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La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

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Le temps des cerises / Jean Lumière 

24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 12:12

Cuba investit plus dans l'éducation que n'importe quel autre pays au monde, selon l'UNESCO

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Au moment où la campagne médiatique bat son plein en France pour nous faire accepter des contre-réformes visant à casser l'éducation publique ou à légitimer les coupes budgétaires, il est bon de rappeler les réussites de pays qui mettent la priorité sur l'éducation publique.

 

On nous parle souvent des pays d'Europe du nord. Beaucoup moins d'autres pays, qui ne disposent pas des mêmes moyens financiers mais obtiennent des résultats exceptionnels dans l'éducation en mettant la priorité maximale sur les besoins humains plutôt sur les profits.

C'est le cas de plus en plus de pays d'Amérique latine dont le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie, qui ont réalisé des progrès exceptionnels ces dernières années dans l'éradication de l'analphabétisme et dans la garantie d'une éducation de qualité pour tous.

 

Pour l'UNESCO, la meilleure éducation d'Amérique latine

C'est le cas surtout de leur modèle, d'un pays qui leur délèguent par ailleurs des enseignants ou pédagogues dans le cadre de « missions » éducatives : Cuba.

Selon un rapport de l'UNESCO datant de 2009, Cuba est de loin en Amérique latine le pays qui offre la meilleure éducation à l'ensemble de sa population.

Les résultats des élèves de primaire et de collège à Cuba sont très largement supérieurs à ceux des élèves des autres pays latino-américains, comparables à ceux des pays d'Europe du nord.

 

Les dépenses pour l'éducation à Cuba : record mondial

L'UNESCO reconnaît – par ses tests – les mérites d'une éducation publique de masse, mais elle constate également les moyens colossaux que consacre Cuba à l'éducation.

Selon les derniers chiffres pour l'année 2013, Cuba consacre 12,6% de son PIB à l'éducation.

Aucun autre pays n'atteint un tel niveau de dépenses dans l'éducation.

Sur le continent américain, Cuba est loin devant les autres : la Bolivie (6,4%) suit derrière, loin devant les États-Unis (5,6%), le Brésil (4,4%), la Colombie (4,8%) ou le Chili (3,5%) qui ont fait le pari par ailleurs d'une éducation privatisée.

Elle est aussi loin devant la plupart des pays européens : les vertueux pays du nord comme le Danemark (8,5%), la Suède (7,4%) ou la Norvège (7,7%). La France, elle, ne consacre que 5,9% de son PIB à l'éducation.

 

Depuis la Révolution, d'une éducation d'un pays du Tiers-monde à celle d'un pays développé

Il suffit de faire la comparaison avec l'état de l'éducation à Cuba avant 1959 pour voir l'ampleur de la réussite.

En 1959, un enfant de 5 à 13 ans sur deux n'était pas scolarisé. Le taux d'analphabétisme était de 25%. Aujourd'hui, tous les enfants sont scolarisés jusqu'à 16 ans et le taux d'analphabétisme est résiduel, autour de 1-2%.

En janvier 1959, Cuba ne comptait que trois universités publiques, 15 000 étudiants et 1 000 professeurs. Aujourd'hui, le pays compte 261 000 étudiants dans 67 établissements supérieurs, avec 77 000 enseignants engagés dans le supérieur.

Selon le ministre de l’Éducation, ces chiffres prouvent « tout ce qu'on peut faire quand l'éducation est une priorité gouvernementale et étatique, en dépit des limites économiques et technologiques, amplifiées par le durcissement du blocus états-unien contre Cuba et l'impact négatif de la crise économique mondiale ».

 

Au moment où les coupes budgétaires, les manœuvres de privatisation remettent en cause l'éducation publique partout en Europe, l'exemple cubain nous prouve qu'investir dans l'éducation, même avec des moyens limités, est une question de volonté politique.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-cuba-investit-plus-dans-l-education-que-n-importe-quel-autre-pays-au-monde-selon-l-unesco-116071297.html

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:48

Mardi, 26 Juin 2012  

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L'Humanité" du 26 juin 2012, page 23

 

Quand un sujet du bac relève de la propagande

Le sujet d'espagnol Langue Vivante 1 pour les candidats au Baccalauréat des sections S et ES, 2012, relève de la basse propagande et non de la pensée critique, du questionnement et de l'analyse ouvertes, nécessaires...
Les impétrants doivent étudier un torchon tellement anti-cubain qu'il en est ridicule pour qui connaît, mais qui bourrera le crâne, lobotomisera, ceux qui doivent prétendument y "réfléchir"... Peut-on réfléchir sur un tract du Front National? Les réalités cubaines sont si complexes, si évolutives, qu'elles peuvent et doivent se prêter à approches plurielles, à confrontations fondées, contextualisées... Bienvenus le doute, la critique, la démarche rigoureuse, sourcée, bienvenue l'approche scientifique, en empathie ou hostile... Mais pas le torchon. Les candidats auraient pu réfléchir sur des auteurs cubains critiques ou "révolutionnaires", talentueux, dont il restera la qualité de l'écriture et souvent du questionnement: Reynaldo Arenas, par exemple, violent, mais grand écrivain, pamphlétaire,  mais "con arte", sans parler du foisonnement passé et actuel de romanciers et poètes cubains de qualité:
les maîtres: Alejo Carpentier, Nicolas Guillen, Cabrera Infante, Lezama Lima...et les générations d'aujourd'hui: Miguel Barnet, Leonardo Padura, qui mériterait d'être "nobélisable" un jour, Anton Arrufat, Nancy Morejon, Abilio Estévez, Ena Lucia Portela, Reinaldo Montero, Julio Travieso, Alexis Diaz Pimienta... Aucun n'avait ni n'a le doigt sur la coûture du pantalon...
Mais aller chercher un médiocre auteur espagnol, en visite touristique dans l'enfer dictatorial cubain, où "Le muchacho de Camagüey" (titre du texte), crèverait de faim et terminerait en prison, cela relève de la crapulerie intellectuelle, de la guerre idéologique, du cliché politicien usé, de la pensée unique...
Cuba n'est ni le "paradis socialiste", ni le "goulag tropical". Mais son peuple, sa révolution, ses acquis, ses erreurs, ses manques, et son histoire,  les luttes pour l'indépendance, la dignité, la souveraineté, la justice sociale, méritent une vraie réflexion, pas du vomi, sassé et ressassé par la plupart des médias-mensonges et malheureusement la plupart des intellectuels et enseignants français, "aux ordres", parfois même sans s'en rendre compte.
Ce n'est pas à Cuba mais en France qu'un peuple a rejeté par référendum un traité constitutionnel qu'on lui a finalement imposé.
Ce n'est pas à Cuba que la liberté médiatique relève de marchands d'armes, de canons, d'avions de combat, de milliardaires du bâtiment et des travaux publics...
Ce n'est pas à Cuba que l'on chasse le Gitan, le sans-papiers, l'immigré, que l'on brime le syndicaliste, l'universitaire trop critique...
C'est l'Espagne de l'auteur du torchon, Luisgé Martin, qui possède le seul parc thématique fasciste au monde: le Valle de los Caídos, où est enterré le dictateur Franco (domaine et mausolée franquistes entretenus aux frais des contribuables). L'auteur ou les auteurs du choix de ce sujet poubelle, devraient avoir le courage de nous expliquer ce qui a motivé un choix si caricatural, mensonger, dénigrant, si peu conforme à la réalité cubaine, si contraire à notre esprit de la Renaissance, des Lumières, des philosophes, de la Révolution française..., de notre "école laïque et républicaine".Oui au pluralisme, à l'approche critique, plurielle... non à l'embrigadement , à la propagande "libérale" au sein du service public d'Education Nationale.  Jean Ortiz Universitaire Cubaniste

Jean Ortiz Universitaire Cubaniste

 

http://www.francecuba.org/index.php/information/666-cuba-caricaturee-lors-dune-epreuve-du-bac-

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:12

6 février 2012

 

Raul CASTRO

Discours prononcé par le général d’armée Raul Casto Ruz, Premier secrétaire du Comité central et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la 1ère Conférence nationale du Parti, au Palais des Conventions, le 29 janvier 2012, « Année 54 de la Révolution ». (Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

 

Camarades :

 

La 1ère Conférence nationale du Parti qui achève aujourd’hui ses travaux avait pour objectif, conformément à la convocation lancée par le 6e Congrès, d’évaluer avec objectivité et sens critique le travail du Parti, et déterminer avec une volonté rénovatrice les transformations nécessaires pour le placer à la hauteur des circonstances actuelles.

N’oublions pas que seul le Parti, en tant qu’organisation regroupant l’avant-garde révolutionnaire et garantie sûre de l’unité des Cubains, à toutes époques, peut être le digne héritier de la confiance que le peuple a déposée dans le seul commandant en chef de la Révolution, le camarade Fidel Castro (Applaudissements).

Je ne m’arrêterai pas sur les participants au processus de discussion du projet de Document de base, ni sur les nombreuses modifications qui en ont découlé, compte tenu du rapport présenté par le Deuxième secrétaire du Comité central, le camarade José Ramon Machado Ventura, à l’inauguration de cette réunion qui, comme chacun sait, n’a pas commencé hier mais presque immédiatement après la clôture du Congrès du Parti.

Après la rédaction du premier brouillon du Document, et son ultérieure analyse dans de nombreuses réunions du Bureau politique et du Secrétariat avant sa discussion au sein des organisations de base du Parti et de l’Union des jeunesses communistes (UJC) durant les mois d’octobre et novembre de l’année dernière, ses résultats ont été analysés par le 3e Plénum du Comité central qui s’est déroulé le 21 décembre 2011.

Pendant les premières semaines du mois en cours, au niveau provincial, les délégués à la Conférence, au niveau provincial, et d’autres cadres ont procédé à son étude et à sa discussion. Au total, il y a eu neuf versions de ce document.

À la différence du projet d’Orientations de la politique économique et sociale du Parti et la Révolution, dont le débat a été ouvert, d’une manière ou d’une autre, à toute la population, le Document de base de la Conférence, du fait de sa portée et parce qu’il était surtout axé sur le fonctionnement interne du Parti, a été analysé par tous les militants, même si notre peuple a pu en connaître intégralement le contenu à travers les médias.

Par ailleurs, lors des travaux préparatoires de la Conférence nous avons débattu sur le travail des militants dans le perfectionnement des relations du Parti avec l’UJC, la Centrale des travailleurs de Cuba et les autres organisations de masse, afin qu’elles puissent renforcer, dans les conditions actuelles, leur rôle et leur influence dans la société.

Comme il fallait s’y attendre, depuis la publication du Document, les critiques et les remarques n’ont pas manqué de la part de certains qui, enclins à confondre leurs aspirations personnelles avec la réalité, pensaient que la Conférence allait marquer le début d’un démontage du système politique et social de la Révolution construit pendant plus d’un demi-siècle avec le soutien de la majorité des Cubains.

À cet égard, ce n’est pas un hasard si l’objectif de ce Document stipule : « Le Parti communiste de Cuba, en tant que force dirigeante supérieure de la société et de l’État, est le résultat légitime de la Révolution et son avant-garde organisée, et est chargé, avec le peuple, d’assurer sa continuité historique ». Ce concept, auquel nous ne renoncerons jamais, s’accorde pleinement avec l’article Nº 5 de la Constitution de la République, adopté en référendum par 97,7% des électeurs, par vote libre, direct et secret.

Nos adversaires, et même certains qui sympathisent avec nous, faisant abstraction de la longue histoire d’agressions, de blocus économique, d’ingérences, et de l’état de siège médiatique qui se traduit par des campagnes incessantes orchestrées par une presse soi-disant libre, subordonnée pour la plupart aux intérêts impériaux prédominants – la Révolution a dû faire face à tous ces défis –, exigent de nous, comme s’il s’agissait d’un pays vivant dans les conditions normales et non d’une place assiégée, de réinstaurer le modèle pluripartite qui régnait à l’époque où Cuba était sous la domination néocoloniale des États-Unis.

Renoncer au principe du parti unique reviendrait tout simplement à légaliser le parti ou les partis de l’impérialisme dans notre patrie, et à sacrifier l’arme stratégique de l’unité des Cubains qui a transformé en réalité les rêves d’indépendance et de justice sociale pour lesquels tant de générations de patriotes, depuis l’Indien Hatuey, Carlos Manuel de Céspedes, José Marti et Fidel, ont combattu.

Dans le but d’organiser la lutte pour l’indépendance de Cuba et de Porto Rico, Marti avait conçu la création d’un seul parti politique, le Parti révolutionnaire cubain, chargé, selon ses propres paroles : « De fomenter la révolution pour que puissent y entrer tous les Cubains de bonne volonté… Tous aiment Cuba, et la respectent ».

Lorsque la victoire sur l’Espagne était imminente, après trente ans de guerre, se produisit l’intervention nord-américaine, et l’une des premières mesures adoptées fut la dissolution de ce parti, ainsi que la glorieuse Armée de libération, pour avancer vers ce qui viendrait ensuite : le pluripartisme de la république bourgeoise et la création d’une nouvelle armée – gardes ruraux répressifs inclus –, garante de la domination absolue sur toutes les richesses de la nation, dont ils s’approprièrent pendant les quatre premières années de la première occupation militaire.

Telle fut la triste fin des deux piliers de la révolution pour l’indépendance, le Parti et son Armée de libération, qui devaient renaître 60 ans plus tard sous direction de Fidel, qui s’était inspiré des enseignements de Marti. Nous ne permettrons jamais que cette histoire se répète.

Il n’est pas dans mon intention dans cette intervention de m’arrêter sur l’évolution historique du terme Démocratie, depuis sa conceptualisation dans la Grèce antique comme le « pouvoir du peuple », même si la majorité esclave ne comptait pour rien. Je ne veux pas non plus philosopher sur l’actualité et l’utilité de ladite démocratie représentative. Il est de notoriété publique qu’elle a débouché invariablement sur une concentration du pouvoir politique entre les mains de la classe détentrice de l’hégémonie économique et financière de chaque pays, où les majorités ne sont pas prises en considération non plus, et, lorsqu’elles manifestent, comme elles le font aujourd’hui même dans de nombreux endroits, elles sont brutalement réprimées et passées sous silence avec la complicité de la grande presse à son service, elle aussi transnationalisée.

Le meilleur argument nous est fourni par la démocratie étasunienne, qui prétend s’imposer au monde comme modèle, où le pouvoir alterne entre le Parti républicain et le Parti démocrate, à quelques différences près, pour défendre les intérêts du même grand capital auquel ils sont subordonnés.

Prenez, pour ne citer que quelques exemples, la Base navale de Guantanamo, un territoire que les États-Unis occupent contre la volonté du peuple cubain depuis plus de 100 ans. Indépendamment du parti au pouvoir dans ce pays qui ne cesse de prôner la défense des droits de l’Homme – et malgré les promesses de son actuel président – une prison est maintenue depuis dix ans, où à l’heure actuelle, dans un limbe juridique, plus de 170 ressortissants étrangers sont soumis à des tortures et à des vexations.

Le deuxième exemple est l’invasion de Playa Giron, qui avait été conçue et planifiée par un président républicain, Eisenhower, et mise en exécution par John Kennedy, un président démocrate, trois mois à peine après sa prise de fonction ; et finalement, le blocus économique qui dure depuis plus d’un demi-siècle, peu importe s’il y a un républicain ou un démocrate à la Maison-Blanche.

Ceci dit, sans le moindre mépris pour les pays ayant des systèmes pluripartistes, et dans le strict respect du principe de libre autodétermination et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États, consacré par la Charte des Nations unies, à Cuba, partant de ses expériences dans la longue histoire des luttes pour l’indépendance et la souveraineté nationale, nous défendons le système du parti unique face au jeu de la démagogie et du mercantilisme de la politique.

Si nous avons choisi, souverainement et avec la participation et le soutien du peuple, de poursuivre l’option du parti unique de José Marti, nous devons promouvoir la plus grande démocratie dans notre société en commençant par donner l’exemple dans les rangs du Parti, pour instaurer un climat de totale confiance et créer les conditions nécessaires à tous les niveaux pour un vaste et franc échange d’opinions, aussi bien au sein de l’organisation qu’en ce qui concerne ses liens avec les travailleurs et la population, en faisant en sorte que les divergences soient accueillies avec normalité et respect, y compris par les médias, dont il est question à plusieurs reprises dans les Objectifs de cette conférence, et qui devront s’impliquer avec responsabilité et faisant preuve de leur devoir de stricte véracité devant les faits, et non pas dans le style bourgeois plein de sensationnalismes et de mensonges, mais en abordant les questions en toute objectivité et sans secrétisme inutile.

À cette fin, il nous faut encourager le professionnalisme parmi les travailleurs de la presse, une tâche dans laquelle nous pouvons compter sur le soutien de l’Union des journalistes de Cuba (UPEC), des médias et des organismes et institutions qui se doivent de leur fournir des informations dignes de foi et opportunes pour, entre tous, avec patience et une unité de critères, perfectionner et améliorer constamment l’efficacité des messages et des instructions à nos compatriotes.

Par ailleurs, la construction d’une société plus démocratique contribuera également à en finir avec les comportements opportunistes et la simulation, nés d’une fausse unanimité et du formalisme, au moment d’aborder certaines situations de la vie nationale.

Il est nécessaire de nous habituer à nous dire toutes les vérités en face, à nous regarder dans les yeux, à émettre des avis différents, y compris de contester ce que disent les chefs lorsque nous estimons avoir raison, comme il se doit, à l’endroit approprié, au moment opportun et d’une manière correcte, c’est-à-dire dans les réunions et pas dans les couloirs. Nous ne devons pas craindre de nous attirer des problèmes lorsque nous défendons nos idées, et nous devons combattre énergiquement le travail mal fait.

Nous avons souvent dit, et ceci a également été consigné dans le Rapport central du 6e Congrès, que la seule chose qui pourrait entraîner la chute de la Révolution et du Socialisme à Cuba est que nous soyons incapables de corriger les erreurs commises pendant les plus de 50 ans écoulés depuis le 1er janvier 1959, ainsi que les nouvelles erreurs que nous pourrions commettre à l’avenir.

Il n’a jamais existé et il n’existera pas de révolution sans erreurs, parce qu’elles sont l’œuvre des hommes et des peuples, qui ne sont pas parfaits, et qui sont confrontés, pour la première fois, à des défis nouveaux et énormes. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas avoir honte des erreurs. Le plus grave et honteux serait de ne pas avoir le courage de les reconnaître et d’en tirer les leçons pour les corriger à temps.

À cet égard, en raison de leur permanente actualité, il est opportun de rappeler les paroles prononcées par le camarade Fidel, le 28 septembre 1986, lors de la clôture du 3e Congrès des Comités de défense de la Révolution (CDR), lorsqu’il signalait : « La lutte contre les tendances négatives et les erreurs commises continuera indéfectiblement, car il est de notre devoir sacré de perfectionner tout ce que nous faisons, de perfectionner la Révolution. Nous avons le devoir sacré de ne jamais être satisfaits, même lorsque nous croyons bien faire, et de l’être encore moins quand nous savons que les choses ne sont pas faites comme elles le devraient ».

La génération qui a fait la Révolution a eu le privilège historique, rarement vu, de pouvoir conduire la rectification des erreurs commises par elle-même, ce qui est une preuve éloquente que ces erreurs n’ont pas eu de répercussions stratégiques, autrement nous ne serions pas ici aujourd’hui. Nous ne pouvons pas, même si nous ne sommes plus aussi jeunes, laisser passer cette dernière chance.

Je me vois donc dans le devoir d’adresser, une fois de plus, une mise en garde afin que nous évitions de tomber dans l’illusion de croire que les décisions adoptées par cette Conférence nationale, où même les accords de portée stratégique adoptés par le 6e Congrès constituent, la solution magique à tous nos problèmes.

Pour empêcher que les instructions du Parti et du Bureau politique ne tombent dans un sac troué, et comme nous l’avons souligné en ce qui concerne l’actualisation du modèle économique et l’exécution des plans annuels et du budget, les plénums du Comité central devront analyser deux fois par an l’application des Objectifs de travail du Parti fixés par cette Conférence. Les comités provinciaux et municipaux du Parti auront également ce genre de réunions, dont la forme et la fréquence seront établies par le Comité central.

L’expérience nous a appris que ce qui n’est pas contrôlé efficacement, ne s’accomplit pas ou s’exécute superficiellement.

Il s’impose de travailler et de persévérer avec ordre, discipline et rigueur pour matérialiser les Orientations de la politique économique et sociale, de même que les Objectifs fixés par cette Conférence, de lâcher derrière nous le lest de la vieille mentalité et forger, avec une dynamique transformatrice et beaucoup de sensibilité politique, la vision pour le présent et l’avenir de la patrie, sans abandonner un seul instant le legs de José Marti et la doctrine du marxisme-léninisme, qui constituent le principal fondement idéologique de notre processus révolutionnaire.

Pour réussir dans cette voie, il est indispensable, comme le souligne l’objectif Nº 37, de « renforcer l’unité nationale autour du Parti et de la Révolution, resserrer le lien permanent avec les masses et consolider la conviction de préserver la nation cubaine et ses conquêtes économiques et sociales, sur la base selon laquelle la Patrie, la Révolution et le Socialisme sont indissolublement liés ».

Ceci dit, l’important de la question n’est pas d’avoir formulé correctement cet objectif ou tout autre, mais de savoir déterminer les voies et les manières de les mettre en pratique, avec la plus grande fermeté, de sorte que nous puissions évaluer intégralement combien et comment nous avançons, détecter à temps les tendances négatives et être capables de mobiliser les militants et le peuple dans la poursuite de notre objectif.

Cette règle est tout aussi applicable aux énoncés liés à la Politique des cadres, un domaine qui, comme il est précisé dans le Rapport central du 6e Congrès, a subi les effets de l’improvisation et du manque de prévision et de systématicité, qui a laissé comme séquelle le fait que nous ne disposons pas encore d’une réserve de remplaçants expérimentés et mûrs, suffisamment préparés pour occuper les postes de direction complexes au niveau du Parti, de l’État et du gouvernement, une tâche qui, pour des raisons évidentes, que tout le monde comprendra, revêt une importance stratégique pour la Révolution et à laquelle nous travaillons sans hâte mais sans pause, dans le cadre de la mise en exécution des accords du Congrès.

Je profite de l’occasion pour réitérer que dans la mesure où nous avançons dans la définition de tous les ajustements qu’il faudra apporter à la Constitution de la République et au cadre législatif complémentaire, entre autres questions, nous prendrons la décision de limiter les principales fonctions politiques et publiques à un maximum de deux mandats successifs de cinq ans. À cet égard, j’estime qu’une fois les politiques définies et adoptées par les instances pertinentes, nous pourrons commencer une application progressive, sans attendre la réforme constitutionnelle, car nous ne pouvons pas utiliser ce recours à tout moment ; autrement dit, aller modifier quelque chose dans la Constitution, que ce soit à travers le propre Parlement, sans qu’il faille en appeler au référendum. Les statuts et d’autres documents recteurs du Parti seront également sujets à modification.

En abordant ces questions, je ne puis m’empêcher de souligner l’importance d’assurer que l’autorité morale du Parti, de ses militants et en particulier des dirigeants, à tous les niveaux, soit basée sur l’exemple personnel à partir de valeurs éthiques, politiques et idéologiques prouvées et un contact permanent avec les masses.

La Révolution des humbles, par les humbles et pour les humbles qui a coûté tant de sang à notre peuple courageux cesserait d’exister sans que l’ennemi ait à tirer un seul coup de feu si sa direction tombait un jour aux mains d’individus corrompus et lâches.

Il faut toujours garder à l’esprit ces concepts, qui ne sont pas nouveaux, en raison du mal réel et potentiel que représente pour le présent et l’avenir de la nation le phénomène de la corruption.

Ces dernières semaines, les députés de l’Assemblée nationale et de nombreux cadres et fonctionnaires de tout le pays ont reçu une vaste information sur certaines des enquêtes menées par les organes pertinents du ministère de l’Intérieur, en étroite collaboration avec le ministère Public et la Cour des comptes de la République.

Une fois que les tribunaux auront rendu leurs décisions, toute notre population sera largement informée sur ces faits.

Il n’y a pas longtemps, dans mon discours de clôture des sessions du Parlement en décembre dernier, j’ai exprimé ma conviction que la corruption, à l’étape actuelle, est l’un des principaux ennemis de la Révolution, qui fait bien plus de dégâts que le multimillionnaire programme subversif et d’ingérence du gouvernement des États-Unis et de leurs alliés à l’intérieur et à l’extérieur du pays. J’ai aussi souligné que, dorénavant, nous ne permettrons pas les actions que nous livrons contre le délit soient éphémères, comme il est arrivé autrefois.

Heureusement, et sans vouloir minimiser l’importance de ce mal généralisé sur la planète, j’estime que notre pays est à même de gagner la bataille contre la corruption, d’abord en la freinant et ensuite en la liquidant sans ménagements d’aucune sorte. Nous avons déjà averti que dans le cadre de la loi nous serons implacables avec le phénomène de la corruption.

Il est souvent arrivé que certaines des personnes impliquées dans des cas de corruption soient des militants du Parti, ce qui en dit long sur la duplicité de ces gens qui ont profité de leur condition pour se hisser à des positions dans les structures de direction, manquant de manière flagrante à leurs devoirs de militant communiste établis dans les Statuts.

C’est pourquoi, sans attendre la révision en cours dans le cadre de l’actualisation des documents recteurs du Parti, le 3e Plénum du Comité central qui s’est tenu en décembre, a précisé que la sanction ne peut être autre que l’expulsion des rangs du Parti, indépendamment de la responsabilité administrative ou pénale qui correspond, car jusqu’à présent cette mesure – l’expulsion – était exceptionnelle et était réservée aux cas le trahison à la Patrie et aux délits graves.

Nous n’avons aucun doute que l’immense majorité des citoyens et cadres de direction sont des gens honnêtes, mais nous savons que ce n’est pas suffisant. Il ne suffit pas d’être honnête, et de le paraître, il faut se battre et faire face, passer de la parole à l’action.

Il est vrai qu’il y a longtemps que le Parti livre un combat contre ce fléau ; mais le Parti allait d’un côté et le gouvernement de l’autre. Pour assurer le succès, il faut que le Parti assume définitivement la direction du processus, ce qui ne veut pas dire, loin s’en faut, qu’il pourra suppléer aux fonctions qui incombent à chaque institution.

En premier lieu, le Parti exigera à tous des responsabilités pour l’accomplissement de leurs obligations, sans intervenir dans l’administration ; mais il pourra attirer l’attention, mettre en garde et combattre, au niveau de la cellule, de la municipalité, et penser et repenser à la manière de mobiliser l’ensemble des forces à cette fin. Chaque fois que nous agirons de la sorte, nous pourrons confirmer que la corrélation des forces nous favorise à tous égards dans nos efforts pour vaincre la corruption. Une grande importance doit être accordée à l’organisation et à la constance de cette lutte.

Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une fonction exclusive des militants, c’est aussi le devoir de chaque citoyenne et de chaque citoyen, militant du Parti ou non, qui se préoccupe de son pays.

Il serait bon de reprendre, en raison de leur actualité, des concepts qui avaient été définis en 1973, il y a presque 40 ans, dans le cadre des travaux préparatoires du 1er Congrès.

Le Parti doit être capable de diriger l’État et le gouvernement, de contrôler leur fonctionnement et l’application des orientations fixées, d’encourager, d’impulser et de contribuer à un meilleur travail des organes de gouvernement, mais en aucun cas les remplacer. Il les dirige à travers le contrôle, et ce terme doit être entendu comme vérifier, examiner et réviser, et jamais comme intervenir ou commander.

Même si cela ne figure pas dans le texte, c’est dans la pensée de tous, de toute la masse des militants : cette fâcheuse manie de commander doit cesser définitivement dans le Parti. Sa force est morale et non juridique, c’est pourquoi il faut avoir de l’autorité morale pour diriger le Parti et éduquer les masses dans cet esprit. C’est la force morale !

Le Parti dirige en veillant à ce que ses directives, de même que celles de l’État et du gouvernement, soient exécutées correctement et par ceux qui en ont la responsabilité.

Le Parti contrôle à travers ses structures et tous ses militants, de haut en bas et vice-versa, ce qui ne remet pas en cause le contrôle que doit exercer le gouvernement sur l’activité administrative qui lui incombe.

Le contrôle est simultané mais ne suppose aucune interférence. Dans une entreprise de production ou de services, le contrôle est exercé par l’administration de l’entreprise, par ses échelons supérieurs et par les organismes d’État ou gouvernementaux selon le cas, que ce soit la Cour des comptes, le Ministère public, les banques, les bureaux de l’administration fiscale, etc.

Les organisations de base du Parti exercent leur contrôle à travers leurs militants, qu’il s’agisse de simples travailleurs ou des dirigeants, en prêchant par l’exemple, d’où émane leur autorité. L’administration doit se conformer strictement au respect des normes juridiques en vigueur, sans cesser de transmettre aux organismes politiques supérieurs l’information pertinente. Le Parti veille à ce que les plans économiques et le budget soient conçus correctement et, une fois approuvés par le gouvernement et le Parlement, ils soient exécutés rigoureusement.

Il y a longtemps que ces concepts sont bien clairs, ils datent du 1er Congrès ; mais depuis nous avons oublié ces résolutions, ces accords, ce magnifique congrès et ils dorment dans les tiroirs. C’est pourquoi, presque un demi-siècle plus tard, il nous faut dépoussiérer les papiers que nous avons rédigés il y a quarante ans, parce que nous nous sommes consacrés à d’autres choses, pour une raison ou l’autre. C’est pourquoi nous défendons tellement le rôle de nos institutions et le fait que chacun fasse ce qui lui revient, sans interférer avec les tâches des autres, mais plutôt en nous soutenant mutuellement. Ces concepts ont été mis à jour, si bien qu’il s’impose, depuis la base, c’est-à-dire au niveau de la cellule même du Parti ou du Comité de base des Jeunesses, d’éduquer les militants dans ces principes et sur la procédure à suivre : chacun dans le cadre où il exerce ses activités ; comment appliquer les orientations adoptées par les Congrès ou la Conférences, comme dans ce cas, autrement dit inculquer ces principes aux militants pour qu’ils les intègrent à leurs actions. Point n’est besoin d’être philosophe !

C’est ce que nous devons enseigner, tout simplement, et les éduquer petit à petit lors des réunions, des stages ou quoi que ce soit, afin qu’ils sachent quelle est leur fonction, leur rôle ; mais pour exercer ce rôle il faut une force morale dans tous les sens. Je vous disais que, selon ma modeste opinion – cette question a été largement débattue hier par les commissions –, voilà l’aspect essentiel de ce que nous appelons le travail idéologique, et non pas les slogans vides et les phrases toutes faites.

Avant de conclure, j’estime nécessaire de dénoncer une fois de plus les brutales campagnes anticubaines incitées par le gouvernement des États-Unis et certains autres gouvernements traditionnellement engagés dans la subversion contre notre pays, avec la complicité de la grande presse occidentale et la collaboration de leurs salariés dans l’île, dans le but de discréditer la Révolution, de justifier l’hostilité et le blocus exercé contre la population cubaine, et de créer une cinquième colonne qui travaille à faciliter les plans visant à nous priver de notre indépendance et de notre souveraineté nationale.

Comme le souligne l’éditorial du quotidien Granma du lundi 23, les faits valent plus que mille mots. Les campagnes anticubaines n’entameront ni la Révolution cubaine, ni son peuple, qui continuera de perfectionner son socialisme. L’histoire démontrera une nouvelle fois que le mensonge, même répété, ne deviendra jamais une vérité, car comme l’a dit notre héros national José Marti, « un principe juste du fond d’une grotte est plus puissant qu’une armée ».

Camarades :

En moins d’une année nous avons tenu deux événements du Parti. Cette 1ère Conférence, et surtout le 6e Congrès, avec des accords transcendants pour le présent et l’avenir de la Révolution et du Socialisme à Cuba. La voie a été tracée. Avançons avec la même décision, le même courage, et la sérénité, la même fermeté idéologique dont on fait preuve en plus de 13 ans d’injuste incarcération nos Cinq Héros, pour la liberté desquels nous ne cesserons jamais de lutter, et auxquels nous adressons les salutations fraternelles des communistes et de tout le peuple cubain.

 

Merci beaucoup (Applaudissements).

 

URL de cet article 15771

http://www.legrandsoir.info/nous-devons-promouvoir-la-plus-grande-democratie-dans-notre-societe-en-commencant-par-notre-propre-parti.html

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 15:33

Cuba : briser le pouvoir des entreprises permet le développement durable, par Marce Cameron, sur changement de société

Publié 9 décembre 2011

 

source :Green Left Weekly, 24 septembre 2011

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

 

Cuba est un leader mondial en pratiques écologiquement soutenables. C’est le seul pays à avoir commencé une transition à grande échelle d’une agriculture conventionnelle, lourdement dépendante des carburants fossiles vers un nouveau paradigme agricole appelé agriculture soutenable à faible niveau d’intrants. 

Ces fermes fournissent environ 80% des fruits frais, des légumes, des herbes et des plantes médicinales consommées par les citadins. Elles sont maintenant complétées par des « ceintures vertes » en bordure de ville avec pour objectif l’autosuffisance locale et la soutenabilité écologique.

Cuba a été le premier pays à remplacer toutes les ampoules à incandescence par des ampoules à fluorescence économes en énergie et à interdire la vente des ampoules à incandescence..

L’île a également ouvert la voie en matière de décentralisation de la production électrique en installant des milliers de générateurs diesel de la taille d’un container là où on en avait besoin. Cela a diminué les pertes liées au transport de l’électricité et a rendu le réseau moins vulnérable aux coupures.

De nombreuses usines sucrières brûlent les déchets de la canne à sucre pour produire de l’électricité pour le réseau et les écoles rurales et d’autres installations sociales ont été équipées de panneaux solaires.

Les bicyclettes, mode de transport soutenable, ont fait l’objet d’une promotion et les communautés locales jouent un rôle clé dans le recyclage.

Les surfaces boisées augmentent du fait d’efforts de reforestation. Des récifs coralliens aux forêts denses, le réseau de zones protégées de Cuba en fait le joyau de la Caraïbe.

Cuba souffre de problèmes écologiques sérieux, des récentes sécheresses sévères et des inondations, qui peuvent être liées au changement climatique, à l’érosion du sol, la pollution, la diminution de la biodiversité, conséquences de pratiques passées et présentes peu soutenables.

Petit pays du Tiers-Monde soumis à un siège économique étasunien handicapant depuis 1962, Cuba n’a pas les moyens de se procurer les coûteuses technologies vertes.

Pourtant, Cuba est devenue un laboratoire social pour l’application de pratiques soutenables dont les écologistes des pays développés comme l’Australie ne peuvent que rêver.

Une raison pour laquelle Cuba est le premier pays du monde en matière de pratiques soutenables est la pure nécessité : Cuba a dû s’adapter à une raréfaction aiguë de l’énergie, des matières premières, des biens manufacturés et des ressources financières, du fait de circonstances extérieures.

Au début des années 1990, l’Union Soviétique et ses alliés d’Europe de l’Est, qui représentaient 85% du commerce extérieur cubain, ont coupé les liens avec Cuba en retournant au capitalisme.

L’effondrement soudain du « socialisme » bureaucratique soviétique a causé une contraction de l’économie post-capitaliste de Cuba de 35%.

Mais grâce à la solidarité enracinée dans sa révolution socialiste profondément populaire, Cuba a évité la chute dans la pauvreté abjecte et le chaos politique qui s’en seraient suivis si Cuba n’avait pas aboli le capitalisme dans les années 1960.

Cuba s’est tournée vers les bœufs pour labourer les champs parce qu’elle n’avait pas le choix : des milliers de tracteurs soviétiques restaient inutilisés par manque de carburant, d’huile ou de pièces détachées. Mais une fois les agriculteurs habitués au bœuf, ils ont découverts qu’il offrait beaucoup d’avantages que n’ont pas les tracteurs, en particulier pour des exploitations agricoles de petite taille.

Les bœufs sont moins coûteux à « manœuvrer », mangent de l’herbe au lieu de consommer du pétrole, compriment beaucoup moins le sol et produisent des engrais gratuits et naturels. Intégrés dans des systèmes agricoles conçus pour une soutenabilité écologique à faible coût, les bœufs sont un pas en avant autant qu’un pas « en arrière ».

La nécessité est peut-être la mère de toutes les inventions, mais beaucoup de bonnes idées sur la façon dont il faut commencer la transition vers une civilisation plus soutenable écologique ment sont condamnées à rester marginales tant que le capitalisme domine la planète- alors même que les sociétés capitalistes font l’expérience de crises économiques de l’ampleur de la « Période Spéciale » de la Cuba post-soviétique.

La nature même du capitalisme tend à empêcher ces bonnes idées d’être appliquées à une échelle suffisamment grande.

C’est principalement parce qu’il est plus rentable pour les grandes entreprises capitalistes de continuer à piller la planète.

La révolution socialiste cubaine a aboli la propriété capitaliste de richesses productives de grande taille et a remplacé le marché capitaliste par la planification centrale en vue de la satisfaction des besoins. Les mécanismes de marché, les coopératives et les petites entreprises privées ont un rôle subordonné.

A moins que le pouvoir des grandes entreprise ne soit renversé par un État basé sur l’auto-organisation des millions de travailleurs et de paysans qui produisent la majorité de la richesse sociale, le pouvoir économique restera un obstacle infranchissable pour l’ Australie et pour les autres pays dirigés par l’élite des entreprises qui voudraient suivre l’exemple cubain.

 

Cuba pèse peu sur le globe

En 2006, une étude de World Wildlife Fund a conclu que Cuba était le seul pays au monde avec à la fois un Indice de Développement Humain (un classement reposant sur un indice composite synthétisant des données sur la qualité de vie et le pouvoir d’achat) élevé et une « empreinte écologique » (une mesure de l’utilisation des terres et des ressources par personne) relativement faible.

L’étude concluait que si le monde suivait l’exemple de Cuba, nous aurions seulement besoin des ressources d’une planète pour nous soutenir indéfiniment.

En contraste, si le monde suivait l’exemple de l’économie capitaliste de l’Australie, nous aurions besoin de 3,7 planètes semblables à la Terre.

Tandis que le capitalisme global conduit l’humanité à la destruction de sa propre planète- dont les premières étapes se déploient sous nos yeux- le besoin de remplacer le capitalisme par un ordre social démocratique basé sur la propriété collective des richesses productives de grande échelle et la solidarité humaine se fera sentir de plus en plus vivement.

Cependant, les gens ne lutteront pour une telle société que si elle semble possible, réaliste et nécessaire. Là aussi Cuba est à l’avant-garde du monde.

Non seulement Cuba offre un exemple édifiant de ce qui est possible quand même un petit pays pauvre se libère de la tyrannie des riches, mais Cuba et le Venezuela conduisent sur la scène mondiale un bloc de pays d’Amérique Latine dotés de gouvernements progressistes- l’Alliance Bolivarienne pour Notre Amérique- pour la justice sociale et écologique.

A la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009, les pays de l’ALBA ont dénoncé le capitalisme comme la racine de la crise écologique, et ont sabordé un accord secret qui aurait placé le fardeau sur les épaules des pays pauvres, qui sont les moins responsables de la hausse des émissions de gaz à effet de serre.

La conférence de Nations Unies sur le développement durable, qui doit se tenir l’année prochaine à Rio de Janeiro, au Brésil, marquera les 20 ans du premier sommet de la Terre des Nations Unies.

Il vaut la peine de rappeler les mots de l’ancien président cubain Fidel Castro, au sommet de 1992. Castro a signalé qu’un cinquième de la population du monde « consomme les deux tiers de tous les métaux et les trois quarts de l’énergie produite dans le monde »

« Ils ont empoisonné les mers et les rivières. Ils ont pollué l’air […]. Ils ont saturé l’atmosphère de gaz, altérant les conditions climatiques avec les effets catastrophiques dont nous commençons déjà à souffrir.

« Les forêts disparaissent. Les déserts s’étendent. Des milliards de tonnes de sol fertile sont conquis par les eaux chaque année. De nombreuses espèces s’éteignent.

« La pression démographique et la pauvreté conduisent à des efforts de survie désespérés, même aux dépens de la nature. Les pays du Tiers-Monde, colonies hier, nations exploitées et pillées par un ordre économique international injuste aujourd’hui, ne peuvent être rendues responsables de tout cela…

« Assez d’égoïsme. Assez de combines pour dominer. Assez d’insensibilité, d’irresponsabilité, de tromperie. Demain, il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire il y a longtemps. »

 

Réveil Communiste http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-cuba-exemple-de-developpement-humain-eleve-avec-une-empreinte-ecologique-faible-91868273.html

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:44

mercredi 2 novembre 2011

par  Roger Grevoul

 

La logique de l’oppression est imparable.

Pour la vingtième année consécutive, le blocus des États-Unis contre Cuba a reçu une nouvelle et large condamnation à l’Assemblée Générale des Nations Unies. La résolution intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis d’Amérique contre Cuba » a été adoptée hier, 25 octobre par la majorité favorable de 186 nations, contre 2 (Les Etats-Unis et Israël) et 3 abstentions (La Micronésie, Les Îles Marshall et Palau). Depuis 50 ans, le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba, constitue l’obstacle principal au développement du pays. Le montant du préjudice économique direct infligé au peuple cubain par le blocus étasunien, depuis sa mise en place jusqu’au mois de décembre 2010, s’élève à 975 milliards de dollars, compte tenu de la dépréciation internationale du dollar face à l’or depuis 1961 jusqu’à 2010. Il ne s’agit pas d’une question bilatérale entre notre pays et les États-Unis. Il a une évidente application extraterritoriale qui gêne d’une manière significative beaucoup d’autres États y compris la France et d’autres pays européens. Cuba a une fois de plus obtenu le soutien de la communauté internationale et exige donc des États-Unis la levée immédiate du blocus.

Paris, le 26 octobre 2010 Ambassade de Cuba en France

 

Résultats du vote [mettre fin au blocus]

Année Pour Contre Abstention

1992 59 3 71

1993 88 4 57

1994 101 2 48

1995 117 3 38

1996 137 3 25

1997 143 3 17

1998 157 2 12

1999 155 2 8

2000 167 3 4

2001 167 3 3

2002 173 3 4

2003 179 3 2

2004 179 4 7

2005 182 4 1

2006 183 4 1

2007 184 4 1

2008 185 3 2

2009 187 3 2

2010 187 2 3

2011 186 2 3

 

publié par http://s147752339.onlinehome.fr/cubadev/spip.php?article410

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:43

vendredi 4 novembre 2011

  

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a diffusé son Indice de développement humain 2011 (IDH). Cuba et le Venezuela figurent parmi les pays qui ont le plus progressé, un fait d’autant plus remarquable que les Etats-Unis régressent, à cause de l’inégalité des revenus et des carences en matière de santé publique.

Cuba, Venezuela, Chili et Brésil : progrès de l’IDH

 

Cuba avait disparu de l’IDH depuis quelques années, faute de statistiques fiables. Entre 2006 et 2011, Cuba progresse de dix points, se hissant au rang 51, se situant ainsi parmi les pays au développement humain élevé. Le Venezuela progresse de sept points, jusqu’au rang 73, dans la même catégorie.

Le Chili reste néanmoins en tête des pays d’Amérique latine et progresse d’un point (rang 44), dépassant l’Argentine (45) et Barbade (47). Ce sont les trois seules nations latino-américaines ou caribéennes classées parmi celles disposant d’un développement humain très élevé.

La plupart des autres pays de la région trouvent leur place dans la catégorie suivante, développement humain élevé : Uruguay (48), Cuba (51), Mexique (57), Panama (58), Antigua et Bermuda (60), Trinidad et Tobago (62), Grenade (67), Costa Rica (69), Saint Kitts et Nevis (72), Venezuela (73), Jamaïque (79), Pérou (80), Dominique (81), Sainte Lucie (82), Equateur (83), Brésil (84), Saint-Vincent et Grenadines (85), Colombie (87).

Le Brésil progresse d’un point, mais reste derrière dix-huit pays de la région, malgré tous les efforts des dernières années pour faire reculer la pauvreté, redistribuer le revenu national et améliorer l’éducation. Maigre consolation, le Brésil est mieux classé parmi les BRICS, derrière la Russie (66), mais devant la Chine (101), l’Afrique du Sud (123) et l’Inde (134).

La catégorie développement humain moyen comprend la République Dominicaine (98), le Suriname (104), le Salvador (105), le Paraguay (107), la Bolivie (108), le Guyana (117), le Honduras (121), le Nicaragua (129) et le Guatemala (131).

Sans surprise, Haïti figure au rang 158, en queue de peloton, parmi les pays à faible développement humain. La liste du PNUD s’étend à 187 nations ou territoires, grâce notamment à la prise en compte de statistiques plus fiables des Caraïbes. Le classement va de la Norvège à la République démocratique du Congo, ravagée par la guerre civile.

L’Amérique latine reste la région la plus inégalitaire au monde en termes de revenus. Mais l’espérance de vie et le niveau de scolarité la situent au-dessus de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie méridionale.

 

Publié par http://s147752339.onlinehome.fr/cubadev/spip.php?article412

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:41

Elle dit qu’elle est juste une militante de base du Parti communiste cubain, mais elle porte le nom d’un mythe de la gauche. A 50 ans, la pédiatre Aleida Guevara s’occupe de faire vivre la mémoire de son père et propose une défense passionnée du modèle de l’île. Dans cette interview, elle exprime ses craintes personnelles que les réformes en cours sur l’île, qui ont permis la vente de biens immobiliers et de véhicules, n’affectent la conscience sociale de la population, et puisse aboutir à une montée de l’individualisme.

 

de : Solidarité-Internationale-PCF

mardi 25 octobre 2011 - 09h13

 

Interview pour le journal brésilien A folha (extraits)

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Elle dit qu’elle est juste une militante de base du Parti communiste cubain, mais elle porte le nom d’un mythe de la gauche. A 50 ans, la pédiatre Aleida Guevara s’occupe de faire vivre la mémoire de son père et propose une défense passionnée du modèle de l’île. Dans cette interview, elle exprime ses craintes personnelles que les réformes en cours sur l’île, qui ont permis la vente de biens immobiliers et de véhicules, n’affectent la conscience sociale de la population, et puisse aboutir à une montée de l’individualisme.

Comment vont les choses à Cuba ?

Nous sommes dans une situation où il nous faut trouver des solutions à des problèmes réels qui existent depuis longtemps. Et il y a les problèmes actuels que le pays subit en raison de la crise économique, qui touche tous les pays du monde. Nous sommes en train de discuter de ces problèmes avec l’ensemble du peuple, en les analysant sur les lieux de travail, dans les quartiers. Le congrès du parti a analysé tout ce qui est sorti de ces réunions populaires et est arrivé à un consensus sur le fait que nous devrons opérer quelques changements dans l’économie domestique. Résoudre le problème de familles, de personnes qui sont sans emploi en ce moment car l’État ne peut pas continuer à payer des personnes qui travaillent sans produire. Lorsque nous avons perdu le camp socialiste européen, Cuba a subi une crise brutale et l’État a garanti la sécurité de l’emploi à tout le monde sur toute la période. Aujourd’hui, la situation de notre économie s’est améliorée. Par conséquent, des possibilités réelles s’ouvrent à ces personnes pour qu’elles travaillent de façon indépendante. C’est pourquoi on en arrive à cette possibilité de travail individuel. Pour ce qui est de la Constitution, il nous faudra analyser quels sont les articles de la Constitution actuelle qui entrent en contradiction avec ces changements. Voilà pourquoi il nous faut cette analyse populaire, profonde, et s’il est nécessaire de changer un article de la Constitution, que le peuple sache ce qui se trame et pourquoi. Et le référendum qui devrait être organisé le sera plus rapidement et plus facilement.

Qu’est-ce qu’il faudrait changer dans la Constitution ?

Il a été convenu dans la Constitution que Cuba est une société socialiste. Dans cette société socialiste, il y a des normes, des règles. Quand on dit aujourd’hui qu’il y a des personnes qui vont travailler pour leur propre compte, cela peut supposer louer sa maison, ce qui n’existait pas auparavant. Ces personnes qui travaillent actuellement pour leur propre compte, si elles veulent embaucher d’autres personnes, doivent payer un salaire juste, garanti par la loi. Par exemple, si vous voulez louer une pièce de votre maison et embaucher quelqu’un pour faire le ménage. Avant cette personne n’était protégée par aucune loi. Désormais, avec ces changements, cette personne sera protégée également par les lois de l’État cubain. Ces lois doivent être introduites dans la Constitution.

Le dernier congrès du parti a ouvert la possibilité d’une appropriation privée des bâtiments et des voitures...

Disons que ce n’est pas de la propriété privée. Moi avant, par exemple, si je me payais une voiture, c’était la mienne. Le problème, c’est que je n’avais pas le droit de la vendre. Aujourd’hui, j’ai ce droit. Ce qui a changé, c’est que le citoyen qui est propriétaire de sa voiture puisse la vendre légalement. C’est sa propriété, c’est son droit. C’est la même chose pour les maisons. Si une maison est légalement la tienne, tu peux la vendre.

Mais c’est reconnaître la propriété privée

Dans ce qui existait déjà, dans la propriété individuelle. Que tu peux appeler privée, si tu veux. C’est la tienne. Le problème, c’est de légaliser cette propriété de façon à ce que tu puisse en user comme tu le désires.

Vous ne trouvez pas que cela rentre en conflit avec le principe socialiste ?

Non. Cela ne pose aucun type de problème avec les principes socialistes. Le problème, ce n’est pas de vendre ta maison ou ta voiture ou de l’échanger. Cela me paraît une très bonne chose que nous puissions le faire librement, sans aucune entrave. Le problème, c’est qu’il existe aujourd’hui des travailleurs qui travaillent pour leur propre compte. Ces travailleurs vont rechercher leur bénéfice personnel. Ma crainte personnelle – comme simple citoyenne, je n’ai rien à voir avec la direction du gouvernement cubain, je suis une médecin cubaine – ma crainte est que les personnes qui travaillent pour elles-mêmes perdent un peu de vue la question sociale, perdent leur conscience sociale. En vivant dans une société socialiste, nous travaillons pour tout un peuple. Quand tu commences à travailler pour remplir ton porte-feuille, pour ton bien-être personnel, il y a le risque de perdre ce lien social que nous avons toujours maintenu. C’est ma préoccupation personnelle. L’État socialiste continue d’être socialiste car il n’y a pas privatisation des grands moyens de production. Ce n’a pas eu lieu et cela n’aura pas lieu. Le peuple cubain continue d’être le propriétaire de tout ce qui se produit dans le pays. Tu peux être le propriétaire de ce que tu produis dans ta maison, dans un restaurant, un salon de beauté, des services produits. Mais les grands moyens de production, tout est entre les mains de l’État, donc, du peuple. Dans cette perspective, il n’y a aucun changement.

Les réformes ont été faites pour libérer quelque peu l’Etat du poids de personnes qui...

Exactement. De personnes qui seront laissés sans travail par l’État, car l’État ne peut pas continuer à soutenir cette situation. Nous avons connu des améliorations économiques. Ces personnes restent libres de travailler pour l’État et d’avoir leur propre travail. Et l’État se libère de cette situation difficile où il faudrait garder ceux qui ne produisent pas.

Votre crainte, c’est que cette réforme, qui peut être lue comme plus privatisante, affecte la conscience sociale ?

L’homme pense comme il vit. C’est ma préoccupation, tout simplement. Si tu vis juste en étant intéressé par la rénovation de ta maison, par l’accroissement de la quantité d’argent que tu as dans ton porte-feuille, par l’amélioration de ta garde-robe, tu oublies que l’école du coin, où tes enfants et tes petit-enfants étudient, aura besoin d’un petit coup de peinture. Tu serais capable de donner un peu de ton argent à cette école ? Si tu en es capable, je ferme ma bouche et me voilà satisfaite. C’est ma préoccupation, que l’on perde cette perspective, que l’on ne soit plus concerné par la perspective de la communauté sociale, qui est ce que nous sommes et continue d’être notre raison d’être.

 

Publié sur

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article121651 et

http://s147752339.onlinehome.fr/cubadev/spip.php?article416

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:52

 lundi 22 novembre 2010

par Jorge Martin

 

arton1508Le 13 septembre dernier, la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC) annonçait une série de mesures qui vont sérieusement affecter l’économie du pays. La plus frappante de ces mesures est la suppression de 500 000 postes dans le secteur public d’ici mars 2011, dans le cadre d’un plan de suppression d’un million de postes. Dans la mesure où 85 % des travailleurs cubains, soit 5 millions, sont employés dans le secteur public, cela reviendrait à supprimer 20 % des emplois de ce secteur, dont 10 % au cours des six prochains mois.

Le communiqué de la CTC souligne que ces travailleurs devront être embauchés en dehors du secteur public, grâce à une augmentation des licences accordées aux auto-entrepreneurs et aux entreprises familiales, à la location à des travailleurs – avec option d’achat – de locaux et entreprises d’Etat. Des travailleurs pourront aussi prendre le contrôle de petites entreprises en les gérant sous forme de coopératives.

Suppressions d’emplois 

Par le passé, les travailleurs licenciés recevaient l’intégralité de leur salaire de base jusqu’à ce qu’ils soient affectés à un autre poste. Mais désormais, cette allocation de 100 % ne sera versée que le premier mois, après quoi les travailleurs concernés ne toucheront que 60 % de leur salaire de base, et ce pendant une période qui dépendra de la durée de leur dernier emploi : pendant un mois pour ceux qui ont travaillé pendant 19 ans ; pendant deux mois pour ceux qui ont travaillé entre 20 et 25 ans ; pendant trois mois pour la tranche de 26 à 30 ans, et pendant 5 mois pour tous ceux qui ont travaillé plus de 30 ans.

En outre, les salaires des travailleurs du secteur public seront liés à la productivité. Cette mesure avait déjà été annoncée par Raul Castro. Mais toutes les entreprises ne l’avaient pas mise en oeuvre à cause de la grave crise économique que traverse l’économie cubaine.

Le communiqué de la CTC reprend également l’idée – déjà formulée par Raul Castro – qu’il faut réduire les « dépenses sociales excessives », et qu’il faut éliminer les « subventions excessives » et les « primes injustifiées ». Cela semble annoncer une vaste restructuration du système de protection sociale, les allocations et les droits devant être soumis à des conditions et des critères plus restrictifs. Cela se traduira probablement par la suppression du système de « carnets de rationnement » donnant accès à tous les Cubains à un panier de biens hautement subventionnés, surtout de la nourriture. Quant à l’extension des licences d’auto-entrepreneurs, elle légalisera de facto une situation où, pour joindre les deux bouts, de nombreux Cubains ont été forcés de recourir au marché noir.

« Auto-entrepreneurs »

Pour la première fois, des petites entreprises privées seront autorisées à embaucher des salariés, en payant des cotisations sociales. L’Etat cubain espère ainsi accroître ses recettes fiscales de 400 %. Il y a déjà 170 000 auto-entrepreneurs légaux – et probablement autant sur le marché noir.

Les salaires cubains sont relativement bas. Mais le logement, l’éducation, les transports et la santé y sont gratuits ou hautement subventionnés, de même que les aliments concernés par les « carnets de rationnement ». Le problème, c’est que ce salaire social ne permet plus aux Cubains de vivre correctement, de sorte qu’ils doivent faire une bonne partie de leurs courses en pesos convertibles (CUC), qui s’échangent au taux de 1 contre 24 pesos cubains – sachant que les salaires sont payés en pesos cubains.

Les magasins CUC sont tenus par l’Etat et vendent des marchandises plus chères, ce qui permet à l’Etat de récupérer les devises fortes que les Cubains obtiennent soit par le biais de l’argent expédié de l’étranger, soit au moyen d’activités légales, semi-légales ou illégales tournées vers les touristes.

Une autre mesure annoncée récemment prévoit le prolongement de la durée de location de terrains aux investisseurs étrangers : de 50 à 99 ans. Cette mesure est justifiée par la nécessité d’apporter « de meilleures garanties et une meilleure sécurité aux investissements étrangers », en particulier dans le secteur du tourisme. Par exemple, des sociétés canadiennes projettent déjà de construire des hôtels de luxe avec terrain de golf, etc.

Cuba et le marché mondial

Les mesures annoncées par le gouvernement, qui font suite à d’autres du même ordre, risquent d’accroître les inégalités, de développer l’accumulation privée, de miner l’économie planifiée et d’ouvrir un puissant processus de restauration du capitalisme. Toutes ces mesures sont la conséquence de la grave crise économique que traverse Cuba, depuis deux ans.

L’économie cubaine est extrêmement dépendante du marché mondial. Elle en subit de plein fouet les mouvements. Ainsi, les prix du pétrole et de la nourriture ont massivement augmenté en 2007-08. Or Cuba importe 80 % de la nourriture qu’elle consomme (essentiellement des Etats-Unis). Dans le même temps, le prix du nickel – que Cuba exporte – est tombé de 24 dollars à 7 dollars la livre, en 2010. La récession mondiale a également affecté l’industrie du tourisme et les envois d’argent de Cubains résidant à l’étranger. A tous ces facteurs s’ajoutent les dévastations provoquées par trois ouragans, en 2008, dont le coût total est estimé à 10 milliards de dollars.

Pour ses revenus en devises fortes lui permettant d’acheter des biens sur le marché mondial, Cuba dépend désormais lourdement de ses exportations de services médicaux (essentiellement au Venezuela). Cette source de revenu s’élève à 6 milliards de dollars par an, soit trois fois plus que les revenus générés par le tourisme.

Tous ces facteurs combinés, auxquels s’ajoute le blocus américain, dessinent le tableau d’une économie cubaine sans base solide et très dépendante du marché mondial. Cela rappelle qu’il est impossible de construire le socialisme dans un seul pays – non d’un point de vue théorique, mais dans le langage froid des faits économiques. Si c’était impossible en Union Soviétique, ça l’est encore moins dans une petite île située à 150 kilomètres de la plus grande puissance impérialiste au monde.

Quelle position devons-nous prendre vis-à-vis des propositions du gouvernement cubain ? Il est exact qu’en elle-même, l’ouverture de petites entreprises n’est pas une mesure négative. Une économie planifiée n’a pas besoin de nationaliser tout, jusqu’au dernier salon de coiffure. Dans la transition vers le socialisme, il est inévitable que des éléments de capitalisme coexistent avec la planification de l’économie. En soi, cela ne constitue pas une menace – à condition que l’Etat contrôle les secteurs clés de l’économie, et que l’Etat et l’industrie eux-mêmes soient fermement contrôlés par la classe ouvrière.

Quelle est la situation concrète, à Cuba, de ce point de vue ? Premièrement, les bases de l’économie cubaine sont extrêmement fragiles. Deuxièmement, Cuba se situe à proximité de l’impérialisme américain. Troisièmement, après des années de gestion bureaucratique, les entreprises publiques sont dans un piteux état. Enfin, les salariés cubains n’ayant pas le sentiment de contrôler les entreprises où ils travaillent, ils ne s’intéressent pas aux questions de productivité et d’efficacité. Il y a un sentiment général de malaise et de mécontentement qui constitue le plus grand danger, pour la révolution cubaine. Tout le monde s’accorde à dire que la situation actuelle ne peut pas continuer, que « quelque chose doit changer ». La question centrale est : que faire ?

La voie chinoise ?

L’idée que les problèmes de l’économie cubaine pourraient être résolus grâce au développement du secteur privé est une idée fausse et dangereuse pour l’avenir de la révolution.

A la différence des réformes des années 90, les nouvelles entreprises privées seront désormais autorisées à embaucher de la main d’oeuvre salariée. Cela va créer une couche substantielle de petits capitalistes légaux. On parle de 250 000 nouvelles licences, qui s’ajouteront aux 170 000 existantes. Inévitablement, cette couche sociale développera des intérêts et une psychologie propres.

Un gouffre s’ouvrira entre les secteurs privé et public. Dans une situation où l’Etat n’est pas en mesure de produire des biens industriels et manufacturiers de bonne qualité, le secteur privé aura tendance à se développer au détriment du secteur public. Deux tendances contradictoires et mutuellement exclusives se développeront. Tôt ou tard, l’une devra l’emporter sur l’autre. Laquelle ? En dernière analyse, le secteur qui l’emportera sera celui qui attirera le plus d’investissements productifs, et, sur cette base, réalisera les meilleurs niveaux de productivité et d’efficacité. Le relâchement des restrictions sur les investissements étrangers ouvrira la voie à une augmentation rapide du capital investi dans le secteur privé – d’abord dans le tourisme, puis dans d’autres secteurs clés.

La lutte entre ces deux tendances ne sera pas gagnée au moyen de discours et d’exhortations, mais avec du capital et de la productivité. Ici, le poids écrasant du capitalisme mondial sera décisif. L’économie planifiée n’est pas menacée par quelques barbiers ou chauffeurs de taxi, mais par la pénétration de l’économie cubaine par le marché mondial – et par ces éléments de l’appareil d’Etat qui, sans le dire publiquement, préfèrent une économie de marché à une économie socialiste planifiée.

Soyons clairs : de nombreux économistes cubains soutiennent les mesures en question parce qu’ils sont favorables à l’abandon de l’économie planifiée dans son ensemble. Ils sont partisans de l’introduction de mécanismes de marché à tous les niveaux et d’une ouverture de tous les secteurs de l’économie aux investissements étrangers. En d’autres termes, ils sont favorables au capitalisme. Ces gens défendent la « voie chinoise », bien qu’ils préfèrent désormais parler de la « voie vietnamienne », étant données les innombrables critiques dont la Chine fait l’objet, à Cuba. Mais cela ne change rien au fond de leur point de vue.

Le capitalisme cubain ne ressemblerait ni à la Chine, ni au Vietnam, mais plutôt au Salvador ou au Nicaragua après la victoire de la contre-révolution. Le pays retomberait rapidement dans une situation semblable à ce qui existait avant la révolution de 1959 – une situation de misère, de dégradation et de dépendance semi-coloniale. Toutes les conquêtes de la révolution seraient détruites.

Corruption et bureaucratie

« Mais on ne peut pas continuer comme avant ! », diront certains. C’est exact. Mais nous rejetons fermement l’idée que la source du problème réside dans la nationalisation des moyens de production. La supériorité d’une économie nationalisée et planifiée a été démontrée en URSS, par le passé. Et ce qui a miné les succès économiques de l’URSS, c’est la corruption, le gaspillage et la mauvaise gestion inhérents à un régime bureaucratique. A la fin, la bureaucratie stalinienne a décidé de se transformer en classe propriétaire des moyens de production, et le capitalisme a été restauré.

Fidel Castro a déjà dénoncé les problèmes de bureaucratisme et de corruption qui existent à Cuba. Plus récemment, Estaban Morales, du Centre d’études des Etats-Unis à l’Université de la Havane, s’est exprimé sans détour sur cette question. Dans un article publié sur le site internet de l’Union Nationale des Ecrivains et Artistes Cubains (UNEAC), il écrivait : « Il ne fait aucun doute que la contre-révolution avance, petit à petit, à certains niveaux de l’Etat et du gouvernement. Il est clair que des dirigeants et officiels se constituent un trésor de guerre en prévision de la chute de la révolution. Certains ont sans doute tout préparé pour transférer les biens publics dans des mains privées, comme ça s’est passé en URSS. »

Estaban Morales explique que le problème du marché noir et de la corruption ne réside pas, au fond, dans la vente illégale, par des Cubains ordinaires, de produits qu’on ne trouve pas sur les étalages des magasins – mais plutôt du côté de ceux qui les fournissent, et qui souvent occupent de hautes positions dans l’appareil d’Etat. Morales ajoute que la corruption, à tous les niveaux de la bureaucratie, est plus dangereuse que les soi-disant « dissidents », lesquels n’ont aucune base de soutien dans la population. « S’ils sont affectés par l’ambiance de défiance à l’égard de la direction du pays, s’ils sont témoins de l’immoralité qui règne dans la gestion des ressources (alors qu’elles sont officiellement le bien de tous), et ce au beau milieu d’une crise économique dont nous ne sommes pas encore sortis, les mêmes Cubains qui ne prêtent aucune attention au discou rs des dissidents n’en seront pas moins affaiblis dans leur résistance politique », écrit Morales.

Peu après la publication de son article intitulé : Corruption : la vraie contre-révolution ?, Estaban Morales a été exclu du Parti Communiste, malgré les protestations de sa section locale. L’article a été retiré du site internet de l’UNEAC.

L’une des principales menaces, pour la révolution, est l’absence d’une authentique démocratie ouvrière, c’est-à-dire d’une participation directe des travailleurs à la gestion de l’Etat et de l’économie. Cela génère démoralisation, scepticisme et cynisme. Cela mine l’esprit révolutionnaire du peuple. Combiné à une situation où les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, où le pouvoir d’achat des salaires baisse et où la corruption des sommets de l’Etat est connue de tous, ce phénomène devient une menace contre-révolutionnaire de premier ordre.

Un autre exemple est le report du VIe Congrès du Parti Communiste, qui était censé se tenir l’an passé, alors que le Ve Congrès s’est tenu en 1997, soit un délai de 13 ans. Nombreux sont ceux qui partagent les inquiétudes d’Estaban Morales. Ils craignent, à juste titre, qu’une section de la bureaucratie prépare un mouvement décisif vers la restauration du capitalisme.

Que faire ?

Il est exact que lorsque des conditions défavorables l’exigent, il faut être prêt à faire un pas en arrière. Ici, il est courant de se référer à la Nouvelle Politique Economique (NEP) de Lénine, lorsque le régime bolchevik a dû faire des concessions temporaires aux paysans riches. Mais ce qui est inacceptable, c’est de confondre un repli tactique et une capitulation sur toute la ligne.

A l’époque de Lénine, les bolcheviks n’ont jamais pensé qu’il était possible de construire le socialisme dans les seules frontières d’une Russie arriérée et sous-développée. Lénine insistait sur l’idée que pour consolider les conquêtes de la révolution et avancer vers le socialisme, il faudrait que les travailleurs prennent le pouvoir dans un ou plusieurs pays capitalistes avancés d’Europe. Les trahisons de la social-démocratie européenne l’ont empêché, et c’est ce qui a rendu la NEP inévitable. Mais celle-ci était présentée comme un recul temporaire imposé par le retard de la révolution mondiale, et non comme un pas en avant.

Les bolcheviks plaçaient tous leurs espoirs dans le développement de la révolution socialiste internationale. Voilà pourquoi Lénine et Trotsky attachaient tant d’importance à la construction de la IIIe Internationale. De même, Che Guevara incarnait l’esprit internationaliste de la révolution cubaine. Il comprenait que la survie de la révolution dépendait de son extension au reste de l’Amérique latine.

La seule issue, pour la révolution cubaine, réside dans l’internationalisme révolutionnaire et la démocratie ouvrière. Le sort de la révolution cubaine est étroitement lié au sort de la révolution au Venezuela, en Amérique latine – et, en dernière analyse, à l’échelle mondiale. D’où la nécessité de soutenir pleinement les forces révolutionnaires qui luttent contre l’impérialisme et le capitalisme en Amérique latine et au-delà. Au lieu de faire des concessions aux tendances capitalistes, la révolution cubaine devrait se prononcer clairement pour l’expropriation des capitalistes et des impérialistes au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, etc. N’oublions pas que c’est l’expropriation des impérialistes et des capitalistes qui a permis à la révolution cubaine d’avancer, après 1959.

On nous répondra qu’une politique internationaliste ne permettra pas de satisfaire les besoins immédiats du peuple cubain. Bien sûr que non ! Nous ne sommes pas des utopistes. Il faut combiner une politique révolutionnaire internationaliste avec des mesures concrètes pour s’attaquer aux problèmes de l’économie cubaine. Comment ? A notre avis, les mesures proposées ne sont pas une solution durable. Il se peut qu’elles compensent telles ou telles carences dans l’immédiat, mais au prix de générer de nouvelles et profondes contradictions à moyen et long termes.

Le peuple cubain a prouvé à de nombreuses reprises qu’il était prêt à faire de grands sacrifices pour défendre la révolution. Mais il est essentiel que tout le monde fasse les mêmes sacrifices. Non aux privilèges ! Il faut en revenir aux règles simples de la démocratie soviétique que Lénine défendait dans L’Etat et la révolution : tous les officiels doivent être élus et révocables ; aucun officiel ne doit être mieux rémunéré qu’un travailleur qualifié ; toutes les positions dirigeantes doivent être occupées à tour de rôle (« si tout le monde est un bureaucrate, personne n’est un bureaucrate ») ; pas d’armée séparée, mais le peuple en arme.

Che Guevara insistait sur l’importance de l’élément moral, dans la production socialiste. C’est évidemment correct, mais cela ne peut être garanti que dans un régime où les travailleurs contrôlent la production et se sentent responsables des décisions qui affectent tous les aspects de l’économie et de la vie sociale. Certes, étant données les difficultés de l’économie cubaine, un élément d’incitation matérielle sera nécessaire, et notamment des différentiels de salaires. C’était le cas, en Russie, au lendemain de la révolution. Mais il devrait y avoir une limite aux différentiels de salaires, qui devraient tendre à diminuer au fur et à mesure que la production se développe, et avec elle la richesse de la société. Mais la motivation la plus grande, c’est le fait, pour les travailleurs, de sentir que le pays, l’économie et l’Etat leur appartiennent. C’est la seule voie pour défendre la base socialiste de la ré volution cubaine – et de faire échec à la contre-révolution capitaliste.


Jorge Martin (septembre 2010)


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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 17:39

lundi 26 avril 2010, par Comité Valmy

 

Il faut bien appeler les choses par leur nom. Ceux qui conservent un grain de bon sens peuvent constater sans de gros efforts combien le réalisme s’éteint dans le monde actuel.

Quand le président des Etats-Unis, Barack Obama, fut nommé Prix Nobel de la paix, Michael Moore lui lança : « Eh bien, gagnez-le donc maintenant ! » Ce commentaire vif et ingénieux plut à bien des gens, quoique beaucoup n’aient rien vu d’autre dans la décision du Comité norvégien que démagogie et exaltation de la politicaillerie apparemment inoffensive du nouveau président, un Afro-étasunien, bon orateur et politicien intelligent à la tête d’un puissant Empire plongé dans une profonde crise économique.

Le Sommet mondial de Copenhague était sur le point de s’ouvrir, et Obama fit sourdre l’espoir d’un accord obligatoire aux termes duquel les USA se joindraient enfin au consensus mondial pour éviter la catastrophe écologique qui menace l’espèce humaine. Mais ce qu’il s’y passa fut décevant, et l’opinion publique internationale se rendit compte qu’elle avait été douloureusement bernée.

À la récente Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre nourricière, qui vient de se tenir en Bolivie, les vieilles nationalités indigènes, envahies et virtuellement détruites par les conquistadores européens qui, en quête d’or et de richesses faciles, leur imposèrent des siècles durant leurs cultures égoïstes et incompatibles avec les intérêts les plus sacrés de l’humanité, ont donnée des réponses pleines de sagesse.

Deux nouvelles parues hier expriment la philosophie de l’Empire qui prétend toutefois nous faire croire à sa nature « démocratique », « pacifique », « désintéressée » et « honnête ». Il suffit de lire les deux dépêches en provenance de la capitale des États-Unis :

« WASHINGTON. 23 avril 2010. Le président des États-Unis, Barack Obama, évalue la possibilité de déployer un arsenal de missiles à ogives classiques, non nucléaires, mais capables d’atteindre des cibles n’importe où dans le monde en une heure environ et dotés d’une capacité explosive extrêmement puissante.

« Même si la nouvelle superbombe, installée sur des missiles du type Minuteman, n’a pas d’ogives atomiques, sa capacité destructive en sera l’équivalent, comme le confirme le fait que son déploiement est prévu dans l’accord START 2 récemment signé avec la Russie.

« Les autorités russes, après avoir réclamé, sont parvenues à faire figurer dans cet accord que les USA éliminent un de leurs missiles à tête nucléaire pour chacun de ces nouveaux missiles.

« Selon les informations du New York Times et de la chaîne de télévision CBS, la nouvelle bombe, baptisée PGS (Prompt Global Strike) devra être capable de tuer le leader d’Al-Qaeda, Osama bin Laden, dans une grotte afghane, de détruire un missile nord-coréen en pleine préparation ou d’attaquer un silo nucléaire iranien, "tout ceci sans dépasser le seuil atomique".

« L’administration Obama juge intéressant cet avantage de disposer comme option militaire d’une arme non atomique mais ayant les mêmes effets d’impact localisé,

« Le projet avait été lancé au départ par le prédécesseur d’Obama, le républicain George W. Bush, mais bloqué à la suite des protestations de Moscou. Etant donné que les Minutemen transportent aussi des ogives nucléaires, affirmèrent les autorités moscovites, il est impossible de savoir si le lancement d’une PSG n’est pas le début d’une attaque atomique.

« Mais l’administration Obama estime pouvoir donner à la Russie ou à la Chine les garanties requises pour éviter des malentendus. Les silos des missiles de la nouvelle arme seront montés à des sites éloignés des dépôts d’ogives nucléaires et pourront être inspectés périodiquement par des experts de Moscou et de Beijing.

« La superbombe pourrait être larguée par un missile Minuteman capable de voler à travers l’atmosphère à la vitesse du son et d’emporter mille livres d’explosifs. Des équipements ultrasophistiqués permettront au missile de décrocher la bombe et de la laisser tomber sur les cibles choisies avec une précision extrême.

« La responsabilité du projet PGS – aux coûts estimés de 250 millions de dollars rien que dans la première année d’expérimentation – a été confiée au général Kevin Chilton, à la tête de l’arsenal nucléaire étasunien, qui a expliqué que la PGS comblera un vide dans la gamme de choix à la disposition du Pentagone.

« "Nous pouvons frapper actuellement par des armes non nucléaires n’importe quel endroit du monde, mais en un laps de temps d’au moins quatre heures", a affirmé le général. "Pour une action plus rapide – a-t-il avoué – nous ne disposons que des options nucléaires".

« Ave cette nouvelle bombe, les USA pourront agir vite à l’avenir par des moyens classiques aussi bien contre un groupe terroriste que contre un pays ennemi, en un laps de temps bien plus bref et sans éveiller la colère internationale que causerait l’usage d’armes atomiques.

« Il est prévu de commencer les premiers tests en 2014 et d’équiper l’arsenal étasunien de cette bombe en 2017. Obama ne sera plus au pouvoir, mais la superbombe peut être le legs non nucléaire de ce président qui a déjà gagné le Prix Nobel de la paix. »

« WASHINGTON. 22 avril 2010. Un engin spatial sans pilote des forces de l’air étasuniennes a décollé ce jeudi de Floride dans le plus grand mystère quant aux objectifs de sa mission militaire.

« L’engin spatial robotisé, ou X-37B, a été lancé du cap Canaveral sur une fusée Atlas V à 19 h 52 heure locale (23 h 52 GMT), selon une vidéo distribuée par l’armée.

« "Le lancement est imminent", a dit à l’AFP Angie Blair, major des forces de l’air.

« Semblable à un transbordeur spatial en miniature, l’avion mesure 8,9 m de long et 4,5 m d’envergure.

« La fabrication de cet véhicule spatial réutilisable a pris des années, et l’armée n’a offert que de vagues explications sur son objectif ou sur son rôle dans l’arsenal militaire.

« Le véhicule est conçu pour "fournir l’environnement d’un laboratoire en orbite" afin de tester de nouvelles technologies et de nouveaux composants, avant que ces technologies ne soient confiées à des programmes de satellites en service", ont affirmé les forces de l’air dans un communiqué récent.

« Des fonctionnaires ont informé que le X-37B atterrirait sur la base aérienne Vandenberg, en Californie, mais n’ont rien dit au sujet de la durée de sa mission inaugurale.

« "A vrai dire, nous ne savons pas quand il reviendra", a dit aux journalistes cette semaine Gary Payton, second sous-secrétaire aux programmes spéciaux des forces de l’air.

« Selon Payton, l’engin pourrait rester dans l’espace jusqu’à neuf mois.

« Cet avion, fabriqué par Boeing, a commencé en 1999 comme un projet de l’Agence spatial étasunienne (NASA) pour être confié ensuite aux forces de l’air qui prévoient d’en lancer un second en 2011. »

 

Faut-il faire des commentaires ?

Ils se heurtent toutefois à un obstacle colossal : les changements climatiques désormais impossibles à endiguer. On parle de l’élévation inévitable de la température de plus de deux degrés. Les conséquences en seront catastrophiques. La population mondiale augmentera de deux milliards d’habitants en quarante ans seulement pour atteindre alors neuf milliards. Des quais, des hôtels, des stations balnéaires, des voies de communication, des usines et des installations proches des ports, se retrouveront sous les eaux en moins de temps que la génération d’un pays développé et riche qui refuse égoïstement aujourd’hui de faire le moindre sacrifice pour préserver la survie de l’espèce humaine pourra jouir de la moitié de son existence. Les terres arables et l’eau potable diminueront considérablement. Les mers se pollueront ; de nombreuses espèces marines cesseront d’être comestibles et d’autres disparaîtront. Ce n’est pas la logique qui le dit, mais les recherches scientifiques.

L’être humain était parvenu, grâce à la génétique naturelle et au transfert de variétés d’un continent à l’autre, à accroître la production par hectares d’aliments et d’autres produits utiles à l’homme et qui soulagèrent un temps la rareté d’aliments comme le maïs, la pomme de terre, le blé, les fibres et d’autres produits nécessaires. Plus tard, la manipulation génétique et l’usage de fertilisants chimiques ont contribué aussi à la satisfaction de besoins vitaux, mais ces recours arrivent désormais au bout de leurs possibilités dans la production d’aliments sains et aptes à la consommation. Par ailleurs, les ressources en hydrocarbures que la Nature a mis quatre cent millions d’années à constituer sont en train de s’épuiser en à peine deux siècles. De même, des ressources minérales vitales et non renouvelables dont a besoin l’économie s’épuisent. De son côté, la science a créé la capacité de détruire plusieurs fois la planète en quelques heures. La pire contradiction de notre époque est justement la capacité de l’espèce à s’autodétruire et son incapacité à se gouverner.

L’être humain a pu élever ses possibilités de vie à des limites qui dépassent sa propre capacité de survie. Dans cette bataille, elle consomme à toute allure les matières premières qui sont à sa portée. La science a permis de convertir la matière en énergie, comme dans la réaction nucléaire, au prix d’investissements énormes, mais on n’envisage même pas qu’il soit possible de convertir l’énergie en matière. Le coût infini des investissements faits dans les recherches pertinentes prouve qu’il est impossible de parvenir en quelques dizaines d’années à faire ce que l’Univers a mis des dizaines de milliards d’années à créer. Faudra-t-il que l’enfant prodige, Barack Obama, nous l’explique ? La science a fait des progrès extraordinaires, mais l’ignorance et la pauvreté progressent aussi. Quelqu’un peut-il prouver le contraire ?


Fidel Castro Ruz

Le 25 avril 2010

18 h 30

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 14:39

Haïti vient de connaître une catastrophe « naturelle » ayant entraîné la mort de près de 200 000 personnes. Les médias nous inondent d’appels à la solidarité jouant sur la corde émotionnelle. Mais si le peuple d’Haïti est martyrisé, ce n’est pas par un « coup du sort ». Quelques rappels s’imposent. D’abord celui-ci : en 1995, un tremblement de terre de magnitude identique fait 6 437 morts au Japon. Moins de bidonvilles, moins de morts. C’est bien la misère, sciemment entretenue depuis des décennies, qui est la première responsable du martyre d’Haïti. Et cette misère n’est pas, elle non plus, tombée du ciel.

Haïti, avant de devenir, en 1804, la première République noire indépendante, était une colonie française. Son indépendance ne fut reconnue que contre une reconnaissance… de dette, faramineuse, envers la France ! Et ce bien avant le FMI ! Après l’impérialisme français, Haïti dû supporter celui des Etats-Unis dans l’entre-deux-guerres. Mais ni l’un ni l’autre ne trouvèrent rien à redire à la dictature sanglante de « Papa Doc » Duvalier et de ses tontons macoutes.

Pillée par les impérialismes et les dictateurs, Haïti l’est aussi par des capitalistes sans scrupules. Une multinationale montréalaise, Gildan, n’a pas hésité, le 13 janvier, à délocaliser ses usines haïtiennes vers l’Amérique centrale en assurant à ses clients américains qu’ils « ne seraient pas affectés ». Derrière les catastrophes « naturelles », la catastrophe capitaliste n’est pas loin. Et de tout cela, curieusement, nous n’entendons pas parler.

Alternative libertaire, le 26 janvier 2010

Publié le 29 janvier 2010 par Commission Journal (mensuel)

 

Alternative Libertaire

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