - qui l’ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s’est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans[1].

 

 Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chi’ites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d’Irak et des Coptes d’Égypte.

 

Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l’on n’intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »…. eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s’est introduit dans l’école des cadets de l’armée de terre d’Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouite et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d’assaut en application de la fatwa d’Ibn Taymiyya. Les Frères l’ont payé cher en 1982 à Hama – fief de la confrérie - que l’oncle de l’actuel président a méthodiquement rasée en y faisant entre 10 et 20000 morts. Mais les violences intercommunautaires n’ont jamais cessé depuis même si le régime a tout fait pour les dissimuler.

 

Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d’accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective.

 

Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l’opposition. Mais pas à n’importe quelle opposition. Car il existe en Syrie d’authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s’accommodent mal de l’autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils n’ont obtenu de lui que des espaces de liberté économique en échange d’un renoncement à des revendications de réformes libérales parfaitement justifiées. Mais ceux-là, sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n’ont pas la parole et sont considérés comme inaudibles par les médias occidentaux car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye.

 

Si vous vous vous informez sur la Syrie par les médias écrits et audiovisuels, en particulier en France, vous n’aurez pas manqué de constater que toutes les informations concernant la situation sont sourcées « Observatoire syrien des droits de l’homme » (OSDH) ou plus laconiquement « ONG », ce qui revient au même, l’ONG en question étant toujours l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

 

L’observatoire syrien des droits de l’homme, c’est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales dont il est devenu la source d’information privilégiée voire unique. Il n’a pourtant rien à voir avec la respectable Ligue internationale des droits de l’homme. C’est en fait une émanation de l’Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier Président, Monsieur Haytham el-Maleh. L’Osdh s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds séoudiens et maintenant qataris.

 

Je ne prétends nullement que les informations émanant de l’OSDH soient fausses, mais, compte tenu de la genèse et de l’orientation partisane de cet organisme, je suis tout de même surpris que les médias occidentaux et en particulier français l’utilisent comme source unique sans jamais chercher à recouper ce qui en émane.

 

Second favori des médias et des politiques occidentaux, le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istambul sur le modèle du CNT libyen et à l’initiative non de l’État turc mais du parti islamiste AKP. Censé fédérer toutes les forces d’opposition au régime, le CNS a rapidement annoncé la couleur. Au sens propre du terme…. Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L’une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. L’autre de couleur blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. Enfin, la troisième de couleur rouge censée représenter les aspirations socialisantes du régime. Dès sa création, le CNS a remplacé la bande rouge par la bande verte de l’islamisme comme vous pouvez le constater lors des manifestations anti-régime où l’on entend plutôt hurler « Allahou akbar ! » que des slogans démocratiques.

 

Cela dit, la place prédominante faite aux Frères Musulmans au sein du CNS par l’AKP turc et le Département d’État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La Syrie n’est pas la Libye et les minorités qui représentent un bon quart de la population entendent avoir leur mot à dire, même au sein de l’opposition. Lors d’une visite d’une délégation d’opposants kurdes syriens à Washington en avril dernier, les choses se sont très mal passées. Les Kurdes sont musulmans sunnites mais pas Arabes. Et en tant que non-arabes, ils sont voués à une statut d’infériorité par les Frères. Venus se plaindre auprès du Département d’État de leur marginalisation au sein du CNS, ils se sont entendus répondre qu’ils devaient se soumettre à l’autorité des Frères ou se débrouiller tout seuls. Rentrés à Istambul très fâchés, ils se sont joints à d’autres opposants minoritaires pour démettre le Président du CNS, Bourhan Ghalioun totalement inféodé aux Frères, et le remplacer par un Kurde, Abdelbassett Saïda qui fera ce qu’il pourra – c’est à dire pas grand chose - pour ne perdre ni l’hospitalité des islamistes turcs, ni l’appui politique des néo-conservateurs Américains, ni, surtout, l’appui financier des Saoudiens et des Qataris.

 

Tout cela fait désordre, bien sûr, mais est surtout révélateur de l’orientation que les États islamistes appuyés par les néo-conservateurs américains entendent donner aux mouvements de contestation dans le monde arabe.

 

Ce ne sont évidemment pas ces constatations qui vont rassurer les minorités de Syrie et les inciter à la conciliation ou à la retenue. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l’État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu’elles défendront par la violence. Faire sortir le Président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n’est pas lui qui est visé, ce n’est pas lui qui est en cause, c’est l’ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs. Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990.

 

Il aurait peut être été possible à la communauté internationale de changer la donne il y a un an en exigeant du pouvoir syrien des réformes libérales en échange d’une protection internationale assurée aux minorités menacées. Et puisque l’Arabie et la Qatar – deux monarchies théocratiques se réclamant du wahhabisme – sont théoriquement nos amies et nos alliées, nous aurions pu leur demander de déclarer la fatwa d’Ibn Taymiyyah obsolète, nulle et non avenue afin de calmer le jeu. Il n’en a rien été. À ces minorités syriennes menacées, l’Occident, France en tête, n’a opposé que la condamnation sans appel et l’anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l’accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique.

 

 

Débarrassés des ténors sans doute peu vertueux du nationalisme arabe, de Saddam Hussein, de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, à l’abri des critiques de l’Irak, de l’Algérie et de la Syrie englués dans leurs conflits internes, les théocraties pétrolières n’ont eu aucun mal à prendre avec leurs pétrodollars le contrôle de la Ligue Arabe et d’en faire un instrument de pression sur la communauté internationale et l’ONU en faveur des mouvements politiques fondamentalistes qui confortent leur légitimité et les mettent à l’abri de toute forme de contestation démocratique.

 

Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s’emparer d’un pouvoir qu’elles guignent depuis près d’un siècle n’a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.

 

Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste l’arme au pied au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas.

 

De même les médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante par les chars séoudiens et émiratis des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite gouverné par un autocrate réactionnaire sunnite. De même les massacres répétés de chrétiens nigérians par les milices du Boko Haram ne suscitent guère l’intérêt des médias et encore moins la condamnation par nos politiques. Quant à l’enlèvement et la séquestration durable de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, elle est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l’indignation explosive si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des « démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes.

 

À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur cette curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L’avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l’Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d’une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l’abri.

 

 Conférence pour l’AR29 de l’IHEDN, Nice, 27 juin 2012 

 

 Source : Alain Chouet

 

 Lire aussi : 

- «  Au cœur des services spéciaux. Menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers », entretiens avec Jean Guisnel, La Découverte, Paris, 09/2011

 


[1][1]- « Révoltes arabes : l’envers du décor » in « Outre-Terre », n° 29, Revue de l’Académie européenne de géopolitique, ouvrage collectif sous la direction du Pr. Michel Korinman, Paris, 10/2011.

- « Au cœur des services spéciaux. Menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers », entretiens avec Jean Guisnel, La Découverte, Paris, 09/2011

- « Le printemps libyen sera orageux » in « Marine et Océans », n° 231, 2ème trimestre 2011, Paris.

 

[2] Alain Chouet, « La désintégration par le politique » in « Tribus, tribalisme et États au Moyen Orient », Maghreb-Mashrek n° 147, (Paris), 03/1995. 

 

 

http://www.michelcollon.info/La-Syrie-dans-la-tourmente-des.html

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Published by Vendémiaire - dans Moyen Orient-Asie Mineure
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:07

vendredi 27 septembre 2013


Fin août, une intervention militaire des Etats-Unis et de la France contre la Syrie semblait imminente, annoncée comme telle par les gouvernements américain et français. Hollande et Fabius étaient bien plus virulents qu’Obama. Il fallait « punir » le régime syrien pour l’utilisation d’armes chimiques. Des innocents, des femmes et des enfants avaient été tués. Les preuves étaient accablantes et ne laissaient aucun doute quant à la culpabilité du régime. La France allait donc prendre ses responsabilités. Le président français voulait que l’attaque ait lieu rapidement, sans attendre davantage de vérifications sur place et avant l’ouverture de la nouvelle session parlementaire du 4 septembre dernier.

Aujourd’hui, Monsieur Hollande chante une tout autre chanson. Les frappes « indispensables » n’ont toujours pas eu lieu et ne semblent plus être à l’ordre du jour dans un avenir prévisible. Le « devoir sacré » de punir la Syrie a été mis de côté. Une attaque occidentale contre la Syrie n’est pas définitivement exclue. Toutes sortes de retournements sont encore possibles. Mais quoi qu’il en soit, ceux de ces dernières semaines en disent long sur l’affaiblissement de la position mondiale de l’impérialisme français et sur la véritable nature du gouvernement « socialiste » de François Hollande.

Manipulation de l’opinion publique 

Les agressions impérialistes ont toujours des objectifs « nobles » – selon la propagande des agresseurs. Ce fut le cas même avec Adolphe Hitler, qui présentait l’invasion des pays de l’Europe centrale comme des guerres de libération des minorités allemandes. Plus récemment, le bombardement de la Serbie était engagé pour protéger les Albanais, l’invasion de l’Afghanistan pour éliminer Ben Laden – qui n’y était pas – et, tant qu’à faire, pour libérer les femmes afghanes ! L’invasion de l’Irak devait sauver le monde des « armes de destruction massive » qui se sont avérées inexistantes, tandis que la guerre en Libye avait un but humanitaire, visant à protéger la population de Benghazi d’un massacre imminent.

L’attitude des puissances occidentales envers la Syrie nous offre un nouvel exemple de cette manipulation de l’opinion publique. Pour justifier le bombardement prévu, il fallait un prétexte. Il n’est pas impossible que les forces armées syriennes aient utilisé des armes chimiques contre des civils. Assad dirige un régime exécrable qui n’aurait pas de scrupules à ce sujet. D’un autre côté, l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui arment et financent les groupes armés sur place, réclamaient des frappes contre les installations militaires syriennes bien avant l’utilisation des armes chimiques. De leur point de vue, ce massacre tombait à pic. Il est donc loin d’être impensable que des milices à la solde des pays du Golfe – qui perdaient du terrain face à l’armée syrienne – aient eu recours à cet expédient à leurs propres fins. Les milices fondamentalistes ont elles-mêmes perpétré de nombreux massacres en Syrie, tuant « femmes et enfants » par centaines. Monsieur Hollande ne semble pas avoir remarqué ce détail. Mais peut-être que, pour lui, des massacres ne sont dignes d’intérêt que s’ils sont le produit de gaz toxiques…

Comme avec l’Irak, le rapport des inspecteurs de l’ONU n’avait d’autre but que de servir de justification à une intervention décidée a priori. Avant l’envoi des inspecteurs, Hollande et Fabius prétendaient détenir des preuves irréfutables impliquant le régime syrien. Mais selon le gouvernement russe, le rapport des services de renseignement français ne contient aucune preuve matérielle. Poutine est allé jusqu’à déclarer que si la France pouvait fournir des preuves, il approuverait une intervention militaire. La France n’a rien fourni de la sorte. Et finalement, lorsque le rapport des inspecteurs de l’ONU a été rendu, il ne contenait pas d’éléments susceptibles d’incriminer le régime. Il paraît que la désignation des responsables ne faisait pas partie de la mission des inspecteurs ! Mais dans ce cas, quel était le lien entre le contenu de leur rapport et le déclenchement des frappes ?

Enjeux et manœuvres impérialistes 

La guerre humanitaire n’existe pas. L’impérialisme humanitaire n’existe pas non plus. C’est en vain que les âmes bien-pensantes s’en remettent à l’ONU et à sa pitoyable « charte » pour répandre la justice et la paix dans le monde. Quand les intérêts des capitalistes sont en jeu, le sort « des femmes et des enfants » n’entre pas en ligne de compte. Tout au long de leur histoire, les grandes puissances ont répandu la misère et la mort dans le monde, organisant famines, guerres et massacres, ne reculant devant rien pour défendre leurs intérêts. Quand cela les arrange, ils versent des larmes de crocodile sur les souffrances « des femmes et des enfants », comme c’est le cas en ce qui concerne la Syrie. Ce que les Etats-Unis, la France et les monarchies du Golfe veulent protéger n’est pas des « civils innocents », mais leurs propres intérêts économiques et positions stratégiques dans la région.

Nous ne défendons pas le régime syrien. Nous voulons son renversement. Mais la question des forces sociales qui accomplissent ce renversement est primordiale. Si le régime avait été renversé par un mouvement révolutionnaire, par un mouvement de la classe ouvrière syrienne, sa défaite aurait donné une nouvelle impulsion aux révolutions en cours en Egypte et en Tunisie et ouvert la possibilité d’une extension de la révolution à travers le Moyen-Orient. Mais la révolution syrienne, qui a commencé sous l’impact d’événements extérieurs – les révolutions en Tunisie et en Egypte – a été rapidement étouffée. Les dizaines de milliers de combattants qui font la guerre contre Assad actuellement n’ont rien de révolutionnaire ou même de progressiste. Bien au contraire. Selon un rapport de l’Institut Britannique de Défense (IHS Jane’s, lié aux services de renseignements britanniques), publié par le Daily Telegraph, on évalue à quelque 70 000 hommes les forces se réclamant de diverses doctrines djihadistes : Wahhabisme, Al Qaeda, etc. Les mieux armées et les plus puissantes de ces structures sont financées et équipées par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Quelque 10 000 miliciens, selon le même institut, appartiendraient directement à Al Qaeda. Le peuple syrien est pris dans un étau entre la tyrannie du régime et la tyrannie des djihadistes. C’est une guerre réactionnaire des deux côtés. Il est donc hors de question de soutenir l’un des deux camps.

Si le régime devait tomber, avec ou sans les bombardements occidentaux, qui en profiterait ? Dans les conditions actuelles, qui malheureusement excluent à court terme un mouvement indépendant des travailleurs syriens, le renversement du régime par les milices réactionnaires n’aurait aucune conséquence positive du point de vue du peuple syrien. Les seuls qui en tireraient profit seraient les régimes saoudien, qatari et turc. L’Arabie Saoudite et le Qatar sont deux Etats rivaux qui réclament tous deux le bombardement des dispositifs militaires du régime syrien. Ils ont versé des milliards de dollars aux miliciens sur place. S’ils réussissent à renverser Assad, ou même à l’affaiblir considérablement, ils renforceraient leurs positions stratégiques face à la Russie et à l’Iran et feraient main basse sur au moins une partie des ressources énergétiques du pays. Les Qataris veulent construire un gazoduc passant du Golfe Persique, à travers la Syrie, vers l’Europe. La Syrie, l’Iran et la Russie y sont hostiles.

Quant à l’impérialisme français, il partage beaucoup d’intérêts économiques – et donc stratégiques et militaires – avec le Qatar et l’Arabie Saoudite. De nombreuses formes de « coopération militaire » existent entre la France et ces deux Etats. Bien avant le massacre provoqué par des armes chimiques, l’Arabie Saoudite fournissait des armes lourdes – dont, selon certaines sources, des armes chimiques – aux milices djihadistes. La France est active du côté des djihadistes également. Une dépêche de Reuters publiée au début du mois de septembre affirmait que des conseillers militaires français installés en Turquie et en Jordanie formaient des miliciens à l’utilisation d’armes fournies par les Saoudiens.

Il semblerait que Sarkozy tendait à favoriser les Qataris, alors que Hollande tente de se rapprocher davantage des Saoudiens. Quoi qu’il en soit, les liens entre la France et ces dictatures se sont renforcés au fil des années. En 2006, un accord a été conclu entre Total et la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, portant sur la construction d’une raffinerie géante à Jubail. Une joint venture (SATORP) a été créée à cet effet. La construction du site a commencé en 2009. Aujourd’hui, il est en cours d’achèvement et déjà opérationnel. Capable de produire 400 000 barils de pétrole brut par jour pour desservir le Moyen-Orient et l’Asie, le site de Jubail produira également 700 000 tonnes de paraxylène, 150 000 tonnes de benzène et 200 000 tonnes de propylène par an. Ce projet et bien d’autres du même genre, impliquant également des compagnies pétrolières américaines, donnent une idée des intérêts qui sont en jeu dans la région. Dans la lutte pour s’assurer des zones d’influence, le contrôle de la Syrie est un enjeu majeur.

Des considérations de ce genre figurent beaucoup plus large dans les calculs de François Hollande et du système dont il est l’esclave volontaire que la vie de quelques centaines « de femmes et d’enfants ». L’attaque contre la Syrie voulue par Hollande ne répond pas aux « crimes contre l’humanité » du régime Assad mais aux intérêts stratégiques des puissances occidentales et de leurs partenaires dans la région. Quand François Hollande cherche à convaincre la population de la France – sans grand succès, à en croire les sondages – qu’une attaque contre la Syrie viserait à « protéger des civils », il prouve seulement par là qu’il n’est qu’un menteur cynique, comme n’importe quel autre politicien capitaliste.

Depuis des décennies, la Syrie constitue une position stratégique de la plus haute importance pour la Russie. C’est un partenaire économique majeur. La Russie exploite le pétrole et le gaz syriens. D’où l’opposition des Russes au gazoduc que veulent installer les Qataris. Depuis 1971, la Russie dispose d’une base navale importante à Tartous, sur la Méditerranée, face à Chypres. Elle est destinée à abriter des navires de guerre lourds. C’est le seul accès de la Russie sur la Méditerranée. Moscou ne pourrait en aucun cas se permettre de perdre cette base, ni de compromettre sa sécurité en laissant des forces au service d’intérêts hostiles s’installer durablement en Syrie. L’Arabie Saoudite et le Qatar appuient des milices et divers regroupements terroristes en Tchétchénie. Il semblerait qu’ils aient essayé de se servir du contrôle financier et logistique qu’ils exercent sur ces « rebelles » tchétchènes comme monnaie d’échange contre un vote favorable – ou tout au moins une abstention – de la Russie à l’ONU sur la question syrienne.

Amis et intérêts

Lord Palmerston (1784-1865) disait que son pays n’avait « ni amis éternels, ni ennemis éternels, mais seulement des intérêts éternels et perpétuels ». Il parlait de l’Angleterre, mais cela vaut pour toutes les puissances impérialistes, ce dont l’affaire syrienne nous offre une nouvelle preuve. Les représentants du capitalisme français – de droite comme de « gauche » – ne sont ni pour ni contre des fanatiques fondamentalistes. Il en va de même pour les gouvernements américains successifs. Leur attitude est déterminée par leurs intérêts du moment. Rappelons que dans les années 80, pendant la guerre contre le régime pro-soviétique de Kaboul, les milices islamistes étaient financées et armées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Plus tard, dans les années 90, ces grandes puissances ont participé à la mise sur pied de l’armée des soi-disant « talibans ». Ben Laden était considéré alors comme un allié précieux de l’Occident.

En Libye, les frappes aériennes massives appuyaient les milices fondamentalistes actives au sol, qualifiées de « révolutionnaires » pour l’occasion. Mais lorsque ces mêmes milices menaçaient les intérêts du capitalisme français au Mali, le « danger fondamentaliste » a été ressorti des placards diplomatiques pour justifier une intervention militaire. Pour la Syrie, François Hollande ne peut pas se servir du même prétexte. Les « ennemis » au Mali sont des « amis » en Syrie.

La voix de la France, bien plus forte que ses moyens

Hollande a sans doute pensé se défaire de la mollesse et de l’indécision que ses critiques lui imputent en adoptant un ton particulièrement belliqueux à l’égard de la Syrie. Lui, François Hollande – chef des armées ! – ne se démonterait pas. Sans attendre, il fallait punir la Syrie ! Ici, il faut reconnaître que, quelles que soient les déficiences de François Hollande par ailleurs, il ne manque certainement pas d’air. Si Hollande avait vraiment les moyens de punir la Syrie, qu’est-ce qu’il attendait ? Il attendait juste un peu d’aide… des Etats-Unis ! Quand Hollande et ses diplomates se vantent du « courage de la France », qui « n’a pas hésité à menacer de recourir à la force », ils oublient de préciser que la force en question était américaine – et non française.

Car la vérité, c’est qu’en dépit du bellicisme verbal de son président, la France n’a pas les moyens de faire la guerre contre la Syrie, et le « chef des armées » le sait pertinemment. La France serait incapable de mener une action d’envergure en Syrie. Son apport militaire, par rapport à celui des Etats-Unis, ne serait qu’anecdotique. La France n’a pas les moyens de bombarder la Syrie à partir de la mer. Les frappes aériennes dont elle a – du moins théoriquement – les moyens exposeraient ses avions aux systèmes de défense syriens qui sont, pour le coup, extrêmement sophistiqués. Son alliance avec les Etats-Unis fait penser à celle d’une souris et d’un éléphant. Le petit rôle militaire qu’aurait joué la France dans la « punition » de la Syrie s’est traduit dans le domaine diplomatique par le fait qu’elle n’a même pas eu droit à un strapontin lors des discussions à Genève. Hollande brandissait impuissamment sa petite épée de bois à Paris, pendant que les affaires sérieuses étaient traitées entre la Russie et les Etats-Unis à Genève.

Le fait que la perspective de bombardements ait cédé du terrain à celle d’un « texte fort » doit beaucoup à l’opposition de la Russie et, accessoirement, de l’Iran. La Russie ne peut pas lâcher le régime d’Assad. Par conséquent, une guerre contre la Syrie serait une guerre menée directement contre des intérêts russes. Mais d’autres facteurs majeurs entrent en ligne de compte dans la volte-face américaine, et donc française.

Premièrement, du point de vue de l’impérialisme américain, l’utilité d’une attaque contre la Syrie n’est pas évidente. Si l’intervention devait se limiter à quelques « frappes ciblées », il est clair que le régime syrien s’en remettrait rapidement. En effet, Assad n’est pas seul. La Russie et l’Iran sont des alliés puissants. Si, au contraire, il était question d’infliger des dégâts d’une ampleur telle que les capacités militaires du régime en soient durement affectées, la guerre ne pourrait pas se limiter à quelques destructions et ne serait pas non plus de courte durée. Une intervention de grande envergure attiserait durablement les tensions entre la Russie et les Etats-Unis et aggraverait l’instabilité économique, sociale et politique de l’ensemble du Moyen-Orient. Une guerre prolongée risquerait fort de se répandre vers le Liban, l’Irak et ailleurs.

Des considérations politiques s’ajoutent à ce dilemme concernant l’ampleur de l’action à entreprendre. L’affaiblissement militaire du régime favoriserait l’action des milices fondamentalistes sur le terrain, comme ce fut le cas en Libye. Et si jamais celles-ci parvenaient à renverser le régime, le résultat ne serait pas la création d’un Etat satellite des Etats-Unis, mais la division du pays entre plusieurs zones d’influence des milices djihadistes rivales et, inévitablement, l’extension de la lutte armée vers le Liban et l’Irak, entre autres. C’est pour cette raison que les puissances occidentales ont essayé de soutenir les milices djihadistes juste assez pour affaiblir le régime et le mettre sous pression, mais pas assez pour leur permettre une victoire décisive. Tout en pleurant sur le sort des « victimes de la guerre civile » dans les médias, elles ont sciemment entretenu et prolongé la tuerie dans le but de forcer Assad et les Russes à faire des concessions à l’Arabie Saoudite, au Qatar, au Koweït, etc.

Les guerres en Afghanistan, en Irak et plus récemment en Libye, n’ont pas obtenu des résultats positifs tangibles, même du point de vue des impérialistes. Au cours de la dernière période, le Washington Post a publié plusieurs articles faisant état des « doutes sérieux » de l’Etat-Major américain quant à l’opportunité d’une nouvelle guerre. Cela fait douze ans que les forces armées américaines sont en guerre permanente, et pour quel résultat ? Quelle est la différence entre l’Afghanistan d’aujourd’hui et l’Afghanistan de 2001 ? Douze ans de guerre n’ont servi à rien. En Irak, il n’y a plus Saddam Hussein, qui, ne l’oublions pas, avait été armé et appuyé par des puissances occidentales, dont la France et l’Allemagne. C’est l’Allemagne, en l’occurrence, qui lui fournissait les moyens de fabriquer des armes chimiques, comme elle en a fourni à la Syrie. Mais la situation actuelle en Irak est très instable et contribue ainsi à l’instabilité dans toute la région – y compris en Arabie Saoudite. Il y a aussi le risque d’une flambée des prix pétroliers dans le cas d’une attaque contre la Syrie.

Cette accumulation de contre-indications explique la réticence, voire l’hostilité, des milieux capitalistes et des gouvernements de nombreux pays – dont l’Allemagne et pratiquement tous les pays européens – au déclenchement d’une guerre contre la Syrie. Le sentiment qu’une intervention risquerait de créer bien plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait explique aussi le vote du parlement britannique et l’opposition d’une majorité de sénateurs américains.

Enfin, il y a l’opposition des populations dans les pays agresseurs. Trois Américains sur quatre et au moins deux Français sur trois sont hostiles à une intervention en Syrie. Dans l’armée américaine, des pétitions clandestines circulent contre la guerre. Officiers et soldats de rang se prennent en photo, se couvrant le visage d’une feuille de papier sur laquelle il est écrit : « Je n’ai pas rejoint les Marines pour me battre à côté d’Al Qaeda ». Ou encore : « Nous avons perdu trop d’hommes en Afghanistan aux mains des djihadistes. Pourquoi les aider en Syrie ? » Les peuples ont vu que les guerres en Afghanistan et en Irak n’ont abouti à rien, si ce n’est à installer des gouvernements fondamentalistes oppresseurs et corrompus, entourés de chefs de guerre djihadistes. Et ils en ont assez.

En France, par exemple, Hollande s’en prend aux hôpitaux, à la sécurité sociale, aux services publics, aux retraites, aux droits et aux conditions de travail des salariés. Au nom de l’endettement de l’Etat, il augmente la fiscalité, même pour les foyers les plus modestes. Et pourtant, il est prêt à consacrer des centaines de millions d’euros à des guerres pour le compte des compagnies de pétrole et des marchands d’armes. La guerre en Libye et les autres opérations militaires engagées en 2011 ont coûté 1,7 milliard d’euros. En 2012, le coût des opérations a été de 837 millions. Un porte-avions avec son groupe aérien déployé pendant une semaine coûte entre 20 et 30 millions d’euros. Un destroyer déployé pendant une semaine coûte entre 5 et 6 millions d’euros. Un seul missile air-sol AASM coûte 350 000 euros. Combien d’emplois pourrait-on créer avec cet argent en France, où le capitalisme a créé une « armée » de 5 millions de demandeurs d’emploi ?

Constatant toutes les difficultés et divisions dans lesquelles les puissances occidentales s’embourbaient, Poutine a pu infliger une défaite diplomatique majeure aux Etats-Unis. Sa proposition concernant la mise sous tutelle des armes chimiques syriennes, qui aurait été rejetée sans appel dans d’autres circonstances, enlevait le dernier brin d’argumentation aux partisans des frappes.

Le coup est dur pour Obama et les « maîtres de la guerre » américains – habitués comme ils le sont à décider de la guerre ou de la paix à leur guise. Il l’est encore plus pour Hollande. Il se démène comme il peut pour se préserver du ridicule. Son épée de bois a été remplacée par la revendication d’un « texte » qui devrait être « fort », c’est-à-dire incluant la menace d’une intervention armée contre la Syrie si son gouvernement ne se pliait pas aux conditions fixées par le Conseil de Sécurité de l’ONU. En l’occurrence, la résolution russo-américaine ne menace pas la Syrie et n’attribue pas non plus la responsabilité de l’utilisation de gaz toxique au régime syrien. Fabius et Hollande, essuyant ce nouveau camouflet, avaient tout de même assez de courage – ou de sens de l’humour, peut-être – pour qualifier la résolution de « pas en avant » ! Dans les faits, c’est une défaite diplomatique cinglante.

Tous les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont déstabilisés. Les événements en Syrie se déroulent dans ce contexte. En Tunisie et en Egypte, révolution et contre-révolution s’affrontent. Le cours des événements échappe au contrôle des grandes puissances, qu’elles soient occidentales ou orientales. Les régimes tyranniques du monde arabe, inextricablement liés aux intérêts impérialistes, sentent le sol se dérober sous leurs pieds. La déstabilisation se propage désormais aux puissances régionales que sont l’Iran, l’Arabie Saoudite et Israël, dont les régimes cherchent désespérément à consolider leur position intérieure par la défense et l’extension de leurs « zones d’influence » à l’extérieur. Toutes ces turbulences sont la conséquence d’un ordre social – le capitalisme – devenu totalement incompatible avec le développement économique et social, un ordre qui ne peut se maintenir qu’en refoulant l’humanité en arrière. Pour les masses d’Afrique et du Moyen-Orient, déjà misérables, cette régression signifie une descente en enfer. Non l’enfer imaginaire des religions, mais un enfer terrestre, un enfer matériel et mortel.

 

Greg Oxley (PCF Paris)

http://www.lariposte.com/

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 20:31

 publié le : 14 Septembre, 2013

 

Les "communicants" qui contrôlent l'information aux télévisions françaises nous ont habitués à un discours truqué, au service des politiciens et affairistes qui les ont choisis, les dirigeants des bourgeoisies hexagonales de gauche et de droite. Ils savent noyer les réalités dangereuses pour eux sous le flot des faits divers, tendre un micro complaisant au moindre ministre qui passe et fait mine d'avoir une nouvelle idée.

La dernière ânerie de Hollande affirmant "la reprise", malgré la destruction d'entreprises et d'emplois,est publiée comme parole de prophète, confortée par une petite foule "d'experts" soigneusement choisis parmi les fidèles des "lois du marché". Et, pour faire "objectif", ils organisent à tout instant des débats entre socialistes pro-gouvernementaux et opposants de l'UMP, politiciens ou "spécialistes" bien formatés, qui se contredisent d'autant plus fort qu'ils sont d'accord sur l'essentiel, sauf sur l'attribution des postes de pouvoir. Les autres courants d'opinion , anticapitalistes et anti-imperialistes, ne sont pas invités, ou, quand ils le sont, agressés systématiquement.

Les hôtels français reçoivent plus ou moins d'étoiles suivant la qualité de leur service: on pourrait attribuer aux fabricants de l'opinion 1,2, 3 ou 4 brosses à reluire au service de la bourgeoisie dirigeante; quelques uns, des chaînes publiques ou privées, TF1, Antenne 2, FR3, I Télé, BFM, etc, en mériteraient 5 ou 6, tant ils déshonorent la mission d'informer.

Mais il est un sujet sur lequel ils se surpassent, c'est l'actualité la plus brûlante des pays d'Afrique et Moyen-Orient, Libye et Mali hier, Syrie et Égypte aujourd'hui. Tous ceux, en fait, où les dirigeants socialistes et de droite sont d'accord pour intervenir dans l'intérêt de l'impérialisme français et occidental.

En Syrie, messieurs Hollande et Copé se disputaient "l'honneur" d'armer les insurgés: nos télévisions nous ont inondé depuis deux ans d'informations truquées fabriquées exclusivement par les Islamistes armés: en fond sonore, leurs reportages sont signés Allah Ouakbar ! Les mêmes chroniqueurs de nos médias de masse persistent aujourd'hui à affirmer selon les mêmes sources que l'armée de l'état syrien a employé des gaz de combat : concordance révélatrice, monsieur Fabius joue le chien de guerre de l'Occident, en menaçant d'une intervention armée de la France, sans l'assentiment de l'ONU, mais avec l'aval auto proclamé d'une "Communauté Internationale" occidentale qui prétend parler au nom du reste de l'humanité: quelques milliards d' hommes, à peine!

En Égypte, les intégristes, Frères Musulmans et Salafistes, font régner la terreur depuis un an, brûlant des églises chrétiennes coptes et matraquant les opposants laïques et progressistes. Un mouvement populaire massif a chassé du pouvoir le despote Morsi et ses barbus fascisants. Cette insurrection contre le pouvoir islamiste né d'élections truquées, de votes achetés par les milliards du Qatar et d'Arabie Saoudite, est à tel point majoritaire dans les rues du Caire que l'armée n'a pu qu'aller dans le même sens, à son corps défendant: la volonté populaire a été à cet instant plus forte que celle des USA et de l'Occident, dont les chefs militaires sont les protégés. Compte tenu de nos médias, qui peut savoir en France que les islamistes EN ARMES ont été dispersés dans plusieurs quartiers de la capitale PAR LES HABITANTS EUX MÊMES , et que parfois la police à dû les protéger de la vindicte populaire?

Depuis le début, la version des événements d'Egypte donnée par nos télévisions est exclusivement favorable aux intégristes: ils sont les gentils manifestants massacrés par l'armée. Peu importe que les "Frères" soient très souvent à l'origine des fusillades qui ont fait des centaines de morts, qu'ils aient exécuté des dizaines de soldats et policiers dans le Sinaï , qu'ils aient tout fait pour entraîner l'Egypte dans la guerre civile et la terreur : c'est à eux seuls que profiterait ce crime. Va-t'on au Quai d'Orsay prôner la fourniture d'armes aux islamistes égyptiens insurgés comme on l'a fait pour la Syrie?

Dans ce moment sanglant et difficile, les anti - imperialistes ne doivent pas se tromper de
victime et d'adversaire, sous le coup de l'émotion. Les communistes ne sauraient être les défenseurs inconditionnels des méthodes répressives du régime de El Assad . Mais cela ne justifie en rien les menaces des dirigeants français : dans ce théâtre des nations qui peut accoucher d'une guerre mondiale, il est irresponsable de reprendre le rôle joué par le Président Bush, prétextant des armes supposées pour envahir l'Irak. Nous ne devons avoir aucune illusion non plus à propos des généraux égyptiens et des chefs de l'armée, formés et rétribués par Washington ( l'élargissement de Mubarak, l'interdiction des milices populaires organisées par quartiers le prouve ). Mais le soutien affirmé de gouvernants socialistes qui se prétendent héritiers de Jaurès aux intégristes en armes du Caire est inacceptable.

Nous devons être solidaires des patriotes et communistes égyptiens et syriens, contre le terrorisme réactionnaire intégriste, contre l'intervention directe ou indirecte de puissances impérialistes, USA, Qatar, Arabie Saoudite, "Europe" et France en particulier, et dénoncer les manipulations "humanitaires" de l'opinion par des idéologues rétribués qui se prétendent journalistes d'information.

Nous ne sommes pas à Paris dans la vallée du Nil, où des foules de pauvres gens misérables et analphabètes, peuvent être convaincus d'échanger leur bulletin de vote contre un sac de riz ou un tee-shirt. Mais quelle confiance accorder aux résultats électoraux quand l'opinion française est manipulée à ce point par les serviteurs de la bourgeoisie régnante ? Le suffrage universel n'est certainement pas la condition suffisante pour assurer la démocratie.

En tout cas, nos médias complaisants devraient être modestes: malgré leurs mensonges, 6 Français sur 10 sont opposés à la guerre en Syrie...


Francis Arzalier

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_107_art3.htm

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 20:23

Africa Forum

24 septembre 2013

 

Pretoria, le 5 septembre 2013. Nous, membres du Forum des Anciens Chefs d'État et de Gouvernement Africains, habituellement appelé Africa Forum (AF), avons été profondément préoccupés par la longue guerre civile en Syrie, qui maintenant fait rage depuis deux ans et demi. Depuis le début, il a été de notre compréhension que ce conflit était provoqué par des différents sérieux parmi le peuple syrien à propos de la constitution et du système politique de leur pays. C'était aussi notre compréhension de ce que les causes fondamentales de ce conflit étaient et restent essentiellement politiques. En conséquence, sa solution devrait être politique, et non militaire. Dans ce contexte, nous avons donc été d'avis que les belligérants syriens doivent entreprendre d'urgence des négociations sans exclusions pour mettre fin à la guerre civile par un processus pacifique.

 

Par conséquent, la communauté internationale a eu la responsabilité solennelle d'encourager et d'aider tous les Syriens à s'engager dans ces négociations sans exclusions. À cet égard, en tant qu'Africains, nous avons été prêts à donner tout l'appui nécessaire aux deux éminentes personnalités africaines, Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, qui ont reçu la lourde responsabilité de faciliter un règlement pacifique du conflit syrien.

 

Par conséquent, nous soutenons la position fondamentale adoptée par les principaux acteurs du monde préoccupés par la Syrie, en faveur d'une résolution pacifique du conflit syrien, comme en témoignent le Communiqué final du 6 Juin 2012 de la Conférence de Genève sur la Syrie.

 

En conséquence, nous avons été et sommes opposés à toutes les interventions internationales qui ont jeté de l'huile sur le feu ou en jetteraient, en armant certains ou tous les belligérants syriens.

 

C'est avec avec horreur que nous avons reçu l'information suivant laquelle des armes chimiques ont été utilisées dans ce conflit, et nous condamnons fermement ces faits. Nous sommes donc convaincus que tous les États membres de l'Organisation des Nations Unies (ONU), sans exception, doivent faire confiance aux Nations Unies pour établir la vérité, par tous les moyens, en tenant compte de tous les aspects importants.

 

Il s'agit de savoir si et quelles armes chimiques ont été utilisées, où et quand, et qui les a utilisées.

 

En tant qu'Africains, nous restons pleinement conscients de la fabrication de campagnes de désinformation dans lesquelles les grandes puissances sont engagées, entre autres en utilisant les chaînes d'information mondiales, pour propager des mensonges aux fins de justifier les interventions armées en Irak et en Libye.

 

La seule réponse correcte, même à l'utilisation d'armes chimiques, n'est pas d'encore intensifier la violence du conflit, mais d'intensifier et accélérer radicalement les efforts vers une résolution pacifique négociée de la guerre civile syrienne.

 

Par conséquent, en tant qu'Africains, nous demandons instamment à tous les États membres de l'ONU, encore une fois, sans exception, de s'abstenir de toute action militaire en Syrie de toute nature, y compris en avançant l'utilisation présumée d'armes chimiques par le gouvernement syrien comme justification d'une telle action.

 

La résolution rapide et correcte du conflit en Syrie exige l'exercice de qualités d'homme d'état courageuses et brillantes, sans égard pour les intérêts personnels et nationaux à court terme de certains politiciens dans nos différents pays.

Nous demandons instamment qu'aucune puissance étrangère que ce soit, ne s’insère dans la guerre civile syrienne immensément destructrice en tant que belligérant, même en se basant sur le fait qu'elle cherche à décourager l'utilisation d'armes chimiques.

 

Tous ceux qui aujourd'hui veulent jouer un rôle d'homme d'état sur la scène mondiale doivent comprendre ce qui a motivé les hommes d'état de l'époque, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à insister sur la mise en place d'institutions internationales, de processus et de droits pour aider à assurer la résolution pacifique des conflits au sein et entre les pays. Cette insistance des puissances alliées contre le nazisme a entraîné, entre autres, l'adoption de la Charte des Nations Unies, qui est un élément fondamental et inaliénable du droit international contemporain.

 

Pour notre part, en tant qu'Africains, nous sommes directement intéressés par un système de relations internationales régi par le droit plutôt que par un système arbitraire, imposé au monde par ceux qui exercent leur puissance par des moyens militaires et autres. Pour cette raison, nous insistons sur le fait que toute action qui nie dans les faits la Charte des Nations Unies serait une régression historique qui mènerait toute l'humanité en arrière vers un passé inacceptable, répudiant ainsi le droit inaliénable de tous les peuples à déterminer leur destin.

 

Le droit international part de l'idée et définit pour norme que les conflits au sein ou entre les États doivent être résolus pacifiquement, plutôt que par le recours à la force. Nous appuyons fortement l'idée que, principalement, le droit international interdit que tout État intervienne dans tout autre État pour encourager le renversement violent du gouvernement du moment. Ce droit international régit également toutes les interventions qui seraient déclarées faites pour se décharger de la soi-disant « responsabilité de protéger » les populations victimes de violations inacceptables des droits humains par leurs propres gouvernements

 

En accord avec tout ce qui précède, nous sommes convaincus que la communauté internationale a l'obligation solennelle de faire tout son possible pour aider à mettre fin au conflit syrien par des moyens pacifiques.

 

Nous demandons instamment que tous les gouvernements africains, et tous les autres gouvernements à travers le monde, travaillant avec les Nations Unies, agissent de toute urgence pour aider à atteindre cet objectif, dans l'intérêt fondamental des peuples de Syrie et du reste du monde.

 

Notre espoir et notre attente sont que toutes les organisations multilatérales compétentes, y compris l'Union africaine (UA), s’acquittent, enfin, sous la direction de l'ONU, de leurs responsabilités efficacement et de manière fiable pour représenter le point de vue des peuples du monde en faveur de la paix, refusant de se laisser intimider par ceux qui exercent une inéquitable puissance politique globale, militaire ou autre.

 

 

Signé par :

 

MEMBRES DE L'« AFRICA FORUM »

1.

SE Nicephore Dieudonne Soglo, Ancien Président de la République du Bénin et Vice-Président de l'« Africa Forum »

2.

SE Sir Quett Ketumile Joni Masire, Ancien Président de la République du Botswana

3.

SE Festus Gontebanye Mogae, Ancien Président de la République du Botswana

4.

SE Pierre Buyoya, Ancien Président de la République du Burundi

5.

SE António Manuel Mascarenhas Gomes Monteiro, Ancien Président de la République du Cap Vert

6.

SE Pedro de Verona Rodrigues Pires, Ancien Président de la République du Cap Vert

7.

SE Sir Dawda Kairaba Jawara, Ancien Président de la République de Gambie

8.

SE Flt Lt Jerry John Rawlings, Ancien Président de la République du Ghana

9.

SE John Kofi Agyekum Kufuor, Ancien Président de la République du Ghana

10.

SE SEnrique Pereira Rosa, Ancien Président de la République de Guinée-Bissau

11.

SE Daniel Toroitich Arap Moi, Ancien Président de la République du Kenya

12.

SE Emilio Mwai Kibaki, Ancien Président de la République du Kenya

13.

SE Prof Amos Claudius Sawyer, Ancien Président de la République du Liberia

14.

SE Dr Elson Bakili Muluzi, Ancien Président de la République du Malawi

15.

SE Alpha Oumar Konaré, Ancien Président de la République du Mali

16.

SE Cassam Uteem, Ancien Président de la République de l’ Île Maurice

17.

SE Karl Auguste Offmann, Ancien Président de la République de l’Île Maurice

18.

SE Joaquim Alberto Chissano, Ancien Président de la République du Mozambique et Président de l'« Africa Forum »

19.

SE Samuel Daniel Shafiishuna Nujoma, Ancien Président de la République de Namibie

20.

SE Alhaji SSEhu Usman Aliyu Shagari, Ancien Président de la République Fédéraledu Nigeria

21.

SE Dr Abdul Salam Abubakar, Ancien Président de la République Fédérale du Nigeria

22.

SE MattSEw Olusegum Obasanjo, Ancien Président de la République Fédérale du Nigeria

23.

SE Gen Dr Yakubu Jack Dan -Yumma Gowon, Ancien Président de la République Fédérale du Nigeria

24.

SE Miguel Dos Anjos Trovoada, Ancien Président de la République de São Tomé et Principe

25.

SE Fradique Bandeira Melo de Menezes, Ancien Président de la République de São Tomé et Principe

26.

SE Alhaji Almad Tejan Kabbah, Ancien Président de la République du Sierra Leone

27.

SE Nelson Rolihlahla Dalibhunga Mandela, Ancien Président de la République d'Afrique du Sud et sponsor [EN : Patron] de l'« Africa Forum »

28.

SE Thabo Mbeki, Ancien Président de la République d'Afrique du Sud

29.

SE Sadiq Al Mahdi, Ancien Président de la République du Soudan

30.

SE Benjamin William Mkapa, Ancien Président de la République de Tanzanie

31.

SE Ali Hassan Mwinyi, Ancien Président de la République de Tanzanie

32.

SE Dr Kenneth David Kaunda, Ancien Président de la République de Zambie

33.

SE Rupiah Bwezani Banda, Ancien Président de la République de Zambie*

34.

SE William Eteki Mboumoua, Ancien Secrétaire général de l'Unité Africaine (OUA)

35.

SE Dr Boutros Boutros Ghali, Ancien Secrétaire général des Nations Unies (ONU)

36.

SE Kofi Atta Annan, Ancien Secrétaire général des Nations Unies (ONU)

37.

SE Prof Adedeji Adebayo, Ancien Sous-Secrétaire de Nations Unies et Secrétaire Exécutif de la Commission de Nations Unies pour l'Afrique (UNECA).

38.

SE Chief Eleazar Chukwu Emeka Anyaoku, Ancien Secrétaire général du Commonwealth

39.

SE Dr Babacar N'Diaye, Ancien Président de la Banque Africaine de Développement (AfDB)

40.

SE Dr Salim Ahmed Salim, Ancien Secrétaire général de l'Organisation pour l'Unité Africaine (OUA)

41.

SE Edem Kodjo, Ancien Premier Ministre de la République du Togo et Ancien Secrétaire Général des l'Organisation pour l'Unité Africaine (OUA)

42.

SE Abdoulie Janneh, Ancien Secrétaire Exécutif de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA)

43.

SE Jean Ping, Ancien Président de la Commission de l'Union Africaine(AU)

 

 

Executive Secretariat : 7th Floor Metro Park Building, 351 Fancis Baard Street, Pretoria P.O.Box.6541,Pretoria 0001,Republic of South Africa

Tel : +27 12 354 8073/ 8048 Fax : +27 12 354 8163 E-mail : webmaster@africaforum.org

 

 

Source : Africaforum.org

 

http://www.michelcollon.info/Declaration-du-forum-de-l-Afrique.html

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