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Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

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La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 16:13

Par le Parti de la démondialisation (Pardem).
 
Le 25 mars 2017.
 
Aujourd’hui, 25 mars 2017, deux anniversaires sont célébrés pour des raisons totalement opposées.
 
Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).
 
Le second est celui du 60e anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique.
 
À cette occasion, Jacques Nikonoff, président du Parti de la démondialisation, s’est rendu à l’Ambassade de Grèce à Paris pour remettre à l’ambassadeur une lettre de soutien au peuple grec dans les épreuves qu’il traverse et de condamnation du gouvernement Tsipras totalement soumis à la tyrannie de l’Union européenne. Il a fait une courte prise de parole que vous pourrez retrouver ci-dessous dans une vidéo :
 

https://youtu.be/NpZ7cRKdjnc

 

Pour sortir de la crise, en Grèce et dans les autres pays de l’Union européenne, il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne, immédiatement et unilatéralement ! Il faut démondialiser !

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 13:35

60ème anniversaire du Traité de Rome :

le syndicalisme de classe et l'Europe

 

La fidélité à l'héritage marxiste de classe et de masse de la CGT n'est pas nostalgie du passé, elle est l'élément vital pour construire la résistance populaire : elle seule permet d'armer, idéologiquement et pratiquement, les travailleurs face aux attaques et aux manœuvres de leur ennemi. L'exemple de l'Europe.

 

Il y a 60 ans, le 25 mars 1957 était signé le Traité de Rome, acte de naissance de la Communauté Économique Européenne devenue ensuite Union européenne.

Présentée comme une démarche pour la paix, l'entente entre les peuples et la prospérité, le Traité de Rome instaure une union économique pilotée par les grands groupes capitalistes basée sur la « concurrence non faussée », la destruction des souverainetés nationales et l'arrimage au bloc occidental et à l'OTAN.

Lors du congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) à Leipzig en octobre 1957, Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, prononça un discours pointant les dangers du Marché commun qui allait donner naissance à l'Union européenne :

 

« La CGT française s'est prononcée à l'unanimité contre le Marché commun sans rémission.

Cependant, les promoteurs de ce Marché ont fait beaucoup de propagande pour le présenter comme une réforme progressive, une mise en commun des ressources de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, et comme un moyen d'améliorer le sort des peuples de ces pays.

Cette propagande cache des visées bien différentes.

Les six pays intéressés font partie de cette machine de guerre qu'est l'OTAN et qui a déjà abouti à la création de nombreuses bases militaires américaines en Europe, à la militarisation à outrance des pays membres, à imposer à leurs peuples des charges militaires écrasantes, à la remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest.

 

Le Marché commun constitue en fait un grave danger pour l'économie nationale des pays les plus faibles et une menace non moins grave pour les travailleurs de l'ensemble de ces pays.

 

Contrairement à ce qu'en disent les promoteurs, le Marché commun ne fait pas disparaître les contradictions internes du régime capitaliste. Ces contradictions s'expriment déjà dans notre pays par les craintes exprimées par certains dirigeants d'industries ou d'entreprises menacées par la concurrence d'industries similaires d'autres pays du Marché commun mieux placés qu'eux. Le Marché commun ne peut favoriser le développement économique dans tous les pays intéressés, il ne peut aboutir qu'à l'hégémonie des capitalistes et des monopoles les plus puissants, en l'occurrence les monopoles allemands étroitement associés aux monopoles américains.

 

Le renforcement des monopoles signifie également une domination plus grande des capitalistes sur l'État et l'utilisation de l'appareil de cet État contre les libertés et les droits de la classe ouvrière. Le Marché commun prévoit la libre circulation des travailleurs dans les six pays intéressés. On nous présente cela comme une grande conquête dans la voie de la liberté, une espèce de préface à la suppression des frontières. La vérité est beaucoup plus prosaïque.

 Pour s'opposer aux revendications de la classe ouvrière, pour réduire les salaires réels, imposer de longues journées de travail et des conditions de travail toujours plus dures, les capitalistes ont besoin d'une armée de réserve de chômeurs. La soi-disant libre circulation des travailleurs leur permettra d'utiliser à leur gré cette armée, de la transporter d'un pays à l'autre suivant les besoins.

 

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs, tous ceux qui veulent cacher les véritables buts du Marché commun affirment que les salaires et conditions sociales seront nivelés par le haut. Mais comme le rappelait le camarade Di Vittorio, c'est au contraire vers le niveau le plus bas que s'orientent les capitalistes de tous les pays. Chez nous, bien avant que le Marché commun ait été voté par le Parlement, les patrons répondaient aux demandes d'augmentation des salaires formulées par les syndicats par la nécessité de faire face à la concurrence dans le futur marché et faisaient peser la menace du chômage.

 

 

Voilà plus de trente ans, nous avons connu des discussions qui s'apparentent à celles d'aujourd'hui. Elles se déroulaient à propos d'une conception émise alors dans certains milieux ouvriers sur les États-Unis d'Europe. Elle s'était terminée par la confusion de ses protagonistes à qui il avait été facile de démontrer qu'il n'était guère possible de développer une discussion sur ce sujet sans s'occuper de ce que pourraient être ces États-Unis d'Europe, ou capitalistes ou socialistes. Dans le premier cas, il n'est pas possible de concevoir que puissent être surmontées les contradictions internes du régime capitaliste.

Il est possible, disions-nous à ce moment-là, que les capitalistes de différents pays essaient de surmonter leurs difficultés croissantes en organisant des ententes, dans le genre de celle du Marché commun. Elles ne peuvent aboutir à un progrès social et économique quelconque, mais au renforcement des monopoles et si, dans un cadre limité, ces monopoles peuvent ainsi atténuer momentanément certaines contradictions, ces contradictions sont reportées à une échelle plus élevée, à l'échelle internationale.

 

Dans les organismes du Marché commun, les monopoles et leurs gouvernements ont réservé une place aux représentants des syndicats, pas tous les syndicats mais ceux qui soutiennent ce Marché, ce qui indique qu'ils ne tiennent pas du tout à voir dans leurs doctes assemblées des représentants authentiques de la classe ouvrière dénoncer leurs manigances et informer les travailleurs de la réalité des choses. Eux-mêmes, les représentants des syndicats admis, se plaignent qu'on ne leur offre qu'un strapontin. Mais les monopoles n'ont besoin de représentants ouvriers dans leurs entreprises de brigandage que pour donner le change, pour servir de paravent et non pour autre chose.

Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que dans le Marché commun, dans cette assemblée de rapaces, les monopoles s'embarrasseront des avis des représentants des syndicats.

Chez nous, les dirigeants social-démocrates de droite, ainsi que les dirigeants réformistes et les partisans de la collaboration des classes dans les syndicats présentent le Marché commun comme une tranche de socialisme.

Nous, nous sommes convaincus de la nécessité impérieuse pour les travailleurs et les syndicats des six pays du Marché commun de s'unir pour se défendre ensemble contre les menaces nouvelles qui pèsent sur eux du fait de ce marché.

Mais nous ne nourrissons pas de l'illusion dangereuse de domestiquer cette machine infernale forgée par les monopoles sur l'initiative des impérialistes américains qu'est le Marché commun.

 

L'intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu'il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation. Nous ne nous inclinons pas devant le fait accompli. Nous savons qu'une partie du peuple de France, trompé ou mal informé, réagira contre les conséquences inévitables de ce Marché commun.

En tout cas, la CGT française poursuivra sa lutte, non seulement avec la classe ouvrière, mais en s'appuyant sur toutes les forces nationales qui veulent sauvegarder l'indépendance de notre pays et assurer un développement de son économie nationale. »

 

60 ans après, les travailleurs ont fait l'expérience que tout ce qui était indiqué dans ce discours de Frachon s'est réalisé : concurrence généralisée entre les travailleurs, délocalisations et dégradation des conditions de vie populaires, renforcement des monopoles sous la houlette du capital allemand et affaiblissement des pays les plus faibles, mise en cause de l'indépendance et du développement nationale, ancrage dans le bloc américain et menaces pour la paix mondiale, collaboration des organisations syndicales réformistes vantant «l'Europe sociale », aberration du mot d'ordre des états-unis d'Europe entre pays capitalistes, nécessité de lutter contre la construction européenne elle-même et de renforcer l'unité en ce sens afin de construire « l’évolution de la société vers le socialisme, vers une véritable collaboration fraternelle des peuples »

 

La clairvoyance d'un dirigeant comme Benoît Frachon ne tient pas à un quelconque don divinatoire.

C'est que Benoît Frachon fonde son appréciation à partir d'une conception de classe, du point de vue des intérêts des travailleurs et de la nation, totalement imperméable aux arguments sucrés mais mensongers des promoteurs de l'opération « Europe ».

 

Instruits par l'expérience, les peuples rejettent de plus en plus cette construction bâtie contre eux. Il est plus que temps que le mouvement syndical et la CGT en particulier désertent  l'illusion d'une possible « Europe sociale » pour donner une réelle perspective et une réelle efficacité aux combats revendicatifs et aux reconquêtes sociales qui pour l'essentiel se heurtent au verrou des traités européens.

 

Pour conclure, laissons à nouveau la parole à Benoit Frachon, s'exprimant cette fois dans les colonnes du journal l’Humanité en février 1962 : « Dans tous les pays du Marché commun, l’Etat fait corps avec les monopoles et met à leur service le pouvoir politique. Comme on le voit, le Marché commun n’est pas ce qu’en disent en général ses promoteurs, un moyen d’améliorer le niveau de vie général des populations. C’est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. L’habilité des capitalistes est d’avoir obtenu de certains dirigeants réformistes, qui siègent sur des strapontins au Marché commun, qu’ils couvrent leur marchandise. »

 

Front Syndical de classe, 22 mars 2017

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 15:09

Les élections législatives espagnoles ont eu lieu dimanche 26 juin, après des mois d'impasse politique, alors qu'aucun parti n'était en mesure de former un gouvernement suite aux élections de décembre. Les sondages prédisaient la progression de la coalition de la gauche radicale Unidos Podemos (UP , alliance de Podemos et de Izquierda Unida) et un important recul des partis traditionnels de l'establishment. Le parti conservateur PP arrive finalement premier, le PSOE (centre gauche) en seconde place, légèrement devant UP.

Les pourcentages et la répartition des sièges n'ont pas fondamentalement changé depuis les élections de décembre 2015. Unidos Podemos garde le même nombre de députés, et perd plus d'un million de voix. La participation globale baisse de 3,3 %, soit 1,2 million de votants en moins.

 

Résultats détaillés

Partis

Juin 2016

Décembre 2015

PP

33.03% - 137 sièges

28.71 % - 123 sièges

PSOE

22.66% - 86 sièges

22% - 90 sièges

Unidos Podemos

21.1% - 71 sièges

24.49% - 71 sièges

Ciudadanos

13.05% - 32 sièges

13.94% - 40 sièges

ERC (centre-gauche catalan)

2.63% - 9  sièges

 

CDC (droite catalane)

2.01% - 8  sièges

 

PNV (droite basque)

1.22% - 5  sièges

 

Bildu (gauche basque)

0.78% - 2  sièges

 

 

Stagnation de Unidos Podemos

La stagnation de UP a été source de déception et de démoralisation auprès des militants, mais l'important est de comprendre les causes de ce résultat en demi-teinte. Il faut noter en premier lieu que la campagne a été assez mal menée. Toute l'activité de UP ces derniers mois s'est focalisée sur le terrain électoral et parlementaire et peu de meetings se sont tenus. La dernière mobilisation remonte à janvier 2015, lors d'une énorme manifestation appelée par Podemos à Madrid.

D'autre part, la campagne n'était pas assez radicale et peu attrayante. Le programme électoral a été édulcoré depuis décembre. En début de campagne, UP a cherché le soutien des électeurs du PSOE en jouant sur leur propre terrain, Pablo Iglesias affirmant notamment vouloir une « nouvelle démocratie sociale ». En se positionnant comme le parti de « la patrie, la loi et le travail » UP a délibérément cherché à convaincre les électeurs les plus modérés, mais ce genre de langage a eu pour conséquence de démobiliser une partie de son électorat de gauche.

À la différence de celle de décembre, la campagne fut complètement déconnectée des luttes qui ont été à l'origine de Podemos (Mouvement 15M, campagnes anti-austérité, mouvement contre les expulsions locatives). Ces questions n'ont figuré dans aucune des vidéos électorales, et n'ont été que rarement mentionnées lors des débats.

La fin de la campagne a cependant témoigné d'une radicalisation du message et d'un certain enthousiasme, particulièrement lors du tout dernier meeting, à Madrid, où Pablo Iglesias a tenu un discours offensif et clairement marqué à gauche, faisant appel aux traditions de la lutte des classes. Le problème est que cet enthousiasme n'a pas dépassé le cadre des personnes assistants aux meetings et n'a pas touché le grand public.

D'autres facteurs, plus circonstanciels ont également joué. Ces élections se sont tenues fin juin, durant un week-end qui est férié dans plusieurs régions espagnoles, ce qui a démobilisé une partie de l'électorat, en particulier chez les jeunes et les citadins, qui constituent la base de l'électorat de UP. De nombreuses personnes parmi les couches les moins politisées étaient par ailleurs fatiguées après des mois d'impasse politique, une campagne électorale paresseuse et le triomphalisme des dirigeants d'UP qui étaient rendus exagérément confiants dans leurs résultats par les sondages. Ces multiples facteurs n'aidèrent pas les électeurs les moins convaincus à se déplacer.

Si les attaques politiques à l'encontre de Unidos Podemos ont eu un certain impact parmi une couche d'électeurs, c’est à cause du contexte général d'une campagne plate et modérée (Monedero, ancien dirigeant de Podemos, expliquait que les débats manquaient de « mordant »). Les dirigeants de Podemos (mais pas tellement ceux de Izquierda Unida) se montrèrent réticents à expliquer leurs positions sur le Venezuela, et évitèrent toutes les questions concernant la Grèce et le sort du gouvernement Syriza. Aidée par une offensive massive des médias, la droite a utilisé la question du Venezuela comme un écran de fumée. Il aurait fallu être en mesure d'expliquer les aspects positifs de la révolution bolivarienne, les raisons pour lesquelles il faut la défendre et le caractère putschiste de l'opposition. Concernant la Grèce, le problème principal est que les dirigeants de Podemos ont exactement le même programme que celui défendu par Tsipras en janvier 2015. Contre l'idée selon laquelle ce programme mène inévitablement à la capitulation et à l’austérité, leur unique — et faible — argument est d'affirmer que « l'Espagne est plus forte que la Grèce, et a donc davantage d'influence vis-à-vis de la Troïka, ce qui lui permettrait de renégocier ses engagements à réduire ses déficits ».

Si les résultats de Unidos Podemos peuvent paraître décevants, ceux-ci doivent toutefois être remis dans un contexte plus général, où depuis 40 ans, aucun autre parti à la gauche du PSOE n'avait recueilli un tel résultat : 5 millions de votes et 71 sièges. Le meilleur résultat précédent était à l'actif du parti communiste en 1979, quand il obtint 10 % des suffrages et 21 sièges.

Le PSOE se maintient, Ciudadanos s'effrite et le PP se renforce

Tous les sondages annonçaient le rapide déclin du PSOE, à l'image des autres partis sociaux-démocrates européens. Mais en perdant 120 000 votes et 5 sièges, le PSOE a réussi à se maintenir à la deuxième place et à garder le même pourcentage qu'en décembre, ce qui était son objectif. Il conserve ses électeurs dans les petites villes et les régions rurales, et parmi les personnes âgées. D'autre part, ses allégations que la formation d'un gouvernement de gauche après décembre a été entravé par Podemos, même si elles sont fausses, semblent avoir eu un impact parmi ses soutiens traditionnels.

Il faut prendre en compte les spécificités de la situation politique espagnole. Malgré une crise économique et sociale importante, la classe dirigeante a su maintenir un gouvernement stable entre 2011 et 2015, le PP jouissant d'une majorité absolue. Ce qui signifie que les autres partis, notamment le PSOE, n'ont pas eu l'occasion d'être mis à l'épreuve, tandis que le mécontentement se concentrait majoritairement contre le PP. Le PSOE n'a eu à mettre en place une politique d’austérité qu'une seule année, sous le gouvernement Zapatero (2010-2011). Ceci contraste avec le PASOK qui a été seul maître d’œuvre de l’austérité sur une plus longue période en Grèce, avant de continuer en s'alliant avec les conservateurs.

Les cinq années de gouvernement PP majoritaire ont créé les conditions d'un développement inégal et combiné des consciences. Une large part de la jeunesse citadine et des travailleurs entrés dans les luttes massives de 2011-2014 en sont arrivés à la conclusion que seul un changement radical était en mesure de régler les problèmes de la société, et se sont ralliés derrière UP. Il existe cependant une couche plus conservatrice parmi les travailleurs qui croit encore que le problème fondamental vient du PP, et que le PSOE peut incarner une alternative modérée à la situation actuelle. La panique générée par le Brexit n'a fait que renforcer les attitudes conservatrices de ces derniers. Comme nous l'avons déjà souligné, le Brexit aura des conséquences réactionnaires (du moins à court terme) pas uniquement au Royaume-Uni, mais à travers toute l'Europe.

Le succès du PP, qui gagne 5 % soit 1,3 million de votants par rapport à décembre, et le déclin relatif de Cuidadanos, qui perd 400 000 votes et 8 sièges, n'est pas difficile à analyser. La progression de UP, amplifiée par les sondages, a poussé une grande partie des électeurs de droite et du centre dans les bras du PP, principale force de la réaction en Espagne. Malgré la corruption avérée du PP, touché chaque semaine par de nouveaux scandales, il a été capable de rallier dernière lui toutes les couches conservatrices de la société. Ciudadanos ne propose rien de fondamentalement différent du PP et n'est pas perçu comme une force de droite fiable. Il a perdu son attrait auprès des électeurs conservateurs dont la principale préoccupation était de faire barrage à UP.

Négociations pour un nouveau gouvernement

Un gouvernement PP-Cuidadanos semble probable. Aucun parti ne souhaite de nouvelles élections, pas plus que les masses. Et, quoique compliquées, les négociations aboutiront certainement à un gouvernement bourgeois. Le PP et Cuidadanos ont 169 sièges, avec le soutien de PNV et de la Coalition des îles Canaries, il leur suffira d'une abstention pour obtenir une courte majorité et former un gouvernement. Celui-ci devra immédiatement mettre en place une politique de coupe budgétaire drastique pour répondre aux exigences de l'UE (8 milliards d'euros de coupe pour cette année et les suivantes), et s'attirera rapidement la haine des masses. Cette victoire est un cadeau empoisonné pour la bourgeoisie, qui préparera le terrain pour une radicalisation dans la prochaine période. Il faut s'attendre à voir de nouvelles mobilisations de masse dans les rues et des luttes se multiplier dans les entreprises. Dans ce contexte, UP pourra poursuivre son ascension s’il arrive à jouer son rôle oppositionnel de façon intelligente.

Rajoy a immédiatement annoncé qu'il appelait une alliance avec le PSOE pour former un gouvernement de coalition particulièrement stable, qui compterait 254 sièges s'il comprend Cuidadanos (176 sièges constituant une majorité absolue). Cette option permettrait au PP de partager la responsabilité de la mise en place de la politique d’austérité, mais serait le début de la fin pour le PSOE. Ce dernier préférerait s'abstenir sur le vote du gouvernement, autorisant ainsi la création d'un gouvernement PP-Cuidadanos tout en restant extérieur. Une grande coalition serait dangereuse pour les partis bourgeois, car elle laisserait UP seul parti d'opposition, préparant son essor dans la période à venir.

Un gouvernement de gauche semble improbable, UP aura des conditions que le PSOE jugera intenables. Un tel gouvernement aura en outre besoin du soutien des partis régionalistes pour obtenir une majorité, et ceux-ci sont particulièrement hostiles à l'idée d'une alliance avec UP. De plus, ils réclament la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Catalogne, ce qui est complètement exclu pour le PSOE.

Les conséquences pour la gauche

Ces résultats auront des conséquences internes pour UP. Ces derniers mois ont été source de tensions entre Íñigo Errejón (secrétaire politique) et Pablo Iglesias (secrétaire général) concernant l'alliance avec Izquierda Unida. Pendant longtemps, l'idée qui a dominé les rangs de Podemos, défendue par Errejón, est que le parti n'était « ni de droite ni de gauche », et qu'il fallait édulcorer son discours pour être plus rassembleur. Errejón a résisté aux alliances avec IU. Cette tendance au sein de Podemos a été battue après l'accord passé au printemps avec IU. Le soir des élections, dans une conférence de presse, Iglesias a affirmé catégoriquement qu'il ne regrettait pas l'alliance avec IU et qu'il continuerait à la défendre.

Mais le lendemain, la tendance d'Errejón avait déjà publié une déclaration virulente pour s'opposer à Pablo Iglesias, remettant ouvertement en cause l'alliance avec IU et s'attaquant à Monedero pour avoir décrit dans un article que la campagne manquait de « mordant », qu'elle proposait des « discours creux » et que Podemos souffrait d'un manque de mobilisation populaire et avait besoin de retourner dans les rues. Du coté de IU, ceux qui s'opposent à l'alliance au sein de l'UP vont eux aussi repasser à l'offensive et renforcer leurs critiques.

Les marxistes doivent défendre l'alliance entre Podemos et Izquierda Unida, qui n'est pas la cause de ces mauvais résultats. Les divisions parmi la gauche et le sectarisme parmi les militants des différents partis doivent être évités à tout prix. Ces mauvais résultats seront analysés par certains comme une preuve que le programme de UP était « trop radical », et qu'il faut à présent le modérer. Mais cela ne ferait que décevoir les soutiens les plus fervents de UP et accentuer les hésitations parmi ceux oscillant entre le PSOE et UP. Unidos Podemos doit au contraire retourner à ses racines en terme de participation de masse (ce qui n'est possible qu'avec des structures démocratiques) et renouer avec un programme radical d'opposition au régime.

En période de crise et sous un nouveau gouvernement PP, UP peut continuer sa progression en expliquant patiemment que les partis de la bourgeoisie n'ont pas de solution aux problèmes actuels, et que la seule voie à suivre est une transformation profonde de la société sous un gouvernement de la gauche radicale. En tant que marxistes, nous insistons sur le fait qu'un tel programme ne peut être mis en œuvre dans les limites du capitalisme. Pour mettre fin aux mesures d’austérité à travers toute l’Europe, il est urgent d'exproprier les ressources de la classe capitaliste afin de les placer sous le contrôle démocratique de l'ensemble de la société, non d'une infime partie de privilégiés.

 

http://www.marxiste.org/international/europe/espagne/2028-les-elections-espagnoles-un-cadeau-empoisonne-pour-la-classe-dirigeante

 

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:19

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/30/31002-20160630ARTFIG00290-brexit-vingt-intellectuels-eurocritiques-lancent-un-appel-pour-un-nouveau-traite.php

La vision économique de long terme de l’union européenne rend dérisoire l’espoir de renégocier les traités européens affiché par « vingt intellectuels eurocritiques ». Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit «TSCG» de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels eurosceptiques » qui ont signé ce manifeste.

La critique est portée ici du strict point de vue historique qui relève de ma compétence.

 

1° Je suis stupéfaite que certains de ces signataires, que je croyais très bien informés de l’histoire vraie de l’union européenne, érigent en modèle la renégociation de « la conférence de Messine » de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a[urait] permis de remettre la construction européenne sur les rails ».

Ladite conférence se tint sous la stricte injonction de Washington, avec l’active contribution, selon la tradition, de ses purs et simples instruments, parmi lesquels Jean Monnet et Paul-Henri Spaak. Elle ouvrit sur une nouvelle étape majeure de la constitution de l’Europe germano-américaine, le marché commun, qui faisait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) dont le « père de l’Europe » Robert Schuman s’était fait l’initiateur officiel. La réalité est différente, comme je le démontre notamment dans Aux origines du carcan européen, 1900-1960, dont l’édition augmentée vient de paraître.

Ce marché commun chemina, sans la « dérive » ici alléguée, vers l’union-carcan dont les hauts fonctionnaires français avaient révélé, avec une précision redoutable dès 1950-1953 (cette dernière date étant celle de la mise en œuvre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), tous les aspects, parmi lesquels l’impitoyable « dumping social ». Ladite « Europe » avait déjà, à l’époque du retour de De Gaulle aux affaires (1958), un aspect sinistre, marqué par la surproduction et les crises récurrentes (dont témoignait la fermeture des mines de charbon entamée par celles de France et de Belgique), décrit dans le même ouvrage.

Dans le 13e et dernier chapitre d’Une comédie des erreurs, 1943-1956, Souvenirs et réflexions sur une étape de la construction européenne, Paris, Plon, 1983, « L’étouffement », p. 499-523, l’ambassadeur de France à Londres René Massigli dressa un tableau effarant de cette session. Elle fut animée, en apparence, par les pions « européens » de Washington, déjà cités, sans oublier les autres, dont Pinay, Hallstein, Adenauer et Beyen; en réalité par le tandem Département d’État-CIA, sous la houlette respective des deux frères Dulles, John Foster et Allen, partenaires essentiels de Sullivan & Cromwell, plus gros cabinet américain d’affaires internationales, lié à la finance allemande depuis le tournant du 19e siècle.

Notons, au cas où on serait tenté de taxer l’intéressé de subversion ou de « nationalisme », que Massigli n’avait pas incarné la résistance au tuteur étranger, et qu’il se voulait « européen ». Cet ancien champion de l’Apaisement de l’entre-deux-guerres, artisan majeur des accords de Munich comme directeur des Affaires politiques du Quai d’Orsay (voir l’index du Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010), avait fini en 1943 par se rallier à de Gaulle. Ralliement tardif et fort contraint : les archives américaines le montrent littéralement agenouillé devant Washington et quotidiennement disposé, à Alger, en 1943-1944, à lâcher de Gaulle auquel il reproche une résistance très excessive aux exigences américaines. Allen Dulles, patron Europe de l’OSS (qui précéda la CIA) établi depuis novembre 1942 à Berne, avait alors déjà gagné, auprès de Robert Murphy, délégué de Roosevelt depuis décembre 1940 au débarquement en Afrique du Nord « française », ses galons de maître et de bailleur de fonds des « Européens » : c’est-à-dire des « élites » de la société acquises à la mainmise des États-Unis sur le continent européen après l’avoir été, le plus souvent, depuis les années 1930, à la mainmise allemande (sur ces noms, voir l’index de l’ouvrage Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016).

De l’origine américaine de cette mythique « conférence de Messine », il n’est pas question dans le manifeste des « vingt intellectuels eurocritiques ». Omission surprenante qui se maintient dans les deux autres points abordés.

 

2° La séduisante revendication de la renonciation au « modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur approchant les 10 % du PIB) […] intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud » équivaut, compte tenu de l’histoire réelle de l’union européenne, à la demande polie et vaine, adressée aux États-Unis et à l’Allemagne d’abandonner purement et simplement ladite union, leur créature. Autant vaudrait demander à une association bancaire de s’auto-transformer en entreprise de bonnes œuvres, pour réaliser la fameuse « Europe sociale » qu’on nous vante chaque jour. Cette revendication est aussi sidérante que celle d’un renouvellement de « la conférence de Messine » puisque l’objectif de l’union européenne a été précisément réalisé : nous bénéficions de son succès depuis bientôt plus de soixante ans, il faut le reconnaître, avec une intensité démultipliée par la destruction de la zone d’influence soviétique muée en zone américaine depuis 25 ans.

« Dérive », vraiment?, par rapport au propos d’un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay de février 1950 (avant le fameux discours de Robert Schuman du 9 mai, donc), annonçant les effets imminents de « la pression du chômage sur le niveau des salaires [européens]. Or, il ne peut y avoir harmonisation des salaires et des charges sociales [...] que par le jeu de l’offre et de la demande et elle se fera au niveau le plus bas. C’est bien là une des raisons pour lesquelles le Conseil national du patronat français se prononce en faveur de la libération des échanges et des Unions régionales : il y voit un moyen de réduire les prétentions des salariés lors des prochaines négociations des conventions collectives. » (Note du Service de Coopération économique (SCE), 10 février 1950, CE, 56, archives du ministère des Affaires étrangères, plus longuement citée dans Aux origines du carcan européen, p. 116-117). (Le Conseil national du patronat français succéda, en 1946, à la Confédération générale de la Production française devenue en juillet 1936 Confédération générale du patronat français, et précéda le MEDEF).

Les exigences historiques et actuelles des États-Unis à l’égard de cet énorme marché unifié et non protégé de leurs marchandises et de leurs capitaux n’ont pas non plus, dans ce deuxième point du manifeste, été prises en compte.

 

3° Le « dialogue avec la Russie, pays européen indispensable pour l’établissement d'une sécurité dont toutes nos nations ont besoin », etc., est-il compatible avec le maintien de l’union européenne dans l’OTAN, institution dont l’origine se confond strictement avec l’histoire de l’encerclement de l’URSS. Les États-Unis combattaient d’ailleurs la Russie depuis les débuts de l’ère impérialiste, plus de 20 ans avant 1917. L’a démontré l’un des deux pères fondateurs du courant historiographique américain dit « révisionniste » (courant scientifique sans rapport avec les « révisionnistes » français, simples « négationnistes » des chambres à gaz), William Appleman Williams. Sa thèse universitaire (Ph.D.) American Russian Relations, 1781-1947, New York, Rinehart & C°, 1952, a montré que le jeune impérialisme américain, soucieux de contrôler, entre autres, le sort de la Chine, avait jugé insupportable l’expansion de son (assez faible) rival russe, qui revendiquait participation au contrôle des transports ferroviaires de la Chine: « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ».

On trouvera maintes références sur la vieille obsession antirusse des impérialismes américain et allemand et sur leur agressivité, dimension militaire incluse, envers l’empire russe puis l’URSS dans les références suivantes : « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique » (http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-1944-du, juin 2014), et dans « L’apport des “guerres de Staline” de Geoffrey Roberts à l’histoire de l’URSS : acquis et débats », préface à l’ouvrage de Geoffrey Roberts, Les guerres de Staline, Paris, Delga, 2014, p. I-XXXIV.

Ceux qui seraient tentés de balayer d’un revers de main les références fournies par l’universitaire sérieuse que je suis pourront constater que je les emprunte soit aux archives originales soit aux travaux historiques américains accumulés depuis des décennies. Ce travail, notons-le, qualifie les pratiques de la « soviétologue » de Rennes 2, Cécile Vaissié, qui met en cause l’« universitaire retraitée et militante au PRCF » Annie Lacroix-Riz dans Les réseaux du Kremlin en France. Le lecteur pourra juger du manque de sérieux de la documentation de ce récent ouvrage assuré d’un énorme écho médiatique, phénomène qui démontre le caractère plus que jamais actuel de mon livre de 2012, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises.

 

Une « union européenne » à direction germano-américaine bien disposée envers la Russie, vraiment? Qu’est-il arrivé à certains, au moins, des « vingt intellectuels eurocritiques » qu’on avait pris pour des observateurs sérieux du « carcan » réservé de longue date aux « Européens » non détenteurs de profits monopolistes? Leurs « vœux pieux » européens traduisent-ils une nostalgie pour le « baiser Lamourette » de juillet 1792 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser_Lamourette )?

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 12:22

Beaucoup de militants se sont alarmés du silence de la CES durant notre long et durable mouvement contre la loi travail !

Cette préoccupation a trouvé un écho à la réunion CGT des fédérations le 1er juillet dernier.

En effet :

 

" Plusieurs fédérations interpellent fortement concernant la CES, son inaction, son manque d’expression concernant la situation et le conflit en France mais aussi en Belgique. De plus, c’est de partout que l’austérité fait ses dégâts. Il est demandé que la CGT pèse de tout son poids pour qu’a minima il y ait une expression claire de la CES, l’idéal aurait été une initiative européenne."

 

Dans l'esprit des auteurs de ces réflexions il suffirait donc que de l'intérieur la CGT hausse le ton pour que la CES ait une claire expression et organise la lutte à l'échelle européenne.

On retrouve une analyse parallèle dans l'idée que les divergences de la CGT (ainsi que de FO) et de la CFDT appartenant toutes à la CES auraient également contraint cette dernière au silence.

En quelque sorte pour ne fâcher personne !

Mais les raisons fondamentales de ce silence et de cette inaction résident-elles dans ces explications avancées pour en fait contourner les motivations essentielles du comportement de la CES ?

Et ne pas s'avouer que le problème est bien plus profond ?

Car il y a une donnée qui a été largement été ignorée durant tout le conflit : c'est que le cœur de la loi concernant l'inversion de la hiérarchie des normes correspond aux recommandations du Conseil européen qui spécifie dans ses recommandations concernant la France le 18 mai 2016 :

" Les réformes menées récemment n'ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela concerne tous les aspects des conditions d'emploi, notamment les salaires, le temps de travail et les conditions de travail, et limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins …".

La loi El Khomri trouve donc incontestablement sa source dans les orientations européennes au nom de la compétitivité des entreprises, de la concurrence internationale, des "exigences" de la flexibilité du marché du travail ...

 

Or la CES est avant tout une institution dépendante financièrement et politiquement des institutions européennes.

Elle n'a donc ni l'indépendance organisationnelle, ni financière, ni politique et idéologique de s'opposer de front à des recommandations et directives européennes.

Et les divergences entre organisations de la CES ne l'ont pas empêché de prendre position ouvertement contre les dirigeants grecs au moment du referendum contre la politique d'austérité de la Troïka.

Mais là bien sûr il s'agissait d'agir en faveur de l'Union européenne, de ses dirigeants et de la banque Centrale européenne contre les choix du peuple grec.

C'est là que résident les vrais raisons du silence de la CES à propos de notre mouvement !

La CES est une instance de l''UE et c'est pour cela que la CES a toujours été du mauvais côté de la barricade. Les précédents sont légions comme en 2003 lors du conflit sur les retraites en France et en Italie pour laquelle la CES ne fit pas la moindre déclaration, préférant en pleine lutte inviter à son congrès Giscard d’Estaing venu vendre la constitution européenne sous les hourras, constitution pour laquelle la CES appellera à voter oui en 2005…

Continuer de prétendre qu'en élevant le niveau d'intervention de la CGT dans la CES on va pouvoir réorienter cette organisation dans le sens des luttes et de l'intérêt des travailleurs, c'est ne pas faire le bilan de près de 20 ans d'adhésion.

C'est ignorer que parmi les principaux motifs évoqués à l'époque pour justifier l'adhésion figurait en bonne place l'idée que la seule présence de la CGT dans la CES allait en quelque sorte "gauchir" ses orientations et la transformer en structure de combat.

Et c'est ignorer qu'il n'en n'a rien été !

Cette illusion entretenue pour justifier le maintien dans une organisation totalement dépendante des objectifs et des intérêts de l'oligarchie est de la même nature que l'illusion de "l'Europe sociale "invoquée depuis des décades sans le moindre commencement d'amorce de début de réalisation !

Et pour cause : la construction européenne et ses traités sont les instruments de la domination sans partage de l'oligarchie et de la mise en œuvre des ses projets !

Les structures syndicales mises en place dans les années 1970-1980 correspondent non pas à la nécessité d'organiser et de coordonner les luttes des travailleurs européens mais à celle de les contrôler, de les subordonner aux intérêts de l'oligarchie et des grandes entreprises, d'accompagner la crise du capitalisme sans risques pour la domination patronale par la "concertation," le "dialogue social" …, la collaboration de classe quoi !

Dans les années 90, les forces réactionnaires et social-démocrates ont mis à profit le désarroi dans le monde ouvrier et salarial qui a résulté à la fois de la désindustrialisation et du chômage massif et de l'effondrement des pays socialistes.

Pour présenter le marché capitaliste comme la seule réalité crédible et efficace face à toute visée de changement de société.

Pour tenter d'intégrer à leur vision … et à leurs intérêts jusque et y compris les forces et les organisations qui jusque là s'étaient opposé à leurs prétentions.

Pour eux c'était la fin de l'Histoire et des projets transformateurs des forces révolutionnaires, de la classe ouvrière.

Dans le mouvement syndical européen c'est à ce projet que la CES a servi et continue de servir !

La réalité de la lutte des classes plus forte que jamais

Sauf que les réalités de la crise systémique du capitalisme, les réalités de l'exploitation, de la misère et de l'aggravation des inégalités, celles de la crise de l'Union européenne elle-même ont balayé et ringardisé ce discours.

Ce qui existe en profondeur ce n'est pas l'entente cordiale avec le patronat, mais le rapport de forces, la lutte des classes pour le salaire, pour l'emploi, pour les garanties sociales, pour le respect du Code du travail et des conquis historiques.

Et dans ce combat, les travailleurs, la classe ouvrière doivent conforter les organisations réellement indépendantes des structures patronales et des institutions sous leur contrôle ou en phase avec leurs intérêts de classe.

Il est donc plus que temps de tirer un véritable bilan de près de 20 ans d'appartenance de la CGT à la CES.

En se dégageant des illusions de l'Europe sociale et de la possibilité d'une réorientation positive de la CES.

La nécessaire coordination, entente de lutte entre les travailleurs du continent européen ne passe pas par la CES mais par celle de leurs organisations nationales.

Cela est si vrai que dans le mouvement actuel contre la loi travail qui frappe tous les travailleurs européens les seuls démarches de solidarité proprement européennes ont bel et bien émanés de syndicats eux-mêmes engagés dans cette lutte comme c'est le cas du syndicat belge FGTB.

 

L'alternative Fédération Syndicale Mondiale

 

L'existence de la FSM est une réalité forte : plusieurs dizaines de millions d'adhérents.


Déjà d'importantes fédérations CGT y ont leur place comme l'agro-alimentaire et la fédération de la chimie, ainsi que des dizaines de syndicats.

Le prochain congrès se déroule à Durban (Afrique du Sud) du 5 au 8 octobre.

Rien n'empêche donc la confédération en tant que telle de prendre langue dans un premier temps par exemple justement à l'occasion de ce congrès.

A moins que la CES et Confédération Syndicale Internationale (CSI) issue de la lutte anti-communiste durant la guerre froide n'y oppose leur veto et/ou prétendent à l'appartenance exclusive.

Ce qui renvoie au choix confédéral et à l'affirmation de son indépendance à l'égard de toute force extérieure à l'organisation elle-même !

D'autant que la FSM elle, a manifesté sa solidarité à l''égard de notre mouvement à plusieurs reprises et que son secrétaire général, le grec, Georges Mavrikos est intervenu en personne à Marseille devant plusieurs dizaines de milliers de manifestants, comme l'indique la Marseillaise qui a retranscrit son discours dans son édition du 2 juin dernier.

Dans le combat contre la loi travail la CGT et ses bases combatives ont su montrer le chemin de l'issue pour le monde du travail. La cohérence exige d'aller au bout de cette démarche et de renouer radicalement avec la critique du rôle de l'Union européenne et du marché commun et de ses conséquences prévisibles formulées avec prescience par un Benoît Frachon dès 1957 *.

En en tirant toutes les conséquences !

Car c'est de cohérence d'une orientation et d'une stratégie qu'il s'agit !

 

Le Front syndical de Classe

9 juillet 2016

 

 

* (Benoit Frachon, Au rythme des jours)

 

Le Marché commun n’a pas et ne pouvait pas aboutir à l’amélioration de la situation de la classe ouvrière. Il l’a aggravée. Le Marché commun, sous le signe des monopoles, ne pouvait pas ne pas aboutir à ce que ces derniers dominent de plus en plus l’Etat dans chacun de ses pays où tous les gouvernements exécutent désormais fidèlement leur politique.

La domination des monopoles qui a abouti, dans tous les pays du Marché commun, à l’installation de gouvernements à leur dévotion, est une menace permanente pour les libertés ouvrières et démocratiques.

Nous le disons très franchement aux militants des organisations qui participent aux institutions du Marché Commun, nous n’avons aucune confiance dans la possibilité de transformer ces organismes, de les infléchir vers une politique différente.

Quelles que soient les modifications qui puissent leur être apportées, ils poursuivront leur politique actuelle aussi longtemps que les représentants des monopoles et les gouvernements à leur dévotion en seront les animateurs et les bénéficiaires. Nous nuirions à la collaboration fraternelle des peuples, nous retarderions l’union ouvrière pour le progrès, pour la liberté et la paix, si nous laissions croire un seul instant que dans l’Union européenne que les capitalistes veulent réaliser, il y a la moindre parcelle de cet internationalisme auquel aspirent les travailleurs. Nous devons au contraire démasquer leurs subterfuges et expliquer que les Etats-Unis d’Europe dont parlent d’abondance les représentants les plus typiques des monopoles, ne seraient qu’une simple association réactionnaire d’exploiteurs unissant leurs efforts pour maintenir les peuples sous leur domination, et empêcher l’évolution de la société vers le socialisme, vers une véritable collaboration fraternelle des peuples. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 11:59

par Alan Woods

 

Une version plus longue de cet article a été publiée en anglais sur marxist.com, le 24 juin 2016.

Le 23 juin 2016, le peuple de Grande-Bretagne a pris une décision historique. Après avoir fait partie de l’Union Européenne pendant 40 ans, il a voté pour lui tourner le dos. Cette décision a des conséquences immenses pour l’avenir de la Grande-Bretagne, de l’Europe et du monde.

Pourquoi ?

Les gens qui ont voté pour le « Leave » (Sortir) l’ont fait pour différentes raisons. Certaines progressistes et d’autres réactionnaires. La colère des anciennes communautés industrielles et minières du Nord, qui ont été condamnées à des années de déclin économique, de pertes d’emplois, de pauvreté et de marginalisation, était évidente. De telles communautés se sentent aliénées par une classe politique qui les dirige à distance depuis Westminster, et encore plus de la part d’une bureaucratie bruxelloise, éloignée et qui n’a rien fait pour elles.

L’argument du camp du « Remain » (Rester), prétendant que le fait d’être membre de l’UE signifie la prospérité et de meilleures conditions de vie pour tous, sonne creux pour beaucoup de gens vivant avec de bas salaires. Pour ces gens, la promesse de prospérité de l’UE était une imposture complète et une déception.

Pour ceux qui subissent la crise du capitalisme, le message de la campagne du « Remain » était perçu comme de l’autosatisfaction venant des politiciens professionnels bien nantis de la classe moyenne londonienne. C’était comme écouter le discours de gens vivant sur une autre planète et parlant un langage incompréhensible pour les gens ordinaires. Le fait que les députés du parti Travailliste – majoritairement blairistes – aient été choqués par le résultat montre à quel point ils ne comprennent pas la situation réelle en Grande-Bretagne. Et ces gens se considèrent eux-mêmes comme de grands réalistes !

Crise dans le parti conservateur

« Celui que les dieux veulent détruire, ils commencent par le rendre fou. » Cela pourrait être une épitaphe parfaite pour David Cameron et les dirigeants du parti Conservateur britannique. Des décennies de déclin peu glorieux ont réduit la Grande-Bretagne à une puissance de second rang à la périphérie de l’Europe. Cette vérité dérangeante n’a jamais été acceptée par l’aile droite du parti Conservateur, qui rêve de rétablir l’ancienne grandeur de la Grande-Bretagne. Quand Boris Johnson fanfaronnait fièrement que le 23 juin 2016 serait le « Jour de l’Indépendance de la Grande-Bretagne », cela montre à quel point ces gens sont éloignés de la réalité. Maintenant, la réalité est sur le point de leur donner une très sévère leçon.

La classe dirigeante britannique et ses représentants politiques d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec les anciens et prévoyants maîtres du monde. Ils sont ignorants, stupides et myopes. Dans ce sens, ils sont le reflet fidèle des banquiers et des capitalistes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et sont accrocs à la spéculation, au court terme et au parasitisme. Ceux-là, et non Bruxelles, sont les gens qui dirigent vraiment la Grande-Bretagne aujourd’hui et qui continueront à le faire demain.

Le dirigeant du parti Conservateur, M. Cameron, a de nombreux traits de la classe qu’il représente. Comme ses amis traders de la City, il semble être accroc au jeu. Mais tandis que ces derniers spéculent, en général, sur les actions et les capitaux, le dirigeant des Conservateurs pariait sur le référendum écossais et le gagnait de justesse. Maintenant, il a pris un plus gros pari sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’UE, et l’a perdu. Les conséquences pour la Grande-Bretagne et le parti Conservateur seront incalculables.

Les divisions dans le parti Conservateur

Les dirigeants en faveur du Brexit sont des réactionnaires de la pire espèce. Au mieux, ils représentent la tendance de droite traditionnelle du parti Conservateur, « Little Englander », qui a toujours été présente. Elle incarne les opinions et les préjugés de la base du parti Conservateur : les petits commerçants, les colonels à la retraite, les agents immobiliers et autres racailles réactionnaires qui, par le passé, étaient fermement tenus en laisse par la clique dirigeante des notables aristocratiques du parti Conservateur. Cette canaille chauvine et enragée a été relâchée par Margaret Thatcher, qui venait elle-même de ce milieu.

Tout comme la direction droitière du parti Travailliste au Parlement est déconnectée de sa base ouvrière, les dirigeants du parti Conservateur au Parlement – anciens élèves, respectables et bien établis, du Eton College, comme Cameron et Osborne – sont déconnectés de la base du parti qui vient d’une classe différente et a une psychologie différente.

Les dirigeants Conservateurs représentent les grandes banques et les monopoles de la City et posent un regard plein d’un mépris condescendant sur les fanatiques de droite de leur base. C’est une faille qui a été habilement exploitée par Michael Gove et Boris Johnson. Les gens comme Gove, des Thatchéristes de droites et des eurosceptiques, sont un reflet plus fidèle de l’opinion de la base et ont maintenu avec ferveur les principes droitiers de celle-ci.

Johnson et Gove ont nié à plusieurs reprises avoir l’ambition de remplacer Cameron en tant que Premier ministre, mais personne ne les croit. Après une campagne acharnée et intense, ramenée au plan personnel, les divisions demeureront et s’intensifieront. À un certain point, une scission ouverte dans le parti deviendra une possibilité très vraisemblable.

Nigel Farage

À l’extrême droite du mouvement pour le Brexit, on trouve Nigel Farage, le dirigeant de UKIP, qui a tenté pendant des années d’avancer ses positions xénophobes, anti-Europe et anti-immigration. Jusqu’à récemment, il était tenu à distance par les politiciens respectables. Mais la campagne du référendum sur l’appartenance à l’UE l’a mis au centre de la politique britannique, ce qui aura de sérieuses implications pour l’avenir.

Un peu plus d’une semaine avant le référendum, Farage dévoilait fièrement une gigantesque affiche montrant un grand nombre d’immigrants et de demandeurs d’asile – tous gens de couleur – assortis du slogan « point de rupture ». Cette démagogie raciste à peine voilée était une grossière tentative de détourner l'attention des travailleurs des causes réelles du chômage et de la crise du logement. Vous n’avez pas d’emploi ? Accusez les immigrants ! Vous n’avez pas de maison ? Accusez les immigrants ! La crise du système de santé ? Accusez les immigrants !

Nous avons ici toute la teneur de la campagne du Brexit. Tous les autres facteurs – la souveraineté, la démocratie, la fin de l’ingérence de Bruxelles – étaient entièrement secondaires comparés au principal message réactionnaire. Interrogé au sujet de l’affiche, Michael Gove a répondu : « quand j’ai vu ça, j’en ai frémi ».

Mais comme un journaliste TV lui a fait remarquer, un frisson est une réaction purement personnelle, qui n’a pas été suivie dans les faits sous la forme d’une condamnation publique. Ce petit incident montre bien la relation entre des gens comme Gove et Farage.

Bien sûr, il n’y a rien de nouveau par rapport à l’habituel et voilé message raciste colporté par UKIP. Mais il y a quelque chose de nouveau dans la façon dont ce poison, qui jusqu’ici était considéré comme inacceptable par les partis politiques traditionnels, est maintenant devenu acceptable. Quelque chose de pourri a été introduit dans la politique britannique.

Et maintenant ?

Le processus de séparation sera long et complexe, débutant par une période d'au moins deux ans de négociations sur les termes du « divorce ». Mais comme chacun sait, un divorce est généralement une expérience assez orageuse et amère.

Dans l'ensemble, le camp des opposants à l'UE avait une vision excessivement optimiste de la façon dont les choses tourneraient si la Grande-Bretagne votait pour son départ. Maintenant, nous allons être confrontés à la dure réalité de la position de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l'Europe.

La réaction des autres dirigeants européens à la décision britannique de quitter le navire sera composée d'un mélange de sidération, de colère et de ressentiment. L'idée que la Grande-Bretagne pourrait établir des relations amicales et propices à la coopération avec l'UE après l'avoir quittée est pure utopie. La réalité est qu'Angela Merkel et les autres dirigeants européens ne peuvent se permettre de faire la moindre faveur à la Grande-Bretagne, même s’ils en avaient envie – ce qui n'est certainement pas le cas.

Déjà, il y a de plus en plus de rapports indiquant une augmentation générale des sentiments eurosceptiques à travers tout le continent. D'après les sondages, l'opposition à l'UE est plus importante en France qu'en Grande-Bretagne. Marine Le Pen réclame un référendum et d'autres partis anti-UE vont faire de même. Cela pourrait mener au démantèlement de l'UE.

Par conséquent, si Bruxelles se montrait trop conciliant vis-à-vis de la Grande-Bretagne, cela en encouragerait d'autres à suivre son exemple. Cela est inenvisageable. La classe dirigeante britannique va bien vite se rendre compte de la situation désespérée dans laquelle elle se trouve, et c'est la classe ouvrière et les pauvres qui vont devoir payer la facture.

Les prévisions faites par les partisans du maintien, qui annonçaient une sévère crise économique, sont basées sur des faits. Une crise se prépare en Grande-Bretagne, et elle frappera durement la classe ouvrière.

D’un autre côté, les promesses infondées de Johnson et consorts, sur le fait que le pays pourrait « reprendre le contrôle » en quittant l'UE, seront bientôt mises à nu. Les négociations vont déterminer si le Royaume-Uni reste membre du marché commun sans être membre de l'UE, comme la Norvège actuellement. Mais cela voudra dire que la Grande-Bretagne devra accepter la liberté de circulation des travailleurs.

D'autres options sont possibles, parmi lesquelles un accord de libre-échange à la canadienne, un accord bilatéral à la suisse ou le retour aux règles fondamentales du commerce offertes grâce à l'appartenance à l'Organisation Mondiale du Commerce. Mais tous ces scénarios requerront des négociations longues et complexes, qui s'accompagneront d'une hausse du chômage et de la dégradation des conditions de vie.

Les partisans du Brexit ont déjà indiqué qu'ils s'attendent à une crise financière à court terme. Boris Johnson a essayé de dissiper les craintes de la population en déclarant que la livre sterling « fluctuait naturellement ». Malgré tout, les fluctuations actuelles sont clairement sur une pente descendante. Et le milliardaire spéculateur Georges Soros a averti que l'impact de cette crise serait plus important que celui du krach de 1992.

L'économie britannique va se contracter. Les investissements vont chuter en même temps que la livre et les prix de l'immobilier. Cela veut dire que les prix des produits importés vont augmenter, et avec eux tous les prix. En d'autres termes, la classe ouvrière de Grande-Bretagne a été trompée par les partisans du Brexit, comme elle aurait été trompée par les partisans du maintien. Dans tous les cas, la classe dirigeante lui aurait fait payer la crise de son système.

Conséquences pour l’Écosse

Le résultat de ce référendum est lourd de conséquences pour l’Écosse. Il creuse le fossé qui la sépare du reste du Royaume-Uni. L’Écosse a voté à 62 % pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, position partagée par l’ensemble des 32 conseils locaux. Selon les membres de la campagne « L’Écosse est plus forte en Europe », cette majorité pour le « Remain » est exceptionnelle.

En Écosse, ce résultat pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Dans son ensemble, le Royaume-Uni a choisi le Brexit, ce qui laisse entrevoir un départ de l’Écosse contre son gré. La secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement écossais, Fiona Hyslop, a ainsi déclaré que « toutes les options sont examinées » pour « protéger les intérêts de l’Écosse », et a averti qu’il y aurait des « suites » si le Royaume-Uni prenait une décision contre la volonté du peuple écossais.

Selon la Première ministre Nicola Sturgeon, l’Écosse a voté « fort et clair » pour rester dans l’Union Européenne, au sein de laquelle les Écossais « voient leur avenir ». Elle a déclaré que ce résultat entraînerait une mise à l’agenda d’un nouveau référendum pour l’indépendance de l’Écosse.

L’imprudent pari de Cameron menace donc une nouvelle fois le Royaume-Uni, qui pourrait bien voir la Grande-Bretagne se transformer en une Petite Angleterre.

Conséquences pour le parti Travailliste

Comme on pouvait s’y attendre, le vote pour le Brexit est utilisé par les Blairistes du parti Travailliste pour lancer une nouvelle campagne contre le dirigeant Jeremy Corbyn. Selon les députés blairistes, les efforts de Corbyn pour le maintien au sein de l’UE ont « manqué d’enthousiasme ». Pauvre Jeremy ! S’ils pouvaient, ils lui reprocheraient même le mauvais temps, déterminés qu’ils sont à se débarrasser de lui quoi qu’il fasse.

En guise de défense face aux accusations de « tiédeur » envers sa campagne, Corbyn a déclaré : « Nombreux sont ceux qui ne sont pas vraiment contents de l’Union Européenne. Ce que j’ai souligné, c’est qu’il y a de bonnes choses dans l’UE (les conditions de travail, les normes environnementales), mais également d’autres problèmes qui ne sont pas abordés correctement, notamment les inégalités économiques en Grande-Bretagne… J’ai donc dit que nous devrions voter pour le maintien, pour changer et réformer l’UE. »

À la différence du chef du parti Travailliste, les Blairistes de la droite du parti étaient de fervents défenseurs de l’Union Européenne capitaliste, en parfait accord sur ce point avec Cameron, Osborne et la City londonienne. Mais ils étaient et demeurent totalement déconnectés des électeurs du parti Travailliste.

Ces opportunistes bien nantis de la classe moyenne ne comprennent pas le ressentiment, la méfiance et même la haine que les travailleurs ordinaires vouent à l’establishment politique siégeant à Westminster, aile droite du parti Travailliste incluse. La plupart des travailleurs ne voient plus de réelle différence entre les députés blairistes et les Conservateurs. La campagne du référendum les a confortés dans cette opinion, bien fondée.

Politiquement, il est impossible de distinguer les Blairistes des « Cameronistes » du parti Conservateur. Ils viennent de la même classe sociale, jouissent du même style de vie privilégié, sont membres des mêmes clubs et ont exactement la même psychologie de classe. Ils ont fait campagne côte à côte avec Cameron et Osborne, des politiciens détestés par les travailleurs pour leur politique brutale de coupes et d’austérité, politique en grande majorité acceptée par l’aile droite du parti Travailliste.

Cette aile a déclaré la guerre à Jeremy Corbyn et ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas été démis de ses fonctions. La crise au sein du parti Conservateur, aggravée suite au référendum, plane sur les élections prochaines. L’aile droite du parti Travailliste va donc intensifier ses attaques brutales contre Jeremy Corbyn avant qu’elles n’aient lieu.

Instabilité politique

Une période d’instabilité politique est désormais inévitable. Des appels à de nouvelles élections générales se sont déjà fait entendre, afin de permettre aux députés des deux camps de présenter leurs plans pour la suite. Selon Jacob Rees-Mogg, député conservateur de base, des élections générales à l’automne ne seraient « pas impossibles ». D’autres semblent indiquer qu’elles se tiendraient plus probablement en mars ou juin 2017.

Depuis que Corbyn est à la tête du parti Travailliste, une féroce campagne médiatique, totalement soutenue par la faction parlementaire blairiste, l’a déclaré « inéligible ». Mais le véritable problème de la classe dirigeante se trouve à l’opposé du jeu politique : le gouvernement conservateur est profondément impopulaire et fragmenté, de la tête aux pieds. Le vote de jeudi était en réalité un référendum sur le gouvernement de Cameron, pas sur l’Union Européenne. Les résultats parlent d’eux-mêmes.

À court terme, Johnson, Gove et consorts vont certainement reprendre la tête du parti Conservateur et former un nouveau gouvernement. Ils poursuivront ensuite leurs attaques contre les travailleurs. On nous imposera toujours plus d’austérité, alors que de nombreuses personnes voient le vote Brexit comme une façon d’y mettre un terme. Elles encaisseront un choc et se sentiront trahies, ce qui provoquera un retour de flamme de leur part, et remettra la lutte des classes à l’ordre du jour, avec une intensité exceptionnelle.

Si des élections générales ont lieu dans ces conditions, il est probable que le parti Travailliste l’emporte. Cette perspective fait horreur à la classe dirigeante, qui mettra tout en œuvre pour s’y opposer. Grâce à leurs comparses parlementaires du parti Travailliste, ils remueront ciel et terre pour se débarrasser de Corbyn avant toute élection. S’ils échouent, il se peut que les Blairistes provoquent la scission du parti et rejoignent l’aile conservatrice proche de Cameron, bien qu’on ignore si le parti Conservateur restera lui-même uni.

Il serait grand temps que Momentum (l’aile gauche du parti Travailliste) ait une idée de son avenir, car il est nécessaire de relever le gant jeté par l’aile droite du parti Travailliste, et de lui renvoyer au visage. Il faut que Momentum commence à faire campagne pour le renvoi des parlementaires travaillistes qui dénigrent, attaquent et s’opposent constamment au chef du parti, provoquant la division et le discrédit du parti, et devenant ainsi complices des Conservateurs. C’est la seule voie qui permettra au parti Travailliste de se rénover et d’opposer une alternative crédible de gauche au gouvernement discrédité et réactionnaire des Conservateurs.

Ce qu'il ne faut pas faire

Un vieux proverbe dit, en substance : « celui qui chevauche un tigre aura des difficultés lorsqu'il devra en descendre ».

Pendant la campagne du référendum, nous avons assisté au développement d'un front uni, dont la voix dominante était celle de la réaction ouverte et éhontée. Le discours ouvertement raciste de Nigel Farage fut couvert d'un vernis de respectabilité par Gove et Johnson, eux-mêmes soutenus par certains politiciens du parti Travailliste. Ceux-ci reflétaient les courants les plus réactionnaires et rétrogrades, teintés d'un nationalisme hérité du stalinisme moribond.

À ces tendances, il faut ajouter un certain nombre de groupes de gauche, dont certains se prétendent marxistes, qui tentèrent de justifier leur soutien au Brexit par toutes sortes d'arguments étranges et de contorsions intellectuelles. Nous nous sentons autorisés à leur poser une simple question et à en attendre une réponse simple : en quoi le fait de soutenir la campagne pour le Brexit a-t-il fait progresser la conscience de classe des travailleurs britanniques ? Nous sommes impatients d'entendre la réponse, même si nous ne pensons pas un instant qu'une réponse concrète soit possible.

Certains ont essayé de répondre que la campagne pour le Brexit était dirigée contre l'establishment en général et contre le gouvernement Cameron en particulier. Il y a un peu de vrai dans cet argument, qui reste néanmoins un exemple frappant de ce type de sophisme utilisant une particule de vérité et ignorant la masse d'informations qui la contredise complètement.

Il est vrai que le gouvernement Cameron est haï par la classe ouvrière qui souhaite de tout son cœur l'attaquer, l’affaiblir et le renverser. C'est là un réflexe progressiste que nous soutenons pleinement. Néanmoins, il ne suffit pas de poser la question du renversement de Cameron. La question la plus importante est de savoir qui va le remplacer. C'est sur ce point que toute la fausseté et l'indigence des arguments des soi-disant soutiens de gauche du Brexit sont les plus clairement exposées.

Si Gove et Johnson prennent la tête du parti Conservateur, ils commenceront par intensifier les politiques d'austérité qui ont été mises en place par Cameron et Osborne. Ils ont déjà dit à demi-mot que l’austérité devait être maintenue, revenant ainsi sur les promesses qu'ils avaient faites pendant la campagne. Ce sont des partisans d'une politique économique libérale à la Thatcher. Ils augmenteront d'un cran la campagne de privatisation de biens publics, accéléreront les projets de privatisation du système de santé et tailleront encore plus dans les acquis sociaux.

Après l'assassinat de Jo Cox, certains de ces partisans de gauche du Brexit se sont empressés de protester qu'ils se dissociaient du racisme et de la xénophobie, et appelèrent à une campagne contre le racisme. Mais comment est-il possible de faire cela tout en continuant dans le même temps à participer à une campagne qui incitait à la xénophobie et au racisme ? C'est une version politique de la quadrature du cercle.

Bien sûr, nous ne nous faisons aucune illusion sur le rôle joué par les règlements de l'UE dans la défense des travailleurs britanniques. Mais il est parfaitement exact, comme Jeremy Corbyn l'avait correctement signalé, que l'aile droite des Conservateurs utiliserait immédiatement la rupture d'avec l'UE comme excuse pour s'attaquer à tout ce qu'ils considèrent comme des réglementations inutiles et désagréables, en commençant par les règles qui limitent la durée hebdomadaire du travail, fixent un salaire minimum, les retraites, les congés et tout ce qui s'en suit.

En quoi cela pourrait-il être interprété comme un mouvement vers la gauche reste un mystère pour tout le monde, à l'exception de ces « marxistes » pitoyables, qui ont rejoint de façon si enthousiaste la chorale réactionnaire du Brexit. Ils doivent maintenant assumer les conséquences de leurs actes.

Quelle devrait être l’attitude des marxistes ?

La réponse à cette question est vraiment très simple. Ce qui est progressiste est ce qui sert à élever le niveau de conscience de classe de la classe ouvrière. Ce qui est réactionnaire est ce qui tend à abaisser ce niveau de conscience. En quoi le soutien au Brexit élève-t-il la conscience de la classe ouvrière britannique ?

La nature réactionnaire de la campagne pour le Brexit était clairement exposée aux yeux de tous. Elle était basée presque entièrement sur la xénophobie, le sentiment anti-immigrant et avait des connotations racistes évidentes. Elle faisait appel non pas à la conscience de classe, mais se basait sur les sentiments les plus arriérés, rétrogrades et même réactionnaire des couches les plus arriérées de la classe ouvrière.

Céder aux caprices d’une telle campagne, la soutenir de quelconque manière, ne pouvait pas être présenté comme élevant la conscience de classe, mais plutôt comme une tentative opportuniste de s’attirer les bonnes grâces des couches les plus arriérées. Mais comme Trotsky l’a expliqué, la tentative de gagner aujourd’hui en popularité en nageant dans le courant est le plus sûr moyen de préparer un désastre pour demain.

Allons droit au but. Il s’agissait là d’une dispute entre deux segments rivaux de la classe dirigeante et du parti Conservateur. Il n’y a aucun atome de contenu progressiste d’un côté ou de l’autre. Et il n’y a rien qui dit que la classe ouvrière doit prendre parti à chaque division de la classe dirigeante, au contraire.

Il est vrai qu’il y avait de nombreux autres facteurs dans ce tournant massif en faveur du Brexit, qui incluait des portions significatives de la classe ouvrière. Il y a un sentiment d’aliénation puissant à l’égard de l’establishment et de ses représentants politiques, les Conservateurs et l’aile droite des Travaillistes. Il y a le profond sentiment, particulièrement dans des régions touchées par un chômage élevé et la pauvreté, « qu’ils ne nous représentent pas ».

Nombreux auront voté hier, pas tant sur la question de savoir si la Grande-Bretagne devrait rester ou pas dans l’UE, mais simplement pour protester contre le gouvernement conservateur et tout ce qu’il a fait. C’est un instinct complètement compréhensible, correct et progressiste. Cependant, même les instincts les plus progressistes de la classe ouvrière peuvent être abusés et utilisés à des fins réactionnaires.

Au XIXe siècle, Karl Marx s’est retrouvé dans une situation similaire quand il y eut une scission dans la classe dirigeante britannique sur la question du protectionnisme ou du libre-échange. Marx a étudié la question et en est venu à la conclusion que même si le principe de libre-échange est plus progressiste que le protectionnisme, il fallait néanmoins recommander aux travailleurs de s’abstenir plutôt que de soutenir l’un ou l’autre camp dans cette dispute.

Je répète ce que j’ai dit dans mon dernier article : « Il n’y a aucun atome de contenu progressiste ni dans la campagne pour le Brexit, ni dans celle pour rester dans l’UE. Ils défendent les intérêts de deux ailes de la classe dirigeante et du parti Conservateur. Et ils n’ont rien en commun avec la classe ouvrière. Nous n’avons rien à faire ni avec l’un ni avec l’autre. »

Les référendums, comme les élections, peuvent nous raconter une partie de l’histoire, mais seulement une partie. Ils sont comme une photographie qui révèle l’état d’esprit du public à un moment donné. Cependant, il est impossible de parvenir à un tableau complet du processus si nous ne le prenons pas dans son ensemble. Comme pour les vagues sur l’océan, nous n’en voyons que la surface. Pour comprendre la signification réelle de ce résultat, nous devons pénétrer sous la surface. C’est seulement en regardant derrière les chiffres qu’il est possible de discerner les courants profonds et puissants qui circulent dans les profondeurs de la société britannique.

Seule une position de classe indépendante aurait pu dissiper le brouillard de confusion, en expliquant que la cause réelle du chômage et des mauvaises conditions de logement était la crise du capitalisme et les tentatives des Conservateurs d’en faire porter le poids sur les épaules de la classe ouvrière et des couches les plus pauvres de la société.

Si Corbyn avait maintenu une position de principe d’opposition à l’UE, en expliquant clairement sa nature de classe, posant une alternative internationaliste et socialiste, il n’y aurait pas eu la confusion que nous avons vue parmi de larges couches de la population. À la place, toute la discussion a été réduite à la question futile de savoir si la classe ouvrière serait mieux dans ou hors de l’Union Européenne capitaliste.

Tout le problème a été posé de la mauvaise manière. En fait, il fait peu de différence pour la classe ouvrière que la Grande-Bretagne reste ou pas dans l’UE. Dans tous les cas, la classe capitaliste continuera d’attaquer les conditions de vie et les droits des travailleurs. L’alternative réelle est de mener une lutte vigoureuse contre les coupes budgétaires et l’austérité, pour la transformation socialiste de la société en Grande-Bretagne, en Europe et à l’échelle mondiale. Cela commence par la bataille pour vaincre l’aile droite blairiste dans le parti Travailliste, par renforcer Corbyn et obtenir un gouvernement travailliste de gauche élu pour accomplir tout ceci. C’est le seul espoir pour le futur.

Londres, le 24 juin 2016

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:01

Indépendance nationale,
Souveraineté nationale,


retour à l' autonomie de TOUS les pays de l' Euro-tyrannie des multinationales et banquiers capitalistes !

 

Une majorité (près de 51,89 %) des Anglais a donc voté en faveur de la sortie de cette saloperie, du machin, du nouveau Reich capitaliste, malgré toutes les pressions des gouvernants, du monde des affaires, la propaganda des médias, ... Sale coup pour l' UE et le monde capitaliste qui éclatent de toutes parts. Les temps vont devenir encore plus durs pour le Monde des affaires et des banques, car ce n' est qu' un premier pas: d' autres pays européens risquent de suivre... Nous sommes tous des Grecs, ...

Je le dis depuis toujours: comme tous les autres empires, le machin ne peut tenir et finira par éclater, tant les intérêts capitalistes sont différents, s' affrontent, selon leurs propres lois de la libre concurrence et du marché libre, ...

C' est fait, les peuples vont encore trinquer un peu plus, car les capitalistes vont de nouveau tout faire pour reporter sur les peuples le prix de leur PREMIÈRE défaite. Ils nous ont mis dans le pétrin, depuis près de 70 ans, suivant les recommandations et les ordres de Washington, ...

C' est un moment historique d' extrême importance: il suffit de voir leur g..... et les cours de bourse sur toutes les télés du Monde entier pour le comprendre,...

Cette Europe est antisociale, technocratique, bureaucratique, anti-démocratique, elle n' intègre pas les peuples, elle les dissout,... Voulue par les patrons, faite par les patrons et leurs collabos, elle sert les intérêts des patrons, des banques, des gros spéculateurs et fraudeurs, Elle est entre les mains de la droite ultra, des sociaux-démocrates et nous (aura) conduit de plus en plus à l' extrême droite, au fascisme, à des pouvoirs autoritaires et racistes, aux nouvelles guerres impérialistes et de pillages colonialistes, ...

L' Europe, le ricanisme, l' Otan, c' est ce qui aura déjà amené finalement TSIPRAS à trahir son propre peuple, le peuple travailleur et de gauche, en Grèce, ...

 

Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 15:07

Jeudi 23 juin, les salariés travailleurs et citoyens français se mobilisaient une nouvelle fois pour exiger le retrait du projet de loi travail El-Khomri, décalque des recommandations européennes de destruction du code du travail et des conventions collectives.

Jeudi 23 juin, les citoyens britanniques décidaient de quitter l’Union Européenne.

Un jour sombre certes pour l'oligarchie pas pour les peuples!

 

Le communiqué confédéral de la CGT faisant suite à cette décision des Britanniques pose de sérieux problèmes.

 

Il impute le rejet britannique à la politique d'austérité et au dumping social détruisant la cohésion des peuples en même temps que leurs conquêtes sociales.

Ce qui est exact.

Pour aussitôt qualifier le choix des électeurs comme ouvrant « la porte au repli nationaliste, aux partis populistes voire xénophobes ».

De toute évidence la campagne actuelle fortement distillée par les médias est destinée à masquer le fait que ce sont les quartiers populaires, les villes ouvrières et les banlieues délaissées, les régions entières désindustrialisées et à l’abandon qui ont massivement voté pour la sortie de l'Union.

Et de masquer qu'il s'agit comme pour nous en 2005 d'un vote de classe contre la politique et l'arrogance de l'oligarchie au pouvoir

En en appelant à une Europe sociale et à poursuivre ce combat avec la Confédération Européenne des Syndicats, la déclaration confédérale stigmatise en partie le choix populaire et renoue avec les illusions euro-constructives comme avec le mythe d'une Confédération Européenne des Syndicats au service des travailleurs et des luttes.

 

Quelle est la réalité de l'UE ?

 

La réalité, c'est qu'il existe de puissantes raisons de gauche et démocratiques de s'opposer à la construction européenne, de contester avec vigueur la remise en cause de la souveraineté des peuples et de leur choix comme cela est arrivé avec notre vote contre la constitution européenne en 2005 !

La réalité, c'est que la concurrence et le dumping sont dans l'ADN même des traités qui structurent cette construction depuis 1957.

Et tous les nouveaux traités et des centaines de directives imposent la privatisation des secteurs publics, la destruction des acquis sociaux et du droit du travail.

Et déjà s'étale la volonté de remettre en question le vote pourtant clair des Britanniques comme ils l'ont fait pour les Irlandais !

Bonjour la démocratie !

L'UE est une construction pilotée par les grandes entreprises européennes et les puissances dominantes du continent, à commencer par l’Allemagne, contre les acquis sociaux et démocratiques des peuples. Elle vise à construire un empire du capital fondé sur la mise en concurrence des travailleurs et leur éloignement des centres de décision par l'affaiblissement des cadres de souveraineté populaires et des États-nation pour une construction supranationale opaque et antidémocratique où milieux de la finance et de la politique croient pouvoir gouverner contre et à l'abri des peuples.

Ce qu'expliquait J.-C. Juncker, président de la commission de Bruxelles et intime des multinationales et des paradis fiscaux, à propos de la Grèce l'an dernier :

« Suggérer que tout va changer parce qu'il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c'est prendre un rêve pour la réalité, il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités de l'Union Européenne ».

Images intégrées 1

Laisser miroiter contre toute évidence et toute expérience qu’une « Europe sociale » pourrait advenir dans le cadre des institutions de l’Union Européenne, c'est légitimer ces institutions de l’oligarchie économique et financière mondialisée tout en interdisant toute perspective progressiste à la majeure partie des classes populaires désespérées.

Et donc laisser le champ libre à une récupération politique par l'extrême droite des classes populaires légitimement révoltées!

 

La réalité de la Confédération Européenne des Syndicats

 

La CES, qui se présente pompeusement comme le syndicat européen est en réalité une émanation de l'UE, fondée et financée par elle. Dirigée par une bureaucratie qui contraint le syndicalisme au dialogue entre "partenaires sociaux" et à l'acceptation de la construction européenne.

D'ailleurs la CES valide toutes les politiques européennes depuis des décennies : de la casse des secteurs industriels ou des retraites au soutien à la BCE contre le peuple grec en passant par les privatisations et le soutien à la constitution européenne puis l'encouragement bruyant au traité de Lisbonne niant le NON de 2005 du peuple français.

La CES est depuis des mois absolument muette sur les luttes en France contre la Loi El Khomri (ou en Belgique!) comme elle le fut sur la question des retraites en 2003 ou en 2010. Et quand les travailleurs européens se battent au même moment, jamais la coordination des luttes n'est à l'ordre du jour.

Les marques de solidarité avec notre mouvement venant exclusivement des syndicats européens nationaux (FGTB notamment).

De fait, la CES est une véritable bureaucratie syndicale européenne, d'abord dévouée à l'institution !

 

Et maintenant ?

 

Alors que nous nous heurtons à des forces patronales et politiques qu'il nous faut combattre globalement, poursuivre et prolonger le remarquable combat contre la Loi El Khomri suppose la compréhension de l’ensemble des politiques publiques d’austérité et de contre réformes structurelles qui émanent toutes de la même matrice euro-atlantique.

Masquer cela constituerait un obstacle à la convergence des luttes autour de la défense du code du travail et au succès des luttes contre le projet de loi El-Khomri et son monde.

 

Depuis quelques mois, la CGT renouant avec ses traditions combatives a su redonner de la fierté à de nombreux militants en revenant à ses fondamentaux de lutte et en délaissant dans les faits le syndicalisme rassemblé avec une CFDT dont la direction est définitivement passée de l'autre côté de la barricade. Il faut prolonger cette évolution pour renforcer les luttes.

Les travailleurs ont besoin d'une CGT qui ne sème aucune illusion et qui agisse avec la plus grande résolution pour une alternative démocratique et sociale à l'impasse mortifère d'une Union au service exclusif du capital !

Le Front Syndical de Classe

25 juin 2016

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 14:24

vendredi 24 juin 2016

Le Royaume-Uni a choisi majoritairement de quitter l’Union européenne. Plus d’un million de voix séparent les partisans du Retrait de ceux du Maintien dans un référendum qui a rassemblé plus de 72 % des inscrits, ce qui est un record.

Ce vote est avant tout le résultat d’une construction européenne fondée sur l’austérité et le dumping social.

Loin de contribuer à la cohésion des peuples européens, ces politiques ont entraîné une dégradation des conditions sociales, et des services publics, pesé sur les salaires et généralisé la précarité l’emploi. Elles ont ouvert en grand la porte au repli nationaliste, aux partis populistes voire xénophobes.

La Cgt rappelle que l’urgence est à la construction d’une Europe fondée sur la solidarité, la démocratie, la coopération, l’égalité de traitement et le progrès social.

La Cgt poursuivra ses efforts au sein de la Confédération européenne des syndicats pour construire cette Europe sociale qu’appellent tous les peuples de leur vœu. Elle assure de son soutien la confédération des syndicats britanniques pour que les travailleurs britanniques ne fassent pas les frais du Brexit.

Elle appelle de rompre immédiatement avec les politiques d’austérité et à mobiliser les moyens et ressources européens pour lutter contre les inégalités et la précarité, augmenter les salaires et les minima sociaux, renforcer les services publics et réaliser les investissements publics comme nous le proposons avec la CES.

C’est pour lutter contre le dumping social que les peuples se mobilisent en Europe notamment en Grèce, en Belgique, en Espagne et bien sûr en France avec la mobilisation contre la loi travail.

La CGT avec six autres organisations syndicales, d’étudiants et de jeunes, appelle les salariés, les privés d’emploi et les retraités à poursuivre cette bataille pour le progrès social et à se mobiliser massivement lors de la prochaine journée d’actions du 28 juin.

Montreuil, le 24 juin 2016

 

 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 14:02

APRES LE « BREXIT », EN AVANT POUR LE « FREXIT progressiste*»

Communiqué du PRCF, 24 juin 2016, anniversaire de la 1ère Constitution républicaine de la France, énonçant le droit de tous au travail et le droit permanent des peuples à l’insurrection contre les gouvernants qui violent leurs droits.

 

Le PRCF se réjouit d’autant plus du vote des citoyens britanniques que toute l’eurocratie politico-médiatique et financière se lamente se matin en prenant des airs de fin du monde…

 

La « tristesse » affichée par les financiers de la City, de Hollande et de Merkel fait d’autant plus plaisir à voir que tous ces tristes sires passent leur temps à inspirer ou à appliquer servilement les « recommandations » européennes qui arasent les droits ouvriers en France, en Belgique et en Italie*.

 

Le rejet populaire de l’UE dictatoriale en Europe vient de franchir un seuil qualitatif ; les peuples peuvent, à terme, balayer ce cartel impérialiste, supranational, antisocial, antisyndical, néolibéral, anticommuniste, belliciste (cf les manœuvres antirusses organisées présentement par l’OTAN en Pologne) et de plus en fascisant (nombreuses interdictions de PC en Europe de l’Est et croissance exponentielle de l’extrême droite PROTEGEE par l’UE de Varsovie aux pronazis de Kiev en passant par les Etats baltes) qu’est l’irréformable et inamendable UE.

 

Honte à Pierre Laurent qui a appelé les travailleurs britanniques à conforter l’UE ! Certes, les éléments réactionnaires sont forts dans le camp du Brexit, mais les ouvriers anglais ont largement compris que l’UE n’est pas la « protection » contre le thatchérisme que leur présentait mensongèrement le Parti travailliste. Au contraire, si ce dernier arrive au pouvoir il n’aura désormais aucune excuse supranationale pour trahir son programme de renationalisation (à l’instar de ce qu’a fait Tsipras en se couchant devant l’UE) : le gouvernement britannique qui succèdera à Cameron devra, quel qu’il soit, s’expliquer directement devant les travailleusrs britanniques porteurs de fortes traditions de classe.

 

Et s’il est vrai que la Le Pen – qui est plus qu’équivoque sur ce qu’elle appellerait à voter en cas de référendum sur l’UE ! – exploite médiatiquement le résultat anglais, la faute et la honte en retombent entièrement sur la « gauche » et sur l’extrême « gauche » « euro-constructives », sans en excepter le PCF « eurocommuniste » affilié à la « Gauche Européenne (PGE) ». La faute retombe aussi sur ceux qui cachent aux travailleurs la nature d’euro-diktat de la loi el Khomri, sur tous ceux qui « vendent » l’introuvable Europe sociale en édulcorant la nature de classe 100% réactionnaire et contre-révolutionnaire de l’UE de Maastricht : il ne faut pas oublier en effet que l’UE est le rejeton de la restauration capitaliste en Europe et de ce qui l’a suivi, la résurgence de l’impérialisme allemand flanqué de ses éternels collabos du grand patronat « français ».

 

Le PRCF est fier d’avoir lancé en 2004, seul en France et presque seul alors en Europe, la bataille pour les « quatre sorties » par la voie progressiste (nationalisations, coopérations internationales, progrès social, antifascisme et antiracisme…) : de l’euro, de l’UE, de l’OTAN, du capitalisme. Plus que jamais, le PRCF appelle les communistes à s’unir sur cette ligne alternative à la subordination sans espoir du PCF au PGE et au PS de plus en plus social-fascisant de Valls-MEDEF et de Hollande-Daladier. Tant pour échapper au carcan euro-atlantique que pour briser la fascisation galopante en France, union et action pour briser la fascisation, stopper les régressions sociales et construire la « sortie progressiste » de l’UE ! La perspective d’organiser au plus tôt, pour commencer dans le Nord-Pas-de-Calais par ex., où les conditions politiques pour cela se consolident, une grande manifestation populaire contre l’UE, peut entre autres initiatives unitaires concrètes, servir de levier concret aux progressistes radicalement euro-critiques.

 

A partir des luttes ouvrières, en prenant appui sur l’alliance combative et rassembleuse des deux drapeaux, rouge et tricolore, construisons le Front de Résistance Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologique (F.R.A.P.P.E. !) qui balaiera à la fois la monstrueuse UE et la fascisation dont les gouvernements maastrichtiens successifs se font les porteurs en France (cf les tentatives clairement fascisantes d’interdire les manifs intersyndicales !) pour forclore à marche forcée les acquis et les souverainetés populaires.

 

 

Dans les jours qui viennent les militants du PRCF remettront aux autorités des 4000 signatures déjà collectées au porte-à-porte par les militants PRCF dans les cités populaires pour exiger un référendum permettant au peuple français de dire NON à son maintien mortifère dans l’UE.

 

Après le BREXIT anglais, la « Grande Evasion » des peuples étouffés par l’euro-prison a commencé : à terme, rien ne l’arrêtera. Il dépend des militants franchement communistes, des syndicalistes de classe, des vrais progressistes et des patriotes antifascistes et antiracistes, que cette sortie s’effectue par la gauche, à l’initiative des travailleurs, avec une forte impulsion des véritables communistes et en rendant à notre peuple le droit de construire le socialisme en France.

 

Tous ensemble construisons les conditions du F.R.E.C.S.I.T., la « France en Rupture avec l’Europe Supranationale du Capital à l’Initiative des Travailleurs » !

 

*ou plutôt, FRECSIT : « France en Rupture avec l’Europe Supranationale Capitaliste à l’Initiative des Travailleurs ».

*« loi El Khomri », loi Peeters en Belgique et « Jobs Act » italien, comme on dit désormais dans la langue de Dante –sic -, sont des transpositions en droit « national » des sommations rédigées par Pierre Moscovici au nom de l’UE.

** Au passage, comment les eurocrates justifieront-ils désormais l’imposition de facto de l’anglais comme langue officieuse unique de l’UE (le commissaire français Moscovici tance en anglais ses ex-collègues du gouvernement français qui ne bronchent pas devant cette humiliation nationale). Mais il ne faut pas espérer que les eurocrates favorables au Traité transatlantique (« TAFTA ») lâchent le tout-anglais, même quand la Grande-Bretagne aura quitté l’UE !

 

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