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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:09


 

Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu le soutien de plusieurs députés au Bundestag, du philosophe et député européen Gianni Vattimo, et de nombreux citoyens. Le collectif communiste Polex se joint a cet appel.

 

Pour signer la version française de cette pétition, envoyer vos noms et confirmation à stopperlaguerre@gmail.com

 

Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un Etat désintégré : c’est là le résultat de la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN pour s’approprier les richesses lybiennes et recoloniser le pays. A présent, ces derniers préparent éhontément la guerre contre l’Iran et la Syrie, deux pays stratégiquement importants, riches en matières premières et qui refusent, en toute indépendance politique, de se soumettre à leurs dikats. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie ou l’Iran pourrait provoquer un conflit direct avec la Russie et la Chine, ce qui aurait des conséquences inimaginables.

De continuelles menaces de guerre, le déploiement de troupes aux frontières de l’Iran et de la Syrie, sans parler des actions terroristes et de sabotage de la part d’ “unités spéciales” inflitrées, tout cela fait partie de l’arsenal avec lequel les Etats-Unis et autres membres de l’OTAN imposent un état d’exception aux deux pays pour les épuiser. Les Etats-Unis et l’Union européenne tentent de façon cynique et inhumaine de paralyser par l’embargo le commerce extérieur et les transactions financières de ces pays. De manière délibérée, ils veulent précipiter les économies iranienne et syrienne dans une crise grave, augmenter le nombre de chômeurs et compromettre l’approvisionnement de la population. Pour trouver un prétexte à leur intervention militaire planifiée depuis longtemps, ils cherchent à attiser les conflits ethniques et sociaux internes et à provoquer une guerre civile. L’Union européenne ainsi que le gouvernement français collaborent grandement à cette politique d’embargo et de menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.

Nous appelons tous les citoyens, églises, partis, syndicats, mouvements pacifistes à s’opposer énergiquement à cette politique de guerre.
Nous demandons au gouvernement français :
- de stopper sans conditions et immédiatement l’embargo contre l’Iran et la Syrie
- de déclarer qu’il ne participera en aucune sorte à une guerre contre ces Etats et qu’il n’autorisera pas l’utilisation de sites français pour une agression de la part des Etats-Unis et de l’OTAN
- de s’impliquer au niveau international pour mettre fin à la politique des chantages et des menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider par eux-mêmes et souverainement de l’organisation politique et sociale de leur pays. Le maintien de la paix exige que soit respecté rigoureusement le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_87_art3.htm

Par Vendémiaire - Publié dans : Appels
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:07

Jean de la Bruyère, Les Caractères, "Du souverain ou de la république", 13 : 

"Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain."

 

C'était en 1688, au temps du Roi Soleil... On ne choisissait pas le souverain, mais on voulait qu'en respectant sa fonction, il respectât ceux qu'il gouvernait...

 

Toujours vrai aujourd'hui ? Depuis 1958, le peuple français choisit le souverain. "La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain" a pu dire De Gaulle. 

Ainsi parla le "peuple souverain", en intronisant d'abord le Général Homme providentiel, Sauveur suprême d'une France au bord de la guerre civile, avant les avatars successifs que l'on sait, investis d'une fonction qui pouvait certes les dépasser, mais que, chacun à sa façon, ils ont respectée... Sérieusement.

Jusqu'à l'épisode bling bling, dont le peuple français a pu s'étonner, en oubliant que, dans sa courte majorité, il en avait été le porteur, en reflet de la sous-culture décérébrante (magazines people, télé trash) qu'on lui inflige afin qu'en s'y identifiant, il se détourne de son devoir et de ses intérêts... Et ce "On" n'a rien qui puisse nous surprendre, tant il est celui des puissances d'argent qui se veulent, et sont (pour l'heure), le vrai souverain.


rene merle

 

Par Vendémiaire - Publié dans : France/Articles politiques
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:06

Paul Martial

lundi 23 janvier 2012, par Comité Valmy

 

C’est le troisième rapport publié sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide rwandais. Le premier, établi par le juge français Bruguière, a été contredit par le rapport Mutsinzi du gouvernement rwandais. Le dernier, œuvre de juges d’instructions français, apporte un éclairage décisif sur un des faits les plus contestés et aux conséquences les plus dramatiques, de l’histoire de ces dernières années.

Le 6 avril 1994 deux missiles sont tirés. Le premier rate sa cible, le second touche le réservoir sous l’aile gauche et fait exploser le Falcon 50, piloté par un équipage français, où se trouvaient les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira. Quelques heures après, le génocide au Rwanda débutait, faisant un million de morts Tutsi, mais aussi des Hutu modérés.

Les résultats de l’expertise balistique demandée par les juges d’instructions Trévidic et Poux sont importants à plus d’un titre. D’abord, ils identifient clairement le lieu du tir des deux missiles. Il s’agit du camp militaire de Kanombe où était stationnée la garde présidentielle, fer de lance des extrémistes hutu qui refusaient toute concession au FPR, majoritairement tutsi, et notamment l’accord de paix d’Arusha. Ce camp militaire abritait aussi les coopérants militaires français. Ils avaient pour mission de former les éléments des Forces Armées Rwandaises (FAR). Dans les faits, ils encadraient et conseillaient les FAR pour contenir l’avancée du FPR.

Ensuite, l’expertise contredit totalement les résultats de l’enquête du juge Bruguière qui, à défaut de se rendre au Rwanda et d’interroger les témoins, s’est juste contenté de consigner des faux témoignages de rwandais et d’avaliser les manipulations. Le juge Bruguière, connu pour être un proche de Sarkozy, et candidat malheureux de l’UMP aux élections législatives de 2007, avait conclu que les tirs étaient partis de la colline de Masaka, pourtant sécurisée par l’armée rwandaise et, sur laquelle un commando FPR se serait infiltré, aurait perpétré l’attentat et serait reparti pour rejoindre sa base, elle aussi étroitement surveillée par les forces de l’ONU. Cette enquête avait débouché sur l’inculpation de neuf dirigeants du FPR.

Enfin, géomètres, acousticiens et experts en balistique ne font que confirmer, dans leur domaine, le déroulement historique du génocide. Les partisans du « Hutu Power », qui voyaient une trahison dans l’accord de Juvénal Habyarimana pour un partage du pouvoir avec le FPR, allaient s’emparer du pouvoir, après l’attentat contre le Fokker 50. La Garde présidentielle éliminera la Première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et son escorte militaire belge, qui s’apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dans ce bras de fer entre hutu modérés et extrémistes, la France choisira et soutiendra dès le début et jusqu’à la fin le camp des génocidaires.

Ce rapport ne fait que conforter les soupçons qui pèsent sur les troupes françaises sur place. Sur la fourniture aux FAR de missiles SA16 utilisés dans l’attentat, en effet, il est établi que l’armée française en possédait, prélevés sur le stock de l’armée irakienne lors de l’intervention de 1991. Mais aussi sur le maniement de ces armes sophistiquées qui nécessitent une centaine d’heures de formations et d’entraînement. Il est peu probable que les FAR aient été en capacité de manier de telles armes. D’ailleurs, dans la guerre avec le FPR c’étaient les soldats français qui réglaient les tirs d’artilleries, les soldats de l’armée rwandaise se cantonnaient à la mise à feu.

Ces premiers pas vers la vérité battent en brèche les arguments des négationnistes en France qui ont repris la propagande des extrémistes hutu, attribuant l’attentat au FPR pour lui faire porter la responsabilité du déclenchement du génocide afin de mieux masquer les responsabilités de la France dans ce massacre.

Les partis de gauche doivent dès maintenant s’engager à créer une commission d’enquête parlementaire pour mettre en lumière les agissements de la France dans la politique du génocide au Rwanda. Ce qui traduirait une réelle volonté d’en finir avec les agissements délétères de la France en Afrique.

* Paul Martial au publié cet article dans afriquesenlutte.org

http://pambazuka.org/fr/category/features/79343

 

Par Vendémiaire - Publié dans : Afrique noire
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:05

De : Loredana

mardi 24 janvier 2012 (12h22) :

 

Loredana, 25 ans, enseignante près d’Annecy, est d’origine sicilienne. Elle a écrit à Rue89 la semaine dernière pour attirer l’attention de la rédaction sur un mouvement de révolte inédit en Sicile, le mouvement des Forconi. Elle nous a envoyé ce témoignage pour porter la parole de ses amis et de sa famille. Zineb Dryef.

Depuis le début de l’année, un vent de révolte souffle sur la Sicile. L’enfoncement de l’Italie dans la crise, les plans de rigueur, les appels à d’énièmes sacrifices ont fini par lasser la population. Dans une région où l’essence a atteint les 1,70 euros au litre et où 25% de la population est au chômage, le vase a fini par déborder.

Des agriculteurs et des artisans ont fondé le Mouvement des Forconi, de la Fourche, appelant à la révolte et au refus de cette situation de plus en plus invivable. La fourche, symbole agricole par excellence de la protestation. Cet outil fait écho aux révoltes paysannes des siècles passés, où le peuple se révoltait contre les dirigeants en employant la force. La force, qui aujourd’hui semble être le seul moyen de faire changer les choses, l’ultime recours. Car en Sicile, on se bat et on se battra.

Je les chasserai à coups de fourche dans les fesses

Faisant un parallèle avec les derniers événements en Tunisie, Onofrio, agriculteur palermitain, dit « moi je ne me suiciderai pas. Je chasserai plutôt à coups de fourche dans les fesses ceux qui veulent me conduire au suicide. » Les pêcheurs, les chauffeurs routiers et les conducteurs des transports en commun ont rallié le mouvement. Un mouvement qui se veut dans l’action, dans le concret. Gaetano, commerçant de Catania dit « vous vous parlez, ici on combat ».

Un blocus total de l’île pendant 5 jours, du 16 au 20 janvier a donc été décidé. Pendant cinq jours, plus de transports en commun, plus de livraisons d’essence ni de nourriture. Une grève généralisée, en somme ? Ceci n’est pas une grève, non c’est un blocus.

En réalité c’est bien plus que ça. Il s’agit de frapper un grand coup et de dire : Basta ! Suffit de payer une crise qu’on n’a pas provoquée, suffit d’être sollicités par un Etat qui nous ignore et nous méprise.

Ilaria, 24 ans, étudiante à l’université d’Agrigente, explique les origines de ce mouvement :

« Le blocus de ces derniers jours est très étrange, c’est le signe que quelque chose est en train de changer dans l’esprit des Siciliens, habitués depuis des siècles à voir notre terre soumise à des forces hégémoniques, certaines, telle la Mafia, étant nées sur ce même sol. C’est du moins l’expression d’une volonté de changement chez un peuple soumis depuis trop longtemps et qui veut maintenant lever la tête.

Nous sommes dans une région où les personnes qui s’opposent au pizzo (racket organisé par la Mafia qui oblige les chefs d’entreprise à lui verser un impôt sous peine de voir son commerce détruit), comme l’entrepreneur Ignazio Cutrò, au lieu d’être assistées par les institutions n’ont d’autre recours que la grève de la faim pour se faire entendre et continuer à vivre et à travailler honnêtement sur sa propre terre.

C’est vrai que risquer sa vie pour continuer à vivre dignement peut sembler paradoxal mais au pays des paradoxes, c’est malheureusement normal. Ici il faut se faire entendre. »

La Sicile, terre des bouseux, est en révolte

Car la Sicile est un beau paradoxe ; c’est à la fois la région la plus riche en ressources naturelles et la plus pauvre de l’Italie. C’est une région qui a nourri pendant des siècles les régions moins fertiles du Nord, puis y a envoyé des milliers de bras travailler dans les usines et participer au grand « boom économique » .

Et aujourd’hui, cette région dérange, elle fait tache avec ses taux records de chômage, sa mafia, son travail au noir. Certains politiciens d’extrême droite la considèrent même comme faisant partie de l’Afrique, tâche de boue dans laquelle tape la botte. Et pourtant, la Sicile, bien que région autonome, c’est l’Italie ! C’est là qu’ont débarqué Garibaldi l’unificateur et les Américains sauveurs du fascisme.

Le mépris du Nord envers la Sicile, terre de « terroni » (bouseux) et d’« accattoni » (sangsues de l’Etat) est culturel ; déjà en 1955 on pouvait voir dans le film de Pietro Germi, « Sedotta e abbandonata », un carabinier muté en Sicile retrouver le sourire lorsqu’il cachait la Sicile de la carte de l’Italie. Région aux multiples problèmes qui seraient sans doute résolus si la Sicile cessait d’être le jeu des politiciens qui, en période électorale, promettent de s’intéresser au Sud et qui une fois au pouvoir, ne font plus rien.

Autour de moi, le désespoir

Aujourd’hui, les Siciliens disent stop. Basta ! Le mouvement des Forconi se revendique avant tout comme un mouvement apolitique. C’est un mouvement social, le mouvement d’un peuple qui souffre et qui en a marre. Samantha, étudiante en Droit à l’université d’Agrigente, explique ainsi le malaise :

« Partout autour de moi, en Sicile, il n’y a que le désespoir. Des jeunes de presque 30 ans qui sont toujours sans travail, sans espoir et surtout sans rêves.

En fait, parmi tout ce qui nous manque en Sicile, il y a surtout la possibilité de rêver d’un futur et d’une famille dans la sérénité ! »

Ce mouvement est la prise de conscience que le peuple est capable de se faire entendre et de s’affranchir du jeu des politiciens. Onofrio, exhorte ainsi les Siciliens :

« Ne pensez pas que vos problèmes ne regardent que vous car ces problèmes sont les nôtres et nous devons les régler pour les générations futures. »

Pour ces raisons, bloquer l’île devrait attirer l’attention sur la détresse des habitants. Or depuis le début de l’action, un lourd silence plane sur l’événement. Pas un mot dans les journaux nationaux ; La Repubblica ou le Corriere della Sera parlent en première page du naufrage du Costa Concordia. Tout au plus un petit encart est-il consacré à la « grève des chauffeurs de bus en Sicile ». L’action est ignorée et déformée.

Silence dans les médias

Lorsqu’il ne peuvent plus ignorer ce qu’il se passe, les médias tentent de discréditer le mouvement. Ainsi lit-on que le Mouvement des Forconi est appuyé par des groupuscules néo-fascistes et par le parti d’extrême droite Forza Nuova. Un mouvement de masse, car c’est un mouvement de masse social, appuyé par un parti qui a obtenu 0,8% des votes aux dernières élections ? Cela semble gros, et pourtant, quelques doutes naissent.

Même au sein de la population solidaire du mouvement, on ne sait pas quelle est la couleur politique de ce mouvement, signe qu’il est avant tout ce qu’il se revendique, un mouvement apolitique et social. Onofrio, avec son franc-parler avertit :

« Participe qui veut à ce mouvement, mais que ne se fassent pas voir les drapeaux des partis car nous les chasserons à coups de pied dans le cul. »

Une telle tentative de sape de la part des médias et des journaux laisse entendre que ce mouvement est à prendre au sérieux, qu’il dérange. Et les citoyens au cœur de ce qu’il se passe en sont bien conscients. Ilaria, explique :

« La Sicile est l’effet collatéral d’une maladie qui frappe tout le pays et dont on craint la propagation.

Voilà pourquoi le mouvement et le blocus sont censurés, ignorés ou déformés par les médias ; il faut à tout prix éviter la contagion.

C’est aussi pour cette raison que l’on tente de décrédibiliser le mouvement, il faut éviter la contagion. »

Facebook et YouTube pour témoigner

Et pourtant, ça bouge ! Et pourtant le mouvement se propage ! Malgré tout, grâce aux réseaux sociaux et aux sites de partage comme Youtube, l’information réussit à filtrer. Sur Facebook, des Mouvements des Forconi locaux se multiplient dans les autres grandes villes du Sud. Les Pouilles, la Calabre et même le Lazio !

En dépit de la censure, gravissime dans un pays démocratique respectueux des droits de l’Homme, et des tentatives pour discréditer le mouvement, des actions similaires sont prévues dans d’autres régions d’Italie. Aux dernières nouvelles, un blocus a été mis en place en Calabre, un autre est prévu à Pescare. Les informations, relayées par les réseaux sociaux et Youtube, déjouent ici la censure et font leur chemin.

La fourche, symbole d’un monde ancien, aurait-elle trouvé là une nouvelle forme ? Au XIXe siècle les révoltes étaient réprimées par la force et dans le sang. En 2012, le silence des médias et le travail de désinformation sont les nouveaux moyens de répression, plus sournois. La fourche se fait souris et les idées, elles, finissent par s’exprimer. Serait-on à l’aube d’un Printemps italien ?

 

Article complet sur

http://www.rue89.com/2012/01/23/une...

 

relayé par http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=124621

Par Vendémiaire - Publié dans : Europe
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:03

14 janvier 2012

Fidel CASTRO

 

J’ai eu le plaisir, hier, de converser calmement avec Mahmoud Ahmadineyad que je n’avais plus vu depuis septembre 2006, voilà plus de cinq ans, quand il était venu à La Havane participer à la Quatorzième Conférence au sommet du Mouvement des pays non alignés qui avait élu Cuba pour la seconde fois à la présidence de cette organisation pour la durée prévue de trois ans. J’étais tombé gravement malade le 26 juillet 2006, un mois et demi avant, et je pouvais à peine me maintenir assis sur le lit. Plusieurs des dirigeants les plus distingués qui assistaient au Sommet eurent l’amabilité de me rendre visite. Chávez et Evo le firent plusieurs fois. Quatre dont je me souviens encore vinrent en début d’après-midi : Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU ; un vieil ami, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien ; Mahmoud Ahmadineyad, le président iranien ; et Yang Jiechi, alors vice-ministre et aujourd’hui ministre des Relations extérieures de la République populaire de Chine, en représentation de Ju Jintao, chef du Parti communiste et président du pays. Ce fut vraiment un moment important pour moi qui rééduquais aux prix de gros efforts mon bras droit sérieusement blessé lors de ma chute à Santa Clara.

J’avais commenté avec ces quatre dirigeants des aspects des problèmes complexes que le monde connaissait alors et qui sont le devenus assurément de plus en plus.

À notre rencontre d’hier, j’ai constaté que le président iranien était on ne peut plus tranquille, absolument indifférent aux menaces yankees, confiant en la capacité de son peuple de repousser n’importe quelle agression et dans l’efficacité des armes dont il produisent une grande partie eux-mêmes pour faire payer aux agresseurs un prix insupportable.

En fait, c’est à peine s’il a parlé de la guerre. Il est plutôt revenu sur les idées qu’il avait exposées à sa conférence dans le grand amphi de l’Université de La Havane, axées sur l’être humain : « S’acheminer vers la paix, le respect de la dignité humaine en tant que souhait de tous les êtres humains tout au long de l’Histoire. »

Je suis convaincu qu’on ne doit pas s’attendre de la part de l’Iran à des actions irréfléchies qui contribueraient au déclanchement d’une guerre. Si celle-ci éclate, ce sera uniquement la faute de l’aventurisme et de l’irresponsabilité congénitale de l’Empire yankee.

Je pense de mon côté que la situation politique créée autour de l’Iran et les risques d’une guerre atomique qui en émanerait et toucherait tous les pays, qu’ils possèdent des armes de ce genre ou non, sont extrêmement délicats parce qu’ils menacent l’existence même de notre espèce. Le Moyen-Orient, qui produit des ressources économiques vitales pour l’économie de la planète, est devenu aujourd’hui la région la plus conflictuelle au monde.

La capacité de destruction de certaines armes employées durant la Deuxième Guerre mondiale et les souffrances massives qu’elles infligèrent incitèrent fortement à en prohiber quelques-unes, dont les gaz asphyxiants. Néanmoins, les conflits d’intérêts et les énormes profits des fabricants les conduisirent à élaborer des armes encore plus cruelles et plus destructrices, jusqu’au jour où la technologie moderne a fourni les matériaux et les moyens nécessaires à la mise au point d’armements dont l’emploi dans une guerre mondiale conduirait à notre extermination.

Je suis d’avis – qui est sans aucun doute celui de toutes les personnes dotées d’un sens élémentaire de leurs responsabilités – qu’aucun pays, grand ou petit, n’a le droit de posséder des armes atomiques.

On n’aurait jamais dû s’en servir pour attaquer deux villes sans intérêt militaire comme Hiroshima et Nagasaki, pour assassiner et irradier avec d’horribles effets durables des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants d’un pays déjà vaincu sur le plan militaire.

À supposer que le nazi-fascisme eût obligé les puissances liées contre lui à rivaliser avec cet ennemi de l’humanité dans la fabrication de cette arme, le premier devoir de l’Organisation des Nations Unies, créée à la fin de la guerre, aurait dû être de l’interdire sans la moindre exception.

Mais les États-Unis, la nation la plus puissante et la plus riche, imposèrent au reste du monde la ligne à suivre. Ils possèdent aujourd’hui des centaines de satellites qui épient et surveillent de l’espace tous les habitants de la planète ; ils ont équipé leurs forces navales, terrestres et aériennes de milliers d’armes atomiques ; ils manipulent à leur guise, par Fonds monétaire international interposé, les finances et les investissements du monde.

Quand on analyse l’histoire de l’Amérique latine, depuis le Mexique jusqu’à la Patagonie en passant par Saint-Domingue et Haïti, on constate que toutes les nations, sans exception, du début du XIXe siècle à nos jours, soit deux cents ans, ont été victimes et continuent de l’être toujours plus des pires crimes que le pouvoir et la force puissent commettre contre le droit des peuples. De brillants écrivains ne cessent de les dénoncer. L’un d’eux, Eduardo Galeano, auteur de Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, vient d’être invité à inaugurer le prix prestigieux de la Casa de las Américas, en reconnaissance à son œuvre marquante.

Les événements se succèdent à une vitesse incroyable, mais la technologie permet d’en informer le public encore plus vite. Des nouvelles importants tombent, aujourd’hui comme hier. Une dépêche de presse du 11 nous apprend :

« La présidence danoise de l’Union européenne a informé mercredi qu’un nouveau train de sanctions encore plus sévères serait décidé le 23 contre l’Iran à cause de son programme nucléaire, visant non seulement son secteur pétrolier, mais aussi sa Banque centrale… Nous irons encore plus loin dans nos sanctions contre son pétrole et ses structures financières », a affirmé le chef de la diplomatie danoise, Villy Soevndal, à la presse étrangère.

On peut constate clairement que sous prétexte d’éviter la prolifération nucléaire, Israël a le droit d’accumuler des centaines d’ogives atomiques, tandis que l’Iran, lui, n’a même pas celui de produire de l’uranium enrichi à 20 p. 100.

Une agence de presse britannique bien connue fournit une autre nouvelle sur ce thème :

« La Chine n’a pas donné le moindre signe, mercredi, qu’elle céderait aux pressions des États-Unis pour qu’elle réduise ses achats de pétrole iranien et elle a considéré comme excessives les sanctions de Washington contre Téhéran. »

On reste abasourdi de voir avec quelle tranquillité les États-Unis et l’Europe censément civilisée orchestrent une campagne assortie de méthodes systématiquement terroristes. Pour s’en convaincre, il suffit de la nouvelle fournie par une autre agence de presse européenne :

« L’assassinat, ce mercredi, d’un responsable de la centrale nucléaire de Natanz, au centre de l’Iran, a été précédé de trois autres depuis janvier 2010. »

Le 12 janvier de cette année-là, « un physicien nucléaire de renommée internationale, Massoud Ali-Mohammad, professeur à l’Université de Téhéran, qui travaillait pour les Gardiens de la révolution, est mort dans l’explosion d’une moto piégée devant son domicile de la capitale. »

« 29 novembre 2010 : Majid Shahriari, fondateur de la Société nucléaire iranienne, "chargé d’un des grands projets de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique" […] a été tué à Téhéran par l’explosion d’une bombe magnétique fixée à sa voiture.

«  Ce même jour, un autre physicien nucléaire, Feyerdoun Abbasi Davani, a fait l’objet d’un attentat dans des conditions identiques quand il garait sa voiture devant l’Université Shahid Beheshti de Téhéran, où tous deux étaient professeurs. » Il n’a été que blessé.

« 23 juillet 2011 : le scientifique Dariush Rezainejad, qui travaillait à des projets du ministère de la Défense, a été abattu à coups de feu par des inconnus qui roulaient en moto à Téhéran.

« 11 janvier 2012 – soit le jour même où Ahmadineyad voyageait entre le Nicaragua et Cuba pour donner sa conférence à l’Université de La Havane – le scientifique Moustapha Ahmadi Roshan, qui travaillait à la centrale de Natanz où il était le vice-directeur pour les affaires commerciales, est mort dans l’explosion d’une bombe magnétique posée sur sa voiture, près de l’Université Allameh Tabatabai, à l’est de Téhéran… L’Iran en a accusé de nouveau les États-Unis et Israël », comme pour les cas précédents.

Il s’agit là de l’assassinat sélectif, mais systématique, de brillants scientifiques iraniens. J’ai lu des articles de sympathisants notoires d’Israël qui considèrent ces crimes perpétrés par ses services secrets en collaboration avec ceux des États-Unis et de l’OTAN comme quelque chose de tout à fait normal.

Des agences informent depuis Moscou :

« La Russie a alerté aujourd’hui qu’un scénario similaire à celui de la Libye était en train de mûrir en Syrie, mais que l’attaque partirait cette fois-ci de la voisine Turquie.

« Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a affirmé que l’Occident voulait "punir Damas non pas tant à cause de la répression contre l’opposition, mais de son refus de rompre son alliance avec Téhéran".

« …à son avis, un scénario libyen est en train de mûrir, mais les attaques ne viendront pas en l’occurrence de France, de Grande-Bretagne et d’Italie, mais de Turquie.

« Il s’est même risqué à affirmer : "Il se peut que Washington et Ankara soient déjà en train de définir différentes options de zones d’exclusion aérienne, où des armées de rebelles syriens pourraient être entraînées et concentrées". »

Les nouvelles proviennent non seulement d’Iran et du Moyen-Orient, mais aussi d’autres points d’Asie centrale proche de cette région. Ce qui nous permet d’apprécier la complexité des problèmes découlant de cette zone dangereuse.

Les États-Unis ont été entraînés par leur politique impériale contradictoire et absurde dans de sérieux problèmes dans des pays comme le Pakistan, dont les frontières avec celles d’un autre État important, l’Afghanistan, ont été délimitées par les colonialistes sans tenir compte des cultures ni des ethnies.

Dans ce dernier pays qui a défendu des siècles durant son indépendance face au colonialisme anglais, la production de drogues s’est multipliée depuis l’invasion yankee, tandis que les soldats européens appuyés par des drones et l’armement perfectionné des États-Unis commettent des massacres ignominieux qui augmentent la haine de la population et éloignent les possibilités de paix. C’est bien ça, et d’autres horreurs, que reflètent les dépêches des agences de presse occidentales :

« WASHINGTON, 12 janvier 2012. Le secrétaire d’État à la Défense, Leon Panetta, a taxé ce jeudi d’ "absolument déplorable" le comportement de quatre hommes présentés come des marines étasuniens en train de pisser sur des cadavres, selon une vidéo circulant sur Internet.

« "J’ai vu les images et je trouve ce comportement absolument déplorable".

« "Ce comportement est absolument inapproprié de la part de membres de l’armée étasunienne et ne traduit en aucun cas les critères et les valeurs que nos forces armées jurent de respecter".

En fait, le secrétaire à la Défense ne confirme ni n’infirme ces faits. Chacun donc peut en douter, et lui le premier peut-être.

En tout cas, il est extrêmement inhumain que des hommes, des femmes et des enfants, ou un combattant afghan qui se bat contre l’occupation étrangère, soient assassinés sous les bombes d’avions sans pilote. Pis encore : des dizaines de soldats et officiers pakistanais qui surveillent les frontières du pays ont été déchiquetées par ces bombes.

Le président afghan lui-même, Karzai, a affirmé qu’outrager des cadavres était « "tout simplement inhumain" et il a demandé à l’administration étasunienne d’ "infliger la peine la plus sévère à quiconque serait condamné pour ce crime". »

Des porte-parole des Talibans ont déclaré : « Des centaines d’actes semblables ont été commis ces dix dernières années sans qu’on les révèle. »

On en arrive presque à prendre en pitié ces soldats, séparés de leurs familles et de leurs amis, envoyés à des milliers de kilomètres de leur patrie pour lutter dans des pays dont ils n’ont peut-être jamais entendu parler à l’école et où on leur confie la mission de tuer ou de mourir afin d’enrichir des sociétés transnationales, des fabricants d’armes et des politicards sans scrupules qui dilapident chaque année les fonds dont on aurait besoin pour alimenter et éduquer les innombrables millions d’affamés et d’analphabètes dans le monde.

Nombre de ces soldats, victimes de leurs traumatismes, finissent par s’ôter la vie.

Est-ce que j’exagère quand je dis que la paix mondiale tient à un fil ?

 

Fidel Castro Ruz

Le 12 janvier 2012

 

traduction J-F Bonaldi, la Havane

 

Publié par Le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/la-paix-mondiale-tient-a-un-fil.html

 

Par Vendémiaire - Publié dans : International
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20 mn - 24 août 2009

·   Conférence Annie Lacroix-Riz Paris 07/11/09 1/6
17 mn - 11 nov. 2009
La censure dans la recherche.La démarche en historiographie. Le Vatican.Peut-on proposer des solutions alternatives?

·   Le choix de la défaite Annie Lacroix Riz
202 mn - 15 nov. 2010

·   Annie Lacroix-Riz : "L'intégration européenne". I
139 mn - 29 nov. 2010

·   Annie Lacroix-Riz : L'intégration européenne, II
112 mn - 6 déc. 2010
II. La Deuxième Guerre mondiale : intégration européenne sous le contrôle du Reich et plans américains pour une unification de l ...

·   Annie Lacroix-Riz : III. L'intégration européenne après ...
131 mn - 20 déc. 2010
Une phase préparatoire surtout franco-américaine : mai 1945-1949 (3e séance, 7 décembre 2010)

·   Annie Lacroix-Riz : IV. L'intégration européenne après ...
113 mn - 31 déc. 2010
La France entre marché européen ouvert aux États-Unis et cartel européen, années 1950

·   Annie Lacroix-Riz avec "les amis de l'Huma" de ...
111 mn - 14 avr. 2011
La défaite de 1940, ses responsables, le Vatican, le IIIème Reich, la collaboration, la situation politique contemporaine…

·   De Munich à vichy - Conférence d'Annie Lacroix-Riz.
65 mn - 13 juil. 2011
La Collaboration, avons-nous tous appris, est la conséquence de la terrible défaite de 1940. Mais si la défaite avait été elle-même le ...

·   Stratégie du choc en France - Annie Lacroix-Riz (27 ...
6 mn - 27 sept. 2011
Stratégie du choc en France - Annie Lacroix-Riz (27 09 2011)

·   Annie Lacroix-Riz : La Stratégie du choc en France ...
23 mn - 10 oct. 2011
Découvrez cette conférence de Anne Lacroix-Riz, sur les fondements de la Stratégie du choc en France (27/09/2011).

·   1/2 : Conférence d'Annie Lacroix-Riz (27/09/2011)
30 mn - 11 oct. 2011
La suite : Conférence d'Annie Lacroix-Riz : "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui ...

·   2/2 : Conférence d'Annie Lacroix-Riz (27/09/2011)
31 mn - 11 oct. 2011
Conférence d'Annie Lacroix-Riz : "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui" Annie ...

·   Annie Lacroix-Riz : " l'excuse de la...
5 mn - 12 oct. 2011
Annie Lacroix Riz, invitée par le parti Solidarité et progrès .Il ne fait pas bon ressortir les vieilles archives dans notre ripoublique ...La ...

 

 

Jean SALEM

 

·   Jean Salem : Marxisme et Islamophilie. 19-2-10
20 mn - 19 févr. 2010
Jean Salem sur France Culture ou la collusion entre marxisme et islam. 19 février 2010. Emission "Questions de cadrages" animée ...

·   Jean Salem : « Mangeons et buvons, car demain nous ...
87 mn - 31 déc. 2010
Conférence donnée dans le cadre des "Déambulations philosophiques", mairie de PARIS 20ème jeudi 16 décembre 2010

·   « La mort n'est rien pour nous ». Conférence de Jean Salem
81 mn - 10 juin 2011
« La mort n'est rien pour nous » (Épicure, Lettre à Ménécée, §§ 124-125) : histoire d'une formule.

·   "Lénine et la révolution". Conférence de Jean Salem
57 mn - 24 juin 2011
Sous l'effet des interrogations liées à l'ampleur de la crise systémique actuelle et des difficultés rencontrées par les tenants de l ...

·   Jean SALEM, Marx et le matérialisme antique
78 mn - 10 oct. 2011
samedi 8 octobre 2011 Paris, Sorbonne, Amphithéâtre Lefebvre

 

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

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