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Bandiera rossa
BELLA CIAO
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La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:32

mardi 9 octobre 2012

 

L’appel de la Fédération Européenne de l’Industrie, s’est traduit en France à l’initiative de la CGT par des arrêts de travail et des manifestations.

La CGT recense plus de 90 000 participants issus de nombreux secteurs professionnels, privés et publics, à l’ensemble des initiatives qui se sont déroulées sur le territoire.

La CGT se félicite de cette forte mobilisation pour l’emploi et l’avenir de nos industries, pour une Europe Solidaire et sociale et pour une réponse aux urgences sociales.

En France, les salariés ont manifesté ce 9 octobre, leur solidarité et leurs convergences avec les travailleurs en lutte en Grèce, au Portugal, en Espagne… Le monde du travail, partout en Europe, se rassemble et fait entendre sa voix contre les politiques d’austérité généralisées par le Traité Européen.

Dans chaque pays l’idée fait son chemin que la rigueur est le pire des remèdes. Relancer une politique industrielle, est un levier essentiel pour le développement et le progrès social.

Les salariés des entreprises, sont en attente d’une loi protégeant leurs sites industriels, leurs emplois et les conditions de relance de la production.

Le monde du travail, principalement les jeunes et les femmes, sont victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsables mais dont ils paient lourdement les conséquences. En témoigne les chiffres du chômage et du nombre d’emplois précaires. Un salarié sur deux tente de vivre avec moins de 1 500 euro par mois.

Ce n’est pas le coût du travail qu’il faut réduire c’est le coût du capital. 

Les richesses créées par le travail doivent être mises au service de l’investissement dans l’appareil productif, du développement « bas-carbone », de l’emploi, de la formation professionnelle, de la satisfaction des besoins sociaux et de la protection de l’environnement.
Les aides publiques doivent être conditionnées au respect de critères portant sur les créations d’emplois et les politiques salariales.

Depuis plus de 30 ans, le travail a été la variable d’ajustement. Pour accroître la rentabilité du capital, les dividendes des actionnaires, les entreprises ont mis une pression sans précédent pour réduire le coût du travail, en organisant la dégradation des conditions de travail, de la qualité du travail et de son efficacité. En dévalorisant les qualifications, en développant la précarité et la pression salariale, en accentuant la pression sur les normes de travail et d’emploi, les systèmes de protection sociale et de santé.

Le développement industriel et des services publics est indissociable d’une meilleure sécurisation de l’emploi et de droits d’intervention des salariés sur leur travail, leur emploi et la stratégie de leur entreprise. La CGT revendique ainsi des droits attachés à la personne transférables d’une entreprise à l’autre, c’est-à-dire une Sécurité Sociale Professionnelle constitutive d’un nouveau statut du travail salarié. La CGT va s’appuyer sur le succès de la journée du 9 octobre pour porter plus fort les revendications des salariés pour sécuriser leur emploi. C’est cela que le patronat doit prendre en compte dans les négociations interprofessionnelles en cours.

Cette journée de grève et de manifestations pour la défense de l’emploi et de l’industrie s’adresse aussi au gouvernement et aux parlementaires. Ils doivent prendre rapidement de bonnes mesures pour trancher avec la logique patronale.

La CGT appelle les salariés à rester vigilants, mobiliser et à rejoindre plus nombreux les rangs de la CGT pour que ça change dès maintenant dans les entreprises et sur tous les lieux de travail.


Montreuil, le 9 octobre 2012

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 13:05

La question du choix du successeur de Bernard Thibault à la tête de la CGT a fait naître des dissensions au sein de la direction confédérale. LaCommission Exécutive Confédérale (CEC) s’est divisée autour de trois candidats : Nadine Prigent,Eric Aubin et Agnès Naton.

Au sein de cette instance, Nadine Prigent l’a emporté d’un cheveu et sa candidature a été proposée au vote du Comité Confédéral National (CCN) le 31 mai. Par 255 voix pour et 304 contre, le CCN a rejeté cette proposition de la CEC. Le débat reprendra en septembre.

Dans sa première intervention devant le CCN, Bernard Thibault a parlé en des termes graves d’une « crise de la direction confédérale », évoquant une situation dans laquelle « il n’est quasiment plus une initiative (…) qui ne fasse polémique », « il n’y a pratiquement plus de sujet qui puisse être abordé sereinement ». De quelles initiatives et de quels sujets s’agit-il ? On ne sait pas. Ces propos ne peuvent qu’étonner la base militante de la CGT qui se demande ce qui oppose au juste ces trois candidats et provoquerait une telle crise ?

Dans son édition de juillet, l’organe officiel de la CGT, Le Peuple, a publié un compte-rendu du dernier CCN. On y lit que Nadine Prigent considère que la direction sortante a « un bon bilan ». Qu’Eric Aubin précise que sa candidature «ne porte pas sur les orientations de la CGT, mais sur une conception de la direction». Qu’Agnès Naton dit qu’elle n’a « pas de démarche programmatique individuelle, car [je suis] à la CGT et que, donc, [je fais miennes] les propositions de la CGT ».

Ces propos viennent confirmer l’insignifiance de leurs divergences supposées. Une discussion sur la manière dont la confédération doit être dirigée n’est pas négligeable, mais à six mois de notre congrès il est impensable que les débats se limitent à cette seule question.

Plusieurs interventions de membres du CCN vont dans ce sens. La FNME (Mines et Energie) parle de « guerre de pouvoir », le Rhône de « lutte de pouvoir », l’Agroalimentaire d’« ambitions personnelles ». La meilleure formule revient à Caroline Ferreira, pourtant membre de l’équipe dirigeante, et qui parle de « lutte des places en lieu de la lutte des classes ».

L’expression « mettre la charrue avant les bœufs » est utilisée par trois orateurs du CCN pour qualifier ce débat sur le nom du futur Secrétaire Général. Pour l’UD de Paris, il faut en effet que se dégage « d’abord une conception de la direction confédérale ». Pour celle du Pas-de-Calais, il faut « concentrer notre énergie sur (…) la bataille que l’on doit mener ». Pour les Bouches-du-Rhône, on « est passé un peu vite sur ce qui ne marche pas, [notamment] sur les raisons pour lesquelles ont ne pouvait pas engager toutes nos forces dans la bataille des retraites ».

Les UD du Nord, de l’Essonne, des Hauts-de-Seine et de la Gironde vont dans le même sens. Les Fédérations de la Métallurgie, des Finances, des Cheminots, de la Chimie et la FAPT soulignent également qu’il faut discuter de l’orientation générale et « arrêter d’avoir un faux débat sur les personnes ».

Le dernier CCN témoigne ainsi du décalage qui existe entre les préoccupations de la base de la CGT et celles des membres de la CEC. Aucun d’eux, et notamment parmi les trois candidats, n’aborde de façon critique le bilan des luttes menées ces dernières années, alors que cette question occupe largement l’esprit des militants.

Dans ces conditions, quel enjeu y a-t-il à soutenir une candidature plutôt qu’une autre parmi celles proposées par la CEC sortante ?

Il faut recentrer les débats sur les questions cruciales pour les travailleurs : comment construire une mobilisation interprofessionnelle qui mette un terme à la régression sociale ?

Quel programme revendicatif devons-nous adopter pour briser la gestion capitaliste de l’économie qui nous conduit à la ruine ? Voilà ce qui doit occuper l’essentiel de l’ordre du jour des instances dirigeantes de notre confédération.

 

P.V. (CGT93)

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:57

Interview de Philippe CORDAT secrétaire général de l’Union régionale CGT de la région Centre (qui regroupe 6 départements : le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre et Loire, le Loire et Cher et le Loiret).dans Bastille République Nations (BRN) mensuel daté du 17 septembre 2012

 

Philippe Cordat donne ici son analyse de la situation économique et sociale, de ses causes européennes, et des enjeux pour la centrale syndicale.

 

 

BRN : A travers vos responsabilités, comment évaluez-vous aujourd’hui l’intégration européenne ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut remettre celle-ci en perspective : l’Union européenne est née de la Communauté du charbon et de l’acier des années 1950, a promu le libre-échange, puis la libre-circulation des capitaux et des marchandises. L’Union économique d’aujourd’hui sert les intérêts qui l’ont mises sur les rails des l’origine : ceux du capital. Elle apparaît comme un véritable carcan qui étend sa mainmise sur tout, de la production agricole et agro-alimentaire jusqu’à la défense, en passant par l’eau, l’énergie… Bref, tout ce qui structure les activités des pays, et la vie même de ses habitants.

 

BRN : Mais ses partisans invoquent la nécessité de coopérations …

 

Philippe CORDAT :

Ladite « construction européenne » est aux antipodes de véritables coopérations. Sa raison d’être a pour noms : restructurations, privatisations, remise en cause du fondement des protections sociales. En France, la Sécurité sociale est une conquête largement issue du programme du Conseil National de la résistance qui a soustrait une part de la rémunération du travail à l’emprise du capital. Le patronat s’est organisé au niveau européen pour dicter sa loi, et remettre en cause ces acquis.

 

BRN : Y a-t-il des conséquences particulièrement visibles dans votre région ?

 

Philippe CORDAT :

La région Centre est notamment caractérisée par un poids important des implantations militaires et des industries de défense, elle est par exemple la première région productrice de munitions.

Nous avons donc subi de plein fouet la transformation de ce qui était l’établissement public GIAT SA, puis en la société de droit privé Nexter. Les conséquences sont lourdes sur l’emploi, de même qu’en termes de droits et de statut  des salariés. Et nous sommes en pleine restructuration de la production d’armements suivant une logique et un partage européens, avec l’arrivée de groupes privés, tels que Thalès et Dassault.

 

BRN : Une logique européenne, c’est-à-dire ?

 

Philippe CORDAT :

L’objectif de défense nationale a été supplanté par une ambition de défense européenne sous l’égide de l’OTAN. En fait de « défense », on devrait plutôt parler de projection aux quatre coins du monde, comme le montre la multiplication des missions « civilo-militaires » de l’UE ; et de « business » des armes pour maximiser les profits. Pour une région, cela signifie morcellement des productions jusquà la liquidation et au bradage de celles-ci selon des répartitions et arrangements au niveau européen, dont les sites de Bourges et de Salbris (ce dernier aujourd’hui liquidé) ont particulièrement fait les frais.

 

BRN : Comment évaluez-vous l’état d’esprit populaire sur ces enjeux ?

 

Philippe CORDAT :

Quand on est un syndicaliste CGT, on se doit d’adopter un point de vue « de classe » et de raisonner à partir des intérêts du salariat : ce qui nous importe au premier chef, c’est la réaction des ouvriers, employés, techniciens, cadres (en activité, en retraite, ou privés d’emploi). Lors des dernières élections, force est de constater que le vote des salariés s’est éparpillé comme jamais auparavant. Je pense que le rejet de l’Union européenne a été un des facteurs déterminants à cet égard, même s’il s’est traduit de manière confuse. Rappelons que les salariés avaient voté majoritairement contre le traité de Maëstricht en 1992, finalement adopté de justesse ; et que le NON massif du monde du travail au traité constitutionnel (TCE) a été déterminant dans le rejet de celui de 2005.

 

BRN : C’est la colère qui s’était ainsi manifestée ?

 

Philippe CORDAT :

C’est d’abord l’expérience. J’ai évoqué la protection sociale, mais il faut aussi citer les services publics, la recherche… La colère, elle, s’exprime le plus brutalement dans le secteur agricole, parmi les petits exploitants littéralement étranglés.

 

BRN : Sentez-vous que les salariés fassent le lien direct entre les attaques qu’ils subissent, et l’emprise de Bruxelles ?

 

Philippe CORDAT :

C’est souvent plus diffus, sauf pour ceux qui vivent directement les liquidations et fermetures. Là, nos syndicats d’entreprise soulignent les responsabilités- et sont souvent bien seuls : les autres organisations syndicales, dans les cas cités, ont fréquemment participé aux restructurations.

 

BRN : L’UE pousse aussi aux délocalisations…

 

Philippe CORDAT :

C’est le cas dans le secteur automobile, très présent également dans nos départements via les grands équipementiers. Ces derniers –tel Faurecia- contraignent nombre de sous-traitants à délocaliser leurs unités de production, en particulier vers l’Est de l’UE (Pologne, Tchéquie …).

Bruxelles verse ensuite des fonds, de même que les collectivités locales, pour financer les « cellules de reclassement », les « programmes de sécurisation » et les « plans sociaux » ! Cependant, ces délocalisations européennes semblent bien inaccessibles au niveau d’un syndicat d’entreprise, et provoquent souvent un sentiment d’impuissance.

 

BRN : En 1992, la direction confédérale de la CGT s’engageait résolument pour le NON à Maëstricht. En 2005, elle a tenté de maintenir la centrale dans un prudent retrait, avant que le Comité confédéral national (CCN) se prononce finalement pour le rejet du traité constitutionnel européen (TCE). Comment expliquer cette évolution spectaculaire ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut tout d’abord se garder de considérer que la CGT est homogène. Dans sa longue histoire, elle a connu en son sein des courants divers – pour faire court : un courant «  révolutionnaire » et un courant « réformiste ». Ainsi, pour prendre un exemple vieux d’un siècle, la direction de la confédération s’était rangée, en 1914, du côté des bellicistes en appelant à l’ « union sacrée ». Cela s’est probablement fait à contre-courant du sentiment majoritaire des adhérents. La composition des directions est un facteur déterminant dans les affrontements entre les courants que j’ai citées.

 

BRN : Mais au moment du referendum sur le traité de Maëstricht …

 

Philippe CORDAT :

… Le bureau confédéral était largement acquis à la nécessité de lutter contre cette menace pour le pays et pour le monde du travail. Et la CGT a dû ainsi jouer un rôle important. Mais cela ne signifie pas que les dirigeants étaient unanimes. Ceux qui étaient porteurs d’une ligne « réformiste » faisaient déjà les yeux doux à l’intégration européenne. Logique : l’ « idée européenne » a été historiquement portée par deux forces : la social-démocratie et le Vatican. Les deux ne sont pas sans relais dans notre organisation, et ont fait de l’Europe un axe privilégié de leur influence en son sein.

 

BRN : C’est ce qui explique le couac de 2005 ?

 

Philippe CORDAT :

La composition de la direction confédérale avait alors évolué, au point que, à mon avis, si on avait fait un sondage auprès des membres de la Commission exécutive, on aurait trouvé une majorité pour le OUI. Au même moment cependant, un grand nombre d’organisations, parmi lesquelles plusieurs Unions départementales de notre région, ont consulté leurs syndiqués. La prise de position en faveur du NON a été massive. D’où le désaveu finalement infligé à la direction par le CCN (1).

 

BRN : En 1999, la CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Est-ce que cela a accéléré l’évolution des dirigeants confédéraux en faveur de l’Europe ?

 

Philippe CORDAT :

Personnellement je faisais partie de ceux qui n’approuvaient pas cette adhésion. A l’époque cependant il s’agissait, disait-on, de porter des idées de lutte au sein de la CES en restant nous-mêmes, et de pousser cette dernière sur le chemin de l’action.

 

BRN : Finalement, laquelle des deux organisations a influé sur l’autre ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut regarder les choses en face. Certes, la CES organise régulièrement des manifestations transnationales. Mais elle reste plus que jamais intégrée aux institutions bruxelloises ; elle est d’ailleurs née en leur sein, avec l’objectif explicite de contribuer à la « construction européenne ». Elle ne remet en cause ni les fondements, ni même les principes pour lesquels l’UE agit en ce moment : effacement des souverainetés, remboursement des dettes au profit des marchés … Lors du débat sur feu le TCE, le site de la CES appelait explicitement à adopter celui-ci. Et jusqu’au referendum, les hauts dirigeants de la CES issus de la CGT ont fait campagne en ce sens.

 

BRN : Cet affrontement de 2005 a laissé des traces …

 

Philippe CORDAT :

Il a en tout cas ouvert les yeux de nombreux militants sur les positionnements des uns et des autres, ainsi que sur le rôle de certains groupes ou clubs associant dirigeants syndicaux et patronaux, avec la bénédiction et le soutien financier de Bruxelles. Il a également permis de mesurer l’ampleur de la perte de repères. Les dirigeants qui se sont laissé entra

îner ou dériver devraient aujourd’hui faire le bilan.

 

BRN : Bernard Thibault va-t-il engager cette évaluation critique ?

 

Philippe CORDAT :

Il ne semble pas en prendre le chemin. Le 8 décembre 2011, il cosignait, avec François Chérèque (CFDT) et d’autres syndicalistes européens, un texte affirmant notamment : "nous  continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen". Les auteurs vantaient notamment le modèle social européen. Les termes de cette tribune sont ahurissants. Je pèse mes mots : cet appel est en rupture totale avec ce qu’a affirmé la CGT pendant des décennies – je renvoie notamment à un livre de référence, publié en 1981 sous l’égide du responsable aux questions internationales (2) et qui comportait une analyse sans concession de la Communauté depuis le Traité de Rome.

 

BRN : Quelles ont été les réactions ?

 

Philippe CORDAT :

Quelques camarades que je connais ont été stupéfiés. Mais le texte est en réalité passé inaperçu du grand public et de la masse de nos syndiqués. Quoiqu’il en soit, il va bien falloir clarifier les choses : la CES a-t-elle constitué un « plus » pour les  salariés ? Il faudrait qu’un grand nombre de nos syndicats s’emparent de ces questions

 

BRN : Celles-ci auront-elles un écho lors du prochain congrès confédéral (mars 2013) ?

 

Philippe CORDAT :

Je l’espère. Pour l’heure, l’écho médiatique de sa préparation a plutôt porté sur la succession de Bernard Thibault, pour laquelle trois candidats ont été cités. Je note qu’aucun de ceux-ci ne semble remettre en cause l’orientation actuelle. Pour ma part, je souhaite que le choix se fasse sur notamment une question : qui sera le mieux à même de rassembler et de replacer la CGT dans une dynamique de conquête sociale ? A cet égard le critère déterminant est pour moi celui du parcours syndical : il faut que le ou la futur secrétaire général ait milité dans une entreprise, se soit confrontés aux patrons, sache ce que c’est qu’organiser une lutte, gagner de nouveaux adhérents ou collecter des cotisations sur le terrain.

 

BRN : C’est-à-dire l’inverse du profil des chefs de la CES …

 

Philippe CORDAT :

Exactement ! Ainsi, l’actuelle secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, a fait toute sa carrière comme technocrate, conseillère puis dirigeante d’une fédération européenne, sans jamais avoir travaillé dans une entreprise. C’est le profil type  d’une syndicaliste « institutionnelle » à la tête d’une organisation institutionnelle. La CGT n’en est pas là, et il faut éviter à tout prix qu’elle en arrive là un jour.

 

BRN :En matière de syndicalisme « institutionnel », quel rôle joue le concept de « dialogue social », qui se traduit par exemple par l’organisation d’un « sommet social » à Bruxelles tous les six mois ?

 

Philippe CORDAT :

Le « dialogue social », de même que les « partenaires sociaux » qui le constituent, sont des clés grâce auxquelles les dirigeants patronaux, notamment à l’échelle européenne, entendent intégrer les salariés dans leur propre jeu. Faut-il préciser que les « partenaires » patronaux n’ont jamais envisagé de partager ni les profits, ni les décisions ? Il s’agit plutôt de balader les syndicalistes – que ce soit au niveau des groupes, des branches, des pays, ou de l’UE – afin d’éloigner ceux-ci des entreprises et de leurs collègues. Ce « dialogue social » est la tasse de thé des gouvernements sociaux-démocrates, mais la droite n’est généralement pas en reste. D’ailleurs, beaucoup de salariés l’ont bien compris : dès qu’on leur annonce un « dialogue social », ils se demandent quel mauvais coup va être annoncé …

 

BRN : Quelle est l’alternative ?

 

Philippe CORDAT :

Ce n’est pas de « dialogue social » dont les salariés ont besoin, mais de négociations sur leurs propres revendications ! Ces négociations se caractérisent par le fait qu’elles s’appuient sur un rapport de force, et non sur la recherche d’un consensus. Et elles doivent partir d’un principe essentiel : ce sont les besoins sociaux, et ceux du pays, qui doivent être le véritable moteur de l’économie.

 

 

 

(1) Le Comité confédéral national (CCN) qui rassemble les représentants des Fédérations et Unions départementales, est l’organe souverain entre deux congrès.

 

(2) René DUHAMEL, "Aux quatre coins du monde". Editions sociales, 1981.

 

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-philippe-cordat-secretaire-cgt-union-regionale-centre-s-exprime-110867037.html

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 10:31

Voilà 20 ans que nous traînons le fardeau de l’austérité, depuis Maastricht, austérité gravement amplifiée depuis 2002 avec l’arrivée de l’euro.

Il fut un temps où il existait une grande force syndicale de classe qui rendait coup pour coup et, par exemple, n’hésitait pas à mener campagne ouverte contre l’UE née du Traité de Rome en 1957. A l’époque, les discours et les articles sur l’Europe de Benoit Frachon, Secrétaire Général de la CGT et dirigeant du Parti Communiste, ne parlaient pas d’Europe sociale et n’escamotaient pas les enjeux pour les travailleurs et retraités.

C’est le capital, uni par les exigences de l’accumulation et de la lutte contre le mouvement ouvrier, qui a conçu la construction européenne. Il s’agit pour lui de briser la résistance ouvrière et de construire un espace de valorisation du capital supranational en privant les peuples de leur souveraineté, tels le TSCG et le MES qui visent à placer les budgets et les parlements nationaux sous la tutelle directe du capital financier européen.

« Oui, l’Union européenne est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. » (Benoît Frachon, 1962). 

C’est à ce titre que le mouvement syndical doit combattre cette UE, mener la lutte et la contestation du système et des choix patronaux et gouvernementaux. Pour la CGT Cochin, rien ne sert de vouloir « amender » cette Europe capitaliste et tenter de la transformer en Europe sociale, il faut s’en débarrasser et instaurer un nouveau système basé sur la solidarité entre les peuples (et non sur leur mise en concurrence) et sur un partage juste et équitable des richesses produites par les travailleurs.

Manifester dans le cadre de cette Europe capitaliste, ou de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) mise en place et soutenue par les capitalistes, est un coup d’épée dans l’eau. Au mieux, cela ne servira qu’à "adoucir", c’est-à-dire accompagner les mesures antisociales mise en place par le capital. Mais ne nous leurrons pas : ce qu’ils ne mettront pas en place aujourd’hui, ils le mettront en place demain...

Seules des luttes visant à se débarrasser de cette Europe et des banquiers et financiers qui la dirigent offriront un avenir acceptable pour tous les citoyens. 

 


Bernard Giusti, Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

& Marise Dantin, Secrétaire Générale CGT Cochin

Front Syndical de Classe Santé

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:43

Christian LANGEOIS

Henri Krasucki

1924-2003

 

Collection Documents

06 septembre 2012

ISBN : 978-2-7491-1771-3

19 € ttc

 Edition le cherche midi

 

9782749117713.GIFSyndicaliste de premier plan, Henri Krasucki (1924-2003) devient une figure populaire médiatique dans les années 1980. Vingt ans après son remplacement à la tête de la CGT, dix ans après son décès, le personnage prend sa véritable dimension historique.

Une certaine tendresse à son égard transparaît aujourd'hui, d'autant qu'avec l'effondrement des pays socialistes, la transformation du monde des salariés, pour beaucoup, l'image de l'ouvrier à casquette de Belleville, amateur de Mozart, est devenue objet d'histoire et de curiosité.

Robert Guédiguian dans son film L'Armée du crime, Didier Daeninckx dans son roman Missak en ont fait un héros de légende. Ils ont rappelé ainsi son rôle dirigeant dans la résistance armée des FTP-MOI. Sans conteste, la première partie de sa vie (1924-1945), de jeune émigré juif polonais de Belleville devenu résistant communiste parisien, arrêté, torturé puis déportéà Auschwitz, est essentielle pour comprendre l'intensité, les contradictions d'un homme pleinement engagé dans le XXe siècle.

L'accès aux archives de la préfecture de police, du Parti communiste français, de la CGT, de la police politique polonaise comme les entretiens inédits avec des acteurs dont « Krasu » lui-même, rendent possible aujourd'hui d'en dégager une réalité plus complexe, en particulier son rôle dans la prise de distance de la CGT avec le PCF dès 1985. Christian Langeois nous livre ici la biographie vibrante et émouvante d'une personnalité dont les vies construisirent un destin.

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 14:48

Déclaration de la CGT Cochin à Madame Mireille Faugère, Directrice Générale de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris
Paris le 13 septembre 2012


Madame la Directrice Générale,

Vous avez été nommée par un précédent gouvernement pour continuer la politique de restructuration de nos hôpitaux mise en place par vos prédécesseurs. Or vous n’êtes pas sans ignorer les effets néfastes de cette politique, tant pour votre personnel que pour le service public de Santé. Mais fidèle à votre credo libéral, vous avez choisi d’ignorer toutes les difficultés et les souffrances qu’engendrent vos décisions.

Entre autre effet délétère des mesures que vous imposez, la CGT Cochin dénonce la réduction générale de l’offre de soins publique. Cette réduction est directement due à la fermeture progressive des hôpitaux et à la mutualisation des services de l’AP-HP au profit des établissements privés de santé. Elle s’accompagne de la réduction des personnels, lesquels se trouvent de plus en plus dans des situations de surcharges de travail génératrices de stress, de dépression, d’épuisement physique et moral. En outre ces sous-effectifs accrus mettent nos patients de plus en plus souvent en danger, compromettant gravement leur sécurité et grevant lourdement la qualité des soins. Vous donnez l’apparence de vous préoccuper des « risques psycho-sociaux » au sein des établissements de l’AP-HP, mais en réalité c’est votre politique même qui en est la source. A l’AP-HP, on ne devrait pas parler de « risques » psycho-sociaux mais de « production » de risques psycho-sociaux…
En plus des surcharges de travail le personnel doit subir trop souvent une hiérarchie agressive. Ses perspectives d’avenir professionnel sont de plus en plus réduites, notamment à cause de la quasi-disparition des formations au sein de l’AP-HP, mais aussi en raison du blocage des carrières introduit par l’exigence de diplômes de l’Education Nationale. A cela s’ajoute la difficulté accrue de se loger en raison de la réduction du parc immobilier mis à disposition du personnel. La baisse effective de nos salaires (gel du point indiciaire et augmentation des prélèvements) accroît les difficultés quotidiennes. La suppression d’emplois budgétés au profit de l’embauche de CDI fragilise nos statuts de la Fonction Publique. La liste des méfaits de la politique que vous menez n’est pas ici exhaustive…

Vous justifiez cette politique par la « crise » ou la « dette publique » auxquelles notre pays serait confronté, alors que c’est une situation créée par les gouvernements libéraux qui vous ont nommée, vous et vos pairs. Cette situation financière difficile sur laquelle vous vous appuyez pour vous attaquer à notre service public n’est due en réalité qu’à des choix de gestion, toujours néfastes pour notre institution, comme par exemple le recours à des « emprunts toxiques ». Nous savons que le but final de votre entreprise de déstructuration systématique vise à la suppression pure et simple de l’AP-HP.

La CGT Cochin refuse que la Santé soit soumise à des logiques comptables imposées par des choix politiques qui pénalisent gravement la population de notre pays et aggravent les injustices sociales.
L’avenir que vous et vos pairs nous imposez est des plus sombres : d’ores et déjà, on ne se soigne plus en France selon ses besoins, mais selon ses moyens.


Marise Dantin, Secrétaire Générale CGT Cochin
Bernard Giusti, Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin




Cette déclaration a été lue par Marise Dantin et Bernard Giusti à Mireille Faugère, venue à Cochin à l’occasion du pot de départ du Directeur Adjoint du Groupe Hospitalier Cochin-Hôtel Dieu-Broca, Stéphane Pardoux.
Suite à la déclaration, Mme Faugère a souligné qu’elle l’entendait comme « un procès d’intention » que lui faisait la CGT Cochin.
Au cours de l’échange verbal entre Marise Dantin,  Bernard Giusti et Madame Faugère, cette dernière a indiqué que la politique de santé, initiée par le précédent gouvernement,  qu’elle continuait à mettre en place avait l’aval du gouvernement actuel…

Pour la CGT Cochin, ceci confirme que les restructurations accompagnées de fermetures d’hôpitaux continueront comme cela était prévu. La CGT Cochin, quant à elle, ne s’est jamais fait d’illusions sur Marisol Touraine ou Jean-Marie Le Guen…

Pour la CGT Cochin, seule la mobilisation générale de la population et du personnel hospitalier pourrait faire encore reculer le gouvernement libéral actuel.


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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 13:32

 Vendredi, 31 août 2012

 

Confronté à une sévère baisse de popularité dans un contexte de crise qui s’aggrave, François Hollande devrait dire vendredi qu’il veut "démultiplier" son action, à l’occasion d’un discours prononcé depuis la foire de Châlons-en-Champagne.
A son arrivée sous un ciel gris, accompagné du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, l’accueil a été aussi froid que la température (13 degrés), avec quelques dizaines de militants CGT venus lui signifier leur impatience.
Sur un panneau brandi par les manifestants, on pouvait lire : "Le changement c’est pour quand ?". Et lorsque le président est sorti de sa voiture, les militants ont entonné : "On veut du changement !". L’un d’eux lui a aussi lancé : "Ne nous faites pas regretter le 6 mai".
Sur un stand, François Hollande a ensuite été interpellé par des salariés de Sodimédical, entreprise de fabrication de matériel médical, qui ne sont plus rémunérés depuis fin 2011 malgré une décision de justice enjoignant à leur maison-mère de les payer. Il s’est entretenu quelques minutes avec eux.
Interrogé par la presse sur l’accueil qui lui a été réservé, le chef de l’Etat a rétorqué : "c’est à vous d’en juger. Le but d’une visite est d’entendre l’exaspération des salariés qui ne sont pas payés depuis longtemps, d’autres qui attendent des solutions depuis des semaines".
"Ils espèrent beaucoup dans le changement, c’est à moi de leur dire les étapes qui permettront d’y parvenir", a ajouté M. Hollande.
Le chef de l’Etat devait prononcer vers 11H30 un discours qualifié d’important par son entourage, au moment où les nuages s’accumulent sur la nouvelle majorité.
"Ce sera un discours politique, une mise au point, dans un contexte économique international difficile", commente-t-on à l’Elysée, en évoquant "les attentes fortes du moment" et "l’urgence sociale". "Il dira qu’il a un cap et s’y tient et qu’il passe à la puissance supérieure", selon un proche.
Une explication de texte que certains dans la majorité appellent de leurs voeux, comme le maire PS de Paris Bertrand Delanoë.
"Les Français sont malheureux", a déclaré ce dernier sur RTL et "il y a peut-être à rajouter de l’explication sur le cap qui est donné, sur la direction qui est prise, les initiatives qui sont prises".
"Le redressement ne peut se faire en trois mois et demi, en revanche peut-être peut-on faire mieux sur l’explication du chemin du redressement", a insisté le maire de la capitale.
Une série d’enquêtes d’opinion publiées ces derniers jours témoignent toutes de la même chute de popularité de l’exécutif. La plus sévère, le baromètre Ipsos pour Le Point paru lundi, l’a chiffrée à onze points perdus entre la fin juillet et la fin août avec 44% de satisfaits contre 47% d’insatisfaits.


(31 août 2012 - Avec les agences de presse)

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 14:26

Lors des dernières élections présidentielles, la CGT COCHIN a appelé, comme un grand nombre d’autres organisations de gauche, à voter Hollande. Il s’agissait avant tout, comme nous l’avons expliqué alors dans des articles, de virer Sarko.
Pour autant, la CGT COCHIN ne s’est jamais fait d’illusions sur ce que l’on peut attendre du nouveau gouvernement. En effet, le gouvernement Hollande est un gouvernement libéral. Si ses méthodes et ses objectifs  diffèrent du précédent gouvernement, le fond reste le même. Preuve en est de la volonté de Hollande de rembourser la fameuse « dette », dont nous rappelons qu’elle est due uniquement à des décisions politiques favorisant les banques et les actionnaires. Cette dette est due au fait que les décideurs européens, dont le PS, ont décrété sans consultation des peuples qu’un Etat n’a pas le droit d’ emprunter directement à la BCE (la banque européenne), qu’il doit emprunter à des banques privées. Celles-ci, elles, empruntent à la BCE à des taux très bas de l’argent qu’elles prêtent ensuite aux Etats à des taux élevés..!  La BCE est financée par… notre argent ! Donc en clair les banques privées prennent notre argent pour le prêter à notre Etat, et en fin de compte nous devons rembourser l’argent que nous avons prêté aux banques privées ! C’est un scandale inadmissible, et pourtant c’était la politique de Sarko-Merkel et aujourd’hui c’est la politique de Hollande-Merkel.
Ce prétexte de devoir « rembourser la dette » permet au gouvernement Hollande de limiter ou refuser les nécessaires mesures sociales, pourtant indispensables après des décennies de régression. Que dire de la mesure dérisoire consistant à baisser  le prix du carburant de 6 centimes pendant 3 mois ? Dans le même temps, on nous annonce des augmentations importantes pour des produits de première nécessité : pain, viande, fruits et légumes…

La CGT COCHIN milite entre autres pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tout le monde, de réelles augmentation de salaires, l’arrêt des suppressions d’emplois (notamment dans les hôpitaux, avec des embauches à hauteur des besoins dans les services), des logements à prix décents, etc., etc.

Quel est l’avenir pour notre jeunesse ? Avec des diplômes, ils sont la plupart du temps sous-payés (quand ils trouvent du travail), sans qualification nombre d’entre eux survivent comme ils peuvent… Dans nos hôpitaux, « l’ascenseur social » est complètement bloqué. Les formations professionnelles ont quasiment disparu. Un jeune qui rentre en tant qu’Agent Hospitalier n’a aucune perspective d’évolution interne et a toutes les chances de finir sa carrière au même grade. Comment se projeter dans l’avenir dans ces conditions ?
Tout cela n’est pas la conséquence d’une nécessité économique due à l’état général de l’économie occidentale comme on voudrait nous le faire croire. Le choix d’un système économique, c’est un choix politique. Tout ce que nous subissons est la conséquence de choix politiques, donc de choix que nous, le peuple, nous pouvons changer.

La CGT COCHIN refuse cette Europe du Capital qui ruine les peuples. Elle la refuse sous toutes ses formes, car elle n’est dominée que par la cupidité du patronat et de la finance. Souvenons-nous de 1936 : si le gouvernement du socialiste Léon Blum a pris les décisions permettant l’instauration des congés payés, de la semaine de 40 heures, etc., c’est parce qu’il a dû céder à la pression populaire. Sans les grèves générales, sans doute très peu aurait été fait…

La CGT COCHIN milite pour une Europe sociale, réellement démocratique, respectant l’indépendance des nations et consacrée uniquement à améliorer les conditions de vie des peuples.

 

Bernard Giusti, Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

Marise Dantin, Secrétaire Générale CGT Cochin

Front Syndical de Classe Santé

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:11

La Direction PSA annonce 8300 suppressions d’emplois, avec 3 volets :

 

1) Arrêt de la production de voitures à Aulnay en 2014

3300 emplois directs concernés, et d’après les élus locaux, environ 10 000 avec les soustraitants.

La Direction prétend que :

• La moitié des 3300 pourrait se voir proposer un poste à Poissy (la création d’une

équipe complémentaire sur C3/DS3 générerait 750 emplois, ça ne fait pas le compte).

• L’autre moitié se verrait proposer un reclassement dans le bassin d’emplois d’Aulnay.

Ainsi que nous l’avions dit, la direction PSA tente de camoufler la fermeture sous un vocabulaire de reclassement, dont nous savons qu’il a pour seul but de démobiliser les salariés et de tromper l’opinion publique. Quand on connait la situation de la Seine St Denis, département sinistré du point de vue de l’emploi, on voit le peu de crédit qu’il faut accorder à ces promesses de reclassement.

Ces suppressions d’emploi ne s’inscrivent pas dans le cadre du GPEC (volontariat) mais dans le cadre d’un PSE avec une période de volontariat (jusqu’à mi-2013) puis phase de licenciements économiques.

 

2) Suppressions de 1400 emplois sur le site de Rennes.

Comme pour Aulnay, cela se fera dans le cadre du PSE : période de volontariat jusqu’à mi2013 puis phase de licenciements économiques.

Pour Rennes c’est une véritable saignée : près d’1/4 de l’effectif !

La direction PSA promet un nouveau véhicule … en 2016, et sans dire si ce sera dans le cadre de l’alliance avec GM ou pas.

 

3) Suppressions de 3600 emplois dans les autres usines et établissements.

Dans le cadre d’un PREC (volontariat) de juillet 2012 au 30 juin 2013. . La prime d’incitation pour congés de reclassement est portée à 4 mois, celle pour projet personnel est portée à 6 mois.

 

Commentaires CGT :

C’est une déclaration de guerre contre nos emplois et nos conditions de travail.

Les salariés ne sont plus devant un plan de départs plus ou moins volontaires. Nous sommes devant un plan de fermeture d’usine et de licenciements économiques.

Depuis 1 an, la CGT avait dévoilé ce plan secret et la volonté de la direction de ne rien dire avant les échéances politiques.

Après une année de mensonge de la direction PSA, les cartes sont maintenant sur la table. Un combat s’engage pour défendre les emplois à Aulnay, à Rennes et dans tout le groupe car c’est tout l’avenir des emplois industriels dans nos régions qui est en question.

Dès l’annonce, les salariés d’Aulnay ont arrêté le travail.

 

CGT PSA

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:04

Le consensus ronronnant

 

9 et 10 juillet, 2 jours de déclarations, d’échanges, de mise au point d’une méthode et d’un calendrier.

Culture de la négociation sociale, compromis positif, dialogue, inscription du dialogue social dans la Constitution appelée d’ailleurs de ses vœux par Parisot et le MEDEF afin de rendre le contrat supérieur à la loi, installation du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale en septembre…

 

Certes, certaines mesures prises par la droite abandonnées (comme les accords compétitivité-emploi) et des problèmes ont été listés : salaires, emploi dans la fonction publique, précarité, RGPP, indemnisation du chômage, emplois d’avenir (100.000), contrats aidés…

Les grands médias ne cessent de célébrer le climat nouveau, l’entente, le respect, le "diagnostic partagé " ; une nouvelle conférence sociale prévue dans un an pour tirer le bilan du processus engagé.

Le nouveau pouvoir veut se donner du temps et donner du temps au « dialogue social »...

 

Le choc PSA

 

Mais dès jeudi matin, les réalités de terrain sont venues rappeler à tous qu’aujourd'hui comme hier, les décisions patronales sont pilotées exclusivement par la recherche du profit et se foutent du sort des travailleurs : le couperet du bourreau tombe, la fermeture du site de PSA Aulnay est annoncée pour 2014, le site de Rennes est aussi touché par ce plan de restructuration.1 400 emplois concernés sur un total de 5 600 salariés. Au total ce sont 8000 emplois qui passeraient à la trappe ; sans compter tous les emplois induits par cette activité industrielle !

Dès jeudi matin l’urgence est venue télescoper cette stratégie d’enfumage consistant à gagner du temps pour conduire les organisations syndicales à accepter quoiqu’on en dise des décisions déjà prises sous couvert de concertation dans la durée !

 

D’une manière générale, sur les questions d’urgence comme les plans de licenciement massifs programmés dès l’élection passée dans l’automobile, comme dans les télécoms (SFR et Bouygues), Carrefour, Air France, la Société générale, Arcelor-Mittal, Sanofis...) au total 80.000 emplois directement menacés, silence radio !!!

C’est "l’Etat ne peut rien !" du Jospin de 97 qui revient sur le devant de la scène !

 

Après les effets d’estrade électoraux sur la démondialisation et la résistance aux plans de licenciements viendrait le temps du « réalisme », c’est-à-dire de la soumission aux intérêts patronaux, à ceux des privilégiés et des marchés financiers ?

 

Tandis que sur d’autres plans, l’avenir se présente de manière sombre, concernant par exemple les retraites et la CSG dont l’augmentation est bel et bien prévue, les retraités étant si l’on peut dire en première ligne.
D’autant que sur ces questions, le gouvernement socialiste pourra compter sur Chérèque qui se déclare partisan de la retraite par points et de l’allègement des charges patronales par un report sur la CSG !

Entre F. Hollande, le MEDEF et les dirigeants de la CFDT, il y a, au-delà des postures de façade, accord sur l’idée que les problèmes de compétitivité de l’économie française résulteraient des rigidités du marché du travail et du "coût du travail", le président de la République déclarant en ouverture de la conférence que « la détérioration de notre compétitivité est aussi une conséquence de certaines rigidités dans la structure des coûts, notamment concernant le coût du travail ».

 

Comment à partir de là s’opposer réellement aux plans dits "sociaux", aux fermetures d’entreprises, aux licenciements ?

 

Pas d’autre alternative que la lutte et le TOUS ENSEMBLE !

 

Certes le ton a changé par rapport au pouvoir antérieur mais qu’en est-il du changement de politique ?

Tout en appelant à chasser Sarkozy, nous n’avons cessé de dire que le gouvernement socialiste ne mettrait pas en œuvre une autre politique pour des raisons fondamentales, qu’il ne fallait se faire aucune espèce d’illusion sur sa volonté de changement et que c’était sur nos propres forces et sur nos propres luttes qu’il fallait compter ! Comme en 36, en 68 et à toutes les époques de conquête sociale !

Parce que le nouveau pouvoir, les socialistes acceptent les diktats de l’Union Européenne,

·         parce qu’ils acceptent la domination des marchés financiers,

·         parce qu’ils acceptent de payer une dette que nous avons déjà payer 100 fois,

·         parce-qu’ils acceptent le pouvoir sans partage des patrons des entreprises du CAC 40,

·         parce qu’ils s’apprêtent à ratifier le scandaleux traité européen TSCG et qu’ils acceptent des pas supplémentaires dans la remise en cause de notre souveraineté nationale et de la souveraineté populaire bafouée comme à la suite du referendum européen de 2005

·         parce qu’ils n’osent pas s’attaquer à la finance qui aggrave son emprise sur les Etats et renforce ses positions dans les paradis fiscaux...

 

… ils n’ont pas l’intention ni la volonté de se mettre en travers des décisions de fermeture de PSA par exemple qui implique la rupture avec toutes ces entraves dressées contre les intérêts du peuple !

 

Pour cela, il leur faudrait remettre en cause ce pouvoir, donner des droits de suspension des plans aux travailleurs, contraindre ces dirigeants et les actionnaires à faire prévaloir l’intérêt général contre leurs sordides intérêts particuliers.

Il faut donc se battre dès aujourd'hui et rouvrir la perspective du changement réel de société par le contrôle des travailleurs sur les grands moyens de production et d'échanges.

Lucidité et détermination !

 

Il nous faut être lucide sur cette situation !

Nous notons le fait que la CGT a maintenu sa plate-forme revendicative (la retraite à 60 ans pour tous sans précision toutefois sur la durée de cotisation, le refus de l’augmentation de la CSG, la demande de nouveaux droits pour les travailleurs, la revendication d’un Etat stratège…).

Mais lorsque B. Thibault considère comme un simple "loupé" le fait que la conférence sociale n’ait rien dit des urgences de l’heure, c’est entretenir les illusions sur la politique que le pouvoir va mener et c'est par conséquent désarmer les travailleurs.

Ce positionnement "raisonnable" et mesuré "d’en haut" laisse découvrir un fossé béant avec la révolte et les cris de colère qui montent des entreprises agressées !

 

Pour contrer la politique du patronat et passer à l’offensive sur les revendications pour lesquelles nous nous battons depuis des années, pour les salaires, pour l’emploi, pour les retraites, pour l'égalité professionnelle femmes/hommes, contre les fermetures d’hôpitaux et de services, contre la marchandisation de l’enseignement supérieur, contre la démolition des services publics de manière générale … il n’est pas d’autre voie que la lutte en plaçant le nouveau pouvoir devant ses contradictions et son inconséquence vis-à-vis de son propre électorat !

 

Partout, le soutien politique et moral doit s’organiser à l’égard des travailleurs les plus menacés, afin d’expliquer que les choix de fermeture ne sont pas inéluctables, et partout apprêtons nous à construire le "tous ensemble en même temps !" plus que jamais indispensable !

Avec les formes de lutte les plus élevées possibles que requiert la situation et qui rassembleront les salariés !

Car comme l’a si bien dit le délégué CGT de PSA Aulnay Jean-Pierre Mercier : « ils nous ont bel et bien déclaré la guerre ! »

 

Le Front Syndical de Classe

Jeudi 12 juillet 2012

 

 

********************************

* Le 24 février 2012 sur le parking des Goodyear d’Amiens Arnaud Montebourg déclarait, qu'il faudrait voter une loi pour vérifier les plans de licenciement des entreprises et suspendre les plans dans les entreprises bénéficiaires, "face aux entreprises qui manifestement ne perdent pas d'argent."

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-conference-sociale-enfumage-et-choc-des-realites-108077113.html

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